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Le conflit qui ravage l'Ukraine depuis février 2022 est symptomatique du clivage qui traverse la dissidence française, entre une vision souverainiste étroitement nationale et l'idéal de défense d'une identité civilisationnelle européenne.
Pour évoquer l'histoire et l'actualité de ce conflit, qui de mieux que Pascal Lassalle, défenseur infatigable de l'Ukraine et de son peuple, pour expliquer à la fois l'histoire et la genèse de cette guerre, lui qui a développé une bonne connaissance autant de terrain que théorique du sujet ?
Émission du "Libre journal des controverses", animée par Mike Borowski.


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Historien et politologue français, Roland Lombardi analyse les objectifs et méthodes de Donald Trump au Moyen-Orient, en mettant en lumière sa diplomatie transactionnelle, son retrait des conflits traditionnels, et son recentrage sur le Pacifique. Une exploration des ruptures stratégiques, des accords d'Abraham, et des conséquences de la politique américaine sous Trump et Biden.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'07'10 : Le déclin de l'Occident et la montée de la Chine
- 0'16'14 : Le pivot asiatique de Trump
- 0'20'25 : La diplomatie transactionnelle en action
- 0'29'42 : Les accords d'Abraham, une paix historique ?
- 0'45'03 : L'Iran sous sanctions, Soleimani et l'axe chiite
- 0'59'12 : Qatar et Turquie, médiateurs ou perturbateurs ?
- 1'02'20 : La guerre des 12 jours, Trump évite l'escalade
- 1'07'24 : Russie, Chine et Moyen-Orient : alliances secrètes


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Qu’est-ce qui menace la biodiversité ? Pourquoi son effondrement pourrait-il bouleverser nos vies ? D'ailleurs : qu'est-ce que la biodiversité ? Et quel lien existe-t-il entre ces enjeux et les mécanismes de reproduction ?
Entre analyse des dangers qui pèsent sur la biodiversité et une réflexion sur la reproduction et ses implications, le biologiste français Pierre-Henri Gouyon explore ces thématiques essentielles aux interactions entre nature, science et société.
- 0'00'00 : Introduction à la biodiversité et à ses menaces
- 0'03'43 : Définition biologique de la reproduction
- 0'07'54 : La sélection naturelle
- 0'12'01 : La reproduction sexuée
- 0'15'51 : La parthénogenèse, une reproduction sans sexe
- 0'20'05 : La parthénogenèse chez les animaux
- 0'24'12 : Processus de reproduction des plantes
- 0'28'14 : L'importance des gènes dans la survie et la reproduction
- 0'32'10 : Les risques de la consanguinité et les maladies génétiques
- 0'36'12 : Élimination des mauvais gènes
- 0'40'06 : Diversité des sexes chez les plantes et les animaux
- 0'48'18 : Comprendre la biodiversité dynamique
- 0'52'02 : L'importance des batraciens dans l'écosystème
- 0'55'44 : Impact des pesticides sur l'environnement et la santé
- 0'59'34 : Effets de la perte de biodiversité
- 1'03'11 : Accumulation des pesticides et déséquilibre écologique
- 1'07'00 : Lobbies des cigarettes et la controverse scientifique
- 1'11'06 : Impact dévastateur des pesticides sur la biomasse des insectes
- 1'15'00 : L'impact de la perte de diversité agricole
Un entretien mené par Christophe Pauly.


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Pourquoi parler d'empire numérique ? Parce que les usages du numérique font désormais à ce point partie de notre environnement que nous n'avons plus le choix de les refuser, pour le meilleur mais aussi pour le pire. Pourtant, nous savons encore peu de choses de la façon dont l'environnement numérique s'est progressivement imposé à nous parce que nous manquons du recul nécessaire.
Le travail de Jean Lassègue et Giuseppe Longo a, de ce point de vue, une double ambition : clarifier le concept de numérique et lui redonner sa profondeur historique en utilisant trois notions, celle d'écriture, de calcul et de machine.
Contrairement à ce que l'on suppose habituellement, les données numériques n'existent pas dans la nature mais elles sont le fruit d’une synthèse culturelle hardie qui s'inscrit dans une tendance millénaire. Aussi serons-nous peut-être surpris d'apprendre que le numérique entretient avec l'écriture alphabétique des liens profonds ou que le traitement numérique déstabilise des notions aussi capitales pour notre démocratie que celle de loi ou de souveraineté.
Mais nous apprenons aussi que mettre au jour les limites du concept de numérique permet de lui rendre pleinement justice et de devenir acteur des changements culturels qu'il induit.


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Comment la théorie mimétique de René Girard renouvelle-t-elle notre compréhension de Dieu, de la violence et du salut ? En quoi éclaire-t-elle les enjeux spirituels, sociaux et politiques de notre temps ? Trois intervenants de premier plan dialoguent autour de ces questions : James Alison, théologien, lecteur pionnier de Girard dans le champ de la foi chrétienne, Philip Endean, jésuite et théologien, spécialiste de spiritualité ignatienne, et Bernard Perret, essayiste et sociologue, attentif aux mutations culturelles contemporaines.
En croisant leurs approches théologique, spirituelle et socio-culturelle, ils montrent comment la pensée de René Girard peut nourrir aujourd'hui une théologie plus évangélique, plus lucide face à la violence, et plus attentive aux victimes.
Une invitation à penser la foi chrétienne à frais nouveaux.


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La croyance est un concept complexe qui touche à la psychologie, la philosophie, la logique et la sociologie. Le philosophe Pascal Engel en propose une analyse minutieuse en soulignant qu'elle est généralement un état passif de l'esprit, susceptible de degrés tout en manifestant une certaine cohérence rationnelle.
Critiquant les approches purement causales qui réduisent les croyances à des dispositions ou des informations encapsulées ou les théories qui considèrent les croyances comme de simples illusions ou des engagements sociaux, Pascal Engel rappelle que certaines croyances peuvent avoir des effets concrets sur les comportements et défend une conception rationaliste des croyances, où la raison et la délibération jouent un rôle central, et dans laquelle l'éducation est d'une extrême importance.
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Sous le vernis d'un discours sécuritaire soigneusement calibré, les États-Unis justifient l'enlèvement de Nicolas Maduro par la lutte contre le trafic drogue. Pourtant, derrière cette rhétorique officielle se cache une réalité bien plus inquiétante.
Cette attitude s'inscrit dans une logique impériale, où la force prime sur le droit et où les institutions internationales ne sont respectées que lorsqu'elles servent les intérêts américains. Les sanctions unilatérales, les menaces militaires, les tentatives de reconnaissance de gouvernements parallèles ou encore les opérations de déstabilisation économique et politique illustrent une volonté claire : soumettre un État récalcitrant à l'ordre géopolitique voulu par les États-Unis.
Car l'enjeu réel dépasse largement la personne de Maduro ou la situation intérieure du Venezuela. Il s'agit du contrôle de ressources considérables, au premier rang desquelles le pétrole, mais aussi de la capacité à empêcher l'émergence de modèles politiques et économiques indépendants de l'influence américaine. Tout dirigeant qui ose affirmer une voie souveraine, remettre en cause l'ordre établi ou refuser de se plier aux exigences de Washington devient une cible potentielle. La destitution, l'asphyxie économique ou le soutien à des forces d'opposition servent alors d'outils pour briser toute résistance.
L'action des États-Unis révèle une continuité historique : celle d'une puissance qui se considère au-dessus des lois internationales, persuadée que rien ne peut ne l'arrêter.
Un échange mené par Yanis Mhamdi.


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Polytechnicien engagé dans l'industrie, taylorien fervent, Jean Coutrot est un des patrons ingénieurs les plus originaux de l'entre-deux-guerres, soucieux, à travers ses activités d'ingénieur-conseil et ses écrits, de rénover le fonctionnement des entreprises et de transformer les relations sociales : son objectif est de substituer au capitalisme d'alors un humanisme économique. Jean Coutrot est aussi un agitateur d'idées et un publiciste en vue.
Fer de lance du groupe X-Crise, et du groupe du 9 juillet 1934, il fréquente des figures de proue de la mouvance non-conformiste, de Georges Valois à l'Ordre Nouveau. Maître d'oeuvre des entretiens de Pontigny, il lance, avec le patronage d'Aldous Huxley et d'Alexis Carrel, un Centre d'études des problèmes humains. Cette création illustre le passage de Jean Coutrot du statut d'ingénieur à celui du prophète soucieux de régénérer une humanité jugée sclérosée et de bâtir, sur un soubassement rationaliste, un homme nouveau.
Loin d'oeuvrer au service d'une prétendue synarchie, Jean Coutrot professe ses idées au grand jour et espère les voir mises en oeuvre en 1936-1937, lorsqu'il conseille Charles Spinasse, le ministre de l'économie nationale du front populaire.
L'échec de Coutrot ne saurait faire oublier l'importance du personnage, qui ne tient pas tant à son individualité qu'au carrefour que représentent les groupements qu'il anime et qui permet de revisiter, sur un mode inédit, les novations intellectuelles des années trente.


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La question de la liberté est à la fois fondamentale et posée en des termes qui la rendent insoluble : comment penser une action libre si l'on admet que les phénomènes sont soumis à la causalité ?
En analysant l'émergence du concept de libre arbitre, Olivier Boulnois propose une autre généalogie de la morale. Sous un problème en apparence évident (la liberté de la volonté, née de l’idée de responsabilité, et la difficulté de penser cette liberté dans un monde régi par des rapports de cause à effet), il débusque une série de questions correspondant aux différents sens de la liberté : la liberté à l’égard d'une contrainte n'est pas la liberté à l'égard des causes extérieures ou internes ; elle peut viser la liberté d'agir, mais aussi la liberté de choisir entre plusieurs options et la liberté de vouloir ou de ne pas vouloir.
D'une liberté à l'autre, les questions ne sont pas les mêmes – ainsi, Aristote élabore une théorie cohérente de l'action sans poser la question de la liberté. Il fallait faire apparaître l' "impensé" des théories du libre arbitre pour poser correctement la question, et espérer la résoudre.


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Une pensée libre, une méthode unique, une voix à part : le démographe et politologue Emmanuel Todd analyse les grands bouleversements géopolitiques, économiques et sociaux qui bouleversent notre monde. Comprendre le chaos mondial avec une grille de lecture singulière et rigoureuse, entre anthropologie, histoire longue et lucidité politique, nous permet de nous décoller de l'actualité immédiate et de ses effets d'annonce pour nous focaliser sur les tendances lourdes qui structurent le devenir des nations.
1. Les États-Unis sont-ils en situation de déclin économique et social ? Donald Trump doit-il être compris comme symptôme d'une fracture civilisationnelle profonde ?
2. Autrefois modèle de rigueur économique et de stabilité, l'Allemagne traverse une crise profonde, entre récession, dépendance énergétique, et fragilisation sociale.
3. S'appuyant sur son ouvrage Les luttes de classes en France au XXIe siècle, Emmanuel Todd dresse un constat alarmant de l'état social, économique et politique de la France. Il décrypte notamment les fractures invisibles qui menacent le pays : paupérisation, crise de l'État, inégalités croissantes, fracture générationnelle, mortalité infantile en hausse et déconnexion des élites, davantage obsédées par l'Ukraine que par le quotidien des Français...
4. Donald Trump ayant déjà passé trois mois à la tête des Etats-Unis, il est possible de dresser un bilan du début de sa mandature. L'occasion pour Emmanuel Todd de mettre en lumière les fractures invisibles de la société américaine : paupérisation, crise de l'État Fédéral, inégalités croissantes et fracture sociale. L'Occident est-il en voie d'effondrement ?
5. Les tensions entre Israël, l'Iran et les États-Unis virent à la guerre : les ressorts profonds de cet affrontement ne seraient-il pas à chercher dans l'effondrement du modèle américain, l'impasse stratégique israélienne, les malentendus sur l'Iran chiite et la société iranienne, le délitement du discours occidental et les risques de prolifération nucléaire ? Une nouvelle "guerre éternelle" peut-elle s'installer ?
6. La France est en crise, avec une dette massive, des mobilisations sociales et une instabilité politique chronique. Elle est aussi le siège d'une revendication égalitaire forte, reflet d'un malaise social profond, sur fond de fragmentation sociale en "archipels", où classes populaires, moyennes et élites vivent séparées et dans un mépris réciproque, nourrissant la crise démocratique et la montée des extrêmes. À l'international, le rapport asymétrique et néocolonial entre l'Europe et les États-Unis devient chaque jour plus évident, pointant vers un futur marqué par l'effondrement progressif de l'Occident, la fin de l'hégémonie américaine et un basculement du monde vers la multipolarité.
7. Alors que l'Occident vit une défaite sans vouloir y croire (militaire face à la Russie, économique face à la Chine), l'Asie redevient naturellement le centre du monde, portée par des géants démographiques et économiques (Inde, Chine, Indonésie), et par des transformations sociales massives — croissance des tailles, allongement de l'espérance de vie, urbanisation fulgurante. Il s'agit également de comprendre la grande énigme démographique asiatique, à savoir des niveaux de fécondité très faibles, et de décrypter la montée des tensions sino-japonaises autour du statut de Taïwan.
Une série d'entretiens menée par Diane Lagrange.


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Une fissure s'est ouverte, depuis une cinquantaine d'années, entre juge et démocratie représentative. La montée en puissance du premier anémie la seconde.
L'emprise du juge sur la démocratie revêt deux aspects distincts : le droit se construit désormais en dehors de la loi, voire contre elle ; la pénalisation de la vie publique est croissante. Ces deux aspects sont liés car ils conduisent tous deux à la dégradation de la figure du Représentant : le premier en restreignant toujours davantage son champ d'action ; le second en en faisant un perpétuel suspect.
Le mal qui ronge aujourd'hui la démocratie paraît se situer beaucoup plus là - c'est-à-dire dans l'abaissement du Représentant, dans le rétrécissement de la souveraineté du peuple, dans la rétraction de l'autorité publique - que dans les réactions allergiques que provoque cet affaiblissement de l'État : abstention, populisme, illibéralisme.
Cet ascendant croissant du pouvoir juridictionnel sur les autres a-t-il amené davantage de rigueur et de transparence dans le fonctionnement démocratique ? Il se découvre chaque jour un peu plus qu'il n'a fait que remplacer le caprice du prince par le caprice du juge.
D'où la question : que faire pour restaurer une juste séparation des pouvoirs ?
Un échange mené par Caroline Brézet.


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S'inscrivant dans la continuité des travaux de Bernard Bourgeois, le philosophe Franck Fischbach analyse ici la structure des Principes de la philosophie du droit de Hegel, conçue initialement comme un manuel universitaire. Il se focalise sur le déploiement du concept de "volonté libre", qui permet à Hegel de dialectiser le passage du droit abstrait et de la conscience morale subjective vers l'éthicité concrète (Sittlichkeit), stade où l'individu se réalise au sein de la famille, de la société civile et de l'État.
Lors des développements, la vision hégélienne est confrontée à la critique marxiste, abordant la tension entre l'idéalisme de Hegel et le matérialisme historique. Il explore des concepts clés tels que l'universel concret, les dangers d'une liberté abstraite menant au fanatisme, et la distinction entre la morale individuelle et les mœurs sociales.
L'échange s'étend également aux interprétations politiques postérieures, évoquant les lectures de Lénine ou Kojève, pour questionner la pertinence de ces outils philosophiques dans l'analyse des rapports de pouvoir modernes.