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Le matérialisme est sans doute le courant philosophique qui a suscité le plus de controverses, ce qui lui a valu d'être malmené et caricaturé à de nombreuses reprises. Guillaume Deloison se propose de montrer le contenu réel de ses concepts, d'en fournir une définition nouvelle et de le relier à ses racines historiques et sociales. Dans chaque période, il est au cœur d'enjeux idéologiques de premier plan parce qu'il est à l'intersection des progrès de la connaissance et des préoccupations métaphysiques.
Ce courant de pensée, bien qu'il ait joué un rôle fondamental dans la vie scientifique et culturelle du monde occidental, n'a pourtant été que très peu étudié. L'exposé qu'en donne Guillaume Deloison se veut le panorama d'un champ conceptuel en constante agitation, uni par l'idée que les mythes et le sacré ne sont pas les seuls horizons pour penser la place de l'homme dans l'Univers.
D'Épicure aux matérialistes contemporains anticréationnistes en passant par Marx, une même exigence émancipatrice traverse l'œuvre de ces penseurs. Il s'agit d'en rendre compte tout en indiquant où passent les lignes de fracture. L'enseignement de l'histoire des idées en France néglige cet héritage intellectuel, en le confinant à un cercle restreint de spécialistes, alors que les interrogations soulevées par le matérialisme s'adressent à tous. Il est en effet indispensable que cette philosophie soit mieux représentée dans les programmes et les manuels, qui semblent oublier qu'une part importante de la population ne se réfère pas à la transcendance pour donner un sens au monde.
L'histoire du matérialisme est également incontournable pour saisir les enjeux du travail des sciences de notre temps. En dévoilant comment les savoirs d'aujourd’hui sont les fruits de luttes contre des traditions conservatrices, elle invite à ne verser ni dans un positivisme naïf, ni dans une défiance figée à l'égard des résultats scientifiques.
Être matérialiste consiste moins à désenchanter le monde qu'à en restituer le libre cours.
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S'il est certain que Marx est une figure incontournable de la "critique", il n’en demeure pas moins l'objet d'interprétations, de récits ou d'incompréhensions, qui l'efface souvent derrière des grands mots d'ordre.
Alors, comment s'y retrouver et comment faire une place à Marx dans notre temps, moins comme un visionnaire qui aurait déjà tout compris, que comme un théoricien pour qui l'objectif était de mettre en évidence les contradictions de chaque présent historique ?
Podcast "L'Archipel Critique", animé par Laëtitia Riss.


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"Après 5 constitutions républicaines, après des restaurations monarchiques, des dérives impériales, après Vichy, nous savons que la République est fragile, sujette à l'instabilité, promise aux dérapages. Le mal vient justement de la doctrine de la souveraineté." écrit Blandine Kriegel (La République incertaine, La Quai Voltaire, 1992).
Mais faut-il jeter le bébé de la souveraineté avec le bain de son passif ? Jacques Sapir et Georges Kuzmanovic, deux souverainistes convaincus, ont leur petit avis sur la question...
Émission "Mots de passe".




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Et si la beauté du vivant n'était pas qu'un hasard de l'évolution, mais une fin en soi ? Le biologiste suisse Adolf Portmann, trop souvent relégué aux marges de la science officielle, a osé cette hypothèse : les formes animales ne se réduisent pas à leur utilité, elles s'exposent, elles se donnent à voir.
Entre finalité et mystère, la "physiognomonie" de Portmann interroge notre regard sur le vivant.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Elle est née en 1918 dans la douleur et l'urgence de la pire des guerres civiles ; elle a été choyée et complice du régime de Staline, mais aussi sa victime, voyant ses meilleurs chefs torturés et fusillés ; elle a su renouveler la pensée militaire et s'est donnée les plus gros moyens jamais réunis. Et pourtant, l'Armée rouge a failli mourir sous les coups de plus agile et plus expérimenté qu'elle, la Wehrmacht. Elle a réussi à surmonter des défaites inouïes, se reprendre, contre-attaquer et détruire son ennemi, mais à un coût abominable. On lui doit en bonne part la victoire de 1945 et... l'asservissement des peuples d'Europe de l'Est.
Jean Lopez raconte le parcours de l'institution militaire la plus originale du XXe siècle. L'armée de Poutine se portant héritière de l'Armée rouge, il y a urgence à comprendre son fonctionnement, ses tares, ses faiblesses et... sa capacité à rebondir !
Une émission animée par Christophe Dickès.


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La Banque mondiale cherche-t-elle à combattre la pauvreté dans le monde ? Quel est le bilan de son action qui s'étend sur plus de sept décennies ? Qui dirige la Banque mondiale et comment fonctionne celle-ci ? Quels sont ses rapports avec les grandes puissances et en particulier avec les États-Unis ? Quelles relations entretient-elle avec d'autres grandes institutions internationales comme l'ONU, le FMI, l'OMC ? Pourquoi les politiques qu'elle recommande ne garantissent pas aux populations la satisfaction de leurs besoins fondamentaux et de leurs droits ? Pourquoi la Banque mondiale soutient-elle des régimes dictatoriaux ? Pourquoi intervient-elle pour déstabiliser ou aider à renverser des gouvernements qui cherchent une voie originale ? Pourquoi affirme-t-elle qu'une montée des inégalités est nécessaire au développement ? Pourquoi affirme-t-elle que les pays du Sud doivent s'endetter pour se développer ? A-t-elle une responsabilité dans l'éclatement des crises de la dette des pays en développement ? Quel est l'impact de son action sur la sécurité alimentaire, sur l'environnement, sur la santé publique, sur les femmes, sur ceux et celles qui vivent de leur travail ?
Eric Toussaint adopte une démarche chronologique pour analyser la Banque mondiale des origines à nos jours. Un soin particulier est apporté à situer la politique de la Banque mondiale dans son contexte politique et géostratégique. En outre, plusieurs études de pays viennent illustrer la politique de la Banque mondiale, ses mécanismes et ses conséquences.


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Dès son enfance, Kévin Boucaud-Victoire est confronté aux discriminations en raison de sa couleur de peau. Cependant, il ne souscrit ni à l'antiracisme moral ni à l'antiracisme politique, qui dominent l'espace public contemporain. Selon lui, ces deux courants se trompent de combat : le premier occulte la question de la lutte des classes et le second est trop identitaire. La solution se trouve dans un antiracisme socialiste.
- 0'00'00 : Intro
- 0'00'32 : Conférence
- 0'27'29 : Evolution du rapport de force au sein des différentes écoles de l'antiracisme. Qui incarne aujourd'hui un antiracisme universaliste ?
- 0'33'36 : Des micromouvements incarnent cet antiracisme universaliste mais non marxiste mais ne pèsent rien. Pourquoi ? Doit-on être automatiquement indigéniste pour peser ?
- 0'42'29 : Développer un discours cohérent et non sujet à déformation
- 0'48'55 : Dans la théorie décoloniale, il y a cette idée que le "blanc" ne sait pas qu'il est blanc. Pourquoi deviendrait-il antiraciste, si c'était le cas ?
- 0'52'46 : Dans le livre, il n'est jamais question de droit, or la France est un pays qui a le droit du sol de manière multiséculaire
- 0'59'29 : Mot fédérateur : universalisme (au sein français du terme)
- 1'07'48 : Le marxisme réformateur est le seul qui soit acceptable politiquement
- 1'08'33 : Le marxisme introuvable : la gauche en France après 1945 a cessé de lire de Marx
- 1'16'20 : Un exemple d'absence de formation politique : la France Insoumise qui ne forme pas réellement ses militants avec l'Institut La Boétie
- 1'23'01 : Mélenchon et le catholicisme athée
- 1'23'33 : Outro


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Les questions de santé mentale se sont imposées comme des enjeux majeurs dans les champs du travail, de l'éducation, de la justice, de la famille, ou encore de l'économie. Elles sont ainsi clairement devenues transversales.
Alain Ehrenberg nous montre ici que la santé mentale, au-delà de la santé elle-même, représente une attitude globale à l'égard des tensions morales d'une société où les idéaux d'autonomie individuelles imprègnent l'ensemble des relations sociales.


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Professeur au Collège de France, Jacques Bouveresse est l'auteur récent de Wittgenstein, la modernité, le progrès et le déclin (éditions Agone). L'occasion pour quatre philosophes -Alban Bouvier, Frédéric Nef, Ruwen Ogien et Clément Rosset- d'examiner cette parution philosophique sans parti pris d'école ou de tendance, pour tenter de tirer au clair l'antipathie que Wittgenstein entretenait envers la civilisation contemporaine, antipathie qui l'a poussée à ne s'attacher qu'au très petit nombre de choses qu'il considérait comme essentielles.


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Tous deux intellectuels à la pointe du renouvellement des pensées de la gauche radicale, Frédéric Lordon et Brian Massumi proposent chacun une pensée radicalement critique de l'économie orthodoxe à partir de la notion d'affect. L'un s’appuie sur Spinoza (par exemple dans La Société des affects et dans Les affects de la politique), l'autre sur Deleuze et Guattari (par exemple dans L'économie contre elle-même).
Si leurs prémisses critiques semblent converger, leurs approches, leurs conclusions et leurs propositions politiques nous emmènent dans des directions assez différentes entre elles. Leurs rapports à l'État-nation comme leurs analyses des dérivations financières sont en contraste particulièrement marqué.
Chacun d'eux peut incarner un devenir possible de la gauche radicale : la question sera de savoir si ces devenirs sont compossibles, contradictoires ou complémentaires.
Un débat animée par Yves Citton et Quentin Badaire.


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Partout, ça se rebiffait. Les années 1970, a-t-on dit à droite et à gauche, du côté de Samuel Huntington comme de Michel Foucault, ont été ébranlées par une gigantesque "crise de gouvernabilité".
Aux États-Unis, le phénomène inquiétait tout particulièrement le monde des affaires, lui qui était mis en cause de toutes parts, confronté simultanément à des indisciplines ouvrières massives, à une "révolution managériale" réelle ou supposée, à des mobilisations écologistes inédites vécues comme des "attaques sur la libre entreprise", à l'essor concomitant de nouvelles régulations sociales et environnementales, et - racine de tous les maux - aux ravages de ce que Friedrich Hayek fustigeait alors comme une "démocratie sans limite".
C'est à cette occasion que furent élaborées, par réaction, dans un mouvement de contre-offensive multiforme face à cette vague de révolte généralisée, de nouvelles tactiques politiques destinées à l'endiguer et à la neutraliser, de nouveaux arts de gouverner encore actifs aujourd'hui.


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L'espace fait rêver. Mais comment ce mythe de la conquête de l'espace s'est-il construit ? L'iconique bipbip du satellite Spoutnik, en 1957, est généralement présenté comme l'acte de naissance de l'exploration spatiale : son origine nazie est plus souvent oubliée.
C'est ce que rappellent Irénée Régnauld et Arnaud Saint-Martin dans un essai marquant d'histoire des sciences : comment ces technologies prennent racines dans l'Allemagne du 3e Reich. Puis comment, en un siècle, nous avons vu l'avènement d'une "astroculture" en soutient de programmes spatiaux aux objectifs avant tout militaires. Et enfin l'éclosion d'une économie extra-atmosphérique, décorrélée de tous enjeux climatiques.
Émission "La Science, CQFD", animée par Natacha Triou.