Repenser les liens humains-nature : l'exemple des savoirs paysans. Avec Charles Stepanoff pour L'Institut Agro.


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14.01.2026

L'Homme excelle à créer des liens profonds avec son environnement, les êtres vivants et les lieux qu'il habite. Ces connexions — qu'elles soient alimentaires, techniques ou affectives — ont façonné la riche mosaïque de modes de vie et d'écosystèmes observée à travers le monde.
Pourtant, cette incroyable diversité bioculturelle subit aujourd'hui un effondrement global alarmant, documenté par les sciences, l'anthropologie et la linguistique. La solution ? Retourner à la terre.
Charles Stepanoff explore comment les pratiques et les savoirs paysans traditionnels en Europe créent des réseaux de vie denses et résilients. Ces modèles locaux constituent une piste concrète pour contrer la crise actuelle et restaurer les liens essentiels entre l'Homme et son milieu.

Sommes-nous condamnés à nous entretuer ? Avec Christophe Darmangeat sur Crépuscule.


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02.2026

À partir des données ethnologiques et anthropologiques, Christophe Darmangeat déconstruit l'une idée profondément ancrée dans l'imaginaire contemporain qui veut que la guerre serait, au choix, une fatalité inscrite dans la nature humaine ou un produit tardif de la sédentarisation avec l'apparition des États et des surplus matériels. Ces deux récits dominants — celui des "colombes" (un passé pacifié) et celui des "faucons" (une violence naturelle) — ne tiennent pas face aux faits historiques : la guerre existe bien avant l'État, mais elle n'obéit ni aux mêmes logiques, ni aux mêmes finalités que les guerres modernes.
Dans les sociétés sans État, la violence collective ne vise ni la conquête ni l'accumulation. : elle repose avant tout sur la vengeance, l'équilibrage des torts, la réputation et la nécessité de se faire justice soi-même en l'absence d'institutions.
En distinguant rigoureusement guerre, vendetta et autres formes de confrontation armée, Christophe Darmangeat remet en cause les récits simplistes sur l'origine des conflits et interroge, en creux, notre propre rapport contemporain à la guerre, à la violence et à l'État. 

Un entretien mené par Thomas Arrighi.

Malcolm X. Avec Sylvie Laurent au Musée du quai Branly.


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25.01.2017

Face à la pauvreté, aux discriminations et aux violences policières qui ravageaient les grandes villes américaines alors que le pays savourait sa prospérité économique, Malcolm X offrit à la fin des années 1950 et au début des années 1960 une insubordination qui rendit espoir de justice et dignité à des milliers de Noirs américains. Son intransigeance et son nationalisme, identifiant les Noirs américains aux peuples colonisés d'Afrique et d'Asie, tranchaient avec l'image parfois trop réformiste du mouvement officiel des droits civiques dirigé par Martin Luther King, par ailleurs principalement concentré dans le sud du pays.
La force de son radicalisme, trop souvent caricaturé en appel à la violence, sa défense d'une masculinité noire revendiquée et sa dévotion à la Nation of Islam font de Malcolm X un des plus grands révoltés de l'histoire américaine.

Capitalisme, fascisme et pulsionnalité. Avec Frédéric Lordon et Sandra Lucbert à la Librairie Mollat.


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02.2026

Frédéric Lordon et Sandra Lucbert proposent une relecture radicale de la psychanalyse à la lumière du spinosisme. Ce projet à quatre mains vise à restaurer la psychanalyse comme outil d'émancipation politique, loin d'une pratique refermée sur la sphère privée. À travers le personnage de Modus, les auteurs explorent la genèse du psychisme, de la naissance à l'insertion dans les structures sociales, en introduisant notamment le concept d'objet zéro pour définir la pulsion comme un effort de persévérance face au traumatisme inaugural de la vie.
Ils analysent comment le capitalisme néolibéral et le patriarcat s'inscrivent dans nos structures psychiques les plus profondes. Cette approche matérialiste permet de comprendre des phénomènes contemporains comme le mandat de Donald Trump ou les violences systémiques, non comme des folies individuelles, mais comme des produits de rapports sociaux.
En s'écartant des théories de Sigmund Freud et Jacques Lacan pour proposer une psychanalyse consciente des structures de domination, Frédéric Lordon et Sandra Lucbert refusent de pathologiser les individus, préférant analyser les stratégies du Conatus face à un environnement donné.
Ce sont les contours d'une critique sociale puissante prenant racine dans l'intimité du psychisme qui se dessine ici, pour mieux contester l'ordre établi.

 - 00'00 : Introduction
 - 01'10 : Replacer la psychanalyse dans le camp de l'émancipation 
 - 05'40 : Capitalisme, fascisme et emprise sur la pulsionnalité 
 - 07'30 : Le cas Donald Trump et la position schizoparanoïde 
 - 14'00 : Analyse sociale des violences et du racisme 
 - 20'50 : Critique du psychanalysme d'Élisabeth Roudinesco 
 - 24'45 : Une définition de la pulsion avec Baruch Spinoza 
 - 30'20 : Le traumatisme de la naissance et l'objet zéro 
 - 36'50 : La vie de Modus : une narration théorique 
 - 41'30 : La chose près du berceau et la dépathologisation 
 - 45'20 : Repolitiser l'ordre symbolique face à Jacques Lacan 
 - 49'50 : Conclusion et annonce du second volume

Un échange mené par Pierre Crétois.

Causes et remèdes à la grande dénatalité. Avec David Cosandey au Cercle Aristote.


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19.01.2026

Le physicien et essayiste David Cosandey expose une thèse inédite : les systèmes de retraite actuels, en ignorant le nombre d'enfants élevés, encouragent involontairement la dénatalité. À travers des exemples historiques (France, Iran, Arabie Saoudite) et des comparaisons internationales, il démontre comment ces mécanismes économiques sapent le renouvellement des générations.
Une analyse percutante sur les causes profondes du déclin démographique mondial.

 - 00'00 : La dénatalité, un problème invisible
 - 03'36 : Le déclin démographique et ses conséquences
 - 09'18 : Retraites : le mécanisme caché de la dénatalité
 - 17'33 : Pourquoi les systèmes actuels découragent les naissances
 - 29'36 : Solutions : réformer les retraites et les allocations familiales
 - 34'09 : Vers un système équitable pour sauver les retraites

Bourgeois Gaze. Avec Rob Grams à la Librairie À la marge.


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04.02.2026

Le cinéma, art populaire par excellence, est dominé par une minorité sociale : la bourgeoisie. Héritiers de milieux favorisés, enfants d'artistes ou de grands patrons, ce sont eux qui fabriquent l'essentiel des récits, décident quels personnages existent à l'écran et comment ils sont représentés.
À l'instar du male gaze, Rob Grams propose le concept de "bourgeois gaze" : une manière de filmer le monde depuis une position sociale dominante qui se prétend universelle, marquée par le mépris de classe, un centrisme moralisateur, un rapport hors-sol à la ruralité et une surreprésentation des thématiques bourgeoises.
En analysant un système de production socialement homogène, nourri par le népotisme et l'entre-soi, Rob Grams interroge : quelles voix, quels imaginaires émergeraient si l'art n'était pas monopolisé par une seule classe ? Quelle richesse de récits nous est volée ? Et quelles oeuvres parviennent, malgré tout, à ouvrir des brèches ?

Un entretien mené par Nicolas Framont.

L'Empire n'a jamais pris fin. Avec Pacôme Thiellement sur Blast.


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2026

Le roman national ment. L'identité française ne résulte pas de l'alliance de la bravoure gauloise et de l'administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n'a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n'a pas seulement été chrétienne. Le roman national ment. Par omission. Par oubli.
Pacôme Thiellement fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même l'exposé est aussi rigoureux que possible possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas cette Histoire de France, écrivez la vôtre.

L'Occupation du monde. Avec Sylvain Piron au Centre Alexandre-Koyré.


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15.06.2022

Face à l'aggravation des crises environnementales qu'elle a provoquées, la société industrielle semble frappée d'aveuglement. Elle est bercée de l'illusion que tout finira par s'arranger, grâce à la souplesse du marché, l'innovation technique et l'inventivité du capital. Toute une mythologie économique entrave ainsi la réflexion et la perception de la gravité de la situation. 
Dans le but de défaire cette mythologie, Sylvain Piron cherche à en comprendre l'histoire, en associant deux voies complémentaires. Le désastre vers lequel nous avançons est annoncé depuis un demi-siècle. Parmi les penseurs de l'écologie politique des années 1967-72, les parcours de Gregory Bateson et d'Ivan Illich permettent d'observer l'émergence de cette réflexion, puis son occultation sous l'effet du tournant néo-libéral des années 1980. 
Mais pour saisir la puissance du mythe et ses effets dévastateurs, il faut remonter bien plus haut. L'appétit de transformation du monde naturel par l'action humaine correspond à une pente générale de l'Occident dans la longue durée du second millénaire de l'ère chrétienne. C'est ce que l'on peut décrire comme une dynamique d'occupation du monde, au double sens d'une occupation objective par des êtres subjectivement occupés à le transformer.
Les théologiens scolastiques ont été les premiers à observer le phénomène au XIIIe siècle. Point de départ d'une pensée de l'économie, leur philosophie morale peut aujourd'hui fournir des arguments critiques face aux dogmes de la pensée économique contemporaine. 
Alors que les réflexions politiques et sociologiques ont eu maintes fois l'occasion de reformuler leurs postulats, la pensée économique est demeurée prisonnière de présupposés qui lui confèrent à présent une texture quasiment théologique. Cet impensé est le premier responsable de notre incapacité à faire face aux crises actuelles.
Sylvain Piron nous propose une interprétation globale du destin économique de l'Occident, en vue de défendre la nécessité d'un autre rapport au monde. 

Une intervention modérée par Catherine König-Pralong, agrémentée des contributions des deux discutants Emanuel Bertrand et Julie Brumberg-Chaumont.

Gérard de Nerval. Avec Stanislas Fumet sur la Chaîne Nationale.


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15.10.1958

Poète de l’ombre et de la lumière, marcheur solitaire dans les ruelles de Paris comme dans les forêts de l’âme, Gérard de Nerval appartient à cette lignée d'esprits pour lesquels la poésie n'est pas un ornement, mais une quête. Avec lui, la vie et le rêve cessent d'être deux royaumes séparés. Ils communiquent, se répondent, se mêlent dans une même musique intérieure. L'auteur des Chimères et d'Aurélia nous entraîne dans un monde où les souvenirs deviennent des mythes, où les visages aimés prennent la douceur des apparitions, où chaque symbole ouvre une porte sur l'invisible.  
Mais Nerval n'est pas seulement un rêveur fragile. Il est aussi un témoin de son siècle, un lecteur fervent des traditions, un passeur entre les civilisations, entre l'Orient rêvé et l'Occident inquiet. Sa parole, souvent voilée, parfois énigmatique, garde pourtant une limpidité profonde : celle d'un homme qui cherche, derrière les apparences, la secrète unité du monde.

Censure partout : on est une colonie numérique américaine ! Avec Fabrice Epelboin sur Elucid.


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02.2026

Entrepreneur français du numérique, analyste des enjeux politiques, sécuritaires et informationnels de son propre domaine professionel, Fabrice Epelboin alerte sur la tournure autoritaire, pour ne pas dire totalitaire qui impacte le monde numérique : nous sommes à l'aube d'un tournant radical et rapide qui risque de bouleverser notre société.
Notre dépendance grandissante aux outils numériques est utilisée contre nous, pour nous manipuler, si bien qu'internet n'est plus tout à fait un espace de liberté, de connaissance et d'émancipation. La censure se généralise sous de nouvelles formes et la vie privée n'existe plus : elle a été vendue ou pillée avec la complicité de nos dirigeants.
Du DSA aux conséquences de l'affaire Epstein en passant par l'IA, Fabrice Epelboin dresse un état des lieux de la situation, sans langue de bois.

Un entretien mené par Olivier Berruyer.

Planification centralisée et fin de la valeur. Avec Simon Verdun à l'Ecole Normale Supérieure.


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03.06.2024

il est une idée répandue, quoique fausse, qui voudrait que Marx n'ait jamais donné de description claire de ce que sera le communisme. Simon Verdun défend la position exactement inverse : loin de s'être limité à décrire les mécanismes essentiels du capitalisme ainsi que ses catégories, Marx n'a pas fait autre chose que de décrire, au sein même de son œuvre économique, la forme invariante que devra nécessairement prendre le communisme comme mode de production non-marchand constitué en négation de la société marchande développée.
Il s'agit alors de revenir sur un certain nombre de descriptions faites dans les livres I, II et III du Capital du système de la production et de la distribution communiste, tant dans sa phase inférieure que supérieure, en les mettant en relation avec les descriptions que Marx donne dans le livre I d'autres formes de production non-marchandes (famille antique patriarcale, société féodale, unités productives fermées dans une moindre mesure), où les produits du travail ne prennent pas la forme de valeurs et au sein desquelles la logique de l'accumulation tautologique de valeur ne s'est pas encore emparée de l'ensemble de l'organisation sociale.
Loin de constituer un retour à la pensée utopique, cette projection de Marx du communisme comme organisation sociale où le travail social est réparti à l'avance selon un plan central unique apparaît comme la conséquence directe de l'analyse des catégories de la production capitaliste, dans laquelle les produits de travail des producteurs séparés revêtent universellement la forme de marchandises, dans laquelle le travail humain social se présente sous la forme de travail abstrait et où la mesure du temps de travail s'effectue nécessairement sous cette "forme démente" (Le Capital, I) qu'est la grandeur de valeur, c'est-à-dire sous forme de prix.
Qui connaît ce qu'est le capital connaît nécessairement ce que devra être le communisme ; qui connaît les conditions sociales dans lesquelles la valeur d'échange fait son apparition pour s'ériger en fétiche et en maître de l'organisation sociale connaît nécessairement les conditions dans lesquelles les rapports de production pourront enfin être soumis "à la puissance des individus unis" (L'Idéologie allemande). Il ne s'agit rien de moins que de la description faite par Marx, sous une forme épurée et essentielle, des conditions de la fermeture définitive de la parenthèse historique qu'est la société marchande : les conditions de la destruction des rapports et des catégories mercantiles, de l'échange, de la forme-valeur, de l'argent, de l'État et des classes.

Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".

Relire Clouscard, une critique anthropologique du libéralisme. Avec Loïc Chaigneau au Cercle Aristote.


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12.01.2026

Auteur de la première thèse universitaire sur Michel Clouscard, Loïc Chaigneau explore la méthode et les concepts clés de ce penseur hétérodoxe. Une analyse rigoureuse du "capitalisme de la séduction", de ses mécanismes idéologiques et de son impact sur les subjectivités modernes pour comprendre comment la permissivité devient un outil de domination, et pourquoi Clouscard reste un auteur incontournable pour décrypter notre époque.

 - 0'00'00 : Pourquoi relire Clouscard ?
 - 0'14'48 : Objets quotidiens et structures sociales
 - 0'30'20 : Le néo-capitalisme comme système total
 - 0'45'17 : Positivisme et postmodernisme : les pièges de la pensée
 - 0'59'12 : Le néo-kantisme et la séparation sujet/histoire
 - 1'00'39 : La praxis : travailler, aimer, consommer
 - 1'03'46 : Mai 68 : l'injonction à jouir comme outil de domination
 - 1'06'10 : Droite économique vs gauche culturelle : une division idéologique
 - 1'14'00 : Reconstruire des médiations pour s'émanciper