
(1)
"Qu’y a-t-il de commun entre Athènes et Jérusalem ?" demandait rhétoriquement Tertullien vers l'an 200, opposant l'academia et l'ecclesia, soit la philosophie et la foi. Quelques décennies plus tôt, l'empereur Hadrien avait voulu, dans un même élan, effacer Jérusalem de la carte et refaire d'Athènes le cœur spirituel de l'Empire. Deux siècles plus tard, le christianisme triomphait sous Constantin.
Docteur en études médiévales, Laurent Guyénot s'est intéressé à l'histoire et l'anthropologie religieuses et nous propose de nous parler des influences de la civilisation chrétienne, entre judaïsme et hellénisme, en se demandant comment le christianisme a surmonté l'incompatibilité fondamentale entre ces deux influences.


(0)
Publié en 1927, Strategiia (Stratégie) est l’œuvre visionnaire dans laquelle Alexandre Svetchine repense la guerre à l'âge industriel. À rebours des doctrines rigides, il montre que la stratégie n'est jamais un ensemble de recettes, mais un art de l'adaptation, où chaque nation doit ajuster son action militaire à ses forces, ses limites et ses buts politiques.
Opposant la bataille décisive à la guerre d'usure, analysant le rôle de l'économie, des infrastructures, de la mobilisation sociale et de la profondeur stratégique, Svetchine dévoile une guerre moderne totale, longue et façonnée par l'ensemble de la société. Précurseur de l'art opératif soviétique, il propose une réflexion lucide et nuancée, qui éclaire autant les conflits du XXe siècle que ceux d'aujourd'hui.
Redécouvert après avoir été marginalisé, Svetchine apparaît ici dans toute sa modernité : un penseur essentiel pour comprendre comment les nations conçoivent, soutiennent et remportent la guerre.
- 0'00'00 : Intro
- 0'00'39 : Conférence
- 0'48'35 : Quelles étaient les relations en Svetchine et Trotski et sa pensée sur le marxisme ?
- 0'53'31 : Purgé en 1938 ?
- 0'56'35 : Vous reprenez la déclaration de guerre de février 2022 sous l'angle de Svetchine en expliquant que la Russie opte pour des buts de guerres rapides, vous êtes sûr ?
- 1'03'15 : Qu'en pense l'Etat-major français ?
- 1'09'02 : La classe politique est peut-être "svetchiniène"
- 1'13'37 : Dans l'Europe actuelle, quel est le souverain ? Quelle est la volonté ?
- 1'20'11 : Retour sur la notion de bataille décisive
- 1'30'32 : Et Stalingrad alors ?
- 1'34'05 : Outro
(1)
Les tréfonds d'internet regorgent de trésors et d'étrangetés. Ils ont leurs propres codes, leurs propres cultures et même leurs propres mythes. Vidéos virales, détournements incontrôlables et horreur digitale : Pacôme Thiellement et Benjamin Patinaud -alias Bolchegeek- nous proposent de plonger dans les abysses du web depuis leur canapé pour en explorer les nouveaux usages et les nouvelles mythologies qui en émergent.




(1)
Docteur en science politique et historien des idées, David Bisson propose une lecture politique et philosophique de l'œuvre de Pier Paolo Pasolini. À travers les différentes périodes de la vie et de l'intellectuel Italien, il revient sur son rapport au monde moderne, au sacré et au christianisme, mais aussi sur sa critique du développement du capitalisme et des transformations profondes de son pays.
De son parcours intellectuel à sa réflexion sur le sacré païen et chrétien, en passant par la figure christique, les Évangiles et l'émergence d'un "sacré de la modernité", David Bisson cherche à comprendre la pensée d'un auteur qui n'a cessé d'interroger les bouleversements de son époque.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'26 : Politique de Pasolini
- 0'04'07 : L'insurrection des âmes
- 0'05'46 : L'importance de l’âme
- 0'06'51 : Pasolini contre le monde moderne
- 0'08'07 : Première période : 1922-1949
- 0'13'18 : Deuxième période : 1949-1968
- 0'18'38 : Troisième période : 1968-1975
- 0'22'53 : Pasolini et le sacré
- 0'27'30 : Le sacré païen
- 0'38'03 : Le sacré chrétien
- 0'39'22 : La figure christique
- 0'41'18 : Le christianisme politique
- 0'42'52 : Les Évangiles
- 0'44'46 : Le sacré de la modernité
- 0'47'07 : Le développement du capitalisme
- 0'49'03 : Le capitalisme et le contre-sacré
- 0'54'11 : Conclusion : l'insurrection des âmes

(1)
Entre 1618 et 1648, l'Europe est en proie à l'une des guerres les plus meurtrières de son histoire, la guerre de Trente Ans. Les premiers heurts éclatent en Bohême en 1618 et ce qui semble au départ n'être qu'un acte de rébellion de nobles contre l'empereur dégénère en un conflit à l'échelle européenne.
Durant trois décennies, le continent est le théâtre de violences sans précédent qui auraient décimé 15 à 20 % de la population du Saint-Empire. Il était alors impératif de poser les règles d'une paix durable ; c'est ce que firent les traités de Westphalie en 1648.
À travers une approche globale de la guerre de Trente Ans, Claire Gantet met en lumière le rôle des hommes et des femmes qui, d'emblée, cherchèrent à limiter et encadrer l'exercice de la force. Une approche qui renouvelle notre compréhension de la violence et de la portée de cette guerre à l'échelle européenne.
Une émission animée par Christophe Dickès.



(1)
Professeur à l'ESCP, Benoît Heilbrunn analyse la société de consommation et le capitalisme pour proposer des solutions face à l'insignifiance, en repensant nos imaginaires, le rôle du marketing et la transition vers une économie de la fonctionnalité.
Il revient sur les origines de notre besoin constant de nouveauté, déconstruit l'idée que les choix d'achat sont strictement individuels et nous invite à lutter contre le "low cost" par une véritable politique des biens communs. C'est la redéfinition de l'utilité et l'usage paradoxal des techniques marketing comme outils d'émancipation écologique et sociétale qui nous permettront d'atteindre ce but.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'02 : Présentation
- 0'02'13 : Définition du concept de consommation
- 0'04'05 : Origines historiques de la société de consommation
- 0'12'59 : Articulation entre politique de production et consommation individuelle
- 0'14'27 : Impossibilité de sortir du capitalisme et juste répartition de la valeur
- 0'17'01 : Redonner la parole aux consommateurs et définition du prix juste
- 0'25'07 : Les conditions pour faire évoluer les pratiques de consommation
- 0'34'31 : Distinction entre sobriété, austérité et esthétique minimaliste
- 0'38'30 : Réhabilitation de l'utilité face à la culture de l'insignifiance
- 0'44'23 : Pertinence de la lutte des imaginaires face à l'urgence environnementale
- 0'50'57 : Les contradictions culturelles du capitalisme et le modèle de la fast fashion
- 0'54'46 : La transition vers une économie de la fonctionnalité et des communs
- 0'57'01 : Exemples et limites de l'économie de la fonctionnalité
- 0'58'12 : Ambivalence du marketing en tant que pharmakon selon Bernard Stiegler
- 1'03'25 : Utilisation du marketing à des fins écologiques et militantes
- 1'06'11 : Poursuite de l'analyse marxiste par Jean Baudrillard sur l'objet comme signe
- 1'08'46 : Réappropriation du sens par la culture de l'artisanat et la résistance matérielle
- 1'16'08 : La question de la responsabilité collective et l'éthique de Hans Jonas
- 1'18'50 : Nécessité du conflit, du dissensus et du courage politique
- 1'24'29 : Conclusion



(1)
Dans son livre Kolkhoze (P.O.L, 2025), Emmanuel Carrère nous offre un récit foisonnant et palpitant qui fait revivre ses aïeux, qui rend compte de la tragédie ukrainienne, de l'effondrement moral de la Russie, de la situation en Géorgie, et qui dresse un portrait aimant, admiratif, mais aussi sévère de l'académicienne Hélène Carrère d’Encausse, disparue en 2023, sa mère.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


(0)
Depuis quelques années, la question des rapports entre les femmes et la chasse durant la Préhistoire est revenue sur le devant de la scène. Qu'il s'agisse de productions destinées au grand public ou de publications scientifiques largement relayées, les certitudes traditionnelles sont régulièrement et bruyamment remises en cause.
S'il n'est pas difficile de voir dans ce renouveau d'intérêt pour le lointain passé un écho de préoccupations actuelles, il importe en revanche d'enquêter soigneusement pour cerner l'état actuel des connaissances sur cette question, ainsi que pour en soupeser les réelles implications sur la perspective de l'émancipation féminine.


(0)
Explorant la pensée d'Alexandre Kojève à partir de son rapport à l'athéisme et à la philosophie russe, Rambert Nicolas revient sur le "pari" qui consiste non seulement à choisir, sur le plan théorique, entre l'existence ou l'inexistence de Dieu, mais engage aussi une manière de vivre, une transformation de soi et une certaine conception de l'Histoire.
En effet, le théisme implique la croyance en Dieu, l'immortalité de l'âme et une béatitude à venir quand l'athéisme mise au contraire sur la mortalité, l'action humaine et la construction d'un monde désirable, ici et maintenant. Et chez Kojève, la mort n'est pas un simple fait biologique : elle révèle la liberté radicale de l'homme, sa capacité à s'arracher à la nécessité et à affirmer sa volonté, jusque dans la possibilité du suicide.
À travers cette réflexion, se dessine une philosophie de l'engagement, irréductible aux discours abstraits ou aux positions que pourrait produire une machine : croire ou ne pas croire, c'est toujours devenir quelqu'un.


(0)
Elsa Boulet nous invite à penser l'enfantement et la parentalité au-delà des clichés, en prêtant attention à la diversité des pratiques et des représentations et en se penchant sur des situations souvent mal connues. Elle s'intéresse à la médicalisation de l'enfantement, depuis le projet d'enfant jusqu'aux soins recommandés après l'accouchement et aux rapports de pouvoir dans les relations entre soignants et soignés, et problématise la grossesse comme un travail des femmes encadré façonné par les rapports sociaux de genre, notamment au sein du couple.
En abordant le sujet de la grossesse à rebours des idées reçues et des oppositions manichéennes traditionnellement invoquées, Elsa Boulet veut créer un réel débat de société autour de cette question trop invisibilisée.
Une émission animée par Armel Campagne.


(0)
Le débat entre Thomas Guénolé, docteur en science politique, et Alain Soral, intellectuel et essayiste, survient dans un climat de tension extrême. Certains dénoncent un dialogue dangereux, d'autres y reconnaissent l'ultime rempart contre une censure généralisée qui étouffe désormais toute pensée indépendante du pouvoir.
Au-delà de l'affrontement personnel, quels sont donc les ressorts de l'antisémitisme ? Les thèses d'Alain Soral s'y réduisent-elles ?
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'23 : Guénolé défie Soral
- 0'15'40 : Marx et la question juive
- 0'36'24 : Bilan d'Auschwitz
- 0'58'01 : CRIF et pouvoir politique
- 1'12'47 : Le 11 septembre
- 1'37'42 : Judaïsme et domination
- 1'57'54 : L'affaire Epstein
- 2'37'24 : Conclusions
Un débat modéré par Mike Borowski.

(1)
À l'heure où le parlement européen n'hésite plus à assimiler grossièrement nazisme et communisme, où l'argument des 100, 150 ou même 200 millions (qui dit mieux ?) de "morts du communisme" ne cesse de faire office d'interdiction de débattre de la lutte des classes et du passage nécessaire de l'humanité au socialisme, où le concept de "totalitarisme" est enseigné comme un catéchisme dans les écoles et où la doxa ne parvient à masquer la fascisation ouverte du pouvoir politique qu'en criminalisant le communisme, il est urgent de revenir historiquement et philosophiquement sur le concept de totalitarisme, afin de se redonner les armes intellectuelles pour lutter contre ce qu'il faut bien appeler par son nom : une valse de mystification et une escroquerie intellectuelle de classe.