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Le monde moderne, depuis quatre siècles, est dominé par la machinerie. Il naît avec la production capitaliste. Elle va rapidement entrer en symbiose avec le développement capitaliste qui trouve dans la mécanique, son moteur. Calcul, prédictibilité, pouvoir d'abstraction, les catégories de la science moderne sont adéquates à ce nouveau mode de production qui va envahir la planète.
Or, toutes les tendances qui conduisent à l'élimination de la vie au profit du mécanique conduisent à une réification générale de la vie humaine et une perte de notre être-au-monde. Faire de la nature une simple matière première, remplacer les processus vitaux par des procédures mécaniques, tout cela conduit à traiter les humains comme des choses, pour en faire des êtres prédictibles. S'impose donc la nécessité de penser une résistance à ce mouvement.
L'involution du grand mouvement des Lumières vers la formation d'une cage d'acier technoscientifique pose la tâche de retrouver le sens de la nature et de la vie, de repenser l’enracinement au-delà de ce qu'avait esquissé Simone Weil, de refaire de la nature une sphère de résonance.
Émission du "Libre journal d'Hugues Sérapion".


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Le 16 octobre 1919, l’écrivain, poète et érudit Pierre Louÿs lance l'affaire Corneille-Molière. De nombreux faits troublants indiquent selon lui une collaboration régulière entre les deux hommes. Mêmes rythmes caressants, mêmes tours délicieux dans Amphitryon et Psyché pour ne citer qu'eux...
Alors : Molière a-t-il écrit ses pièces lui-même ? Et si Pierre Corneille lui avait prêté main forte ?
Émission "Au coeur de l'Histoire", animée par Franck Ferrand.


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Quelques semaines après le sommet consacré par le gouvernement à l'Intelligence Artificielle, une émission sur l'IA parait inévitable. L'ampleur du phénomène et la vitesse de son déploiement, prodige de la technoscience qui empiète allégrement sur le propre de l'être humain, est sans précédent dans l'histoire des révolutions technologiques.
Formidable outil, faisant preuve d'une monstrueuse efficacité dans les tâches opérationnelles qui lui sont confiées, promesse d'une facilitation de tous les aspects de la vie quotidienne, l'Intelligence Artificielle suscite pourtant de vives inquiétudes.
Ainsi, que dire aux plus jeunes qui remettraient en cause la nécessité d'une éducation académique formelle ? Quid de toutes les professions créatives menacées, dans des domaines aussi variés que la traduction, l'éducation, le doublage ou la médecine généraliste ? L'Intelligence Artificielle doit-elle être régulée ? interdite ?
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.
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La pandémie de Covid-19 a levé le voile sur une nouvelle forme d'hégémonie qui ne cesse d'étendre son emprise aux États-Unis, au Brésil, au Royaume-Uni, en Italie… Elle a provoqué chez un grand nombre de chefs d'État une série de réactions irrationnelles allant du simple déni aux formes les plus archaïques de superstition, de pensée magique ou de religiosité. Devant une telle avalanche d'absurdités, l'attitude souvent adoptée est celle de la sidération : comment peut-on rester au pouvoir en faisant preuve de tant d'incompétence ?
C'est la question inverse que pose Christian Salmon. Comment fonctionne le pouvoir grotesque, incarné jusqu'à la plus parfaite caricature par Donald Trump ? Quelle est la mécanique qui en fait non pas un accident de l'histoire politique, mais un rouage essentiel de la souveraineté arbitraire à l'ère du discrédit ?
Il ne s'agit plus aujourd'hui de gouverner à l'intérieur du cadre démocratique, mais de spéculer à la baisse sur son discrédit et celui du système en général. Ce "fonctionnement énorme" s'appuie sur la puissance des réseaux sociaux et l'usage stratégique du Big Data et des algorithmes. Le coup de génie fut de synchroniser la figure du clown et celle de l'expert en marketing.
Émission "Dialogue", animée par Monserrata Vidal.
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Le mépris est-il toujours une faute ? Ou existe-t-il des formes de mépris légitimes, voire nécessaires ? François Bégaudeau s'attaque à un sentiment que l'on condamne trop vite, en distinguant le mépris de classe subi, le mépris culturel assumé et ce qu'il appelle la "dignité du mépris", cette capacité à refuser certaines formes de pensée ou d'existence sans que ce refus soit une trahison.
Dans Du mépris, il explore les usages politiques et littéraires d'un mot qui dérange, et invite à réfléchir à ce que nos mépris disent de nous.
Un entretien mené par Joseph et François-Régis Ribes


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Essayiste, romancière, nouvelliste, mémorialiste, Doris Lessing, prix Nobel 2007, n'hésite pas à mêler les genres et les registres, du réalisme au fantastique, et sa vie, à l'image de son œuvre prolifique, est marquée par de multiples engagements. Des Nouvelles africaines au Carnet d'or, l'écriture autobiographique déborde d'ailleurs les écrits revendiqués comme tels, Doris Lessing faisant à travers son œuvre le récit de sa vie.
"Conteuse épique de l'expérience féminine", elle l'est aussi de toutes les injustices : son œuvre reflète ses multiples engagements, un temps communiste, singulière féministe, Prix Nobel tardif, Doris Lessing étant avant tout une humaniste.
Émission "La Compagnie des auteurs", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.




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Dans un monde marqué par la guerre hybride, la multipolarité, les dépendances technologiques, énergétiques et industrielles, une question revient sans cesse : qui décide encore vraiment ?
Alors que nous insistons au retour brutal de notions que l'on croyait parfois dépassées, Pierre-Yves Rougeyron et Jérémy Berriau explorent les conditions concrètes d'une souveraineté réelle : puissance matérielle, capacité stratégique, cohésion politique, transmission culturelle et continuité civilisationnelle.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'07 : Guerre, puissance, souveraineté : une nouvelle donne mondiale
- 0'06'40 : La crise de la modernité politique
- 0'11'54 : La souveraineté : statut juridique ou capacité réelle ?
- 0'17'36 : La guerre contemporaine : zone grise, conflit permanent et temps long
- 0'24'01 : Multipolarité et recomposition de l'ordre mondial
- 0'29'09 : Les conditions matérielles de la puissance
- 0'33'32 : Transmission, civilisation et souveraineté
- 0'40'19 : Questions du public : valeurs, vertus et transmission
- 0'53'29 : Stratégie, langage politique et conflictualité
- 0'56'10 : Technique, guerre, oligarchie et formes politiques
- 1'07'35 : Transgression, Occident et décadence
- 1'13'34 : ONU, souverainetés et rapports de puissance
- 1'18'23 : IA, réalité, cosmopolitisme et utopies contemporaines



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La France possède une singularité enviée du monde, et sans doute vouée à disparaître : la liaison étroite qu'entretiennent depuis des siècles la politique et la littérature. En quel autre pays, un homme d'État estimerait que la légitimité issue du suffrage est rehaussée par le prestige de l'écriture ? En quel autre pays les grands écrivains jugent que leur génie leur octroie le devoir d'éclairer les destinées de la nation et de guider le peuple ? Ce croisement n'a pas été l'exception mais la norme, comme en témoignent par exemple la publication du Mémorial de Sainte-Hélène et celle des Mémoires de Charles de Gaulle dans la bibliothèque de la Pléiade.
Du XVIe au XXIe siècle, Bruno de Cessole met en lumière cette endogamie paradoxale qui n'a cessé de susciter l'étonnement des étrangers, car elle donne aux mots une résonance et à la politique une élévation, presque une transcendance, qui manque tant aujourd'hui.
La littérature apparaît tantôt comme le vecteur d'une ambition, tantôt comme le deuil éclatant d'espoirs déçus, tandis que la politique cherche dans la littérature un surcroît de légitimité conjugué à un brevet pour la postérité.
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L'économiste et philosophe Frédéric Lordon propose une critique radicale et méthodique des structures du capitalisme financier. Il s'attaque aux dogmes du système financier contemporain avec une ligne claire : "taper fort" et ramener l'analyse économique à une simplicité absolue pour détruire les arguments de la complexité.
Frédéric Lordon décompose les mécanismes du capitalisme en plusieurs étapes successives pour en montrer la toxicité intrinsèque puis, afin de rompre avec cet ordre établi (crédit privé, pouvoir actionnarial et liquidité permanente), formule des mesures d'une clarté redoutable (taux de rendement normatif strict et fermeture de la Bourse). Quitte à provoquer quelques réactions indignées chez les partisans du marché...




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La souveraineté est l'une des pierres angulaires de la pensée politique. Concilier la puissance sur soi et la limite des autres souverainetés a défini le subtil équilibre des États-nations. Après les ravages des impérialismes au XXe siècle, la quête de la souveraineté a repris de plus belle avec la décolonisation, l'émergence de nouvelles puissances, l'échec manifeste des formes politiques voulant dépasser les États, les nations et leurs legs démocratiques.
La souveraineté est revenue au centre du jeu international au point de constituer le pont fragile qui permettra aux différents mondes, séparés par les dérives impériales, de se parler.
- 0'00'00 : Introduction et cadre de la conférence
- 0'01'30 : Origines historiques de la multipolarité (néolithique, cités, échanges)
- 0'05'10 : Du pouvoir à la puissance : domination vs coopération
- 0'13'30 : L'Asie et les BRICS : un modèle de coprospérité
- 0'20'00 : La peur occidentale de la multipolarité (ingérences, menaces fantasmées)
- 0'26'30 : Guerres impossibles, paix nécessaire : vers un nouvel équilibre mondial
- 0'31'30 : Conclusion : renaître par la multipolarité



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Veblen offre du capitalisme financier, qu'il voit émerger, la conception d'un régime économique fondé sur de nouvelles pratiques commerciales, financières et bancaires qui s'emparent de la production et nous éloignent du capitalisme de Ricardo et Marx. Quand la finance soumet l'industrie, il faut comprendre comment les représentations collectives aliénantes sont autant d'images agissant sur la société.
Veblen est un savant iconoclaste, un briseur de cette économie des images, secret de la nouvelle forme que prend le capitalisme au début du XXe siècle. Une forme qui, depuis lors, a connu bien des avatars déclinés à l'envi grâce aux multiples progrès techniques, mais une forme qui, pour l'essentiel, demeure un principe toujours organisateur du capitalisme.
À cet égard, les dispositifs monétaires et financiers ne peuvent être compris sans prêter attention à l'empire que les vested interests exercent sur le système économique. Veblen soutient que le Système de la Réserve fédérale est, par excellence, une émanation de ces intérêts établis, véritable machine à produire de l'illusion de façon à opérer des transferts de richesses au profit de la perpétuation d'un pouvoir de classe.



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Il y a des concepts qui ouvrent des mondes : celui de néoténie en est un. Issu de la biologie, il décrit Homo sapiens comme un animal prématuré, hanté par le délire et le fantasme de puissance, mais aussi être ontologiquement inachevé imaginant et modelant son propre monde. Cette conception, fondamentalement non-déterministe permet de comprendre les grands traits du monde contemporain.
C'est le cas du sadisme, qui semble s'y déployer sous les apparences de la rationalité instrumentale et de l'économie de marché, comme du wokisme, dernier avatar de cette folie humaine qui cherche à en finir avec sa propre civilisation.
Le philosophe Dany-Robert Dufour, est un des rares penseurs à intégrer pleinement la néoténie dans une œuvre foisonnante qui relie philosophie, psychanalyse, littérature et art, nous aide à comprendre le naufrage anthropologique de notre époque et d'en dégager, peut-être, des issues praticables.