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Denis Collin interroge le rapport de l'être humain à la nature et au travail à partir de la pensée de Marx. L'être humain est présenté comme un être naturel, dépendant de son environnement et des autres vivants. Le travail lui permet de transformer la nature pour répondre à ses besoins, mais aussi de développer ses propres facultés. Dans le système capitaliste, cette activité est toutefois détournée : on ne produit plus d'abord pour satisfaire des besoins, mais pour vendre des marchandises et accumuler de la valeur. La société se retrouve ainsi soumise à une logique de croissance devenue indépendante des besoins réels.
Il analyse ensuite les conséquences écologiques de cette dynamique : épuisement des ressources, dégradation des sols, extractivisme et dérèglement climatique. Une croissance infinie étant impossible dans un monde fini, plusieurs scénarios sont envisagés, de l'autoritarisme à la barbarie. Une autre perspective repose sur la démocratie, l'égalité, l'entraide et la gestion collective des biens communs.
Il s'agirait donc de réorienter la production vers les usages réels, de privilégier la durabilité, la réparation et la sobriété, tout en reprenant collectivement le contrôle du travail, du temps et des choix techniques.
Une conférence pour l'association "Les Remparts" à la Maison Hirondelle.
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À la Préhistoire, Homo Sapiens n'était qu'une espèce hominine parmi d'autres... Pourquoi nos espèces-cousines n'existent plus ? Et comment notre espèce s'y est-elle prise pour se répendre sur la totalité la Terre ?
Le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin revient sur ces questions et nous explique les ressorts de sa discipline qui étudie l'évolution humaine.
- 0'00'00 : Introduction & parcours
- 0'09'37 : La paléo-anthropologie, son évolution, sa pratique et sa place dans l'imaginaire collectif
- 0'34'19 : Hommes, hominidés, hominines, quelles différences ?
- 0'39'56 : L'évolution du cerveau des homininines
- 0'42'29 : Les déplacements géographiques des hominines
- 0'45'57 : Les modifications de l'environnement par Homo Erectus
- 0'50'43 : Les interactions entre différentes espèces d'hominines
- 0'55'00 : Homo Sapiens
- 1'05'13 : La cohabitation de homo sapiens avec d'autres groupes d'hominines
- 1'11'47 : Les déplacements de Sapiens sur la planète et la disparition des autres groupes d'hominines
- 1'32'45 : Les fouilles de Jean-Jacques Hublin
- 1'38'01 : Une épidémie responsable de la disparition de certains groupes d'Hominines ?
- 1'41'52 : La particularité du cerveau de Homo Sapiens
- 1'50'23 : Références sélectives
- 1'53'15 : Actualités de Jean-Jacques Hublin et Conclusion




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Si l'on tente d'analyser objectivement les rapports ou les relations qui existent entre Judaïsme et Christianisme, il faut évidemment et tout d'abord se demander de quel Judaïsme on parle, quelle sorte ou forme de Judaïsme on envisage, puisqu'il y en eu plusieurs - et quel genre de Christianisme on envisage, puisque depuis les systèmes gnostiques qui ont pullulé dès les premiers siècles de notre ère, il existe plusieurs types ou espèces de Christianisme.
Si l'on décide de comparer le Judaïsme sous la forme qu'il a pris depuis des siècles dans la tradition rabbinique et dans la tradition caraïte - et le Christianisme sous la forme qu'il a pris à l'intérieur de l'Eglise de Rome - alors on observe que l'ontologie fondamentale est la même, c'est la théorie de la création - la cosmologie est la même : un Univers en régime de création continuée, inachevée qui tend vers un terme qui est sa finalité ultime ; - l'anthropologie est la même : l'homme n'est pas une âme divine tombée dans un corps mauvais comme le professe la grande tradition platonicienne, néoplatonicienne et gnostique. La création en tant que telle, la création cosmique, physique, biologique est excellente, contre tous les systèmes gnostiques qui ont pullulé. L'homme créé est invité à coopérer activement et intelligemment à la création.
La différence évidente se trouve dans le fait que le Christianisme orthodoxe reconnaît dans le Rabbi judéen qui s'appelait lui-même en hébreu ben adam, celui en qui, par qui, avec qui la création atteint et réalise sa finalité ultime. Le Judaïsme orthodoxe ne le reconnaît pas.
Une émission animée par Denise Dumolin.
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Alors, qu'il existe un certain regain d'intérêt autour du concept de "marxisme occidental" , il apparaît plus que nécessaire d'en évaluer la pertinence intellectuelle et l'intérêt opératoire.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'04'03 : Partie 1 : Origine et définition du marxisme occidental
- 0'04'11 : Intervention d'Aymeric Monville
- 0'19'37 : Intervention de Victor Sarkis
- 0'36'16 : Partie 2 : Est-ce un concept consistant et opérant ? Pourquoi ?
- 0'36'47 : Intervention de Victor Sarkis
- 0'46'51 : Intervention d'Aymeric Monville
- 0'58'10 : Échanges libres (Chine, Mao, dialectique, Althusser, Clouscard, etc.)
- 1'17'57 : Partie 3 : Quelles sont les tâches théoriques des marxistes aujourd’hui ?
- 1'18'24 : Intervention d'Aymeric Monville
- 1'25'36 : Intervention de Victor Sarkis
- 1'39'11 : Conclusion
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La digitalisation bouleverse les pratiques sexuelles. Via des plateformes spécialisées, de nouveaux services tarifés ont le vent en poupe : spectacles érotico-pornographiques (livecam), commerce de sous-vêtements portés…
Mais si la dématérialisation accroît la distance physique entre producteurs et consommateurs, elle ne remet pas forcément en cause les schémas de l'économie libérale ni les rapports de classes ou de genres.

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Qu'est-ce qu'un homme ? Cette question, aussi ancienne que la philosophie elle-même, n'a jamais paru aussi urgente qu'aujourd'hui, à l'heure où les frontières entre l'humain, la machine et le vivant se brouillent. Denis Collin nous invite à un parcours à travers l'histoire des idées, des Stoïciens au christianisme, de la pensée grecque de la finitude jusqu'aux vertigineuses promesses (ou menaces ?) de l'intelligence artificielle.
De la question du barbare à celle de l'inhumain, des camps du XXe siècle aux neurosciences contemporaines, en passant par la pensée radicale de Günther Anders sur l'obsolescence de l'homme, Denis Collin ne se contente pas de faire l'histoire d'une idée : il nous arme pour penser notre présent.
Une série de conférences pour interroger les fondements de l'humanisme, ses limites, ses trahisons et ses résurgences, dans un monde qui semble avoir perdu la mesure de l'homme.


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La côte atlantique. Un braquage sanglant a été commis à Saint Jean de Monts, station balnéaire hivernale et désertique, et la ligne ferroviaire Bordeaux-Bayonne a été témoin d'un vol aérien qui défie le sens commun.
Il est temps d'évoquer l'ultime diamant noir du maitre incontesté du polar Jean-Pierre Melville -pourtant mal aimé et souvent incompris- Un Flic, sorti en octobre 1972.
Pour en parler, le réalisateur, historien et critique de cinéma Jean-Baptiste Thoret revient sur les lignes de force qui traversent cette oeuvre testament de Jean-Pierre Melville, et montre aussi les liens qui peuvent exister avec les univers de Jacques Tati, Robert Bresson, Georges Franju, Gérard Oury, Louis De Funès, Fernando Di Leo, Valerio Zurlini ou encore Duccio Tessari.
Un entretien mené par Rafael Lorenzo.

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Au lendemain de la déroute électorale des Faisceaux de Combat aux élections législatives de novembre 1919, Benito Mussolini envisage résolument d'abandonner la politique. L'individualiste nomade, "l'aventurier de tous les chemins" n'aurait, en définitive, pas sa place dans les joutes électorales d'un parlementarisme qu'il n'a, au fond, jamais cessé de haïr.
Avec Avant qu'il ne devînt le duce, Emilio Gentile nous fait découvrir un homme méconnu, le Mussolini pré-fasciste et primo-fasciste. Instituteur socialiste étouffant dans le cadre provincial romagnol, journaliste républicain, francophile et jacobin, militant socialiste maximaliste, celui qui n'est pas encore le duce est avant tout un esprit enfiévré convaincu qu'il ne trouvera la paix qu'en remodelant destin de l'Italie, du monde ouvrier, et de l'Europe.
Une ambition qui le mènera à d'innombrables revirements et recompositions politiques, et non des moindres !
Émission "La Méridienne", animée par Pascal Lassalle, Arnaud Naudin et Wilsdorf.


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Evangéliques ou évangélistes ? Ceux dont il est ici question ne sont pas les quatre évangélistes, Matthieu, Marc, Luc et Jean, mais bel et bien les évangéliques, les croyants qui se réclament de cette branche du protestantisme. Branche vivace, très vivace. Nous les voyons dans nos rues chanter avec exaltation, nous lisons leurs graffitis "Jésus sauve" dans nos villes. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Que veulent-ils ?
L'historien du protestantisme Sébastien Fath révèle leur histoire, à partir du moment où Voltaire les découvrit avec curiosité, jusqu'à leur implantation aux Etats-Unis, où, comme on sait, ils ont fortement contribué à l'élection de Donald Trump, puis dans le reste du monde, et singulièrement en France.
Prosélytes plus qu'aucune autre religion peut-être, ils sont devenus un pouvoir à la conquête du monde. On connaît leur influence dans l'électorat MAGA aux Etats-Unis.
Et en France ? De 50'000 environ en 1950, ils y sont aujourd'hui 1,1 million – ne cessant de croître et de multiplier. Ils ont leurs stars, du footballeur Olivier Giroud au chanteur Kendji Girac en passant par l'ex-braqueur repenti Yannis Gauthier, ils ont leurs pasteurs, venant souvent de puissants réseaux africains, ils ont de l'argent, ils ont des idées morales et politiques. Faut-il les craindre ?
Sans sensationnalisme, avec rigueur, Sébastien Fath fait le constat d'une révolution dans le christianisme et dans nos sociétés.


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Le présent a besoin d'une histoire, ou plutôt d'histoires plurielles, qui considèrent à parts égales le passé de toute l'humanité. Mieux comprendre ce qui s'est réellement joué entre les différentes parties d'un monde clivé par ses frontières est une nécessité vitale. Et celle-ci ne peut être mise en œuvre que dans une perspective élargie, qu'entend apporter l'histoire globale : une analyse jouant des échelles temporelles et géographiques, s'affranchissant des frontières disciplinaires.
Les travaux de Laurent Testot esquissent, à travers différents thèmes (mondialisation, capitalisme, modernité, échanges, environnement…), une histoire de notre Monde, de nos passés divers qui se sont rencontrés depuis fort longtemps et qui, sinon, auraient à coup sûr été différents…
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Né et mort à Zurich, où il a passé une bonne partie de son existence, Max Frisch a acquis une stature unique dans les lettres suisses, devenant un exemple pour toute une génération d'intellectuels engagés de l'après-guerre.
Architecte devenu écrivain, il a questionné, dans une Suisse épargnée par la guerre et encline à l'autosatisfaction, la capacité prospective et utopique d'une démocratie directe qu'il jugeait trop normative. Cette posture courageuse lui a valu, jusqu'à la fin de sa vie, une hostilité tenace des élites politico-militaires du pays, surtout en Suisse alémanique.
Écrivain contestataire de la bien-pensance helvétique, marqué par la Guerre froide, le romancier et dramaturge voulait bousculer l'establishment, qui le lui a bien rendu. Mort le 4 avril 1991 à l'âge de 80 ans, quelques mois après son alter ego Friedrich Dürrenmatt, le Zurichois a laissé un grand vide, notamment sur le plan intellectuel et politique.
Qui croit encore à la capacité de régénérer la société par l'utopie ? Existe-t-il toujours des intellectuels qui savent allier dénonciation politique et grand art littéraire ?
Émission "L'horloge de sable".
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L'historien Rashid Khalidi bouleverse les interprétations communément admises de la question palestinienne qui tendent, au mieux, à décrire le conflit israélo-palestinien comme un affrontement tragique entre deux peuples revendiquant la même terre. Il s'emploie plutôt à retracer un siècle de guerre coloniale menée contre une population autochtone, d'abord par le mouvement sioniste, puis par Israël, soutenu par la Grande-Bretagne et les États-Unis.
Il met en lumière les épisodes clés de cette campagne coloniale, de la déclaration Balfour de 1917 à la destruction de la Palestine en 1948, de l'invasion du Liban par Israël en 1982 aux échecs des processus de paix contemporains. Loin de tout récit victimaire, ses travaux n'occultent ni les erreurs des responsables palestiniens, ni le rôle des dirigeants arabes, ni celui de l'émergence de mouvements nationaux.
Rashid Khalidi nous permet de comprendre comment des événements de toutes sortes à l'échelle locale, régionale et surtout internationale se sont conjugués pour déposséder progressivement les Palestiniens de leur pays. Il offre un regard original et passionnant sur le conflit le plus inextricable du Moyen-Orient.
Un échange mené par Gabrielle Cathala.