La gauche s'est-elle perdue ? Avec Nathalie Heinich et François Bégaudeau sur Quartier General.


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12.2025

Figure intellectuelle passée de Pierre Bourdieu à Pierre Nora, Nathalie Heinich prend régulièrement position sur les sujets brûlants du débat public. Contre le mariage pour tous, contre le néo-féminisme, contre l'islamo-gauchisme, contre le wokisme, elle prend parti, signe des tribunes, lance des observatoires.
En 2025, elle publie aux éditions Gallimard Penser contre son camp, un essai dans lequel elle revendique la liberté de s'opposer aux idées du milieu progressiste dont elle se revendique pourtant encore.
Ses prises de position, souvent situées à contre-courant de la gauche dite "radicale", sont ici au cœur d'un échange franc avec l'écrivain et essayiste François Bégaudeau, qui incarne une des formes de la gauche à laquelle elle s'oppose.

Émission "L'Explication", animée par Aude Lancelin.

Dictionnaire de la pensée politique de droite. Avec Antoine Dresse sur Ego Non.


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2026

C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.

La copossession du monde, vers la fin de l'ordre propriétaire. Avec Pierre Crétois sur Fréquence Paris Plurielle.


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14.02.2024

"La propriété ou le chaos !" s'écrient en chœur les thuriféraires de l'ordre propriétaire. Parce que, disent-ils, la propriété sépare le tien et le mien, elle protège la liberté individuelle et assure l'harmonie sociale. Condition de l'échange, elle fonde l'activité économique et favorise l'enrichissement collectif. À les écouter, elle n'aurait que des vertus...
C'est faire peu de cas de ses funestes conséquences – la pollution et l'épuisement des ressources naturelles, par exemple –, mais c'est aussi abandonner au marché des questions qui devraient relever de la délibération politique.
Or, Pierre Crétois le rappelle, l'intérêt économique ne se confond pas avec le bien commun. Pour endiguer le creusement des inégalités sociales et la destruction de la planète, on ne peut s'en remettre aux chimères du tout-marché ou de la démocratie de consommateurs. Un radical changement de perspective s'impose : il faut défendre des principes autonomes de justice pour remettre la propriété à sa place et l’envisager non plus comme le socle de la vie en communauté mais, au contraire, comme une modalité du commun intégrant les droits d'autrui et ceux des générations futures.

Développer son esprit critique face au monde de la désinformation. Avec Gérald Bronner pour l'Université Populaire de la Rationalité et de l'Esprit Critique.


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2025

Dans un monde saturé d'infox et de "vérités alternatives", la capacité à débattre de manière constructive est menacée. Pour y remédier, Gérald Bronner explore comment renforcer l'esprit critique, compétence essentielle face à l'afflux d'informations. Il analyse d'abord les raisons pour lesquelles la crédulité persiste malgré un accès inédit au savoir, soulignant l'urgence d'en faire une priorité collective.
C'est d'abord en examinant les mécanismes qui entravent notre raisonnement que la série de conférences commence, depuis les pièges intuitifs de la pensée jusqu'aux biais cognitifs récurrents, en nous invitant à prendre conscience de nos limites naturelles.
Une attention particulière est portée aux liens entre désir et jugement, révélant comment nos aspirations déforment parfois notre perception du réel (la "pensée motivée").
Enfin, Gérald Bronner décrypte les biais cognitifs les plus répandus, montrant que les connaître permet de limiter leur influence. Si le cerveau humain reste un outil puissant, ses pièges prévisibles rappellent la nécessité d'une vigilance constante pour penser de façon plus objective.

Reprendre possession du temps. Avec Pierre Caye pour le podcast Cracker l'époque.


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10.2024

Le philosophe Pierre Caye a conduit ses recherches au croisement de l'architecture, l'urbanisme et l'aménagement du territoire. Il a écrit de nombreux livres dont Critique de la destruction créatrice (2015), Comme un nouvel atlasD'un état meilleur que la puissance en 2017 puis Durer. Éléments pour la transformation du système productif (2020).
Récemment, il a fait paraître Seul le temps nous appartient aux éditions Verdier. Il y propose une réflexion sur l'aliénation du temps dans le monde contemporain et sur la nécessité de recréer un espace de liberté face à l'accélération de nos vies.
La question du temps est éminemment politique : face à la capture du temps par le capitalisme et son économie de l’attention, Pierre Caye nous invite à reposséder quelque chose d'incorporel, peut-être la seule chose qui nous appartient, le temps.

Pensées décoloniales, une introduction aux théories critiques d'Amérique latine. Avec Philippe Colin à la Librairie Terra Nova.


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04.05.2023

La théorie décoloniale constitue l'un des discours phares de notre temps. Loin des imprécisions dont elle fait souvent l'objet, Philippe Colin offre une généalogie et une cartographie d'un continent de pensée méconnu en Europe et rappelle les apports d'un des courants les plus féconds de la théorie critique contemporaine.
La conquête de l'Amérique, scène inaugurale de la modernité capitaliste, fut aussi l'acte de naissance de nouveaux rapports coloniaux de domination qui ont modelé une hiérarchie planétaire des peuples selon des critères raciaux, sexuels, épistémiques, spirituels, linguistiques et esthétiques. Or cette colonialité du pouvoir n'a pas été enterrée par les décolonisations.
Si l'on veut en sortir, il faut (re)connaître les expériences vécues par celles et ceux qui ont résisté à l'imposition de ces régimes, les savoirs produits par les sujets marqués par la blessure coloniale, et tenter de discerner, dans ces fragiles "nouveaux mondes", l'horizon d'un dépassement de la colonialité.

Stig Dagerman et la littérature prolétarienne suédoise. Avec Philippe Bouquet la librairie Le Kiosk à Toulouse.


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2020

Traducteur et amoureux de la littérature des auteurs prolétariens suédois, Philippe Bouquet nous présente l'écrivain révolté Stig Dagerman (1923-1954) qui laisse une oeuvre où sont disséqués le mal-être et la fausseté des rapports humains.
À 22 ans, il écrit L'île des condamnés qui retrace l'impossible liberté des êtres quand aucun ne choisit le chemin de la solidarité. C'est un texte fort où les protagonistes sont décrits au plus profond de leur solitude. Dagerman, littéralement "l'homme du jour" en suédois, a magné la plume comme une antidote contre la mort dans des récits où il met son propre malaise en scène (L'enfant brûléLe Serpent, ou la pièce de théâtre L'ombre de Mart). Militant à la SAC (le syndicat anarchiste suédois) et rédacteur pour le quotidien anarchiste Arbetaren, il perçoit vite les impasses du militantisme révolutionnaire. Il mettra fin à ses jours très jeune en analysant le suicide comme "seule preuve de la liberté humaine".
Philippe Bouquet nous parle de Dagerman et de son inscription dans le paysage littéraire suédois en croisant son histoire avec celles des êtres humains qui se battent au quotidien pour une société meilleure.

1979 : l'année ou tout a basculé ! Avec Sébastien Quéré pour Géopolitique profonde.


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28.12.2025

Le chaos contemporain ne peut être compris sans analyser l'année 1979. Cette date charnière marque la fin d'un cycle historique et le début d'une ère de domination financière internationale. C’est le moment exact où la souveraineté des nations a commencé à s'éroder face à l'impérialisme économique. Cette mutation profonde a redéfini les équilibres géopolitiques mondiaux de manière irréversible.
Cette année-là, l'ordre ancien a basculé simultanément sur plusieurs continents. La révolution iranienne a bouleversé le Moyen-Orient tandis que la Chine entamait son ascension économique fulgurante sous Deng Xiaoping. En Occident, le modèle de Margaret Thatcher s'imposait, annonçant l'ère du néolibéralisme sans concession. Ces événements ont préparé le terrain pour l'instabilité structurelle que nous subissons aujourd'hui.
Le véritable coup de force fut monétaire avec l'imposition brutale du monétarisme par la Réserve fédérale américaine. Cette hausse massive des taux visait à consolider le pouvoir de la finance sur les États. Ce choix stratégique a scellé la dépossession économique des peuples et l'essor d'un néoconservatisme global. Il est essentiel de saisir cette mécanique pour décrypter le pouvoir de l'état profond.
L'invasion de l'Afghanistan par l'URSS illustrait déjà l'agonie d'un système face à la nouvelle puissance américaine. Les mécanismes de chaos et de dépendance énergétique que nous observons maintenant trouvent leur origine directe dans ce basculement.
Cinquante ans après, ce cycle arrive à son terme, rendant cette matrice de 1979 plus cruciale que jamais à déchiffrer...

Émission du "Libre Journal de GPTV", animée par Nicolas Stoquer.

Y a-t-il une politique cybernétique ? Avec Mathieu Triclot à l'Ecole Normale Supérieure.


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11.02.2025

Philosophe et maître de conférences à l'université de technologie de Belfort-Montbéliard, Mathieu Triclot se demande si on peut trouver dans la cybernétique américaine des ressources critiques pour penser le moment contemporain, entre autres en termes d'intelligence artificielle.
Après avoir définit la première cybernétique, il se demande ce que veut dire l'information pour les premiers cybernéticiens, étudie les préceptes pour une politique de l'information chez Wiener et termine en cartographiant les politiques cybernétiques.

Les Lumières sombres : comprendre la pensée néoréactionnaire. Avec Arnaud Miranda à la Librairie Mollat.


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02.2026

Née sur le web au tournant des années 2010, la néoréaction (NRx) est désormais une galaxie intellectuelle aussi influente que méconnue. Cette pensée s'est structurée contre l'échec perçu du néoconservatisme de l'ère Bush pour infuser aujourd'hui le "Trumpisme 2.0", incarné par des figures comme JD Vance.
Arnaud Miranda distingue trois piliers fondamentaux de la droite : les conservateurs (préservation), les libéraux (réforme) et les réactionnaires (rupture). La singularité des néoréactionnaires réside dans leur rejet total de la démocratie, considérée comme une illusion métaphysique inefficace. Il souligne l'importance de la "Cathédrale", concept néoréactionnaire désignant le bloc médiatico-académique qui maintiendrait le consensus progressiste. Pour la renverser, ces penseurs utilisent le "passivisme" : une infiltration des élites plutôt qu'une mobilisation des masses.

 - 0'00'00 : Présentation du travail d'Arnaud Miranda
 - 0'01'16 : L'importance de prendre les idées politiques au sérieux
 - 0'04'45 : Typologie des penseurs : de l'académie à la tech
 - 0'07'35 : Conservateurs, réactionnaires et libéraux : les distinctions
 - 0'16'00 : Les racines du libertarianisme américain
 - 0'21'10 : Néoconservateurs vs Paléoconservateurs : le point de rupture
 - 0'26'00 : Alt-right, néoréaction et post-libéralisme
 - 0'33'50 : Curtis Yarvin et le concept de formalisme
 - 0'44'50 : La "Cathédrale" et la stratégie du passivisme
 - 0'56'50 : Nick Land et l'accélérationnisme technocapitaliste
 - 1'05'50 : Peter Thiel : promoteur et financeur du mouvement
 - 1'15'00 : Quelles réponses pour les démocraties ?

Un entretien mené par Pierre Coutelle.

Le bingo cinéma : Jean-Baptiste Thoret répond aux questions de Mr Paf.


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2025

Critique, historien du cinéma et réalisateur, Jean-Baptiste Thoret est un amoureux du 7e art. Spécialiste du cinéma américain, en particulier du Nouvel Hollywood, et du cinéma italien des années 1970, il nous donne l'envie de découvrir ou redécouvrir certains films, réalisateurs voire carrément des pans entiers de l'histoire du cinéma qui ne sont plus forcément au goût du jour.
De ses premiers émois cinéphiliques aux films surcôtés, des grandes trilogies aux affiches les plus iconiques, Jean-Baptiste Thoret parvient à nous communiquer la passion qui vise à rendre compte des émotions qui nous traversent à la réception de ces images qui, quand elles sont grandes, rentrent toujours en résonnance avec une époque, un lieu, une ambition artistique, qui s'insérent, bien évidemment, dans l'histoire du cinéma en tant que discipline.

Comment se construit un Etat ? Avec Michel Figeac, Thierry Dutour et Pauline Valade sur StoriaVoce.


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01.2023

Les 335 années qui séparent l'arrivée au pouvoir de Charles VI en 1380 de la mort du roi-soleil en 1715 ont été des périodes de bouillonnement politique, militaire, religieux, administratif et artistique dans le royaume de France. La pérennité de la guerre marque cette longue évolution où les périodes de paix demeurent très incertaines et de courte durée ; guerres de toutes sortes, religieuses, civiles étrangères où les ennemis furent tour à tour Anglais, Espagnols, Impériaux ou protestants et le plus souvent dans la parentèle proche des rois.
L'omniprésence de la guerre a été, sans aucun doute, un des éléments fondamentaux de la naissance et du développement de l'état monarchique mais dans le même temps la naissance de l'état monarchique a été le terreau de la guerre. Les deux grands piliers de la construction, justice et finances, les acteurs de celle-ci mais aussi les contestations et les révoltes contre cette montée en puissance tissent la trame de fond de cette construction et affirmation de la monarchie française pendant ces quatre siècles.
Si la figure royale s'impose, un gouvernement se structure progressivement au cours de la période considérée et une forme de bureaucratie permet de professionnaliser l'exercice du pouvoir et le gouvernement du royaume. Le roi n'exerce pas le pouvoir de manière solitaire et si les figures féminines s'effacent progressivement, les reines s'affirment dans les périodes de régences.
Michel Figeac, Thierry Dutour et Pauline Valade abordent les grands traits de la construction de l'État, tout en questionnant le processus politique à l'œuvre sur la longue durée.