Hugo Pratt, ce "menteur du beau". Avec Milo Manara, Silvina Pratt, Dominique Petitfaux, José Munoz, Grégoire Prat, Alberto Ongaro et Michel Pierre sur France Culture.


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05.05.2020

Pour l'auteur de BD Hugo Pratt, "plus le livre s'éloigne du réel, plus il devient vrai et prend son envol, sans voile ni vent". Dans sa quête de la fable, il a toujours nourri son œuvre de sa vie et fait de sa vie une œuvre, dessinée entre les mers du sud, les mythes celtes, Venise, Buenos Aires, Addis-Abeba, la Kabbale ou la franc-maçonnerie.
Une vie d'aventures au service de la BD et des aquarelles au point que le nom de ce personnage phare qu'il crée à 40 ans finit par éclipser son créateur : Corto Maltese, personnage romantique complexe, marin, pirate, gentilhomme de fortune.
Corto Maltese a vu le jour sur l'île de Malte, le 10 juillet 1887. Son père était un marin des Cornouailles. Sa mère, une prostituée gitane de Séville, née à Triana d'où Magellan partit pour le premier voyage autour du monde, en 1519.
Hugo Pratt, lui, est un Vénitien avec un nom anglais, fils d'une Italienne juive hérétique, et d'un père militaire fasciste qui l'entraîne en Éthiopie en 1937. Ce voyage initiatique marquera à jamais le jeune soldat fasciste qui décide alors d'opter pour le crayon, apprend l'amharique, et trahit l'Italie.
Témoin troublé de la guerre et d'une époque révolue, Pratt raconte alors des histoires, situées avant la Grande Guerre, en les peuplant de ses expériences, de ses souvenirs et des lectures de son enfance. Conrad, Stevenson, London, Staline ou Gauguin y croisent le fameux Corto Maltese.
Après toutes ses aventures et ses conquêtes, Pratt, ce "menteur du beau" pudique et extraverti, finit sa vie en Suisse, au milieu de ses 20 000 livres, et disparaît le 20 août 1995. Corto Maltese, lui, continue à vivre depuis 2014 par la plume, l'encre et les idées des Espagnols Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero.
Première figure du festival Angoulême, Hugo Pratt est devenu un auteur classique du neuvième art, François Mitterrand confiait qu'il était l'un des rares auteurs de BD qu'il lisait, Woody Allen le cite dans Hannah et ses sœurs, et Frank Miller lui rend hommage dans son fameux Sin City.

Émission "Toute une vie", réalisée par Elodie Maillot et Nathalie Salles.

Nature et préjugés : convier l'humanité dans l'histoire naturelle. Avec Marc-André Selosse à la Librairie Ombres Blanches.


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16.05.2024

Les êtres humains ont longtemps survécu sur Terre en bricolant avec les connaissances du moment. Monocultures, pesticides, combustibles fossiles... Nous comprenons aujourd'hui que nous devons faire autrement. L'idée du biologiste et naturaliste Marc-André Selosse est simple : la notice pour mieux habiter notre monde se trouve sous nos yeux. Il suffit d'observer le vivant.
Avec humour et bienveillance, il déconstruit les préjugés qui nous ont empêchés de comprendre la nature (y compris humaine) et d'ajuster nos actions en conséquence. Il nous montre de plus près ce monde que nous pensions connaître, en contant les histoires des microbes, des plantes et des animaux qui nous entourent depuis fort longtemps. Intelligence des plantes, compétition naturelle, autonomie, équilibres naturels, séductions humaines et parades animales...
Nous ressortons enthousiaste de ces explorations, parfois troublé dans nos convictions quotidiennes, et enfin relié à cette nature que l'on pensait éloignée de nous. Au fil de cette odyssée, profondément humaniste, se dessinent avec clarté l'essence et l'espoir de nos vies : notre lien aux vivants, qui pourrait nous sauver de nos errements.

Peter Thiel, Sorcier d'Orthanc ou Flamme de l'Ouest ? Laurent Brunet répond aux questions de Stefou Xenomancie.


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10.09.2025

Ce portrait explore le parcours hors norme d'un homme qui, des échecs à la finance en passant par la création de PayPal et Palantir, a l'ambition de façonner l'ère numérique avec une vision à la fois libertarienne et élitiste. Son histoire – de son enfant en Afrique du Sud à s fascination pour les "niveaux de lecture" inspirés de Leo Strauss en passant une pratique des échecs à haut niveau – révèle un esprit aussi brillant que controversé, oscillant entre décentralisation du web et maîtrise technocratique.Au cœur des paradoxes : Thiel défie les catégories, alliant soutien à la crypto et collaboration avec les agences gouvernementales, tout en critiquant la "Cathédrale" médiatique. Son approche, entre patchwork politique et précrime algorithmique, interroge : et si la liberté naissait d'une élite éclairée ?
Une plongée dans les rouages d'un monde où la tech, entre utopie et dystopie, redéfinit le pouvoir.

Curtis Yarvin, les lumières obscures et la néoréaction. Avec Pierre Tromeur sur Hommes de Méninges.


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07.03.2025

Curtis Yarvin, un drôle d'oiseau néoréactionnaire ! Critique de la démocratie libérale mais avec un positionnement élitiste et non populiste, il s'est récemment illustré en proposant de résoudre la crise à Gaza en transformant la ville en entreprise cotée en bourse et en en faisant la première entreprise souveraine à rejoindre l'ONU.
Sa pensée, capitaliste, elitiste et techno-utopiste, est l'une des inspirations de la nouvelle administration Trump.

Les Lumières Sombres, pour en finir avec la social-démocratie : Laurent Brunet répond aux questions de Stefou Xenomancie.


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26.08.2025

La néoréaction (NRx) est un courant critique envers une démocratie libérale dominée par une "Cathédrale" (médias, Université, caste gouvernementale) jugée inefficace. Des penseurs comme Nick Land ou Curtis Yarvin y font remonter la crise actuelle des systèmes politiques et explorent des alternatives comme le patchwork, un modèle décentralisé où chaque territoire appliquerait ses propres règles. D'autres sujets clivants sont aussi développés, comme l'immigration de masse (vue comme un facteur d'entropie sociale) ou la critique des médias, accusés de caricaturer les idées radicales.
Laurent Brunet et Stefou Xenomancie opposent une Europe en déclin à une Amérique dynamique, portée par l'innovation technologique (Nvidia, SpaceX), et prônent une refonte post-libérale où la technologie (IA, génétique) et des structures locales remplaceraient les démocraties centralisées. Ils mêlent économie autrichienne et écologie par l'innovation, tout en soulignant le rôle de l'imaginaire (cyberpunk, numérologie) comme force de changement.

La place du latin dans le droit moderne. Avec Pierre Legendre au Lycée Henri-IV.


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20.03.2014

Juriste, historien et anthropologue saisi par la psychanalyse, Pierre Legendre est l'un des grands penseurs de notre époque. Il nous ouvre ici les arcanes latines du droit, d'un droit pris dans l'épaisseur du temps, d'un droit fait homme aussi, dont Ulpien, Gratien, Justinien ont été des passeurs.
Tout le monde connaît le proverbe "L'habit ne fait pas le moine", mais sait-on encore qu'il s'agit d'une maxime médiévale, "Habitus non facit monachus" ? Parler du droit moderne, c'est faire parler les mots et les maximes, en révéler l'incroyable histoire depuis l'Antiquité.
C'est à ce prix seulement que nous pourrons retrouver le sens des concepts au cœur de notre propre civilisation.

Une conférence organisée par l'Association le Latin dans les Littératures Européennes et conduite par Hubert Aupetit.

Le progrès en littérature. Avec Pierre Poligone pour l'Université du Sur-Sault.


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10.2021

Doctorant en littérature comparée, Pierre Poligone s'interroge ici sur la notion de progrès en littérature, et pour cela s'appuyer sur des rapports faits pendant les deux siècles précédents. L'occasion également de s'interroger sur ce qu'est un chef d'oeuvre suite à la multiplication des publications et au foisonnement d'oeuvres prétendant à ce titre sur la même période.

Lumières sombres, néoréaction et archéofuturisme : Stefou Xenomancie répond aux question d'El Loco.


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17.10.2025

C'est en compagnie de Stefou Xenomancie qu'est étudié en profondeur le courant intellectuel souterrain mais influent des lumières sombres, un mouvement qui remet radicalement en question les fondements de la modernité politique. Inspiré par le penseur Nick Land, théoricien d'une technocratie élitiste, le débat s'articule autour d'une critique acerbe de la démocratie, de l'égalitarisme et du progressisme. Ce courant prône un retour à des structures sociales hiérarchisées, tout en intégrant les avancées technologiques pour façonner un futur où l'efficacité prime sur les idéaux humanistes. Entre rejet des utopies égalitaires et fascination pour un capitalisme débridé, ces idées interrogent : une société gouvernée par une élite technoscientifique est-elle viable, voire souhaitable ?
L'échange aborde également des thèmes connexes comme la providence technocapitaliste, où le marché et l'intelligence artificielle sont perçus comme des forces quasi divines de sélection sociale, ou encore la guerre hybride, où les conflits futurs se joueront autant sur les champs de bataille que dans les réseaux numériques. Des références à la gnose, à la double prédestination calviniste ou aux mythes faustiens viennent éclairer cette vision d'un monde où le pouvoir se concentre entre les mains de quelques-uns, tandis que la masse, dépossédée de son autonomie, n'est plus qu'un rouage d'un système dépassant l'entendement humain. Entre dystopie et prophétie, cette discussion invite à décrypter les dérives possibles d'un futur où technologie, pouvoir et spiritualité s'entremêlent de manière troublante.

L'aube des mythes. Avec Julien d'Huy sur le podcast Quoi de neuf en Histoire.


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12.2023

Que pensaient les premiers Homo sapiens de la mort ? Quelles croyances avaient-ils à propos de l'au-delà ? Des questions existentielles qui agitaient nos ancêtres de la préhistoire.
Julien d'Huy utilise une approche scientifique novatrice, la phylomythologie, pour remonter le temps afin de reconstruire la mythologie des temps passés.
Où l'on apprend que certains mythes étaient largement partagés à la surface du globe et ont laissé une trace, une influence, dans des récits bien postérieurs, y compris dans les grands textes religieux.

La critique littéraire de Roger Nimier. Avec Marc Dambre à l'Université de Caen.


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13.11.2019

Surtout connu comme romancier (Les Epées, Le Hussard bleu, Les Enfants tristes, D'Artagnan amoureux...), l'écrivain Roger Nimier eut aussi dans les années 1950 une intense activité de critique littéraire.
Marc Dambre met en lumière les caractéristiques et les enjeux de cette critique (notamment recueillie dans les Journées de lecture), tout en interrogeant plus largement la démarche des écrivains-critiques et les valeurs qui sous-tendent la critique littéraire.

Technofascisme. Avec Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet sur Trench Tech.


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04.09.2025

Janvier 2025 : Donald Trump fait son retour à la Maison Blanche, plus brutal que jamais, Elon Musk dans ses valises. Et si l'homme le plus riche de la planète préfigurait l'exercice du pouvoir tel que le fantasme un secteur technologique de plus en plus réactionnaire ? 
Nourris par d'obscurs penseurs étourdis de rêves fascistes ou monarchiques, des milliardaires influents prophétisent la mort des démocraties. Leur horizon politique : la sécession. Car la fin d'un monde, c'est surtout le commencement du leur. 
L'objectif de ces nerds de l'Apocalypse ? La mort de l'Etat-nation, et l'avènement de “network states”, des enclaves libertariennes autonomes dirigées comme des entreprises par des techno-oligarques libérés de tout contrôle. 
Bienvenue dans le Moyen-Age du futur.

Un entretien mené par Cyrille Chaudoit et Mick Levy.

Le Christ et la culture. Avec Olivier Boulnois aux conférences de carême de Notre-Dame de Paris.


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2017

Nous sommes ici au cœur du paradoxe chrétien : l'évènement du Christ, alors même qu'il n'avait pas un sens culturel, transforme la culture depuis les origines jusqu'à maintenant. Continuera-t-il à le faire ?
Cette réflexion ne s'adresse pas uniquement aux chrétiens mais à tous les acteurs de la culture. C'est l'homme qui est transformé par la rencontre du Christ, et qui, par contrecoup, change la culture, laquelle devient (à des degrés divers et non sans trahison) chrétienne. La culture devient alors le lieu de la rencontre entre l'homme et Dieu. 
Bien loin de marquer une rupture entre culture chrétienne et culture non-chrétienne, l'entreprise d'Olivier Boulnois est de montrer la présence de formes chrétiennes au cœur même d'œuvres qui ne s'en réclament pas, et de souligner que nous sommes tous, à des degrés divers, plus ou moins éloignés du Christ. L'objet n'est pas de défendre le christianisme comme une contre-culture, mais positivement, de faire valoir l'autonomie des cultures, des arts, des expériences, et la manière dont chacune, à sa manière, recherche l'accomplissement de l'homme (la vérité et la beauté).
D'autre part, il s'agit de parler du Christ aujourd'hui et non de défendre un patrimoine. D'où la nécessité, tout en gardant bien sûr des références fondatrices, de dialoguer avec des auteurs et des penseurs de notre temps. Il ne s'agit pas davantage d'être récupérateur : le Christ est un signe de contradiction, il se donne à tout homme, mais suscite la liberté, et rencontre le rejet.