La société autophage. Avec Anselm Jappe à la Librairie Quilombo.


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04.10.2017

Dans La société autophage, le philosophe allemand Anselm Jappe livre une proposition théorique originale et très radicale du capitalisme ainsi qu’une analyse des formes de violence extrêmes. En s’intéressant au sujet narcissique-fétichiste, qu’il identifie comme la subjectivité propre au capitalisme de crise, la "critique de la valeur" élargit ici son discours à la sphère des structures psychiques, à la recherche du sujet même de la fétichisation de la marchandise. Ce travail s’adresse à tous ceux qui se préoccupent de la "pulsion de mort" de la société actuelle et qui pensent qu’elle est le résultat d’une véritable crise de civilisation.   
Le mythe grec d’Érysichthon nous parle d’un roi qui s’autodévora parce que rien ne pouvait assouvir sa faim – punition divine pour un outrage fait à la nature. Cette anticipation d’une société vouée à une dynamique autodestructrice constitue le point de départ de La Société autophage. Anselm Jappe y poursuit l’enquête commencée dans ses livres précédents, où il montrait – en relisant les théories de Karl Marx au prisme de la "critique de la valeur" – que la société moderne est entièrement fondée sur le travail abstrait, l’argent, la marchandise et la valeur.
Mais comment les individus vivent-ils la société marchande ? Quel type de subjectivité le capitalisme produit-il ? Pour le comprendre, il faut rouvrir le dialogue avec la tradition psychanalytique, de Freud à Erich Fromm ou Christopher Lasch. Et renoncer à l’idée, forgée par la Raison moderne, que le "sujet" est un individu libre et autonome. En réalité, ce dernier est le fruit de l’intériorisation des contraintes créées par le capitalisme, et aujourd’hui le réceptacle d’une combinaison létale entre narcissisme et fétichisme de la marchandise.
Le sujet fétichiste-narcissique ne tolère plus aucune frustration et conçoit le monde comme un moyen sans fin voué à l’illimitation et la démesure. Cette perte de sens et cette négation des limites débouchent sur ce qu’Anselm Jappe appelle la "pulsion de mort du capitalisme" : un déchaînement de violences extrêmes, de tueries de masse et de meurtres "gratuits" qui précipite le monde des hommes vers sa chute.
Dans ce contexte, les tenants de l’émancipation sociale doivent urgemment dépasser la simple indignation contre les tares du présent – qui est souvent le masque d’une nostalgie pour des stades antérieurs du capitalisme – et prendre acte d’une véritable "mutation anthropologique" ayant tous les atours d’une dynamique régressive.

Notes de lecture, par Michel Drac.


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2017

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, s'arrète sur quelques livres importants qui parlent de notre époque, de ses dérives et qui donnent une idée de la dynamique historique qui est la notre.

L'ontogénèse chez Michel Clouscard. Avec Sylvain Bourgois aux ateliers de la praxis.


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2016

Une épistémologie matérialiste du corps est possible, afin de comprendre comment le corps devient subjectivité.
Le corps-sujet doit être constitué en son mode de production, au double sens du terme. Le corps-sujet est une historicité spécifique dans un mode de production donné : il est la rencontre de l’histoire macro-sociale (la logique de la production, le mode de production, le moment du mode de production) et de l’histoire propre à cette organicité qu’est le corps. L’ordre du travail est aussi constituant que l’appareil physiologique du corps.
L'entreprise de Michel Clouscard n’est autre que la constitution du système de médiations qui permet cette généalogie réciproque : généalogie du macro-social par la force productive du corps, généalogie du désir par les rapports de production.
Une contribution épistémologique de la plus haute importance.

Genèses de la praxis et de la psyché chez Michel Clouscard. Avec Sylvain Bourgois aux ateliers de la praxis à Paris.


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2016

"Poursuivre cette genèse de la praxis sans montrer qu'elle débouche sur une genèse de la psyché laissera ouverte l'erreur épistémologique consistant à supposer qu'on ne gagne rien de déterminant à interroger l'universalité de la psyché dans la praxis du point de vue de l'immanence du réel et du rationnel.
Ce serait récuser le procès de production et abandonner le développement décisif de la praxis au flou déserté [...] de l'ontologie de Heidegger ou la donation illégitime de sens [...] de Levi-Strauss.
Alors la signification gnoséologique et éthique du développement de la psyché pourrait échapper à Prométhée. On pourrait nous objecter éternellement un positivisme matérialiste de la donation de sens par le procès de production.
Il est donc nécessaire de montrer que la praxis est rejointe par la psyché dans le procès de production. L'étude de la phylogenèse selon le procès de production doit être complétée par l'étude de l'ontogenèse.
L'homme synthétique sera la catégorie qui permettra d'achever la conceptualisation de la distinction entre l'homme originel et l'homme naturel." Michel Clouscard

Idéaux d'autonomie, santé mentale, psychologie. Avec Alain Ehrenberg pour l'Association des Conseillers d'Orientation Psychologues de France.


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20.09.2017

La création du corps unique des psychologues de l’Éducation Nationale s’inscrit dans la dynamique d’ascension des questions qu’on appelle de "santé mentale". Celles-ci ne relèvent plus seulement de la psychopathologie des maladies mentales, elles se sont élargies à des enjeux de socialisation, donc de désocialisation, et traversent de part en part la vie sociale, dont l’école.
La conférence d'Alain Ehrenberg porte sur le grand changement sociologique qui en constitue le contexte moral et social : nous sommes passés, entre les années 1970 et le tournant du 21e siècle, d’une société où l’on protégeait par des statuts à une société où il s’agit de sécuriser des parcours de vie en les accompagnant.
Cela tient à ce que nous vivons désormais dans un individualisme de capacité imprégné par les idées et valeurs de l’autonomie.

Une conférence qui se tient lors des 66èmes journées nationales d’étude à Lyon.

L'État islamique : notes de lecture, par Michel Drac.


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2017

Michel Drac, analyste politique et prospectiviste bien connu, s'emploie ici à comprendre ce qu'est l'Etat islamique.
Les origines, les divers acteurs et la structuration de cette entité assez improbable sont étudiés au travers de plusieurs notes de lecture afin de comprendre quels sont les enjeux derrière ce que représente Daesh.

Quelle anthropologie pour l'épistémologie des vertus ? Avec Roger Pouivet au Collège de France.


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16.03.2016

Tenir une position en épistémologie implique forcément de postuler une certaine anthropologie métaphysique. Pour l'épistémologie des vertus qui met l'accent sur la réalisation de notre nature humaine, l'anthropologie sous-jacente se revendique clairement des enseignements de saint Thomas.
C'est ce qu'entend montrer Roger Pouivet dans cette conférence qui nous invite à penser à nouveaux frais les liens entre l’épistémologie et la métaphysique !

Psychologie de masse du fascisme et du capitalisme. Avec Pierre-Ulysse Barranque sur Radio Libertaire.


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2017

En cette période de montée des idéologies de crise agressives et de manipulation capitaliste des frustrations découlant de ce même capitalisme, une relecture actualisée (et critique) de La psychologie de masse du fascisme de Reich nous permet de comprendre ces phénomènes en échappant d’une part à un réductionnisme économiciste incapable de penser "la part subjective de l’histoire" et d’autre part à une psychologie individualisante, biologisante et conservatrice incapable de critique sociale, mais aussi de penser une libération révolutionnaire des frustrations capitalistes.
Après une présentation du parcours du marxiste psychanalyste révolutionnaire Wilhelm Reich et du caractère prémonitoire de son travail, Pierre-Ulysse Barranque nous présente sa critique de l’incapacité du marxisme allemand de penser l’absence de révolution en Allemagne tout comme l’arrivée du nazisme au pouvoir.
Ensuite, et en se basant sur le noyeau théorique développé par Wilhelm Reich, c'est à une critique actualisée du capitalisme du XXIe siècle en tant que sadisme de masse que nous sommes invités à réfléchir.