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Protestations, manifestations, émeutes, grèves ; crispation, défiance, dénonciations : depuis quelques années, la colère monte, les peuples ne cessent de rejeter l'autorité et paraissent de moins en moins gouvernables. Jamais le climat n'a été si tendu, laissant nombre de commentateurs dans la sidération. Comment en sommes-nous arrivés là ? Quels éléments et circonstances ont fait naitre et entendre une telle rage, démultipliée sur les réseaux sociaux ?
Les raisons de la révolte sont connues et liées aux dérives du libéralisme élu comme seul modèle politique. Mais la violence avec laquelle elle se manifeste à présent est inédite car exprimée par un sujet nouveau : l'individu tyran. Né avec les progrès technologiques récents, l'apparition d'internet, du smartphone et les bouleversements induits par la révolution numérique, c'est un être ultra connecté, replié sur sa subjectivité, conforté dans l'idée qu'il est le centre du monde, qu'il peut tout savoir, tout faire, et voyant dans l'outillage technologique moderne l'arme qui lui permettra de peser sur le cours des choses.
Jamais combinaison n'aura été plus explosive : les crises économiques renforcent l'impression d'être dépossédé, la technologie celle d'être tout-puissant. L'écart entre les deux ne cesse de se creuser et devient de plus en plus intolérable. Les conséquences sont délétères : délitement du lien social, de la confiance, du politique ; montée du communautarisme, du complotisme, de la violence… Plane la menace d'un "totalitarisme de la multitude".
Eric Sadin livre une analyse neuve et tragiquement juste de l'effondrement de notre monde commun à travers une mise en perspective historique, politique, sociale, économique et technique unique. Mais il le fait pour mieux repenser les termes d'un contrat social capable de nous tenir, à nouveau, ensemble.
Une rencontre animée par Roberto Ciccarelli.



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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.
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Depuis le milieu du XXe siècle, l'identité a envahi les sciences humaines et sociales – du discours public et journalistique, elle est devenue un mot de passe de notre époque dont l'extension toujours accrue dissimule mal le vague, et parfois l'absence complète de signification.
Claude Romano développe un examen logique et philosophique de cette notion qui en exhume l'arrière-plan historique, notamment celui des égologies modernes, et propose une réorientation complète de l'enquête. L'identité, qui possède un enjeu véritable dans nos vies, n'est pas celle qui a servi de fil conducteur à la philosophie récente, celle qui fournit une réponse à la question de l'identification (qui ?) – à la manière dont nous identifient nos papiers d'identité. C'est au contraire une identité à l'égard de laquelle nous exerçons une responsabilité inaliénable, dans la mesure où nous jouissons d'une certaine autorité pour nous définir. Une identité "en dialogue" qui ne saurait être dissociée de nos interactions avec autrui et est sociale de part en part ; une identité qui n'est plus celle du moi cartésien ou lockien, mais est liée à l'être humain que nous sommes. Celle que les totalitarismes ont cherché à détruire et qui demeure l'emblème de notre fragile humanité.
Émission "L'Heure bleue", animée par Laure Adler.
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Disjoindre le sexe et le genre est un geste éminemment moderne, théoriser cette dissociation l'est plus encore. Le travail qu'expose Eric Marty est d'une certaine manière l'histoire de ce geste. Il nous mène des grandes entreprises déconstructrices de la Modernité des années 1960-1980 jusqu'au triomphe contemporain de la théorie du genre.
Pourtant, parce qu'il s'agit d'un objet aussi fuyant que précieux, il est aussi un révélateur. Loin d'être tout à fait commun aux deux espaces intellectuels que sont l'Europe et les États-Unis, il est peut-être témoin de leurs divisions : disputes, équivoques, héritages détournés, et guerres silencieuses ou avouées…
Il s'agit donc d'explorer ce qui s'est déplacé au tournant des XXe et XXIe siècles entre le continent européen et le continent américain. Transmission ou au contraire fracture ? Le moment est venu d'interroger le partage du sexe et du genre sous l'angle de son histoire.


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Explorant la pensée d'Alexandre Kojève à partir de son rapport à l'athéisme et à la philosophie russe, Rambert Nicolas revient sur le "pari" qui consiste non seulement à choisir, sur le plan théorique, entre l'existence ou l'inexistence de Dieu, mais engage aussi une manière de vivre, une transformation de soi et une certaine conception de l'Histoire.
En effet, le théisme implique la croyance en Dieu, l'immortalité de l'âme et une béatitude à venir quand l'athéisme mise au contraire sur la mortalité, l'action humaine et la construction d'un monde désirable, ici et maintenant. Et chez Kojève, la mort n'est pas un simple fait biologique : elle révèle la liberté radicale de l'homme, sa capacité à s'arracher à la nécessité et à affirmer sa volonté, jusque dans la possibilité du suicide.
À travers cette réflexion, se dessine une philosophie de l'engagement, irréductible aux discours abstraits ou aux positions que pourrait produire une machine : croire ou ne pas croire, c'est toujours devenir quelqu'un.

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À l'heure où le parlement européen n'hésite plus à assimiler grossièrement nazisme et communisme, où l'argument des 100, 150 ou même 200 millions (qui dit mieux ?) de "morts du communisme" ne cesse de faire office d'interdiction de débattre de la lutte des classes et du passage nécessaire de l'humanité au socialisme, où le concept de "totalitarisme" est enseigné comme un catéchisme dans les écoles et où la doxa ne parvient à masquer la fascisation ouverte du pouvoir politique qu'en criminalisant le communisme, il est urgent de revenir historiquement et philosophiquement sur le concept de totalitarisme, afin de se redonner les armes intellectuelles pour lutter contre ce qu'il faut bien appeler par son nom : une valse de mystification et une escroquerie intellectuelle de classe.

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Le monde moderne, depuis quatre siècles, est dominé par la machinerie. Il naît avec la production capitaliste. Elle va rapidement entrer en symbiose avec le développement capitaliste qui trouve dans la mécanique, son moteur. Calcul, prédictibilité, pouvoir d'abstraction, les catégories de la science moderne sont adéquates à ce nouveau mode de production qui va envahir la planète.
Or, toutes les tendances qui conduisent à l'élimination de la vie au profit du mécanique conduisent à une réification générale de la vie humaine et une perte de notre être-au-monde. Faire de la nature une simple matière première, remplacer les processus vitaux par des procédures mécaniques, tout cela conduit à traiter les humains comme des choses, pour en faire des êtres prédictibles. S'impose donc la nécessité de penser une résistance à ce mouvement.
L'involution du grand mouvement des Lumières vers la formation d'une cage d'acier technoscientifique pose la tâche de retrouver le sens de la nature et de la vie, de repenser l’enracinement au-delà de ce qu'avait esquissé Simone Weil, de refaire de la nature une sphère de résonance.
Émission du "Libre journal d'Hugues Sérapion".
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Alors, qu'il existe un certain regain d'intérêt autour du concept de "marxisme occidental" , il apparaît plus que nécessaire d'en évaluer la pertinence intellectuelle et l'intérêt opératoire.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'04'03 : Partie 1 : Origine et définition du marxisme occidental
- 0'04'11 : Intervention d'Aymeric Monville
- 0'19'37 : Intervention de Victor Sarkis
- 0'36'16 : Partie 2 : Est-ce un concept consistant et opérant ? Pourquoi ?
- 0'36'47 : Intervention de Victor Sarkis
- 0'46'51 : Intervention d'Aymeric Monville
- 0'58'10 : Échanges libres (Chine, Mao, dialectique, Althusser, Clouscard, etc.)
- 1'17'57 : Partie 3 : Quelles sont les tâches théoriques des marxistes aujourd’hui ?
- 1'18'24 : Intervention d'Aymeric Monville
- 1'25'36 : Intervention de Victor Sarkis
- 1'39'11 : Conclusion