Edgar Allan Poe et la poétique de l'étrange. Avec Jean-François Mattéi sur France Culture.


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04.09.2013

Derrière la vitre d’un café, un convalescent, contemplant la foule avec jouissance, se mêle, par la pensée, à toutes les pensées qui s’agitent autour de lui. Revenu récemment des ombres de la mort, il aspire avec délices tous les germes et les effluves de la vie comme il a été sur le point de tout oublier, il se souvient et veut avec ardeur se souvenir de tout. Finalement, il se précipite à travers cette foule à la recherche d’un inconnu dont la physionomie entrevue l’a, en un clin d’œil, fasciné. La curiosité est devenue une passion fatale, irrésistible.
Alors que l'émission "Les Nouveaux chemins de la connaissance" animée par Adèle Van Reeth continue à s'interroger sur l’inquiétante étrangeté, allons découvrir L’homme des foules d’Edgar Allan Poe, ou comment le refus de la solitude peut devenir le signe d’un crime profond et le témoin d’un livre qui ne se laisse pas lire…

Allen Ginsberg, l'incantation du souffle. Avec Jean-Jacques Lebel, Yves Le Pellec, Alain Dister, Brice Matthieusant, Christian Bourgois, Hawe Silverblat et Bob Rosenthal sur France Culture.


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11.06.1998

Mort en 1997, celui qui est sans doute le plus grand poète de ce que l'on appela la Beat Generation, fut sans conteste le leader chamarismatique du mouvement, "la voix qui crie dans le désert". Et cependant, est-ce le sort réservé à la poésie ?
Il demeure pour le public français largement méconnu, si on le compare à Kerouac , le compagnon de route dont les romans furent traduits et lus en France dès les années 60. Pourtant, celui qui écrivit en 1955 son premier recueil de poésies Howl, qui était aussi un cri de protestation et un hymne au sacré des choses, recueil dont la lecture est encore aujourd'hui interdite à la radio publique aux USA, celui qui fut hanté toute sa vie par la folie de sa mère Naomi, qui, sous peyotl, expérimenta le "dérèglement systématique et raisonné de tous les sens", demeure la figure la plus flamboyante d'un mouvement hétérogène et passionné qui contesta durablement l'establishment américain.
Juif, homosexuel, converti au bouddhisme, il fut de tous les combats qui ébranlèrent l'Amérique des années 60, et il sut admirablement -paradoxe apparent ?- se servir des médias pour servir le poème et ce qui dans le poème, dans la grande tradition des vaticineurs anglo-saxons, de Blake à Whitman, en demeure le coeur inviolable et sacré : le verbe. Ginsberg croyait en la puissance du verbe, au langage du souffle -ses lectures publiques des heures durant sont demeurées célèbres-, à la vision créatrice de la poésie.
Grand voyageur, de New York à Paris, en passant par San Francisco, grand amateur de jazz et explorateur des espaces du dedans, Ginsberg demeure une "figure" incontournable des sixties. Il faut réentendre sa voix.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Michel Cazenave.

Penser la crise. Avec François Cusset à l'École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques.


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17.11.2012

La vitalité du secteur des sciences humaines et sociales est sans cesse questionnée depuis la mort des Pères (Sartre, Foucault, Barthes, Bourdieu, Derrida) et la chute du mur de Berlin qui ont laissé la prégnance du capitalisme et l'effacement du politique en héritage.
François Cusset, historien des idées et auteur du récent À l'abri du déclin du monde (P.O.L. 2012), utilise les ressources littéraires pour tenter. justement. de rouvrir des possibles.
Les trois parties de ce roman se situent dans trois temps apparemment sans rapport, sinon le fil rongé de l’amitié et la politique comme persévérance d'un désir, pour rester à l'abri du déclin du monde.
Trois temps au fil desquels se trouvent égrenés tous les ingrédients d'une époque, mais aussi, parmi eux, dans leurs interstices, les seuls moyens de s'en échapper...

Poésie et inspiration. Avec Simon Liberati et Pacôme Thiellement sur France Culture.


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01.09.2017

Qu'est-ce que l'inspiration, cette impulsion extérieure?
Dans Les rameaux noirs, l'écrivain Simon Liberati met de l'ordre dans la sienne, à l'ombre de son père, le poète André Liberati.
L'essayiste et écrivain Pacôme Thiellement, quant à lui, revient sur la nature divine de ce mouvement mystérieux dans La victoire des sans rois. Entre Mnemosyne et anamnèse, essai dans lequel il propose une relecture de l'histoire de la chute de l'Occident et un retour à l'histoire de la gnose.

La saga littéraire des Daudet. Avec Stéphane Giocanti sur Radio Courtoisie.


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05.02.2013

De la famille Daudet, on connaît généralement Alphonse, le patriarche provençal, l'auteur de La Chèvre de Mr Seguin et de Tartarin de Tarascon. On connaît aussi son fils Léon, écrivain lui aussi et tribun redouté de la IIIe République, dont la pensée a nourri longtemps l'extrême droite française.
Mais sait-on qu'il ne s'agit là que de deux rejetons d'une famille singulière ? C'est l' "âge d'or" de cette famille, du milieu du XIXe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale, que nous raconte Stéphane Giocanti.
On y croisera Vincent et Adeline, parents d'Alphonse, petits commerçants en Provence, fervents catholiques et monarchistes convaincus ; on verra Alphonse "monter" à Paris et mener lagrande vie dans les fastes du Second Empire avec Ernest, son frère aîné, lui aussi écrivain prolifique mais moins brillant. On croisera, dans leur cercle d'amis, les Goncourt, Flaubert, Zola et Tourgueniev, mais aussi Frédéric Mistral et les félibres ; on fera la connaissance de Julia, la femme d'Alphonse, qui écrivait elle aussi aux côtés du grand homme.
À la génération suivante, c'est Léon, dont le mariage avec Jeanne Hugo défraya la chronique et qui devint l'un des piliers de l'Action française, mais aussi Lucien Daudet, son frère cadet, poète ami de Proust. Enfin, on apprendra le tragique destin de Philippe, fils d'Alphonse, dont la mort violente fut entourée d'un mystère encore irrésolu.
La saga de cette famille hors norme offre une traversée originale d'un siècle d'histoire française : histoire littéraire, culturelle, politique, qui conduit comme sans crier gare de la bohème insouciante du Second Empire aux ombres de la contre-révolution de Vichy.

Drôles d'écritures ! Avec Clarisse Herrenschmidt à l'Ecole Normale Supérieure de Lyon.


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14.11.2007

Nous écrivons les langues naturelles depuis 5000 ans, environ, dans le continuum sémiologique qui va de l’Iran de l’Ouest, de la Mésopotamie et de l’Égypte à la Méditerranée orientale, à l’Europe continentale et ses extensions aujourd’hui mondiales.
Nous frappons monnaie depuis environ 600 ans avant notre ère et jusqu’au 15 août 1971 le dollar fut convertible en or et les devises européennes rattachées au dollar.
Depuis quelque temps, nous écrivons avec un ordinateur : une machine qui compte et calcule.
Il existe une histoire des signes d'écriture qui met en relation ces modes d'écrire. Écrire les langues, écrire les nombres sur les monnaies, écrire avec une machine qui contient du langage en elle : voilà ce que Clarisse Herrenschmidt se propose de nous raconter.

Le réenchantement du monde, causerie autour de Jünger. Avec Luc-Olivier d'Algange au Cercle Aristote.


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22.01.2018

L'oeuvre d'Ernst Jünger ne se réduit pas à ses récits et journaux de guerre. C'est une méditation originale sur le Temps, les dieux, les songes et symboles. Elle mène de l'art de l'interprétation au rapport des hommes au végétal et à la pierre, elle est aussi une rébellion contre l'uniformisation, incarnée dans la liberté supérieure de l'Anarque envers tous les totalitarismes.
Luc-Olivier d'Algange met en regard la pensée de Jünger et celles de ses maîtres, de Novalis à Heidegger,  et entend rendre compte de son dessein poétique et gnostique. Il donne à voir le monde visible comme l'empreinte d'un sceau invisible.

Paul Claudel, ou la vocation poétique. Avec Maurice Attias, Marianne Epin, Jean Guitton, Maurice Schumann, Gérard Antoine et Xavier Tilliette sur France Culture.


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16.04.1987

L'œuvre de Paul Claudel (1868-1955) offre l'exemple de la littérature devenue moyen de salut. L'originalité de l'acte Claudien c'est d'affirmer, par l'écriture, sa position d'homme dans le monde "envisagé dans tout son ensemble" pour embrasser "l'immense octave de la Création".
Pour ce poète, paysan et diplomate, enraciné et voyageur, le monde est une somptueuse matière qui attend le poète pour en dégager le sens et le transformer en action de grâces.
Admirateur d'Eschyle et de Virgile, c'est un poète qui a choisi de planter sa tente sur les cimes. Héritier de Mallarmé et de Rimbaud il a pour mission de retrouver les harmonies oubliées, les correspondances secrètes, et de maintenir l'équilibre entre le visible et l'Invisible.
Dante du XXe siècle, Claudel a l'âme d'un bâtisseur de cathédrale, d'un conquérant qui ne cesse de s'étonner de la beauté du monde : il faut boire le vin comme on étreint la femme et comme on est possédé par la mort.
Mais de l'Art Poétique aux derniers commentaires bibliques, s'affirme la même volonté de monter vers l'essentiel qui est de réconcilier l'homme avec le surnaturel, avec Dieu perceptible aux Sens, grâce à une langue dont Claudel semble avoir élargi les pouvoirs : "Ce sont les mots de tous les jours et ce ne sont pas les mêmes".

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Marie-France Azar et Evelyne Frémy.