La vie à poings nus. Avec Jacques Audiard sur France Culture.


(0)
53 Vues
0 commentaire
2018

De son premier long-métrage Regarde les hommes tomber (1994) à son tout dernier film Les Frères Sisters (2018) s'élabore, dans le cinéma de Jacques Audiard, une véritable anthropologie tragique, la tentative, fiévreuse et électrique, de saisir le sens de la trajectoire humaine, de l'incarner dans des figures hantées ou mutilées, violentes et éperdues.
Surgis de nulle part, accomplissant, souvent en vainqueur, une destinée âpre, les risque-tout d'Audiard sont des mutilés ou des taulards, des migrants ou des tueurs à gages, des nervis ou de menu-truands, des personnages dont l'unique but est de se désorbiter d'un destin prévu, pesant, écrit.
L'occasion de revenir en sa compagnie, à la rencontre, de film en film, de leur incessant mystère.

Émission "Mauvais Genres", animée sur François Angelier.

La Troisième République et la violence anarchiste : libertés ou sécurité ? Avec Jean Garrigues sur France Culture.


(0)
76 Vues
0 commentaire
13.02.2016

La France, confrontée à la menace du terrorisme qui s'est incarnée de façon si dramatique en 2015, se retrouve devant une interrogation touchant à l'essence même de la démocratie : où convient-il de fixer le curseur entre d'un côté les exigences accrues de la sécurité collective et d'autre part la préservation des libertés publiques qui sont au cœur du contrat social depuis 1789 ?
Chacun ressent qu'à trop empiéter sur ces libertés, dans le péril que nous affrontons, notre République risquerait de perdre quelque chose de sa fierté, de ses équilibres et, en somme, de sa raison d'être. En quête de précédents, on pourrait évoquer le temps de la Convention, 1793-1794, tout autant que celui de la guerre d'Algérie.
Il pourrait être intéressant de braquer l'attention sur le moment des attentats anarchistes sous la Troisième République, dans les années 1890, pour montrer, qu'aussi différentes qu'aient pu être, par rapport à notre actualité, les menaces ambiantes, les débats qui ont agité le monde politique et celui des intellectuels, on y rencontre bien des traits qui annoncent ceux d’aujourd'hui, dans l'ordre du réalisme, de la morale et du civisme.
Jean Garrigues, professeur spécialiste d'histoire parlementaire et politique, est un familier de la période qu'il s’agit de restituer et il a manifesté de longue main son goût de distinguer, dans le cours de notre histoire politique, le spécifique et les résurgences.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

L'écologie peut-elle être nationale ? Avec Hervé Juvin sur France Culture.


(0)
122 Vues
0 commentaire
13.05.2019

Hervé Juvin, essayiste et homme d'affaires, est l'auteur de La Grande séparation : pour une écologie des civilisations (Gallimard, 2013), et de France, le Moment politique (éditions du Rocher, 2018). Après avoir travaillé au nom de l'Europe avec Raymond Barre et collaboré à la revue Débat, il se rapproche de Marine Le Pen en 2016, avant d’accepter de figurer en 2019 en cinquième position sur la liste Rassemblement National aux élections européennes.
Conservateur libéral tendance identitaire, penseur de l'écologie, Hervé Juvin est perçu comme la caution intellectuelle du mouvement et l'instaurateur d'un nouveau courant de pensée au sein du Front National : "le juvinisme".
Les idées d'un homme sont-elles transposables à l'échelle d'un parti ? Comment a-t-il influencé le projet européen sur lequel le RN fait campagne, et notamment son chapitre écologique ?
Contre une mondialisation "sauvage", Hervé Juvin prône un localisme qui favorise les espaces géographiques délimités et les frontières qui protègent la biodiversité.

Émission "La Grande table idées", animée par Olivia Gesbert.

L'ombre de la guerre : Ernst Jünger, Curzio Malaparte et Georges Bernanos. Avec Nicolas Beaupré et François L'Yvonnet chez François Angelier à Mauvais Genres sur France Culture.


(0)
75 Vues
0 commentaire
10.11.2018

Faire la guerre est une chose, l'écrire en est une autre, mais la dire après l'avoir faite au premier rang et sur toute sa durée en est une troisième, sans doute encore plus difficile. C'est pareille tâche qu'ont effectuée les trois écrivains qui sont évoqués ici, le Jünger d'Orages d'acier, le Malaparte de Viva Caporetto ! et le Bernanos des Enfants humiliés.
Trois guerres narrées ou évoquées non à chaud, mais plusieurs années après les combats, au fil de textes qui, chacun, restent encore de brûlants témoignages.

Henri Michaux. Avec Frédéric Baal, Jean-Michel Maulpoix, Florence de Lussy, Anne-Elisabeth Halpern, Nicolas Roméas, Philippe Mion, Jacques Ellul et Alain Cuny sur France Culture.


(0)
84 Vues
0 commentaire
24.10.1999

Pendant 62 ans, de 1922 à 1984, Michaux n'a pas cessé d'écrire, puis d'écrire et de peindre. Il est clair qu'il y a loin de l'homme jeune, inquiet, impatient, percutant, mélangé - de cet homme fragile et furieux, bataillant en tout sens, à l'écrivain célèbre, recherché mais savamment discret et comme retiré dans sa propre légende, qui oppose à son époque étonnée des allures de sage. Et pourtant. De son premier recueil à son dernier, Michaux aura creusé sans discontinuer une même formule d'équilibre instable entre les composantes passagères qui dessinent pour lui la réalité fugitive d'un livre.
C'est en écoutant quelques-uns des lecteurs les plus fervents de Michaux que nous sont évoquées sa vie et son œuvre. Tous tâchent de définir la singularité, la variété et l'unité profonde de l'œuvre de celui qui écrivit, pour conclure son texte intitulé Qui je fus : "On n'est pas seul dans sa peau".

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Christine Rey.

Quand s'efface le purgatoire. Avec Guillaume Cuchet sur France Culture.


(0)
83 Vues
0 commentaire
06.01.2018

Le purgatoire, disons-le tout net, est en mauvaise forme. Sur la Toile, les sites du catholicisme traditionaliste multiplient leurs reproches à ce sujet envers le pape François. Ils l'accusent de le laisser doucement s'effacer, de ne le mentionner quasiment jamais, tout en semblant simultanément réticent envers la pratique des indulgences dont il a, comme souverain pontife, la maîtrise et qui permettrait d'abréger le séjour des âmes dans cet état intermédiaire entre enfer et paradis.
On ne peut qu'être intrigué par cette quasi-disparition qui aurait tant surpris nos ancêtres, pour qui le purgatoire figurait en bonne place dans la catéchèse et, plus largement, dans la vulgate de la culture chrétienne.
Une manière féconde d'interpréter cela peut être de considérer la chose dans la longue durée, à partir d'une constatation primordiale : la grande prospérité du purgatoire, si l'on peut dire, ne date que des débuts du second millénaire après le Christ. Il n'a pas son fondement dans les Écritures Saintes et il a connu, de siècle en siècle, des fortunes fort inégales, parfois promu comme essentiel et parfois refoulé loin du cœur de la foi, éprouvé et répandu.
Voilà un beau sujet de curiosité sur lequel l'historien Guillaume Cuchet pourra nous être d'un grand secours.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Emma Goldman, vivre la Révolution (1869-1940). Avec Cathy Bernheim, Hélène Hazéra, Hélène Hernandez, Gaetano Manfredonia, Jacqueline Reuss, Nancy Huston et Leopold Tobisch sur France Culture.


(0)
56 Vues
0 commentaire
29.09.2018

Emma Goldman nait dans l'empire russe, à Kaunas, en 1869. Émigrée aux Etats-Unis à seize ans, elle y devient anarchiste après l'exécution des "martyrs de Chicago" en 1887. Très tôt, elle est considérée comme la femme la plus dangereuse d'Amérique.
Ses positions sur la violence anarchiste, sa défense de la contraception et de l'amour libre, sa condamnation de la guerre et du patriotisme en font l'ennemie des autorités, mais suscitent également de houleux débats chez ses compagnons de lutte.
Emma Goldman ne se rend jamais : arrêtée, emprisonnée, empêchée de parler, elle continue à donner des conférences, à écrire, à lutter. Privée de sa citoyenneté américaine, elle est déportée en Union Soviétique en 1919. L'espoir qu'elle mettait dans la révolution est bien vite déçu, et elle dénonce l'autoritarisme du régime bolchévique.
Pendant les vingt dernières années de sa vie, elle erre, "femme sans pays", sans jamais renoncer à son engagement ; sa dernière grande cause fut celle des anarchistes engagés dans la guerre civile espagnole.
Après une vie passée à se battra pour défendre sa liberté et celle des autres, elle meurt en 1940 à Toronto ; sa dépouille repose à Chicago, à côté de celles des martyrs de Haymarket.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Alice Béja.

Philosophies des Droits de l'homme. Avec Grégor Puppinck et Frédéric Worms à Répliques sur France Culture.


(0)
68 Vues
0 commentaire
15.12.2018

Certains s'en souviennent peut-être, jusque dans les années 70 du XXe siècle, le droit était considéré par les penseurs politiques les plus en vue, comme une superstructure idéologique, pure mystification destinée à protéger et à occulter par la fiction d'une loi supposée égale pour tous, la réalité de l'exploitation et celle de la domination.
Les choses ont changé sous l'effet de la dissidence dans les pays totalitaires. Il s'est produit un extraordinaire retour du droit, et cette réévaluation a pris la forme d'une référence retrouvée aux Droits de l'homme. Référence qui reste plus que jamais de mise.
Les Droits de l'homme font l'unanimité aujourd'hui, ils n'ont plus d'ennemis déclarés. Mais la conflictualité n'a pas disparu pour autant. Plusieurs conceptions des Droits de l'homme se font jour et s'affrontent. Si tout le monde parle en effet le même langage, ce langage recouvre des pensées et des politiques antagonistes.
Pour y voir plus clair dans ce dissensus paradoxal, Frédéric Worms, membre du comité consultatif national d'éthique et philosophe, débat avec Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur du Centre européen pour le droit et la justice.