(1)
La scène intellectuelle française s'apprête à vivre un moment de rupture. Pour la première fois, deux figures aux trajectoires radicalement opposées acceptent de se confronter publiquement. D'un côté, Alain Soral, essayiste connu pour son anti-sionisme radical. De l'autre, Serge Federbusch, éditorialiste et historien, portant une voix patriote de confession juive.
Ce débat dépasse la simple joute verbale. Il révèle une fracture profonde qui traverse aujourd'hui le camp patriote français. Tandis que la presse observe une division croissante entre le soutien inconditionnel à Israël et une ligne souverainiste stricte, ce face-à-face expose les racines du conflit. L'enjeu est de déterminer si la politique étrangère française répond encore aux intérêts de la nation.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'50 : Soral assume sa judéophobie
- 0'25'06 : Le CRIF pèse sur la France
- 0'38'00 : Soral conteste l'allégeance
- 1'01'00 : Israël instrumentalise Hamas
- 1'24'00 : Le CRIF domine la politique
- 1'35'30 : L'Europe détruit l'industrie
- 1'52'33 : Conclusion
Un débat animé par Mike Borowski.


(1)
Michel Villey (1914-1988), historien et philosophe du droit, a laissé une empreinte durable dans sa discipline grâce à ses réflexions novatrices sur la philosophie grecque, notamment sur la pensée d'Aristote. En revisitant les idées de saint Thomas d’Aquin, il a développé des concepts fondamentaux tels que le "droit naturel classique" et une vision réaliste des droits de l'homme. Son travail souligne l'importance de notions grecques comme la physis (nature), le dikaion (droit juste) et le dikastes (le juge comme droit animé).
Plusieurs enseignants-chercheurs analysent ici l'héritage intellectuel de Michel Villey, ce "paladin du réalisme juridique", et sa pertinence dans le contexte actuel.


(0)
Au cours des années 2010 et 2020, aux États-Unis, une nouvelle contre-culture de droite radicale s'est développée sur internet. Ses figures centrales, comme Curtis Yarvin ou Nick Land, écrivent le plus souvent sous pseudonymes, sur des blogs et sur les réseaux sociaux. Ils ont donné à ce mouvement son nom, la "néoréaction", ou encore les "Lumières sombres".
Les idées qu'ils défendent sont à la fois anciennes et hypermodernes : détruire la démocratie, établir une monarchie, diriger l'État comme une entreprise, rétablir les inégalités entre hommes et femmes, affirmer les différences entre patrimoines génétiques…
D'abord marginaux, ils ont peu à peu obtenu le soutien de certains milliardaires de la Silicon Valley, et leur audience n'a cessé de s'élargir depuis. Avec la victoire de Donald Trump en novembre 2024, ils estiment avoir désormais les mains libres pour faire de l'Amérique le laboratoire de leurs vœux les plus fous.
L'analyse d'Arnaud Miranda met en lumière l'originalité des néoréactionnaires tout en les inscrivant dans l'histoire longue des idées. Elle permet de prendre la mesure de ce qui pourrait bien, si nous n'y prenons garde, devenir notre futur.


(0)
L'industrie de défense américaine est actuellement en train d'être redéfinie, avec de nouveaux acteurs comme Palantir et Anduril. Quelle est l'origine de cette mutation spectaculaire ? À quoi répond-elle et quelles en seront les conséquences pour l'Amérique en particulier et l'Occident en général ? Les États-Unis sont-ils en train de basculer vers une forme de "technofascisme" portée par la Silicon Valley et ses nouvelles figures de proue ?
Longtemps nourrie par l'héritage libertaire et contre-culturel du numérique, la Silicon Valley semble désormais assumer un tournant stratégique vers la défense, la sécurité et la puissance étatique. L'exploitation massive des données, leur mise en réseau et leur utilisation opérationnelle redéfinissent les rapports entre entreprises, gouvernements et conflits contemporains. Ce sujet illustre les tensions entre l'universalisme comme idéologie, et les concepts géopolitique de puissance et de souveraineté.
Ce "retour du réel", incarné par la montée des rivalités entre grandes puissances et la fin d'une certaine naïveté occidentale, remet au centre du jeu les problèmatiques stratégiques et l'innovation militaire comme conditions de survie. Entre fascination et inquiétude, assistons-nous à une réelle dérive autoritaire ou s'agit-il d'une adaptation nécessaire à un monde redevenu conflictuel ?
(1)
Il y a deux sortes d'émissions littéraires : la mauvaise, et la bonne.
La mauvaise est celle d'Augustin Trapenard qui reçoit le gratin de Grasset, ces auteurs subventionnés par la maison Bolloré, moins communément appelée Louis Hachette Group.
La bonne, c'est Des Paluches et des Bouquins, une émission discrète qui s'adresse aux vrais écrivains, pas aux auteurs-journalistes de cour qui vendent la soupe oligarchique, tiède et sans goût, parfois empoisonnée.
Avec Soral sur les Paluches, on cause (beaucoup) cinéma, édition, féminisme, antiracisme, élection, oligarchie, justice, Le Pen, censure, jeunisme, humour, Cloclo, BHL, Ciel, procès, boxe, exil, trahison, réalisme, France.
"Je suis quelqu’un qui est né sous une bonne étoile, même si elle n’est pas à six branches". Le ton est donné.


(0)
Le sociologue et philosophe québécois Michel Freitag distingue, au sein de sa "sociologie dialectique", trois modes formels de reproduction : le "culturel-symbolique", le "politico-institutionnel" et le "décisionnel-opérationnel". La modernité, qui correspond au second de ces modes, est aujourd'hui en crise alors qu'il est acculé par le nouveau mode de reproduction cybernétique propre à la post-modernité.Comment devons-nous comprendre cette évolution de la société prise comme totalité à la fois réelle et subjective ?



(1)
Pourquoi en 1940 la France s'est-elle effondrée en quelques semaines seulement ? Cette défaite militaire, politique et morale était-elle inéluctable et la collaboration avec le vainqueur l'était-elle tout autant ? Bien des déterminismes pouvaient expliquer l'une et l'autre : le pacifisme des Français au sortir de la Grande Guerre et les divisions profondes qui traversaient la nation française et la paralysaient. Mais c'est oublier que l'histoire est toujours faite par les hommes.
De l'Armistice de 1918 à celui de 1940, le grand journaliste international André Géraud, connu sous son nom de plume, Pertinax, a côtoyé de près tous ceux qui ont compté dans la République : hommes politiques, diplomates, banquiers, industriels ou militaires. En exil à New York pendant la période de l'Occupation, il tire de son journal, un livre-réquisitoire, Les Fossoyeurs, qui paraît en 1943, et qui est un document majeur sur l'entre-deux-guerres, dont il donne un tableau édifiant, servi par un art du portrait et un souci du détail.
Écrit pour instruire les générations futures, jamais réédité depuis la Libération, ce maître-livre trouvera certainement un écho dans la situation actuelle de la France contemporaine.


(0)
L'histoire du concept de "santé mentale" est intéressante à plus d'un titre. En effet, il n'est pas indifférent que l'ensemble d'un champ de savoirs et de dispositifs pratiques prétende s'organiser, à un moment donné, autour de la santé mentale et non, comme ce put être le cas à d'autres périodes, autour de l'aliénation, voire autour de la prophylaxie des maladies mentales.
Quelles sont les conséquences de ce choix relativement récent concernant l'organisation des politiques publiques autour de ce champ ?


(0)
Quelles sont les origines de l'eugénisme, les motivations derrière ses méthodes, ses différentes formes possibles (aujourd'hui comme dans l'histoire), ce qu'il peut apporter, ainsi que ses limites ?
Exploration d'un sujet brûlant, parce que d'actualité, et plus que jamais polémique !
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'26 : Qu'est-ce que l'eugénisme ?
- 0'15'36 : Pourquoi l'eugénisme ?
- 0'27'50 : Qui est contre l'eugénisme, et pourquoi ?
- 0'41'20 : Pourquoi l'eugénisme a mauvaise presse ?
- 0'59'26 : Les formes historiques de l'eugénisme
- 1'22'56 : Quels critères pour l'eugénisme ?
- 1'27'50 : Les limites de l'eugénisme étatique
- 1'35'29 : L'eugénisme libéral et ses limites
- 1'54'22 : L'importance des critères et conclusion
- 2'02'52 : Les informations de Rage


(0)
"Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles", avait déclaré Peter Thiel, le fondateur de PayPal, en 2009. D'abord vue comme une phrase d'excentrique, cette parole fait désormais écho à une crainte de plus en plus partagée dans la presse mainstream : et si une partie de l'élite politico-technologique américaine cherchait dorénavant à liquider la démocratie ? Le second mandat de Donald Trump a en effet mis en lumière un courant de pensée tout à fait atypique et qui n'était globalement connu jusqu'ici que par une poignée d'initiés, à savoir le courant "néoréactionnaire", aussi appelé "les Lumières sombres".
La Néoréaction (NRx) est une étiquette qui désigne une pensée anglo-saxonne contemporaine anti-démocratique, anti-égalitaire et anti-progressiste, dont les principales figures sont l'Américain Curtis Yarvin et le Britannique Nick Land.
Cathédrale, néo-jacobitisme, néocaméralisme, accélérationnisme, trichotomie ou encore reset : tels sont quelques-uns des principaux concepts de cette nébuleuse dont Antoine Dresse nous aide à faire la synthèse.
Émission du "Libre Journal des lycéens", animée par Pascal Lassalle.


(0)
Le sionisme chrétien est né en Angleterre au XIXe siècle. Il s'est diffusé ensuite dans la société américaine et dans d'autres pays accueillant des communautés évangéliques. Quel est aujourd'hui son poids dans la politique extérieure américaine vis-à-vis de l'État d’Israël ? Peut-on comparer les formes de son influence contemporaine avec celles de son impact considérable dans la politique méditerranéenne du Royaume-Uni au début du XXe siècle ?
Spécialiste des rapports entre religion et politique aux Etats-Unis, Blandine Chelini-Pont nous aide à comprendre comment, au nom d'une interprétation spécifique de la Bible, un courant très puissant en est venu, aux États-Unis, à prôner un soutien indéfectible au gouvernement israélien.


(0)
L'ironie est louée de toutes parts. Elle peut faire rire et réfléchir tout à la fois. En jouant sur des effets de mention et d'écho, elle permet par exemple de reconsidérer de manière critique les discours dominants.
Mais jusqu'à quel point cette parole critique est-elle politique ? Permet-elle de souder une communauté politique ou plutôt d'entretenir certains préjugés dans le confort de l'entre-soi ? Est-elle un instrument d'émancipation susceptible de renverser les hiérarchies ou bien l'expression d'un privilège (genré, lettré, etc.) ?
Certes, l'ironie remet en cause notre tendance à adhérer sans réfléchir aux discours en vogue. Mais elle est aussi une parole d'esquive, qui rechigne à fixer un contenu, qui refuse de prendre parti, qui fait un pari risqué : répéter un discours-cible pour le ridiculiser, au risque cependant de le normaliser.
Loin des distinctions faciles entre la "bonne" et la "mauvaise" ironie (ce qui revient, en réalité, à distinguer l'ironie qui nous plait et celle qui ne nous plait pas), Guillaume Fondu et Laélia Véron, en analysant de nombreux exemples polémiques, mènent l'enquête sur les ambigüités politiques de l'ironie dans le monde contemporain.