Censure partout : on est une colonie numérique américaine ! Avec Fabrice Epelboin sur Elucid.


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02.2026

Entrepreneur français du numérique, analyste des enjeux politiques, sécuritaires et informationnels de son propre domaine professionel, Fabrice Epelboin alerte sur la tournure autoritaire, pour ne pas dire totalitaire qui impacte le monde numérique : nous sommes à l'aube d'un tournant radical et rapide qui risque de bouleverser notre société.
Notre dépendance grandissante aux outils numériques est utilisée contre nous, pour nous manipuler, si bien qu'internet n'est plus tout à fait un espace de liberté, de connaissance et d'émancipation. La censure se généralise sous de nouvelles formes et la vie privée n'existe plus : elle a été vendue ou pillée avec la complicité de nos dirigeants.
Du DSA aux conséquences de l'affaire Epstein en passant par l'IA, Fabrice Epelboin dresse un état des lieux de la situation, sans langue de bois.

Un entretien mené par Olivier Berruyer.

Planification centralisée et fin de la valeur. Avec Simon Verdun à l'Ecole Normale Supérieure.


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03.06.2024

il est une idée répandue, quoique fausse, qui voudrait que Marx n'ait jamais donné de description claire de ce que sera le communisme. Simon Verdun défend la position exactement inverse : loin de s'être limité à décrire les mécanismes essentiels du capitalisme ainsi que ses catégories, Marx n'a pas fait autre chose que de décrire, au sein même de son œuvre économique, la forme invariante que devra nécessairement prendre le communisme comme mode de production non-marchand constitué en négation de la société marchande développée.
Il s'agit alors de revenir sur un certain nombre de descriptions faites dans les livres I, II et III du Capital du système de la production et de la distribution communiste, tant dans sa phase inférieure que supérieure, en les mettant en relation avec les descriptions que Marx donne dans le livre I d'autres formes de production non-marchandes (famille antique patriarcale, société féodale, unités productives fermées dans une moindre mesure), où les produits du travail ne prennent pas la forme de valeurs et au sein desquelles la logique de l'accumulation tautologique de valeur ne s'est pas encore emparée de l'ensemble de l'organisation sociale.
Loin de constituer un retour à la pensée utopique, cette projection de Marx du communisme comme organisation sociale où le travail social est réparti à l'avance selon un plan central unique apparaît comme la conséquence directe de l'analyse des catégories de la production capitaliste, dans laquelle les produits de travail des producteurs séparés revêtent universellement la forme de marchandises, dans laquelle le travail humain social se présente sous la forme de travail abstrait et où la mesure du temps de travail s'effectue nécessairement sous cette "forme démente" (Le Capital, I) qu'est la grandeur de valeur, c'est-à-dire sous forme de prix.
Qui connaît ce qu'est le capital connaît nécessairement ce que devra être le communisme ; qui connaît les conditions sociales dans lesquelles la valeur d'échange fait son apparition pour s'ériger en fétiche et en maître de l'organisation sociale connaît nécessairement les conditions dans lesquelles les rapports de production pourront enfin être soumis "à la puissance des individus unis" (L'Idéologie allemande). Il ne s'agit rien de moins que de la description faite par Marx, sous une forme épurée et essentielle, des conditions de la fermeture définitive de la parenthèse historique qu'est la société marchande : les conditions de la destruction des rapports et des catégories mercantiles, de l'échange, de la forme-valeur, de l'argent, de l'État et des classes.

Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".

Relire Clouscard, une critique anthropologique du libéralisme. Avec Loïc Chaigneau au Cercle Aristote.


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12.01.2026

Auteur de la première thèse universitaire sur Michel Clouscard, Loïc Chaigneau explore la méthode et les concepts clés de ce penseur hétérodoxe. Une analyse rigoureuse du "capitalisme de la séduction", de ses mécanismes idéologiques et de son impact sur les subjectivités modernes pour comprendre comment la permissivité devient un outil de domination, et pourquoi Clouscard reste un auteur incontournable pour décrypter notre époque.

 - 0'00'00 : Pourquoi relire Clouscard ?
 - 0'14'48 : Objets quotidiens et structures sociales
 - 0'30'20 : Le néo-capitalisme comme système total
 - 0'45'17 : Positivisme et postmodernisme : les pièges de la pensée
 - 0'59'12 : Le néo-kantisme et la séparation sujet/histoire
 - 1'00'39 : La praxis : travailler, aimer, consommer
 - 1'03'46 : Mai 68 : l'injonction à jouir comme outil de domination
 - 1'06'10 : Droite économique vs gauche culturelle : une division idéologique
 - 1'14'00 : Reconstruire des médiations pour s'émanciper

Qui croit en quoi aujourd'hui ? Avec Slavoj Zizek au Centre Pompidou.


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29.03.2006

À l'heure où les spiritualités exotiques prospèrent et où l'on vante les vertus des croyances "vécues de l'intérieur", le psychanalyste et philosophe slovène Slavoj Zizek nous présente une réflexion tout à fait incorrecte qui s'appuie sur Jésus, Hegel, Steven Spielberg, Job, Nietzsche, Harry Potter, Staline, saint Paul, Bill Clinton, Heidegger et quelques autres.
Soumettant les diverses formes du religieux aujourd'hui au crible d'un regard lacanien, Slavoj Zizek procède ce faisant à une relecture iconoclaste du christianisme. Au terme d'une analyse délibérément politique, s'il n'hésite pas à dénoncer les tendances perverses du christianisme, il en affirme aussi et surtout le caractère proprement révolutionnaire en mettant au jour son noyau "matérialiste".

Deux peuples pour un Etat. Avec Shlomo Sand sur RFI.


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14.01.2024

La création d'un État binational où Israéliens et Palestiniens seraient citoyens à part égale a jadis été l'aspiration de nombreux intellectuels juifs critiques, de gauche comme de droite. Leurs craintes qu'un État juif exclusif sur une terre peuplée en majorité par des Arabes entraînerait un conflit insoluble se sont révélées exactes.
La nécessité d'un État binational résulte de la réalité présente : 7,5 millions d'Israéliens-juifs dominent, par une politique d'expulsion et de répression, un peuple palestinien-arabe de 7,5 millions de personnes, dont une grande partie est privée de droits civiques et des libertés politiques élémentaires.
Avec l’arrivée aux affaires de l'extrême droite en Israël, les massacres du Hamas et les bombardements de la bande de Gaza, le binationalisme est devenu une urgence pour les deux peuples.

Émission "Idées", animée par Pierre-Edouard Deldique.

Iran : quelles perspectives internationales ? Avec Laurent Ozon sur Le Monde Moderne.


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02.03.2026

L'Iran se retrouve aujourd'hui au centre d'une stratégie d'escalade qui semble ne plus connaître de limites. Alors que l'argument de la menace nucléaire iranienne est de nouveau utilisé comme un levier de mobilisation, les enjeux réels semblent liés à une volonté d’élargissement du conflit pour maintenir une hégémonie vacillante.
Ce conflit est-il l'étape de trop, celle qui précipitera l'effondrement de l'influence occidentale au profit des puissances émergentes ?

Un entretien mené par Alexis Poulin.

Ce que cachent les Lumières Sombres. Avec Pierre de Brague pour Géopolitique profonde.


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08.02.2026

Le monde observe la mutation politique des États-Unis sans en comprendre la racine idéologique. Derrière l'ascension de figures comme JD Vance ou l'omniprésence de Peter Thiel, se cache un courant radical : la néoréaction (NRx), également appelée "les Lumières Sombres". Ce mouvement, théorisé par Curtis Yarvin et Nick Land, rejette frontalement l'héritage démocratique occidental.
Le constat de départ est brutal. Pour ces idéologues, la démocratie libérale est un système inefficace qu'ils surnomment La Cathédrale. Ils ne cherchent plus seulement à réduire l'État, comme le voulaient les libertariens classiques. Leur stratégie a basculé du contournement vers le retournement : prendre le contrôle du sommet pour transformer la nation en une corporation privée performante.
Cette vision s'incarne déjà dans des outils de puissance technologique sans précédent. L'entreprise Palantir Technologies, spécialisée dans le Big Data et l'intelligence artificielle pour le renseignement, semble être le bras armé de cette doctrine. Selon toute vraisemblance, il ne s'agit plus de politique traditionnelle, mais d'une tentative de remplacer le citoyen par un client au sein d'une monarchie capitaliste.
Quel est le véritable calendrier de cette élite techno-conservatrice ? Comment la pensée de Curtis Yarvin a-t-elle pu infiltrer le cercle restreint de la Maison-Blanche ? Sommes-nous en train de vivre la fin programmée du modèle républicain au profit d'une gestion algorithmique du monde ?

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'02'08 : Les origines libertariennes
 - 0'30'28 : La critique de la démocratie moderne
 - 0'41'08 : Les trois courants néoréactionnaires
 - 1'00'07 : Le bioléninisme selon Spandrel
 - 1'17'36 : Palantir : les fonctions de l'État
 - 1'36'10 : Conclusion

Un entretien mené par Raphaël Besliu.

La réception de Hegel par Lénine. Avec Sasha Besnard pour l'Institut Humanisme Total.


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01.2024

Souvent réservé aux spécialistes, la question de la réception originale de Hegel par Lénine est pourtant essentielle pour tout militant marxiste. À une époque où le marxisme était déjà une tradition théorique établie, Lénine a dû se positionner face aux différentes interprétations de Hegel, offrant une lecture distincte de celle de ses contemporains.
Son approche, plus favorable à Hegel que celle d'autres marxistes, voire que Marx lui-même (à tout le moins le Marx auquel Léline avait alors accès), soulève des questions sur les implications pratiques de cette philosophie, souvent perçue comme abstraite. L'objectif est de comprendre ce que Lénine a retenu de Hegel et comment cette lecture a influencé sa pensée politique.
Contrairement Plekhanov ou les théoriciens de la Deuxième Internationale qui rejetaient souvent Hegel au profit d'un matérialisme mécaniste ou évolutionniste, Lénine a su tirer parti de la dialectique hégélienne pour analyser les contradictions immanentes de la réalité. Cette approche lui a permis de dépasser les schémas étapistes de son époque et d'adapter sa stratégie révolutionnaire au contexte spécifique de la Russie, illustrant ainsi l'importance pratique d'une compréhension fine de Hegel pour l'action politique.

 - 00'15 : Présentation
 - 03'35 : La formation intellectuelle de Lénine 
 - 23'34 : L'influence hégélienne dans Matérialisme et Empiriocriticisme 
 - 34'13 : La lecture de la Science de la Logique en 1914
 - 50'20 : Conclusion

Le Mythe du Patriarcat. Avec Christian Godin pour le Cercle Aristote.


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08.12.2025

Le concept de patriarcat comme grille de lecture universelle de l'histoire est-il valide ? À travers une analyse critique des thèses néo-féministes, le philosophe Christian Godin démontre comment la notion de domination masculine, présentée comme absolue et intemporelle, relève davantage d'un mythe idéologique que d'une réalité historique.
En s'appuyant sur des exemples anthropologiques, sociologiques et philosophiques, il questionne les dérives d'un féminisme devenu dogmatique, indifférent aux violences réelles subies par les femmes dans le monde.
Une réflexion essentielle pour comprendre les enjeux contemporains de l'égalité et de la différence.

 - 0'00'00 : L'intellectuel et la liberté de penser
 - 0'01'13 : Le patriarcat : un mythe moderne ?
 - 0'07'12 : La domination masculine : une thèse fragile
 - 0'13'02 : Le pouvoir selon Foucault : un réseau, pas une possession
 - 0'20'30 : Femmes et justice : des avantages invisibles ?
 - 0'26'25 : Théorie du genre : la fin du sexe ?
 - 0'34'17 : Transactivisme vs science : le conflit
 - 0'48'55 : L'égalité à tout prix : une folie contemporaine
 - 0'55'34 : Galanterie = domination ? La dérive puritaine
 - 1'00'21 : Progrès et violences : le paradoxe féminin

Georges Marchais ou la fin des Français rouges. Avec Sophie Coeure à la Librairie Tropiques.


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26.09.2025

Pendant près d'un quart de siècle, il a dirigé le Parti communiste français. Les médias ne concevaient pas un débat politique sans lui et son verbe fort. Il était de toutes les manifestations. Il allait à Moscou tous les ans ou presque, et multipliait les contacts avec les "pays frères". Il affronta Giscard, Chirac, Mitterrand, face auquel, en 1981, il réunit plus de 15 % des suffrages. Mais il semble avoir disparu de nos mémoires, de nos rues, de nos livres d'histoire.
Lui, c'est Georges Marchais, mort en 1997. L'historienne Sophie Coeuré est partie sur ses traces, essayant de comprendre à la fois le personnage, l'effondrement, après lui, d'une grande force politique de gauche, et plus largement une certaine France, pas si lointaine, celle des années 1950-1990, où le choix était simple entre socialisme et capitalisme, où l'expression "famille politique" avait un sens très concret, et où l'on pouvait espérer concilier des solidarités internationalistes et un progrès social "aux couleurs de la France".

Eloge de L'Inégalité. Avec Anthony Cobalt, Jean Lesalle, Lino Vertigo et NIMH pour Rage Culture.


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01.2026

La modernité, ivre d'égalitarisme, a fait de l'égalité une idole. Elle en oublie que l'inégalité n'est pas une malédiction, mais la condition même de l'ordre et de la vitalité des sociétés. Là où l'égalité nivele, l'inégalité hiérarchise ; là où l'une prétend effacer les différences, l'autre les assume et les valorise.
L'histoire montre que les civilisations les plus florissantes furent celles qui surent cultiver les écarts – de mérite, de talent, de rang – plutôt que de les nier. Une société sans élites est une société sans boussole, condamnée à l'entropie. L'inégalité, loin d’être un vice, est le moteur des hiérarchies naturelles, celles qui récompensent l'effort, la compétence et la responsabilité.
Pourtant, la modernité, obsédée par l'illusion d'une égalité absolue, s'épuise à vouloir gommer ces distinctions. Elle confond justice et nivellement, équité et uniformité, et finit par produire une médiocrité généralisée. L'éloge de l'inégalité n'est pas un appel à l'arbitraire, mais à la reconnaissance des différences légitimes – celles qui élèvent plutôt que celles qui écrasent.

L'hyper violence des mineurs : des racines familiales et culturelles ? Avec Maurice Berger pour le Centre Européen de Recherche et d'Information sur le Frérisme.


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07.2025

Le Dr Maurice Berger évoque la fonction psychique du clan – fusionnel, normatif, surprotecteur – comme un frein majeur à l'individuation. Il montre comment la logique clanique peut, dans certains cas, servir de réponse identitaire à une humiliation maternelle ou une haine de soi. Il insiste également sur les ressources internes aux musulman assimilés, en particulier les éducateurs qui prônent la citoyenneté, l'égalité, et l'autonomie de pensée.
Finalement, il appelle à une réforme structurelle profonde : crèches obligatoires dès la petite enfance, suppression du regroupement familial, rénovation de la justice des mineurs et rupture avec le déni universitaire.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'00'39 : Présentation du Dr Maurice Berger 
 - 0'03'04 : Réflexion sur facteurs éducatifs, culturels, religieux
 - 0'04'20 : Cadre éducatif familial, encadrement et devoirs
 - 0'07'00 : Débat sur l'influence de l'origine sur la délinquance
 - 0'09'00 : Rôle de l’histoire personnelle, transculturalité
 - 0'12'00 : Sourate Ali Imran (v.31) et pardon sans empathie
 - 0'15'00 : Barrières claniques et exclusion du thérapeute
 - 0'18'00 : Position transculturelle : compétences vs appartenance
 - 0'21'00 : Chirurgie psychique : concilier deux familles, deux mondes
 - 0'24'00 : Impact de l'abandon des racines sur la santé mentale
 - 0'35'00 : Structure clanique, homéostasie, trouble cognitif
 - 0'38'00 : Réseaux sociaux, clan moderne et perte de pensée autonome
 - 0'41'00 : Violence multifactorielle : familial, culturel, sociétal
 - 0'43'00 : Exposition précoce à la violence conjugale et conséquences
 - 0'47'30 : " Bodisation" : violence incorporée dans l'identité
 - 0'50'00 : Mariages forcés, endogamie, violence parentale
 - 0'54'00 : Impact sur le garçon : pouvoir maternel excessif
 - 0'57'00 : Éducation parentale : discipline, cadre, autorité
 - 0'59'00 : Voile : marqueur normatif, rôle dans contrôle des genres
 - 1'03'00 : Fracture entre logique clanique et société de rencontre
 - 1'07'00 : Que faire ? Reconstruction totale, dispositifs efficaces
 - 1'09'00 : Échec de l’évaluation des CER et nécessité de tests
 - 1'11'00 : Propositions : prisons courtes, code pénal, majorité
 - 1'13'00 : Modèle danois : intégration dès la crèche, réglementation
 - 1'15'00 : Besoin d’un centre de recherche national structuré
 - 1'18'00 : Conclusion : appel à une pensée globale et universitaire

Un entretien mené par Florence Bergeaud-Blackler.