Ombre pour ombre. Avec Annie Le Brun sur France Culture.


(0)
15 Vues
0 commentaire
04.01.2024

Poétesse, essayiste, critique, pamphlétaire, Annie Le Brun est insaisissable comme une ombre qui se déplace à toute vitesse. Adolescente, elle plonge dans les écrits d'André Breton qui répondent à ses préoccupations. À vingt ans, l'écrivain l'invite à rejoindre, à Paris, le groupe surréaliste. Annie Le Brun découvre aux côtés de Radovan Ivšić, Toyen, Jean Benoît, une famille iconoclaste. En 1967, elle fait paraître son premier recueil de poésie, Sur le champ, aux Éditions surréalistes, puis participe à la création des éditions Maintenant où elle publie plusieurs textes poétiques.
Annie Le Brun abandonne ensuite la forme poétique pour l'essai. Le brûlot Lâchez tout, publié en 1977, est une charge cinglante contre ce qu'elle appelle "l'idéologie néo-féministe". Elle fait ensuite une rencontre décisive avec l'éditeur Jean-Jacques Pauvert qui lui propose d'écrire une préface pour les Œuvres complètes de Sade, un auteur qu'elle avait approché dans son étude du roman noir (Les Châteaux de la subversion, 1982). Annie Le Brun entretient des compagnonnages artistiques avec une myriade d'artistes (Jarry, Hugo, Roussel, Césaire...) travaillés par l'obscur, la révolte, la liberté.
Pour Annie Le Brun, il s'agit toujours de redonner du sens à un monde qui n'en a plus, chargé par une surcharge de réalité (Du trop de réalité, 2000). Entre critique de l'art contemporain (Ce qui n'a pas de prix, 2018) et critique des images (Ceci tuera cela, 2021), Annie Le Brun continue de saisir à vif un monde qui met l'imagination en danger.

Émission "Affaires culturelles", animée par Arnaud Laporte.

Techno-fascisme aux USA : les nouveaux anti-modernes. Avec Arnaud Miranda pour le podcast Lignes de Force.


(0)
17 Vues
0 commentaire
02.2026

Auteur des Lumières Sombres, Arnaud Miranda décrypte l'émergence d'un courant politique aux États-Unis : le techno-fascisme. Comment des figures de la Silicon Valley et certains penseurs de la droite radicale américaine articulent-ils une critique de la modernité démocratique tout en s'appuyant sur les technologies les plus avancées ?
L'occasion d'explorer les racines intellectuelles de ces "nouveaux anti-modernes" : leur rejet des Lumières, leur fascination pour des formes autoritaires de pouvoir, et leur instrumentalisation des outils technologiques au service d'une vision politique régressive.
De Peter Thiel aux théoriciens du "Dark Enlightenment", Arnaud Miranda analyse les connexions entre idéologie réactionnaire et imaginaire techno-utopiste tout en interrogeant les mécanismes par lesquels ces idées pénètrent la sphère politico-médiatique.

Un podcast animé par Marc Weitzmann.

La société managériale. Avec Baptiste Rappin pour le Conseil Scientifique Indépendant.


(0)
43 Vues
0 commentaire
13.11.2025

Avant de devenir le mode de gouvernement dominant de nos sociétés, le management plonge ses racines dans la révolution industrielle. De la thermodynamique à Taylor, en passant par Saint-Simon, il hérite d'une obsession : réduire les pertes, maximiser l'efficacité. La cybernétique de Norbert Wiener parachève cette logique en introduisant les feedback loops — des boucles de contrôle en temps réel qui s'appliquent désormais aux humains comme aux machines.
Le résultat est une transformation profonde des institutions en "organisations" : PowerPoint, open spaces, indicateurs de performance, nudges… autant d'outils qui standardisent, surveillent et optimisent les comportements, au détriment du sens politique et humain.
Les conséquences anthropologiques sont lourdes : burnout, dépression, perte de sens, accélération permanente. Cette logique gestionnaire envahit tous les domaines — santé, éducation, écologie, politique — réduisant l'humain à un processus à optimiser.
Face à ce constat, Baptiste Rappin formule un appel à la résistance : déconstruire les systèmes toxiques, réhabiliter l'oisiveté, la poésie et le sacré — tout ce que le paradigme cybernétique a méthodiquement évacué.

Le Monde selon Todd, sur Fréquence Populaire.


(0)
1477 Vues
0 commentaire
2026

Une pensée libre, une méthode unique, une voix à part : le démographe et politologue Emmanuel Todd analyse les grands bouleversements géopolitiques, économiques et sociaux qui bouleversent notre monde. Comprendre le chaos mondial avec une grille de lecture singulière et rigoureuse, entre anthropologie, histoire longue et lucidité politique, nous permet de nous décoller de l'actualité immédiate et de ses effets d'annonce pour nous focaliser sur les tendances lourdes qui structurent le devenir des nations.

 1. Les États-Unis sont-ils en situation de déclin économique et social ? Donald Trump doit-il être compris comme symptôme d'une fracture civilisationnelle profonde ?
 2. Autrefois modèle de rigueur économique et de stabilité, l'Allemagne traverse une crise profonde, entre récession, dépendance énergétique, et fragilisation sociale.
 3. S'appuyant sur son ouvrage Les luttes de classes en France au XXIe siècle, Emmanuel Todd dresse un constat alarmant de l'état social, économique et politique de la France. Il décrypte notamment les fractures invisibles qui menacent le pays : paupérisation, crise de l'État, inégalités croissantes, fracture générationnelle, mortalité infantile en hausse et déconnexion des élites, davantage obsédées par l'Ukraine que par le quotidien des Français...
 4. Donald Trump ayant déjà passé trois mois à la tête des Etats-Unis, il est possible de dresser un bilan du début de sa mandature. L'occasion pour Emmanuel Todd de mettre en lumière les fractures invisibles de la société américaine : paupérisation, crise de l'État Fédéral, inégalités croissantes et fracture sociale. L'Occident est-il en voie d'effondrement ?
 5. Les tensions entre Israël, l'Iran et les États-Unis virent à la guerre : les ressorts profonds de cet affrontement ne seraient-il pas à chercher dans l'effondrement du modèle américain, l'impasse stratégique israélienne, les malentendus sur l'Iran chiite et la société iranienne, le délitement du discours occidental et les risques de prolifération nucléaire ? Une nouvelle "guerre éternelle" peut-elle s'installer ?
 6. La France est en crise, avec une dette massive, des mobilisations sociales et une instabilité politique chronique. Elle est aussi le siège d'une revendication égalitaire forte, reflet d'un malaise social profond, sur fond de fragmentation sociale en "archipels", où classes populaires, moyennes et élites vivent séparées et dans un mépris réciproque, nourrissant la crise démocratique et la montée des extrêmes. À l'international, le rapport asymétrique et néocolonial entre l'Europe et les États-Unis devient chaque jour plus évident, pointant vers un futur marqué par l'effondrement progressif de l'Occident, la fin de l'hégémonie américaine et un basculement du monde vers la multipolarité.
 7. Alors que l'Occident vit une défaite sans vouloir y croire (militaire face à la Russie, économique face à la Chine), l'Asie redevient naturellement le centre du monde, portée par des géants démographiques et économiques (Inde, Chine, Indonésie), et par des transformations sociales massives — croissance des tailles, allongement de l'espérance de vie, urbanisation fulgurante. Il s'agit également de comprendre la grande énigme démographique asiatique, à savoir des niveaux de fécondité très faibles, et de décrypter la montée des tensions sino-japonaises autour du statut de Taïwan.
 8. Loin de libérer les sociétés, le déclin des religions favoriserait un vide collectif et le nihilisme. Emmanuel Todd décrit trois stades (religion active, "zombie", puis zéro) et explore les mutations spirituelles en Occident et ailleurs. Il souligne la difficulté de construire un projet collectif sans cadre religieux ou idéologique, et alerte enfin sur les risques d'uniformisation intellectuelle liés à l'IA.
 9. Les tensions internationales actuelles (Ukraine, Iran, Europe) sont analysées à l'aune des dynamiques historiques longues. Emmanuel Todd évoque un Occident en difficulté face à des puissances émergentes, les mutations démographiques et économiques, ainsi que les fragilités européennes. Il s'interroge aussi sur l'avenir politique de la France et, plus largement, sur le déclin démographique et les équilibres mondiaux à venir.

Une série d'entretiens menée par Diane Lagrange.

Merci. Avec Radu Stoenescu et Mos Majorum pour les Editions Carmin.


(1)
138 Vues
0 commentaire
2026

La gratitude est le contraire du ressentiment. Et c'est avec cette attitude d'esprit que Mos Majorum et Radu Stoenescu, fondateurs et animateurs des Éditions Carmin, lancent un podcast.
L'occasion d'évoquer les auteurs de leur maison d'édition, leurs idées, mais aussi de commenter l'actualité avec un prisme libéral-conservateur qui détonne dans le paysage intellectuel francophone.

René Girard dans l'histoire de la littérature et de l'anthropologie. Avec Benoît Chantre, Frédéric Keck et Rémi Labrusse au Musée du quai Branly.


(1)
73 Vues
0 commentaire
28.05.2024

L'oeuvre de René Girard a été un lieu de croisement entre théorie littéraire, anthropologie et préhistoire. Construite entre la France et les Etats-Unis à travers une lecture des textes classiques, elle a suscité de l'enthousiasme mais aussi des critiques dans le monde entier à partir d'une intuition radicale : la rivalité mimétique est à l'origine du fonctionnement sacrificiel des sociétés.
La monumentale biographie que lui consacre l'essayiste Benoit Chantre est l'occasion d'une discussion avec l'anthropologue Frédéric Keck et l'historien de l'art Rémi Labrusse en forme d'évaluation de son héritage.

Le premier âge du capitalisme. Avec Alain Bihr à l'Université Libre de Bruxelles.


(0)
85 Vues
0 commentaire
03.2020

L'essor contemporain des pays émergents, Chine en tête, oblige à réinterroger l'histoire du capitalisme. Et si la prééminence occidentale n'avait été qu'une parenthèse ? C'est la thèse qu'Alain Bihr développe dans ses travaux : si l'Europe a été le berceau du capitalisme, c'est d'abord à son emprise sur le reste du monde qu'elle le doit.
Il analyse en premier lieu l'expansion commerciale et coloniale amorcée au XVe siècle vers les Amériques, l'Afrique et l'Asie. Par le commerce forcé, l'échange inégal et l'esclavage, des continents entiers sont subordonés à la dynamique capitaliste européenne — non sans résistances. Alain Bihr s'intéresse ensuite la transition du féodalisme au capitalisme, dans ses dimensions économiques, sociales et culturelles : émergence des marchés, proto-prolétariat, manufactures, mercantilisme, mais aussi Réforme, Renaissance, Lumières et naissance d'un individu autonome.
Enfin, il referme la boucle en cartographiant ce premier monde capitaliste, de son centre britannique vers ses marges. Les rivalités européennes, les semi-périphéries baltiques ou méditerranéennes, et les grandes puissances asiatiques y sont analysées avec précision — expliquant pourquoi le capitalisme n'a pu naître en Chine des Ming, tandis que le repli féodal du Japon préparait son fulgurant rattrapage Meiji.
Nourrie des acquis historiographiques les plus récents, son Premier âge du capitalisme en trois tomes allie rigueur analytique et souffle narratif.

L'urgence de relocaliser : pour sortir du libre-échange et du nationalisme économique. Avec Aurélien Bernier à la Librairie Utopia.


(1)
67 Vues
0 commentaire
04.02.2022

En politique comme chez les économistes, tout le monde ou presque prétend vouloir relocaliser et réindustrialiser la France. Et nul doute que ce débat sera central lors des prochaines échéances électorales. D'ailleurs, pour certains, le clivage entre souverainisme et libre-échangisme aurait même effacé celui entre la gauche et la droite.
Pour combattre le libre-échange sans laisser le champ libre aux nationalistes, les forces de transformation sociales et écologiques doivent penser la relocalisation, la décrire, la planifier.
L'enjeu est économique mais aussi écologique et démocratique, car sans relocaliser, il est impossible de choisir ce qu'il faut produire et de quelle manière.

La dynamique du progrès scientifique dans l'histoire. Avec David Cosandey au Cercle Rousseau.


(0)
52 Vues
0 commentaire
02.06.2026

David Cosandey nous propose une réflexion d'ensemble sur les rythmes irréguliers du progrès scientifique à travers l'histoire des grandes civilisations. En partant de l'exemple européen — du "miracle grec" à la Renaissance, en passant par les phases de stagnation romaine et de recul du haut Moyen Âge — il met en évidence une alternance récurrente d'accélérations, de ralentissements et de régressions que l'on retrouve également en Chine, en Inde ou dans le monde arabo-musulman.
Les explications classiques fondées sur la culture, la religion ou l'héritage intellectuel ne permettent pas de rendre compte de ces dynamiques. À la place, David Cosandey propose une théorie globale, élaborée et testée sur plus de 3000 ans d'histoire: le progrès scientifique dépend avant tout de facteurs politico-économiques précis, à savoir la prospérité économique, fournissant les ressources nécessaires à l'activité scientifique et l'apparition d'une classe marchande dont l'état d'esprit favorise l'innovation et la diffusion des savoirs, et la "division politique stable", c'est-à-dire l'existence durable de plusieurs États en concurrence, contexte favorisant la circulation des savants et des idées, protègeant les innovateurs contre la censure et stimulant la recherche par des logiques de rivalité, de prestige et d'intérêt militaire.
Aujourd'hui encore, la concurrence entre grandes puissances, soutenue par les investissements publics et privés, alimente des domaines comme l'intelligence artificielle, la course à l'espace ou les technologies de pointe. Selon cette grille de lecture, les conditions actuelles laissent présager une poursuite soutenue du progrès scientifique, portée par la rivalité internationale et la vitalité économique.

À la reconquête de la langue française. Avec Arnaud-Aaron Upinsky sur Radio Courtoisie.


(0)
64 Vues
0 commentaire
03.05.2025

Nous sommes les dupes du langage. Jamais le décalage entre le discours et les faits n'a été aussi impressionnant. Jamais les mots n'ont autant joué avec les choses. À l'évidence, il existe un piège caché dans le langage qu'il est urgent de conjurer. Depuis Platon, Machiavel, Hobbes et Rousseau, nous savions que toute théorie du Pouvoir­ est, à la fois, une théorie de l'homme, une théorie politique et une théorie de l'histoire. Avec Arnaud-Aaron Upinsky elle devient essentiellement une théorie du langage, une grille de lecture universelle.
Toute l'histoire de l'Humanité n'apparaît plus que comme la guerre sans merci de deux langages ennemis : le Réalisme et le Nominalisme. Les réalistes sont ceux qui croient à la vérité des mots ; les nominalistes, ceux qui croient au pouvoir des mots. D'un côté, la thèse nominaliste du Bon sauvage conduit à l'optimisme politique, mais aussi à l'impasse de la philosophie de l'absurde. De l'autre côté, la thèse réaliste du Naturel­ cannibale implique une théorie pessimiste de la politique mais, en revanche, une philosophie significative de la vie.
Aujourd'hui la thèse nominaliste domine dans le langage prédateur de la rhétorique politique qui constitue la plus grande mystification intellectuelle de tous les temps. Ressort de la mutilation du pouvoir, ce langage, tartuffe souriant, mène la danse sous le masque de la philanthropie. C'est en coupant la parole qu'il fait tomber les têtes, c'est en castrant le savoir qu'il rend l'esprit impuissant, c'est en se faisant double-langage qu'il se maintient au pouvoir.
Conjurer cette perversion du langage, pour renverser la phrase politique, remettre le langage sur ses pieds, est devenu aujourd'hui une question de survie spirituelle sinon physique : l'urgence de notre temps.

Émission du "Libre journal de la plus grande France", animée par Philippe Pichot-Bravard.

Terre et Liberté : la quête d'autonomie contre le fantasme de délivrance. Avec Aurélien Berlan pour le podcast Ozé.


(0)
58 Vues
0 commentaire
01.2026

La liberté telle que nous l'entendons aujourd'hui, que ce soit à gauche et à droite de l'échiquier politique, se fonde sur l'idée de délivrance. C'est à dire le fait d'être déchargé par d'autres ou par la technologie d'une partie des tâches quotidiennes de la vie : cuisiner, s'occuper des enfants, faire le ménage, etc.
Pourtant, si cette définition de la liberté est devenue hégémonique, elle n'est pas la seule. Celle-ci s'est imposée au dépend d'autres manières d'entrevoir la liberté, notamment comme autonomie collective visant à prendre en main sa propre subsistance.
Professeur d'université, activiste et agriculteur, Aurélien Berlan, analyse les différentes conceptions de la liberté pour en exhumer les hypothèses sous-jacentes et proposer des alternatives réellement émancipatrices.

Un entretien mené par Jean-Philippe Decka.

La monnaie, la dette et les crises. Avec David Cayla à l'Institut municipal d'Angers.


(2)
83 Vues
0 commentaire
2024

Les questions monétaires ont toujours fait l'objet de débats passionnés chez les économistes et dans une partie de la société. Pour certains, la monnaie ne serait qu'un voile qui masque la réalité des transactions économiques. Pour d'autres, il s'agirait au contraire d'un instrument essentiel à partir duquel il serait possible de transformer nos économies en profondeur.
De nombreuses communautés se sont ainsi formées dans l'objectif de se réapproprier la monnaie : monnaies locales, cryptomonnaies, monnaies "libres"… L'avenir est-il aux innovations monétaires ou ces tentatives relèvent-elles du fantasme ?