Pierre Kropotkine : agissez par vous-mêmes ! Avec Renaud Garcia sur Radio Libertaire.


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03.06.2019

À quoi pourrait ressembler une révolution anarchiste à l'échelle d'un pays ? C'est la question à laquelle tente de répondre Pierre Kropotkine (1842-1921), géographe, explorateur, militant et théoricien du communisme anarchiste, dans une série d'articles et de conférences publiées entre 1886 et 1907 dans le journal anglais Freedom.
Il y expose les grandes lignes du programme antiautoritaire et les bases du fonctionnement d'une société libertaire appliquées à l'Angleterre où il réside alors.
En dépit des changements économiques, politiques et sociaux, les propositions de Kropotkine, à plus d’un siècle de distance, restent des pistes d'une grande actualité. Agir par, et pour, soi-même, sans intermédiaire et dans la solidarité, constitue sans aucun doute, encore et toujours, la voie à suivre pour parvenir à l'émancipation.

Émission "Trous Noirs".

L'assassinat de Pierre Goldman par René Resciniti de Says, dit René l'élégant. Avec Pierre-Alexandre Bouclay sur Radio Courtoisie.


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22.09.2023

Le 20 septembre 1979, Pierre Goldman est tué dans le 13e arrondissement de Paris par un véritable commando. En 1970, cette figure de l'extême gauche était arrêtée pour le meurtre de deux pharmaciennes lors d'un hold-up. Son passage devant les Assises d'Amiens en 1976, devant lesquelles il a été acquitté du double-meurtre qui l'avait condamné à perpétuité en première instance, avait défrayé la chronique.
Personnalité trouble et complexe, fin écrivain pour une partie de l’intelligentsia française, révolutionnaire raté et bandit provocateur pour d'autres, le demi-frère de Jean-Jacques Goldman n'en finit pas de fasciner pour sa part d'ombre autant que pour son destin d'anti-héros.

Émission "Histoires à la loupe", animée par Pierre-Alexandre Bouclay.

L'esprit et la donnée. Avec Mark Hunyadi à l'Académie Royale de Belgique.


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01.10.2025

Dans le monde numérique qui est le nôtre, l'esprit humain baigne désormais dans les données comme dans son nouveau milieu naturel. Relié par ses appareils numériques à un univers cybernétique fait d'inputs, d'outputs et d'applications assurant leurs échanges, l'esprit humain tend lui-même à devenir un opérateur cybernétique : il se meut avec toujours plus d'aisance dans ce milieu alléchant de processus automatisés où chaque question reçoit sa réponse, chaque demande sa satisfaction. À monde cybernétique, esprit cybernétique. Se profile ainsi sous nos yeux l'horizon d'un devenir-cybernétique de l'esprit, idéal d'une société automatisée.
Si l'on juge que c'est là un danger, il faut alors en tirer la conclusion : c'est l’esprit qu'il s'agit désormais de protéger.
Dans cette perspective, Mark Hunyadi développe trois thèses :
 1. le numérique doit être avant tout caractérisé comme une "technologie de l'esprit
 2. par l'extension croissante du numérique, l'esprit humain se trouve menacé dans sa propriété reine, qui est sa capacité d'aller au-delà du donné
 3. il faut donc le protéger par un nouveau cadre normatif, dépassant celui des droits et libertés individuels qui prévaut aujourd'hui, lequel ne protège en rien contre le devenir-cybernétique de l’esprit
C'est dans ce sens qu'est alors avancée la proposition, audacieuse mais nécessaire, de déclarer l'esprit humain patrimoine commun de l'humanité, comme on l'a fait naguère pour les fonds marins.

De l'énigme d'un impératif théâtral dans l'espèce humaine. Avec Pierre Legendre sur France Culture.


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14.10.2005

Pourquoi l'homme est-il un être théâtral ? Pour le juriste et psychanalyste Pierre Legendre, le théâtre n'est pas un simple divertissement, mais une nécessité vitale, un impératif inscrit dans notre condition même, un des ressorts principaux de l'anthropologie dogmatique qu'il a fondée.
Le théâtre, au sens large de mise en scène, de rituel et de représentation, structure nos sociétés. Il révèle comment les institutions, les mythes et même le langage jouent un rôle de scène où se déploie l'ordre symbolique, garant de la transmission et de la légitimité.
Une invitation à repenser notre rapport au pouvoir, à la loi et à nous-mêmes.

Le sacré est de retour, mais comme simulacre. Avec Jean-Pierre Dupuy pour AssoSciences Midi-Pyrénées à Toulouse.


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23.11.2016

Le 13 novembre 2015, une date marquée par une troublante coïncidence : alors que Jean-Pierre Dupuy assiste aux funérailles de René Girard, philosophe et anthropologue ayant profondément influencé sa pensée, Paris est frappé par des attentats terroristes. Cette simultanéité entre l'hommage à un penseur du désir mimétique et de la violence fondatrice, et l'irruption brutale de cette violence dans l'actualité, sert de point de départ à une réflexion sur les mécanismes du terrorisme et leur lien avec le sacré.
À travers l'analyse d'actes terroristes, l'exposé explore comment la théorie girardienne éclaire ces phénomènes, en montrant comment la foule, mue par des dynamiques mimétiques, se constitue autour d'une victime émissaire, transformant la violence en un rituel quasi religieux. Une analyse qui s'étend aussi aux crises modernes, qu'elles soient financières, écologiques ou technologiques, révélant comment des forces collectives, bien que créées par l'homme, finissent par lui échapper, comme une transcendance auto-engendrée.
Une réflexion sur la frontière ténue entre sacré et violence, et sur notre capacité à en comprendre les ressorts.

Pensait-on au Moyen Age ? Avec Olivier Boulnois à l'Académie Catholique du Val de Seine.


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09.10.2025

Le Moyen Âge fut une période d'une richesse intellectuelle remarquable, notamment à travers le développement des universités et la quête de la vérité. En effet, le Moyen Âge a vu naître une pensée structurée, où théologie, philosophie et science dialoguaient pour construire un savoir rigoureux. Les universités médiévales, loin d'être de simples lieux de transmission, étaient des espaces dynamiques où l'on cherchait activement la vérité, en s'appuyant sur les textes antiques tout en les discutant et en les dépassant. La logique, la disputatio (débat contradictoire) et l'enseignement des arts libéraux y jouaient un rôle central, formant des esprits critiques capables de raisonner par eux-mêmes.
Cette période a aussi été marquée par un vaste mouvement de traduction et d'assimilation des savoirs grecs, arabes et latins, posant les fondations de la Renaissance. Ainsi, le Moyen Âge apparaît comme une époque où la pensée, loin d'être figée, était en constante évolution, mêlant héritage antique et innovations pour façonner l'avenir intellectuel de l'Europe.

Les pensées contemporaines de la décadence, un imaginaire antidémocratique ? Avec Arnaud Miranda sur le podcast Dazibao.


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05.2023

Existe-t-il un imaginaire de la décadence qui dépasse les frontières de la pensée réactionnaire et, si oui, est-il fondamentalement antidémocratique ? Arnaud Mirand répond doublement par l'affirmative : la décadence dépasse les frontières de la réaction et cela implique nécessairement un rapport conflictuel à la démocratie comme forme historique.
Pour soutenir cette thèse, il propose d'abord une analyse épistémologique de la notion de décadence : elle n'est pas un simple concept mais une manière de figurer l'histoire. Pour cette raison, elle doit être étudiée à partir de ces incarnations métaphoriques, dont la mise en réseau constitue un imaginaire. Arnaud Miranda compare, à travers ce prisme, deux formes de l'imaginaire de la décadence : la thématisation réactionnaire (Spengler, Evola et Schmitt) et la reprise "postmoderne" (Deleuze, Guattari et Derrida). Ce rapprochement met en lumière l'ambiguïté de ce dernier corpus vis-à-vis de la démocratie.
Enfin, une dernière forme de l'imaginaire de la décadence est identifiée dans le courant accélérationniste, en particulier à travers la figure de Nick Land. Il s'agit alors d'expliquer l'étonnante convergence entre certaines pensées radicales de droite et de gauche, ainsi que leurs rapports complexes à la démocratie.

Arrêt Bosman : la révolution foot. Avec Pierre Rondeau sur France Inter.


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11.06.2021

Si Pelé, Maradona, Platini et Zidane ont une place au panthéon du ballon rond grâce à leur génie, Jean-Marc Bosman a lui laissé une trace dans l'histoire du foot grâce à une décision de justice.
En 1990, le RFC Liège propose à ce milieu de terrain belge un nouveau contrat avec un salaire divisé par 4. Bosman refuse et trouve un nouveau club en France, à Dunkerque. Mais son club belge bloque le transfert et parvient même à radier Jean-Marc Bosman de la fédération. Il ne peut plus jouer. Le footballeur prend alors une décision radicale : il attaque son club en justice. S'ensuit un long marathon judiciaire de cinq ans, avec au bout une décision historique de la Cour de justice des Communautés européennes : l'arrêt Bosman.
Les juges européens donnent raison en décembre 1995 à Jean-Marc Bosman sur deux points essentiels : un club ne pourra plus demander d'indemnités de transfert pour un joueur arrivé en fin de contrat, et le quota de trois joueurs étrangers maximum dans un club européen est supprimé. C'est une victoire pour le Belge et une révolution pour le foot. C'est l’histoire d'un destin individuel qui a influencé la carrière de milliers de footballeurs et le destin des clubs européens. Car, si l'on parle aujourd'hui d'une Super Ligue fermée, c'est en partie la conséquence de l'arrêt Bosman.

Émission "Affaires sensibles", animée par Fabrice Drouelle.

Pourquoi les pilules ne nous sauveront pas. Avec Hugues Lagrange pour Transmission.


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10.2025

Dépression, addiction et obésité sont les maux de nos sociétés. Autrefois l'apanage des élites, ces pathologies voient aujourd'hui leur prévalence augmenter dans les milieux défavorisés. Que disent-elles du XXIe siècle ?
L'anxiété a supplanté la peur, le stress annonce la dépression et favorise les addictions et les conduites obésogènes. S'appuyant à la fois sur la sociologie, la psychologie et les neurosciences, Hugues Lagrange montre que ces pathologies naissent d'un déséquilibre entre notre héritage génétique ancestral et les exigences du monde moderne. Ce faisant, il révèle que les formes contemporaines de domination nourrissent l'isolement et la honte, et contribuent à la dégradation de l'estime de soi. Ce mal-être altère le désir et l’accès au plaisir, entravant chez une fraction d'entre nous la capacité de restaurer des relations aux autres et à soi équilibrées.
Récusant la dissociation entre le social et le biologique, Hugues Lagrange met au jour l'investissement des corps par les tensions sociales.

 - 0'00'00 : Pourquoi avoir écrit ce livre ?
 - 0'04'12 : Avènement et massification des pilules
 - 0'13'40 : L'efficacité relative des antidépresseurs
 - 0'18'05 : Pathologies de l'individualisme 
 - 0'27'25 : Peur/anxiété/dépression chez les souris
 - 0'36'35 : Sociologie du mal-être 
 - 0'45'48 : Typologie des drogues 
 - 0'56'13 : Qu'est-ce que l'extro-détermination ? 
 - 1'07'30 : La théorie du "Facebook-émissaire"
 - 1'13'11 : De la mort du père à la tyrannie des pairs 
 - 1'21'11 : Conseils de lecture 
 - 1'25'39 : Pourquoi lire ?

Un entretien mené par Pierre Valentin.

Pourquoi la violence dans les religions ? Avec Roger Pouivet pour l'association Cordoba.


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25.09.2025

On peut tuer au nom de Dieu ! Nous l'avons récemment redécouvert, par des actes de terrorisme et de nouvelles guerres de Religion, en France et ailleurs.
Dans le monde occidental aujourd'hui, beaucoup pensent que les croyants devraient renoncer à leur revendication de vérité.
L'exclusivisme, selon lequel une seule religion est vraie, n'entraînerait-il pas inévitablement l'intolérance religieuse, rendant la cohabitation impossible ? Mais ce pluralisme et ce relativisme, si présents dans l'exigence de laïcité, sont-ils pertinents au regard de ce que sont les croyances religieuses ?
Cette question, si vive, de notre vie sociale est abordée par une réflexion sur les croyances religieuses, la vérité, la tolérance et la question de savoir si nous avons tous le même Dieu.
Roger Pouivet défend un exclusivisme de la vérité religieuse qui ne mènerait pas à dresser les incroyants contre les croyants et les religions les unes contre les autres.

Kojève et la conscience de Staline. Avec Rambert Nicolas à la Librairie Tropiques.


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20.09.2025

"Que s’est-il passé en Russie hier ?" se demandait Kojève en 1941 dans un livre longtemps enfoui qui vient d’être exhumé sous le titre de Sophia. "Que se passera-t-il en Russie demain ?" s'interrogeait en 1877 le père de la philosophie russe, Vladimir Soloviev, dans les Principes philosophiques de la connaissance intégrale, soucieux alors de découvrir la "parole" que la Russie devait lancer à la face du monde pour le transfigurer. Entre eux, il y eut la révolution et le tournant d'un siècle. Et, si Soloviev fondait un système philosophique prérévolutionnaire où il se faisait, selon le mot de ses admirateurs, la "conscience de la Russie", il appartenait à Kojève à la fois d'hériter de cette Russie et de la renverser au nom du soviétisme, jusqu'à s'affirmer lui-même comme la "conscience de Staline", c'est-à-dire la "conscience de l'URSS". C’est cette lutte entre la philosophie religieuse russe fondée par Soloviev et la philosophie athée soviétique construite par Kojève qu'analyse Rambert Nicolas.
On découvre un Kojève réinscrit dans la culture de son pays, mais aussi une pensée importante et, pourtant, méconnue : la philosophie russe, au rôle déterminant dans les destinées d'une nation en pleine ébullition et expérimentation tant artistiques, politiques que philosophiques.

Bloy journaliste. Avec Pierre Glaudes sur le podcast À rebours.


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03.2019

"Je ne suis ni journaliste, ni écrivain, ni pamphlétaire, […] ni quoi que ce soit enfin, sinon le catholique Léon Bloy" : cette étonnante façon de se présenter souligne la singularité d'un romancier qui a pris pied par effraction sur la scène littéraire et médiatique.
Dans les quelque 250 articles qu'il a laissés, cet émule de Barbey d’Aurevilly pourfend les ennemis de sa foi et les mœurs d'une époque laïque qui le traite en paria. Sa plume acérée met à bas tous les grands : il ridiculise le naturalisme de Zola et la pensée historique de Renan ; il s'attaque à Barrès aussi bien qu'à Daudet. Ses pamphlets ironisent sur la démocratie, dénoncent le colonialisme, conspuent la modernité.
La truculence de Bloy et sa clairvoyance implacable ont attiré les directeurs de journaux, qui pourtant s'y sont souvent brûlés. Car s'il fut rédacteur au Chat noir, au Gil Blas ou encore au Mercure de France, il méprisait la presse avec fureur.
C'est ce rapport paradoxal à la prose journalistique que présente Pierre Glaudes, retraçant la quête d'un écrivain qui affronta l'anecdotique pour y percer à jour les signes de l'Absolu divin…