Crédit à mort. Avec Anselm Jappe pour La vie manifeste.


(0)
149 Vues
0 commentaire
06.2012

C'est à partir de la critique du fétichisme de la marchandise et de la valeur qu'Anselm Jappe cerne le moment qui est le nôtre. Son ouvrage Crédit à mort est la mise à l'épreuve des théories critiques élaborées à partir des années 80 dans les revues Allemandes Krisis et Exit et par Moise Postone aux Etats Unis, afin de mesurer si elles permettent mieux que d'autres de comprendre ce qui nous arrive.S'il s'agit bien d'une critique marxiste, celle-ci abandonne la centralité du concept de luttes de classes considérant qu'il ne peut plus suffire de changer les modes de distribution des richesses. Cela, parce que la critique de la valeur révèle une contradiction dynamique et interne au capitalisme, dont la crise ouverte en 2008 en serait l'accomplissement. Une contradiction qui conduit nécessairement le capitalisme à la destruction de la valeur et par conséquent de la richesse. De richesse il n'y en à donc plus suffisamment pour relancer le capitalisme social des années 60 : un capitalisme de plein emploi, de salaires élevés et de l'école ascenseur. Pour comprendre cette situation, il convient de saisir la manière dont la valeur se constitue à travers le concept de travail abstrait, du rôle de la technologie dans la diminution de la valeur et le rôle du crédit, de la finance dans la prolongation de l'agonie du capitalisme.Le travail d'Anselm Jappe constitue également une critique de la culture, de la modernité et du sujet, s'appuyant sur le fétichisme de la marchandise comme structure déterminante des formes même de l'agir et de la pensée. Ce que le capitalisme emportera avec lui dans son écroulement, c'est la socialisation telle qu'elle s’est constituée depuis la révolution du capitalisme anglais de Manchester. Un écroulement susceptible de mettre à nu le sujet automate du capitalisme incapable de se socialiser autrement que par l'échange d'unité de valeur.

Un entretien mené par Emmanuel Moreira.

La Revolution française des années 60. Avec Antoine Compagnon et Jean-François Sirinelli sur France Culture.


(0)
158 Vues
0 commentaire
31.01.2026

Une révolution a eu lieu dans les années 60 du XXᵉ siècle. Pourquoi choisir 1966 plutôt que 1968 pour en comprendre la dynamique ?
Antoine Compagnon avance deux raisons à son choix. D'abord une raison personnelle, relevant de ce que Pierre Nora appelait "l'ego-histoire" : "C'est l'année où je me suis éveillé au monde, aux idées (...). C'est l'année où j'ai découvert la France." Mais surtout, 1966 lui apparaît comme "le début de cette seconde Révolution française". Selon lui, "la France a été en guerre entre 1914 et 1962" et ce n'est qu'après cette longue période que les choses commencent à changer. Il compare ainsi 1966 au "89 de la Révolution française", quand 1968 en serait "93, la véritable explosion"...
Jean-François Sirinelli partage ce diagnostic tout en l'élargissant. Pour l'historien, dès "le milieu des années 1960", la révolution est à l'œuvre, et 1968 agit avant tout comme "un accélérateur de particules historiques". Les ferments sont déjà là : télévision dans la moitié des foyers, transformations politiques issues du scrutin de 1965, rupture dans le monde intellectuel et premières avancées décisives pour les droits des femmes.

Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.

Le bon plaisir. Avec Annie Le Brun sur France Culture.


(0)
195 Vues
0 commentaire
12.12.1992

Dans un dialogue avec Jean-Jacques Pauvert, Alain Bernardin et Jean Benoît, mêlant érotisme, surréalisme et combats politiques, Annie Le Brun livre son propre auto-portrait littéraire et philosophique pour qui la poésie est au coeur de la vie, révolte qu'elle est contre cette condition humaine incapable de répondre à l'infinie du désir qui nous habite.Héritière de Breton, dotée d’une intelligence rare, elle célèbre l'œuvre méconnue d'Alfred Jarry, critique le féminisme "totalitaire" qui n'a plus pour unique ambition que de neutraliser le désir.
Fidèle au surréalisme, qu'elle voit comme une "révolte sensible" contre le monde, elle rejette sa récupération culturelle. Sade, enfin, incarne une "révolution épistémologique" : en démasquant les justifications sociales du désir, il révèle sa vérité crue.
Une voix libre, entre poésie, désir et subversion.

Une émission produite par Christine Goémé

L'Enfant qui inquiète. Avec Alain Ehrenberg à la Librairie Ombres Blanches.


(0)
185 Vues
0 commentaire
26.12.2025

Qu'est-ce qui inquiète dans l'enfant qui inquiète ? Dans des sociétés individualistes, l'enfant est compris comme un individu spécifique et, s'il inquiète, c'est parce que son trouble, quel qu'il soit, empêche le processus de socialisation et l'accession à l'autonomie. Pour autant, cette autonomie, si prégnante dans les projets éducatifs et thérapeutiques, n'est jamais questionnée ou définie.

La pensée des Européens. Avec Antoine Dresse pour Les Braves.


(0)
303 Vues
0 commentaire
18.03.2026

Figure militante sur tous les fronts, Antoine Dresse -alias Ego Non- évoque son parcours, détaille son rapport à la droite identitaire et revient sur quelques sujets d'actualité : remigration, pluralisme civilisationnel, NRx, stratégie politique, il n'y a aucun tabou dans cet entretien sans concession.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'02'38 : Le parcours d'Ego Non
 - 0'15'01 : Ego Non, un nouveau média ?
 - 0'27'50 : Qu'est-ce que le réalisme politique ?
 - 0'48'14 : Feliks Koneczny et la séparation des civilisations
 - 1'07'13 : La néo-réaction, une mode idéologique ?
 - 1'24'03 : La circulation des idées identitaires en Europe
 - 1'35'40 : Martin Sellner, remigration et Etat de droit
 - 1'42'25 : Affaire Quentin et violence politique
 - 1'58'16 : Aparté : Ego Non et l'IA
 - 2'11'08 : Questions des spectateurs
 - 2'33'44 : Conclusion

Un entretien mané par Laurent et VinceK.

Ecologie de guerre. Avec Pierre Charbonnier pour Diagrammes.


(0)
163 Vues
0 commentaire
03.10.2025

L'étrange hypothèse qui structure les déveoppements de Pierre Charbonner est que la seule chose plus dangereuse que la guerre pour la nature et le climat, c'est la paix. Nous sommes en effet les héritiers d'une histoire intellectuelle et politique qui a constamment répété l'axiome selon lequel créer les conditions de la paix entre les hommes nécessitait d'exploiter la nature, d'échanger des ressources et de fournir à tous et toutes la prospérité suffisante.Dans cette logique, pour que jalousie, conflit et désir de guerre s'effacent, il fallait d'abord lutter contre la rareté des ressources naturelles. Il fallait aussi un langage universel à l'humanité, qui sera celui des sciences, des techniques, du développement.
Ces idées, que l'on peut faire remonter au XVIIIe siècle, ont trouvé au milieu du XXe une concrétisation tout à fait frappante. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le développement des infrastructures fossiles a été jumelé à un discours pacifiste et universaliste qui entendait saper les causes de la guerre en libérant la productivité. Ainsi, la paix, ou l'équilibre des grandes puissances mis en place par les États-Unis, est en large partie un don des fossiles, notamment du pétrole.
Au XXIe siècle, ce paradigme est devenu obsolète puisque nous devons à la fois garantir la paix et la sécurité et intégrer les limites planétaires : soit apprendre à faire la paix sans détruire la planète. C'est dans ce contexte qu'émerge la possibilité de l'écologie de guerre, selon laquelle soutenabilité et sécurité doivent désormais s'aligner pour aiguiller vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Pierre Charbonnier lance un appel aux écologistes pour qu'ils apprennent à parler le langage de la géopolitique.

Rousseau : un penseur visionnaire, critique des Lumières et du libéralisme face aux crises de notre temps. Avec Alain de Benoist sur Radio Courtoisie.


(1)
198 Vues
0 commentaire
16.07.2025

Inclassable Rousseau… Fut-il un penseur des Lumières ? L'un de leurs critiques ? Voire leur premier opposant systématique ? L'auteur du Contrat social n'a cessé d'être convoqué au tribunal de l'Histoire, par la droite contre-révolutionnaire, qui lui reproche d'avoir "engendré la Révolution", ou par les libéraux, qui font de lui l'ancêtre du totalitarisme.
Qu'il ait été un précurseur est incontestable. Il est l'un des premiers à théoriser la question sociale et la sociologie critique, à démystifier les prétendues "lois naturelles" de l'économie politique. Mais la République de la vertu qu'il prône repose sur des principes contraires à ceux des philosophes de l'époque. Opposant culture et civilisation, se méfiant de la raison, il récuse l'optimisme de la pensée du progrès, qu'il ne croit pas inévitable ni même souhaitable…
Alors, Rousseau révolutionnaire conservateur ? Il est temps de rouvrir le dossier.

Émission "RCmag", animée par Jean-Étienne Pauzat.

Bitcoin, l'utopie libertarienne de la monnaie. Avec David Cayla à l'Université Paris VIII Vincennes.


(0)
149 Vues
0 commentaire
13.12.2024

Le bitcoin est né dans une période de crise, après le krach de 2008. A l'époque, il se présentait comme une innovation radicale et entendait répondre à la défiance envers l'État et les banques. Il s'agissait, pour ses partisans, de promouvoir un système financier et monétaire alternatif et autonome, détaché des États, des banques, et qui ne reposerait pas sur des tiers de confiance.
Cependant, force est de constater que le bitcoin tombe dans les mêmes travers que la finance classique : le cours du bitcoin est procyclique (il suit et amplifie les évolutions des marchés financiers traditionnels) et, contrairement à l'or ou au franc suisse, il ne s'agit pas d'une valeur refuge qui s'apprécierait en période de crise.
Alors que le bitcoin se présentait comme une technologie dont les échanges se font sans tiers de confiance, des plateformes comme FTX se sont imposées en tant qu'intermédiaires. À la chute de FTX, certains propriétaires de bitcoin se sont retrouvés dans l'impossibilité de retirer leur portefeuille de bitcoins. Ces épargnants ont été entraînés dans la chute de FTX, soulignant l'échec d’un bitcoin qui pourrait être protecteur du grand public et dont la valeur et la liquidité seraient garanties en toute occasion.

 - 00'49 : Le mythe libéral de la monnaie exogène
 - 06'08 : Le système de l'étalon or
 - 14'48 : La théorie autrichienne des cycles
 - 16'47 : Les monétarismes
 - 20'08 : La crise de 2008 et l'émergence de Bitcoin
 - 22'44 : Le White paper, le manifeste Bitcoin
 - 28'53 : Le mythe d'une monnaie sans dette

Une intervention dans le cadre du "Unblocked & Unchained Symposium", organisé par Pablo Rauzy.

Le politique, entre désymbolisation et surrationalisation. Avec Pierre Musso au Cercle Aristote.


(0)
172 Vues
0 commentaire
16.02.2026

Comment le politique, autrefois 'colle' entre croyances collectives et normes, se transforme-t-il en un bricolage de signes sous l’effet de la technoscience et du management ? Pierre Musso décrypte cette métamorphose, des révolutions médiévales à l'IA, en passant par la Silicon Valley.
Une réflexion essentielle sur l’avenir de la démocratie.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'05'47 : Le politique comme "colle" symbolique
 - 0'12'36 : Mythos et logos, les deux pôles
 - 0'29'36 : La structure fiduciaire des sociétés
 - 0'38'10 : La flagellation du Christ, art et politique
 - 0'40'10 : Désymbolisation et prolifération des signes
 - 0'47'24 : L'errance du symbolique moderne
 - 0'52'10 : Management et gouvernance algorithmique
 - 1'00'24 : Le rêve (ou cauchemar) technocratique
 - 1'04'24 : Conclusion : le politique en bricolage

Le style réactionnaire, de Maurras à Houellebecq. Avec Vincent Berthelier pour Citéphilo à Lille.


(0)
184 Vues
0 commentaire
16.11.2023

En matière de littérature, dit-on, les conservateurs révolutionnent et les révolutionnaires conservent. La droite ferait passer le style avant toute chose.
Ce discours remplit historiquement une fonction politique. Il se solidifie après-guerre, chez des Hussards soucieux de minimiser l'engagement vichyste ou hitlérien de la droite littéraire et de réhabiliter leurs aînés en les présentant comme des stylistes.
Plus largement, en étudiant un large corpus d'auteurs de droite et d'extrême droite, Vincent Berthelier invite à repenser les rapports entre style, langue et politique.

Une intervention modérée par Cédric Passard.

Deleuze contre Hegel. Avec Jean-Baptiste Vuillerod à la Columbia Law School.


(0)
169 Vues
0 commentaire
20.03.2026

Comment comprendre le rapport critique que Gilles Deleuze a entretenu toute sa vie avec la philosophie de Hegel ? Est-il possible de penser ce rapport agonistique sans pour autant reconduire l'image simpliste d'une opposition irréductible ? C'est là le pari de Jean-Baptiste Vuillerod.
En revenant aux textes de jeunesse et en parcourant l'ensemble de son évolution philosophique jusqu'au travail en commun avec Félix Guattari et aux derniers écrits, il montre comment Deleuze a formé son projet intellectuel en dialogue avec la philosophie hégélienne et n'a cessé de s'entretenir avec elle.
Plutôt que l'image stéréotypée du grand adversaire de l'hégélianisme, il en ressort la vision plus nuancée d'une pensée deleuzienne qui a tenté d'accomplir la révolution philosophique que Hegel avait amorcée mais qu'il n'était pas parvenu à accomplir véritablement.

Romain Gary (1914-1980), l'insaisi. Avec Michel Cazenave, Paula Jacques, Roger Grenier, Tzvetan Todorov, Alain Aptekman et Lesley Blanch sur France Culture.


(0)
168 Vues
0 commentaire
09.12.1993

Il fut un être paradoxal - contradictoire, insaisissable, impossible à situer - et, par la même, un être humain par excellence. Comme si Romain Gary avait voulu illustrer, dans sa vie et sa personne, ses convictions secrètes optimistes (alors que ses convictions avérées étaient toujours pessimistes) concernant l'espèce humaine.
Grand Français (diplomate, Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération)... mais né en Russie et élevé en Pologne. Grand gaulliste... mais contre tous les partis, tous les mouvements et toutes les idéologies politiques. Juif... qui n'admire dans la tradition juive que son sens de l'humour et son auto-ironie. Écrivain qui cherchait à imposer son nom à tout prix... puis se cache derrière des pseudonymes divers. Défenseur de la nature... mais en révolte permanente contre ses lois (avant et surtout : celle du passage du temps). Grand humaniste... mais sceptique, méfiant à l'égard de presque tous les hommes. Arborant tous les signes extérieurs du macho... tout en s'insurgeant contre l'oppression des femmes. Champion inconditionnel du couple... mais "tombeur" invétéré. Défenseur ardent de l'imaginaire et de l'art (la musique, le cinéma, l'illusionnisme sous toutes ses formes)... mais confit d'ennui devant les monuments, les musées et tout ce qui représente "la culture". Avide de récompenses, prix, honneurs, décorations, et fier lorsqu'il les gagne... mais heureux seulement dans l'anonymat, le déplacement constant, le vagabondage.
Un homme paradoxal, contradictoire et impossible à situer... mais un être humain par excellence !

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Nancy Huston.