La Laïcité et le messianisme républicain. Avec Youssef Hindi à Bruxelles


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16.11.2019

Le travail de Youssef Hindi retrace l'histoire politico-religieuse de France sur la longue durée pour en venir à celle de la Révolution de 1789 qui, loin de l'idée répandue, ne fut pas seulement animée par les idéaux de Liberté, d'Égalité et de Fraternité, mais par un virulent anticléricalisme de nature religieuse.
Car le projet révolutionnaire et républicain est mystique avant d'être politique. Et pour nous aider à saisir le fond de la crise actuelle, Youssef Hindi prend le parti d'analyser la formation, l'évolution et l'éventuelle fin de la République en historien des religions. On découvre alors comment et qui a forgée cette religion de la République, la laïcité, qui fut recherchée dès le lendemain de la Révolution par les jacobins et leurs successeurs républicains du XIXe siècle afin d'asseoir définitivement le nouveau régime.
Du kabbaliste jacobin Junius Frey (1753-1794) à Vincent Peillon en passant par Ferdinand Buisson (1841-1932), Youssef Hindi suit à la trace les mystiques et prophètes auto-proclamés de l'ère moderne qui ont élaboré cette religion composite de la République sous le règne duquel les Français vivent et dont ils ignorent jusqu'à l'existence.

Naissance de la biopolitique. Avec Michel Foucault au Collège de France.


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1979

Le cours prononcé par Michel Foucault au Collège de France de janvier à avril 1979, Naissance de la biopolitique, s'inscrit dans la continuité de celui de l'année précédente, Sécurité, Territoire, Population. Après avoir montré comment l'économie politique, au XVIIIe siècle, marque la naissance d'une nouvelle raison gouvernementale - gouverner moins, par souci d'efficacité maximum, en fonction de la naturalité des phénomènes auxquels on a affaire -, Michel Foucault entreprend l'analyse des formes de cette gouvernementalité libérale. Il s'agit de décrire la rationalité politique à l'intérieur de laquelle ont été posés les problèmes spécifiques de la vie et de la population : "Étudier le libéralisme comme cadre général de la biopolitique."
Quels sont les traits spécifiques de l'art libéral de gouverner, tel qu'il se dessine au XVIIIe siècle ? Quelle crise de gouvernementalité caractérise le monde actuel et à quelles révisions du gouvernement libéral a-t-elle donné lieu ? C'est à cette tâche de diagnostic que répond l'étude des deux grandes écoles néolibérales du XXe siècle, l'ordolibéralisme allemand et le néolibéralisme de l'École de Chicago - unique incursion de Michel Foucault, tout au long de son enseignement au Collège de France, dans le champ de l'histoire contemporaine.
Cette analyse met en évidence le rôle paradoxal que joue la "société" par rapport au gouvernement : principe au nom duquel celui-ci tend à s'autolimiter, mais cible également d'une intervention gouvernementale permanente, pour produire, multiplier et garantir les libertés nécessaires au libéralisme économique. La société civile, loin de s'opposer à l'État, est donc le corrélatif de la technologie libérale de gouvernement.

Introduction au Communisme. Avec Francis Cousin pour le Collectif Guerre de Classe.


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12.2019

"Le communisme, abolition positive de l'appropriation privative (elle-même aliénation humaine de soi) et par conséquent appropriation réelle de l'essence humaine par l'homme et pour l'homme ; donc retour total de l'homme pour soi en tant qu'homme social, c'est-à-dire humain, retour conscient et qui s'est opéré en conservant toute la richesse du développement antérieur. Ce communisme en tant que naturalisme achevé = humanisme, en tant qu'huma­nis­me achevé = naturalisme ; il est la vraie solution de l'antagonisme entre l'homme et la nature, entre l'homme et l'homme, la vraie solution de la lutte entre existence et essence, entre objectivation et affirmation de soi, entre liberté et nécessité, entre individu et genre. Il est l'énigme résolue de l'histoire et il se connaît comme cette solution.
Le mouvement entier de l'histoire est donc, d'une part, l'acte de procréation réel de ce communisme – l'acte de naissance de l'existence de son expérience  – et, d’autre part, il est pour sa conscience pensante, le mouvement compris et connu de son devenir." Karl Marx, Manuscrits de 1844
Retour, en compagnie de Francis Cousin et à partir de Karl Marx, sur les origines, l'actualité et le devenir du communisme, ce "mouvement réel qui abolit l'état actuel des choses".

"Il faut s'adapter", sur un nouvel impératif politique. Avec Barbara Stiegler pour Citéphilo à Lille.


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20.11.2019

D'où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d'un retard généralisé, lui-même renforcé par l'injonction permanente à s'adapter ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l'évolution ?
La généalogie de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d'une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard de l'espèce humaine par rapport à son environnement et sur son avenir. Elle a reçu le nom de "néolibéralisme" : néo car, contrairement à l'ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l'ordre des choses, le nouveau en appelle aux artifices de l'État (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l'espèce humaine et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique en quelque sorte.

Une conférence modérée par Karine Bocquet.

L'Ecole de Francfort : la dialectique contre les Lumières. Avec Jean Bricmont pour l'Association Belge des Athées.


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19.10.2019

On aurait pu croire voici trente ou quarante ans que l'évidence des succès des sciences et des techniques allait continuer de valoriser celles-ci et que la démocratisation de la connaissance et de l'éducation allait détruire les croyances irrationnelles. Au nombre de celles-ci, on trouve les enseignements de l'Ecole de Francfort, qui ont beaucoup contribué au relativisme ambiant en instruisant le procès de la raison occidentale.
Il est vain de penser que l'opposition aux sciences vient des nostalgiques de l'âge préindustriel : les théoriciens de l'Ecole de Francfort descend en droite ligne des Lumières, mais pour en dénoncer finalement ses fondements, notamment l'idéologie du progrès.
Le but de cette conférence est de comprendre les mécanismes qui, au sein des théories développées par l'Ecole de Francfort, ont permis l'émergence de phénomènes irrationels, d'en examiner le contexte et les conséquences sociales et politiques et d'envisager les moyens de lutter contre ces tendances.

Carl Schmitt, un intellectuel au service du nazisme. Avec Johann Chapoutot à l'Académie Royale de Belgique.


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04.12.2017

L'un des objectifs des pouvoirs totalitaires au XXe siècle fut de changer l'homme ; d'où le rôle central de la propagande et des intellectuels, ces "ingénieurs des âmes" (Staline).
Carl Schmitt, grand promoteur du droit d'exception dans l'entre-deux-guerres, s'est imposée comme le théoricien du droit le plus talentueux de sa génération. Obsédé par la "déjudaïsation" des sciences juridiques et des bibliothèques, il propose d'ajouter la mention "Jude" à chaque citation d'auteur juif dans un livre.
Retour sur la trajectoire intellectuelle de l'un des penseurs majeur du politique au XXe siècle, bien qu'actif compagnon de route de la machine nazie.

La conscience politique. Avec Geoffroy de Lagasnerie pour la revue Regards.


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01.11.2019

Le philosophe et sociologue Geoffroy de Lagasnerie vient de publier La conscience politique (2019, Editions Fayard), dans lequel il nous offre une réflexion très affinée de ce qu'est "la politique". Ou plutôt de ce qu'on en perçoit de manière erronée. Donc de ce qu'elle n’est pas.
Il interroge les formes mythologiques qui structurent le champ de la pensée politique et revient sur des concepts vides de sens : démocratie, peuple, souveraineté populaire, citoyen.
Un travail passionnant qui tente de décrire la réalité de nos expériences tout en construisant un nouveau langage.

Origine et Poétique. Avec George Steiner au Collège de France.


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1992

Quelle est l'origine de l'oeuvre d'art ? Et pourquoi ajouter des oeuvres d'art à la pléthore de beauté, d'invention, d'humour qu'offre le monde tel qu'il est ? La réflexion de George Steiner renouvelle la philosophie des valeurs en interrogeant les arts, c'est-à-dire ce qui met les valeurs à l'épreuve de la manière la plus immédiate.
Sous le double signe de la pensée pure et de l'approche critique sont interrogés les théories philosophiques de la création esthétique, de Platon et Aristote à Saint-Augustin, Nietzsche et Heidegger et les témoignages des artistes eux-mêmes.