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Jacques Ellul (1912-1994) est une personnalité difficilement classable : penseur de la technique, chrétien anarchiste, mais aussi précurseur de l'écologie politique, son œuvre colossale s'inscrit à la croisée de plusieurs disciplines et semble, à bien des égards, visionnaire.
Dès le XXe siècle, il alerte sur les dérives de l'omniprésence de la technologie, lance des appels à la décroissance et anticipe la résurgence du sacré.
Comment son œuvre, sa pensée et ses engagements peuvent-ils nous aider à nous orienter dans notre XXe siècle marqué par des crises multifactorielles ?
Une série d'émission produite par Juliette Devaux.
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Voyageur infatigable et figure du mouvement anarchiste, Élisée Reclus a porté une approche sensible dans la pratique de la géographie. Il a développé une pensée avant-gardiste de l'écologie et un idéal de coexistence entre l'homme et la nature.
Militant anarchiste et communard, le géographe Élisée Reclus (1830-1905) profite de ses périodes d'exils politiques pour voyager et étudier la terre. Grâce à la popularité de ses ouvrages de vulgarisation géographique, mêlant rigueur scientifique et sensibilité littéraire, il obtient de son vivant une renommée mondiale.
Humaniste convaincu et pionnier de la pensée écologiste, Élisée Reclus mène toute sa vie un combat en faveur de l'émancipation individuelle et d'une meilleure harmonie entre les hommes et la nature.
Une série d'émission produite par Marie-Lys de Saint Salvy.


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Le béton est utilisé depuis l'antiquité dans sa forme simple, puis il s'arme — de fer ou d'acier, et envahit peu à peu les constructions, les logements sociaux et les chantiers dans l'urbanisme contemporain tellement il est facile et pas si cher à produire.
Anselm Jappe a écrit un ouvrage sur les questions soulevées par ce matériau comme "arme de construction massive du capitalisme". Participant de la réduction des surfaces dans les logements, de l'uniformisation des bâtis, du contrôle social dans les logements de masse, il engendre également un retournement des habitants contre leur propres habitats : mépris voire haine de ces lieux qui viennent comme remplacer une haine de classe, tellement ils sont honnis.
Il est question également de la nocivité pour la santé des vivants, tant durant l'extraction des sables et graviers nécessaire à son élaboration, que lors de sa production (émission de CO2), que, in fine, dans la stérilisation des sols une fois bétonnés. Il n'y a pas non plus de lien au milieu où l'on est, où l'on construit ou adopte son habitat, qui est indépendant de tout contexte, partout pareil… avec des inconforts thermique, acoustique, et pas de durée.
En outre il n'y a de pas de "belles ruines" après le béton : il y a des tas informes, des débris dans les déchetteries, et un décyclage (tel que l'utilisation des résidus coulés pour des autoroutes ou autres). Outre les ressources, le béton a aussi détruit moult savoirs et métiers de constructions locales et pérennes.
Facteur d'épuisement des ressources et des personnes, l'hostilité du béton n'est-elle pas en effet à la mesure de celle des sociétés capitalistes ?
Émission "Un Coin Quelque Part", animée par Isabelle Carrère.


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Biologiste de formation, chercheur indépendant et auteur majeur de la pensée écologique contemporaine, Pablo Servigne revient dix ans après Comment tout peut s'effondrer pour faire le point.
Entre peurs, anarchie et entraide, un dialogue en forme de bilan personnel et intellectuel d'une décennie de réflexion consacrée à la collapsologie afin de comprendre l'articulation des liens et de la domination, la spiritualité et la lucidité, la survie et la vie commune.
1 - La collapsologie, 10 ans après
- 0'00'00 : Introduction et Présentation de Pablo Servigne
- 0'03'48 : Bilan des Dernières Années et Évolution Personnelle
- 0'08'38 : Dépendance au Système et Désir de Transition
- 0'13'19 : Réflexions sur la Mort et la Légèreté de l'Existence
- 0'18'15 : Diagnostic et Valeurs dans les Conflits Sociaux
- 0'23'10 : Peurs Fondamentales et Structuration des Sociétés
- 0'24'17 : La peur et la joie : un équilibre essentiel
- 0'27'10 : Compétition vs Coopération : une vision du monde
- 0'28'57 : Révéler les mécanismes de pouvoir et de violence
- 0'32'01 : La collapsologie : un mouvement en évolution
- 0'34'49 : Les malentendus autour de la collapsologie
- 0'38'01 : La complexité des causes de l'effondrement
- 0'4107 : Réformer ou accepter l'effondrement : un dilemme politique
- 0'54'41 : La Politisation et l'Action Collective
- 0'56'08 : Réactions aux Crises et à l'Anxiété
- 0'57'55 : Les Réponses aux Peurs et aux Extrêmes
- 0'59'43 : La Peur et l'Action : Un Cadre de Compréhension
- 1'02'02 : La Violence et la Résistance : Une Réflexion Nécessaire
- 1'03'59 : La Non-Violence et la Longévité des Luttes
- 1'06'20 : La Résistance et la Paix : Un Équilibre à Trouver
- 1'08'27 : La Compétition et la Violence : Un Cycle à Rompre
- 1'11'08 : Cadrer la Compétition : Vers une Nouvelle Approche
- 1'14'01 : Les Principes du Vivant : Une Voie de Résilience
- 1'16'25 : Agir face à l'Effondrement : Stratégies et Conscience
- 1'19'53 : La Violence et la Révolution
- 1'22'58 : Culture de l'Empathie et de l'Altruisme
- 1'27'44 : Révolutions Historiques et Alternatives Non Violentes
- 1'30'36 : La Peur et l'Incertitude en France
- 1'37'40 : Construire des Liens Sociaux pour l'Avenir
2 - L'entraide suffit-elle ?
- 0'00'00 : Introduction et contexte de la conversation
- 0'01'11 : La violence et ses conséquences
- 0'05'25 : La hiérarchie et la survie des sociétés
- 0'10'14 : La paix et la violence structurelle
- 0'18'39 : Réflexions sur la légitimité de la violence
- 0'22'26 : Les principes d'entraide dans la nature
- 0'25'07 : L'évolution et l'entraide : Darwin et Kropotkine
- 0'27'34 : L'entraide en milieu hostile vs. en milieu d'abondance
- 0'31'33 : Les principes de l'entraide et la coopération intergroupe
- 0'33'41 : La nécessité d'une membrane de sécurité
- 0'39'30 : Les défis de l'organisation humaine et de l'entraide
- 0'44'54 : La définition des frontières de l'entraide
- 0'50'24 : La question monétaire et ses implications sociales
- 0'53'32 : Technologie et lien social : un équilibre à trouver
- 0'55'25 : Dimension spirituelle et écologie
- 0'56'53 : Raison, émotion et spiritualité
- 1'01'16 : Travail sur soi et collectif
- 1'04'37 : Genèse du livre et lien social
- 1'08'45 : Super-vivalisme et résilience communautaire
- 1'15'55 : Liens sociaux et entraide en temps de crise
- 1'20'24 : Membranes et ouverture aux autres
- 1'28'12 : Résilience et Effondrement des Sociétés
- 1'31'01 : Analyse de la Fragilité et Résilience en France
- 1'34'05 : Construire des Réseaux de Soutien
- 1'37'21 : Impact Personnel et Émotionnel de l'Engagement
- 1'40'59 : Éducation et Transmission des Valeurs
- 1'42'27 : Vers un Futur de Lien Social
- 1'44'24 : Littérature et Empathie dans la Construction Sociale


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L'étrange hypothèse qui structure les déveoppements de Pierre Charbonner est que la seule chose plus dangereuse que la guerre pour la nature et le climat, c'est la paix. Nous sommes en effet les héritiers d'une histoire intellectuelle et politique qui a constamment répété l'axiome selon lequel créer les conditions de la paix entre les hommes nécessitait d'exploiter la nature, d'échanger des ressources et de fournir à tous et toutes la prospérité suffisante.Dans cette logique, pour que jalousie, conflit et désir de guerre s'effacent, il fallait d'abord lutter contre la rareté des ressources naturelles. Il fallait aussi un langage universel à l'humanité, qui sera celui des sciences, des techniques, du développement.
Ces idées, que l'on peut faire remonter au XVIIIe siècle, ont trouvé au milieu du XXe une concrétisation tout à fait frappante. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le développement des infrastructures fossiles a été jumelé à un discours pacifiste et universaliste qui entendait saper les causes de la guerre en libérant la productivité. Ainsi, la paix, ou l'équilibre des grandes puissances mis en place par les États-Unis, est en large partie un don des fossiles, notamment du pétrole.
Au XXIe siècle, ce paradigme est devenu obsolète puisque nous devons à la fois garantir la paix et la sécurité et intégrer les limites planétaires : soit apprendre à faire la paix sans détruire la planète. C'est dans ce contexte qu'émerge la possibilité de l'écologie de guerre, selon laquelle soutenabilité et sécurité doivent désormais s'aligner pour aiguiller vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Pierre Charbonnier lance un appel aux écologistes pour qu'ils apprennent à parler le langage de la géopolitique.


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L'Homme excelle à créer des liens profonds avec son environnement, les êtres vivants et les lieux qu'il habite. Ces connexions — qu'elles soient alimentaires, techniques ou affectives — ont façonné la riche mosaïque de modes de vie et d'écosystèmes observée à travers le monde.
Pourtant, cette incroyable diversité bioculturelle subit aujourd'hui un effondrement global alarmant, documenté par les sciences, l'anthropologie et la linguistique. La solution ? Retourner à la terre.
Charles Stepanoff explore comment les pratiques et les savoirs paysans traditionnels en Europe créent des réseaux de vie denses et résilients. Ces modèles locaux constituent une piste concrète pour contrer la crise actuelle et restaurer les liens essentiels entre l'Homme et son milieu.


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Chef d'entreprise, intellectuel et homme politique, Laurent Ozon est invité à partager sa vision d'abord écologique du social.
De l'impact des technologies numériques sur nos vies à la nécessité de lutter contre l'artificialisation des paysages et des rapports sociaux, des défis posés par la dissonance cognitive entre nos idéaux et nos modes de vies, il insiste sur l'importance de comprendre les émotions et les interactions humaines pour construire une société plus harmonieuse.Sont également explorées : les enjeux de la relocalisation économique, la nécessité de repenser notre rapport à la nature et aux communautés locales, et les limites de l'innovation technologique.
L'occasion de partager des anecdotes personnelles et des exemples concrets qui offrent une perspective à la fois critique et constructive sur les défis écologiques et sociaux contemporains.
Un entretien mené par Raphaël Paillot.Un entretien mené par Raphaël Paillot.
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C'est assez méconnu mais l'écologie est une vieille préoccupation des extrêmes droites, du nazisme à diverses variétés du néofascisme contemporain. Et aujourd'hui, en concurrence avec le greenwashing néolibéral d'un Macron, cherchant à "verdir" le capitalisme et voyant dans le marché la solution au changement climatique, on trouve un greenwashing néofasciste, qui prétend que le salut viendrait de la fermeture des frontières et qui repeint en vert la xénophobie.
Sont explorés, en compagnie de Paul Guillibert et Pierre Madelin, la manière dont les fascistes pensent l'environnement, s'approprient la question du climat, élaborent des arguments et popularisent des solutions (qui n'en sont pas). On l'on voit également comment l'écologie est le terrain d'une refondation intellectuelle et politique du racisme et de l'extrême droite.
Quelles sont donc les moyens de s'opposer aux politiques écofascistes et, dans une perspective émancipatrice, de quelle écologie nous avons réellement besoin ? À rebours des logiques xénophobes et racistes, il s'agirit plutôt d'oeuvrer à une refondation internationaliste de l'écologie qui allie solidarité avec les exilés et attention portée aux territoires.
Émission "Minuit dans le siècle".