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Philosophe et professeur au Collège de France, Maurice Merleau-Ponty explore tout au long de ces entretiens les tensions entre le réel et les mots, ainsi que le rôle de la philosophie dans la société. Il discute de la diversité des opinions et des croyances, soulignant comment le langage peut à la fois révéler et dissoudre la réalité.
Merleau-Ponty aborde également sa propre expérience personnelle et intellectuelle, évoquant son enfance heureuse, ses études sans grandes difficultés et sa relation avec ses amis, Sartre au premier chef, et ses maîtres, comme Alain. Il élabore sur l'évolution de la philosophie et les défis posés par les mouvements politiques et idéologiques de son époque, notamment le marxisme et le communisme.
Dans un deuxième temps, il aborde ses voyages en Afrique, où il a observé les dynamiques coloniales et les interactions culturelles. Il discute des différences et des similitudes entre les peuples, soulignant l'importance de l'unité humaine malgré les divergences apparentes.
Merleau-Ponty partage enfin ses réflexions sur la philosophie politique, la nécessité de la liberté et les limites du pouvoir, tout en critiquant les dogmes et les systèmes de pensée rigides.
Un aperçu profond de sa pensée et de son engagement envers une philosophie vivante et critique.
Un entretien mené par Georges Charbonnier.Un entretien mené par Georges Charbonnier.


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Figure de l'avant-garde des années 50, Eugène Ionesco devint en une décennie un auteur dramatique mondialement célèbre. Du théâtre de dérision de ses débuts jusqu'aux œuvres plus symboliques qui marquèrent la seconde partie de sa carrière, les nombreux témoignages ici rassemblés permettent de mieux comprendre l'évolution de la carrière d'une des figures centrales du paysage théâtral du XXIe siècle.
Émission "Une vie, une œuvre", produite par Ghislaine David et Christian Giudicelli.


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Grand penseur de la loi et des institutions comme médiations symboliques du lien social, Pierre Legendre nous entraîne au cœur de la fabrique des mythes, là où se tissent les fondements invisibles de nos sociétés. À partir de son expérience de la psychanalyse, il dévoile comment toute communauté humaine repose sur des fictions organisatrices nécessaires.
En revisitant Le Crime du Caporal Lortie, il éclaire la dévastation subjective qui survient lorsque ces mythes structurants vacillent. À travers ce fait tragique, Pierre Legendre montre comment la rupture du cadre symbolique peut conduire un individu à un acte extrême, révélant la fragilité des montages culturels qui nous soutiennent.
Un voyage dans les arcanes du symbolique, là où se joue le destin de l'humain.
Émission "Le Témoin du Temps qui change", animée par Pascale Werner.


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Pour l'auteur de BD Hugo Pratt, "plus le livre s'éloigne du réel, plus il devient vrai et prend son envol, sans voile ni vent". Dans sa quête de la fable, il a toujours nourri son œuvre de sa vie et fait de sa vie une œuvre, dessinée entre les mers du sud, les mythes celtes, Venise, Buenos Aires, Addis-Abeba, la Kabbale ou la franc-maçonnerie.
Une vie d'aventures au service de la BD et des aquarelles au point que le nom de ce personnage phare qu'il crée à 40 ans finit par éclipser son créateur : Corto Maltese, personnage romantique complexe, marin, pirate, gentilhomme de fortune.
Corto Maltese a vu le jour sur l'île de Malte, le 10 juillet 1887. Son père était un marin des Cornouailles. Sa mère, une prostituée gitane de Séville, née à Triana d'où Magellan partit pour le premier voyage autour du monde, en 1519.
Hugo Pratt, lui, est un Vénitien avec un nom anglais, fils d'une Italienne juive hérétique, et d'un père militaire fasciste qui l'entraîne en Éthiopie en 1937. Ce voyage initiatique marquera à jamais le jeune soldat fasciste qui décide alors d'opter pour le crayon, apprend l'amharique, et trahit l'Italie.
Témoin troublé de la guerre et d'une époque révolue, Pratt raconte alors des histoires, situées avant la Grande Guerre, en les peuplant de ses expériences, de ses souvenirs et des lectures de son enfance. Conrad, Stevenson, London, Staline ou Gauguin y croisent le fameux Corto Maltese.
Après toutes ses aventures et ses conquêtes, Pratt, ce "menteur du beau" pudique et extraverti, finit sa vie en Suisse, au milieu de ses 20 000 livres, et disparaît le 20 août 1995. Corto Maltese, lui, continue à vivre depuis 2014 par la plume, l'encre et les idées des Espagnols Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero.
Première figure du festival Angoulême, Hugo Pratt est devenu un auteur classique du neuvième art, François Mitterrand confiait qu'il était l'un des rares auteurs de BD qu'il lisait, Woody Allen le cite dans Hannah et ses sœurs, et Frank Miller lui rend hommage dans son fameux Sin City.
Émission "Toute une vie", réalisée par Elodie Maillot et Nathalie Salles.


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Si pour certains d’entre nous, la fin du monde sonne comme un horizon lointain, comme une idée vague d'une catastrophe fictive, pour d'autres elle est une possibilité concrète, matérielle, prédite par les données d'une science plus avancée que jamais. La progression fulgurante du réchauffement et du dérèglement climatique provoque ce qu'on appelle l'éco-anxiété, une anxiété liée à la destruction des possibilités d'existence pérenne de l'espèce humaine sur une terre vouée à devenir inhabitable. Si cette prophétie des temps modernes semble inédite, et l'est du fait de sa rationalité incontestable, nous ne sommes pas les premiers à vivre avec l'idée d'une fin du monde imminente.
Outre les élucubrations millénaristes divers et variés entourant le passage à l'an mil, à l'an 2000 ou encore au 21 décembre 2012, les premiers chrétiens vivaient eux aussi la fin du monde comme quelque chose d'imminent, qui serait annoncé par le retour du Christ et qu'ils verraient de leur propres yeux. Si l'église catholique à perdu aujourd'hui ce goût prononcé de l'eschatologie, il n'en demeure pas moins que les grands philosophes, loin de se moquer de cette idée archaïque, en font un objet de pensée central. Emmanuel Kant lui-même, explique dans La Fin de toutes choses qu'il est dans la nature de la raison humaine de vouloir penser la fin, dans la mesure où il est impossible pour la raison de se représenter l'éternité.
Émission "Les nouveaux chemins de la connaissance", animée par Adèle Van Reeth.


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En 1978, René Girard publiait Des choses cachées depuis la fondation du monde. Un livre dans lequel, six ans après l'avoir exposée dans La Violence et le sacré, il approfondissait sa théorie selon laquelle toute société humaine repose sur une violence qu'engendre la mimèsis d'appropriation, le désir mimétique de posséder ce que l'autre possède.
L'occasion pour l'anthropologue de détailler son interprétation du mythe d'Œdipe, sa théorie du mimétisme, une analyse de la bible avec des références à l'Apocalypse ou encore à la Passion du Christ. René Girard analyse les processus de sacrifice, de désignation du bouc émissaire sur lesquels se seraient fondées toutes les religions primitives. Enfin, il revient sur la relation avec la psychiatrie, les liens avec Freud et l'énorme apport de la littérature à son corpus théorique à travers les œuvres de Cervantès, Stendhal, Flaubert, Dostoïevski, Proust mais aussi celles de James Joyce et Virginia Woolf.
Émission "Chemins de la connaissance", animée par Roland Auguet.


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On connaît bien cette idée que l'on trouve développée à l'infini, qu'elle soit agréée ou contestée : une spécificité politique française voudrait que notre peuple, au rebours des démocraties européennes voisines, aspire toujours à être gouverné par une personnalité qui centraliserait tous les pouvoirs - quitte à ce que, de temps en temps, on lui coupe la tête, symboliquement ou concrètement.
Le style "jupitérien" d'Emmanuel Macron, tel que revendiqué naguère par lui-même, a pu paraître signifier cela, non sans la réplique des gilets jaunes : ceux-là signifiant l'absence de cette ductilité des émotions et des aspirations collectives que les corps intermédiaires permettent ailleurs plus aisément.
C'est en compagnie de l'historien Joël Cornette que nous tentons de comprendre comment s'est constitué l'absolutisme royal en France aux XVIe et surtout XVIIe siècles, afin d'y rechercher de possibles éléments fondateurs de notre modernité. Il ne s'agit pas de forcer le trait, tant les différences sont patentes, dans tous les ordres, d'une époque à l'autre. Mais de débusquer d'éventuelles continuités jusqu'aujourd’hui.
Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.


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La pensée de Max Stirner repose essentiellement sur un seul livre, L'Unique et sa propriété (1845), où il démontre que l'homme est unique et qu'il se doit de considérer tout comme sa propriété. Parvenir à la libre conscience de soi, c'est se faire valoir à n'importe quel prix, même au prix du crime ; c'est faire appel aux virtualités créatrices du Moi, c'est permettre au Moi d'édifier un univers où l'homme rencontre les autres dans une totale indépendance.
A l'origine de l'anarchisme individuel, Max Stirner annonce le surhomme nietzschéen et la revalorisation de la personne humaine tentée par l'existentialisme. Une pensée passionnante à redécouvrir.
Émission "Une vie, une œuvre", produite par Jean Daive et Claude Giovannetti.