La mondialisation est-elle intelligible ? Avec Alain Supiot et Stéphane Rozès sur France Culture.


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25.02.2017

Dans De L'Esprit des lois, Montesquieu défendait l'idée que la dépendance par le commerce entraîne l'adoucissement des mœurs, et réciproquement. Or, il semble bien que cette promesse a été trahie. Jamais les nations n'ont été aussi interdépendantes économiquement et financièrement, jamais il n'y a eu une globalisation aussi active, notamment sur le plan marchand, et pourtant, dans le même temps, les peuples aspirent de plus en plus à se séparer humainement, à faire sécession. Des tensions surgissent presque partout entre liens économiques et liens humains, entre marchés et démocraties, et d'aucuns veulent même construire des murs de séparation là où il n'y en a jamais eu.
Mais que se passe-t-il donc ? Comment comprendre ce qui a effectivement lieu ? Qu’est-ce qui tourmente le lien entre les parties et le tout ? Les sciences sociales peuvent-elles nous aider, grâce à une sorte de paradoxe, à déchiffrer ce qui nous est souvent présenté sous la forme de tableaux de chiffres ?

Émission "La Conversation scientifique", animée par Etienne Klein.

Les Furtifs ou la société de la tracabilité. Avec Alain Damasio sur France Culture.


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04.05.2019

Quinze ans après La Horde du contrevent, Alain Damasio nous revient avec Les Furtifs, une dystopie chorale ébouriffante de virtuosité narrative et d'invention poétique, puissante tentative de donner à notre présent les moyens poétiques d'une pensée maquisarde et libertaire.
Dans un monde mis en coupe réglé par les intérêts privés, un couple, elle, Sahar, adonnée à des activités pédagogiques, lui, Lorca, sociologue, est hanté par la disparition de leur fille. N'aurait-elle pas basculé dans le monde des furtifs, ces créatures insaisissables, véloces comme l'éclair et polymorphes ?
Entrer dans une unité spécialement entraînée pour les traquer sera le moyen pour Lorca de tenter de retrouver sa fillette, mais aussi d'entrer dans un monde de révélations bouleversantes.

Émission "Mauvais Genres", animée sur François Angelier.

L'écrivain national : figure tutélaire, construction sociale. Avec Anne-Marie Thiesse sur France Culture.


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14.09.2019

Au moment où s'achève, le plus logiquement du monde, la commémoration de la Grande guerre, le président de la République, en plein usage d'un des pouvoirs les plus régaliens et solitaires qui soient, a décidé le transfert au Panthéon des cendres de Maurice Genevoix et il a choisi l'endroit même, dans ce temple de la République, où elles seraient précisément déposées.
Il est stimulant de s'interroger sur les ressorts de cette parousie d'un écrivain particulier, l'auteur de Ceux de 14, à qui va être conféré de la sorte un glorieux label national. 
L'écrivain national, voilà bien une figure qui pose toutes sortes de questions historiques, celles mêmes que vient d'aborder, dans un livre précieux, Anne-Marie Thiesse, directrice de recherches au CNRS.
Cette figure est doublement ambivalente. Elle porte à l'extrême la dualité de la plus exceptionnelle individualité et de la quintessence d'une nation. Et d'autre part elle incarne une tension entre l'œuvre d'un génie original, enraciné dans un pays spécifique, et la dimension universelle sans laquelle il n'exprimerait pas autre chose qu'un égotisme collectif voué au repli sur soi et, en somme, à une façon de rabougrissement.
Une figure dont il va falloir considérer à la fois l'émergence, à partir surtout du XIXe siècle, et les multiples avatars au siècle suivant, au cours de laquelle elle a été mobilisée, tout autour de la planète, de régime en régime, au service des causes les plus diverses et parfois les moins honorables. A côté d'un sacre démocratique dans les pays de liberté, des instrumentalisations souvent fétides ont en effet surgi dans les régimes d'oppression.
Un inventaire historique est nécessaire. Avec à la clef, forcément, une réflexion sur la responsabilité des auteurs eux-mêmes parmi ce tohu-bohu.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Isaac Asimov, une histoire du futur. Avec Xavier Mauméjean, Philippe Hupp et Laurent Aknin sur France Culture.


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11.08.2012

Auteur du Cycle des robots et de la série des Fondations, Asimov, surnommé, le bon docteur, aura marqué l'histoire de la science-fiction par son génie créatif et l'invention de concepts comme la psycho-histoire ou les lois de la robotique qui ont influencé plusieurs générations d'auteurs.
À l’occasion du 20e anniversaire de la mort d’Isaac Asimov, cette émission spéciale rend hommage au maître de la science fiction. L'on fait connaissance avec l'homme, son oeuvre et son influence sur la science-fiction moderne.
Une immersion dans l'univers d'Asimov pour comprendre sa vision de la science, sa vision de la fiction, et sa conception du futur de l'humanité.

Émission "Figures libres", produite par Simon Assoun.

Démocratie, que demande la gauche ? Avec Yann Moulier-Boutang sur France Culture.


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27.12.2018

Qu’est-ce que la gauche reproche traditionnellement à la démocratie ? Que peut demander la gauche à la démocratie sachant que sa revendication initiale du pouvoir au peuple n'est pas valable dans le monde actuel ? Et si être de gauche en France, c'était d'abord tenir fermement aux responsabilités sociales de l'État, à la justice et à l'égalité, en gardant le bien commun comme but ?

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Anastasia Colosimo.

Yukio Mishima (1925-1970), l'épée et le cerisier. Avec Annie Cecchi, Diane de Margerie, Claude-Michel Cluny, Nicolas Bataille, Tadao Takemoto, Marie-Claude de Brunhoff, Jean-Marc Pottiez, Donald Keene et Dominique Aury sur France Culture.


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15.11.2019

Séquestré par sa grand-mère, Yukio Mishima grandit solitaire. Dévoué à cette vieille femme malade qui lui transmet son culte pour le Japon traditionnel, il est très tôt fasciné par les acteurs et les théâtres kabuki et nô qui façonnent l'esthétique de son regard.
L'écrivain qui porte en lui "une force très japonaise et en même temps un vernis européen" connait bien la culture occidentale dont il adopte les codes vestimentaires et dévorait la littérature.
Réformé, le jeune homme échappe à la guerre mais créé des années plus tard une "société du bouclier", milice privée, dévouée à l'Empereur et fidèle au culte du bushido, code des principes moraux des samouraïs. Le jeune homme malingre s'est métamorphosé. En soumettant son corps à une discipline de fer il cherche à atteindre l'idéal athlétique des guerriers qu'il admire. 
Homosexualité et mort, tragédie et érotisme, hantent l'œuvre et la vie de celui qui n'hésite pas à se photographier en Saint Sébastien martyre : "tout ce qu'il voit prend des allures de théâtre et de tragédie". C'est d'ailleurs dans un dernier geste théâtral, spectaculaire et patriotique que Yukio Mishima, en 1970, se donne la mort en se suicidant par seppuku (éventration).

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Bénédicte Niogre.

Raisonner sur le blé, essais sur les lumières économiques. Avec Steven Kaplan sur France Culture.


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15.09.2017

"Vers l'an 1750 la nation rassasiée de vers se mit enfin à raisonner sur les blés." Cette célèbre formule de Voltaire capte bien ce que Steven Kaplan appelle le tournant économique des Lumières, qui ne se manifeste pas seulement dans les modes de production mais dans les modes de représentation. Les blés sont ici une métaphore puissante des questions de politiques et de théories que l'on appelle de plus en plus "économie politique".
Le problème des blés, comme source de richesse et de subsistance, soulève les questions fondamentales concernant l'origine de la société, la gouvernance, les relations entre État et société, la nature de la royauté, le vivre-ensemble, les droits des uns et des autres, la place de l'individu vis-à-vis des structures corporatives, l'antagonisme et/ou l'articulation de l'économie de marché et de l'économie morale, qui ne sont pas sans faire écho à notre temps.

Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.

Pierre Gripari, l'alchimiste (1925-1990). Avec Anne Martin-Conrad, Damien Bricoteaux, Claude Lapointe et Alain Paucard sur France Culture.


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15.12.2018

Qui se souvient de Pierre Gripari ? Dans la mémoire des petits écoliers que nous fûmes, seuls restent les Contes de la rue Broca et de la Folie Méricourt, entrés dans les programmes scolaires sous Jack Lang. Mais le nom de Gripari, lui, est tombé dans l'oubli, ainsi que les 9/10e de ses écrits, destinés aux adultes, évincés par le succès de ses contes pour enfants. Toute sa vie, Pierre Gripari aura été mal aimé, mal compris. Joyeux pessimiste, il prit le parti d'en rire et même de surenchérir.
Cet écrivain prolifique, qui s'est essayé à tous les styles littéraires, laisse derrière lui une œuvre cathartique, qui fait du bien là où ça fait mal. Pour comprendre sa vie et son œuvre, oui il faut relire Pierre Gripari : ses 2 autobiographies (Pierrot la lune et Moi, Mitounet joli), ses 14 romans, ses 34 pièces de théâtre, ses 141 nouvelles, mais aussi ses poèmes et, bien sûr, ses contes. Tous voient Monsieur Pierre se mettre en scène et ajouter aux situations les plus ordinaires une pincée d'absurdité, une larme d'ironie et une bonne dose de merveilleux, avant de plonger le tout dans un grand bouillon folklorique, adapté des contes et légendes populaires, s'inspirant de la mythologie grecque ou détournant joyeusement la Bible... Telle est sa potion magique, la recette de son succès auprès des petits et des grands.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Aude-Emilie Judaïque.