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Originaire d'un pays de Galles dont les paysages le hantèrent toute sa vie, auteur d'une œuvre de conteur fantastique exceptionnel, maître à frémir et à écrire de H.P. Lovecraft, Arthur Machen est une figure majeure de l'art fantastique anglo-saxon à redécouvrir.
Deux récentes publications le mettent à l'honneur : l'une aux éditions Callidor, Le Grand Dieu Pan, l'autre aux Forges de Vulcain, La Colline des rêves. La première offre la noire quintessence de son œuvre et la seconde des œuvres essentielles, mais moins connues.
Émission "Mauvais Genres", animée par François Angelier.


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En 1995 disparaissait Miguel Torga, écrivain portugais majeur du XXe siècle, haute figure morale de son pays, auteur d'une oeuvre foisonnante : nouvelles, romans, poésie, fresque autobiographique, pièces de théâtre, Journal - un des grands témoignages de ce siècle.
Il s'appelait Adolfo Correia Rocha, choisit pour pseudonyme Miguel en hommage à Cervantès et Unamuno, Torga du nom de cette bruyère sauvage du Portugal, particulièrement résistante. Esprit rebelle et indomptable, "monolithique" disait-il de lui-même, âpre et rocailleux comme la terre montagneuse isolée et misérable du nord du Portugal où il naquit et vécut l'enfance austère de fils de paysans pauvres, refusant le séminaire, choisissant de partir pour le Brésil où il fut garçon de ferme dans une fazenda.
"J'ai commencé mal et tard. Tandis que les autres partaient du savoir, je suis parti de la souffrance. Aucune porte ne s'est ouverte devant moi sans que je l'enfonce d'abord. J'ai lutté contre la pauvreté, j'ai lutté contre l'ignorance, j'ai lutté contre le temps, j'ai lutté contre les hommes, j'ai lutté contre Dieu et j'ai lutté contre moi-même".
Revenu sur sa terre natale, il devint médecin. Médecin des plus pauvres le jour, écrivain la nuit, partagé entre le bistouri et la plume, toujours taraudé par le doute : "Je lutte avec les mots comme je lutte avec la mort".
Homme réfractaire à toute compromission, Torga combattit la dictature, publia son oeuvre à compte d'auteur, connut la censure et les geôles de Salazar. Cet humaniste intransigeant puissamment attaché à sa terre, "insatiable géographe du Portugal", dit la misère la douleur et la grandeur du peuple portugais.
Homme de passions et de doutes, angoissé et sceptique, il pourfend la médiocrité et la lâcheté humaines dans un souci inaltérable de liberté et de vérité. Miguel Torga, un pessimiste fervent.
Émission "Une Vie, une Œuvre", produite par Françoise Estèbe.
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Capital et race. Voici une histoire qui s'écrit accompagnée d'un monstre venu de la mythologie antique : une hydre. Ce serpent gigantesque à plusieurs têtes (souvent sept) bénéficie d'un atout capital : quand l'une de ses têtes est tranchée, il en repousse deux nouvelles. Son souffle est un poison qui vous terrasse en un rien de temps.
Quels sont les liens entre l'histoire du concept de race et celle du capitalisme ? Quelle influence le capitalisme racial a-t-il eu sur l'histoire des Africains-Américains ? Le capitalisme pur, sans sa figure raciale, existe-t-il ?
Émission "Le Cours de l'histoire", animée par Xavier Mauduit.


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La vie de Gabriele D'Annunzio ressemble à s'y méprendre à un grand roman d'aventures et d'amour. Enfant prodige, D'Annunzio s'impose par l'or brillant et brûlant de sa plume, dans une recherche effrénée du succès et du plaisir. Chevalier troubadour en quête d’absolu, couvert de dettes et de femmes, D'Annunzio incarne le culte du moi jusqu'au paroxysme.
Son entrée en politique fait scandale : élu de droite, il préfère siéger dans les rangs de la gauche, s'exclamant : "Je vais vers la vie !". Ses amours tumultueuses avec la Duse, son exil fécond à Paris et à Arcachon d'où naîtra Le martyr de Saint Sébastien de Debussy, son rôle majeur dans l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés des alliés, suffisent à forger la légende vivante du poète-soldat.
De cette œuvre gigantesque et protéiforme qui inclut le théâtre, le cinéma, le journalisme, émerge une veine poétique d'une extrême inventivité. Tirant les leçons du symbolisme, D'Annunzio célèbre la communion avec la nature, la femme, n'hésitant pas à entrer en polémique avec les valeurs chrétiennes dans le sillage nietzschéen du Zarathoustra.
Émission "Une vie, une œuvre", produite par François Caunac.


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Pourquoi l'homme est-il un être théâtral ? Pour le juriste et psychanalyste Pierre Legendre, le théâtre n'est pas un simple divertissement, mais une nécessité vitale, un impératif inscrit dans notre condition même, un des ressorts principaux de l'anthropologie dogmatique qu'il a fondée.
Le théâtre, au sens large de mise en scène, de rituel et de représentation, structure nos sociétés. Il révèle comment les institutions, les mythes et même le langage jouent un rôle de scène où se déploie l'ordre symbolique, garant de la transmission et de la légitimité.
Une invitation à repenser notre rapport au pouvoir, à la loi et à nous-mêmes.


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En 1925, Breton coécrit avec des communistes le tract La Révolution d'abord et toujours. Il rejoint alors le Parti communiste ouvrant un moment de querelles profondes avec les autres membres du surréalisme.
Le surréalisme, en effet, s'est d'abord inscrit dans une recherche de liberté totale, se rapprochant de l'anarchisme dans ses débuts. En témoigne le premier manifeste surréaliste, où les idées exprimées sont imprégnées d'un esprit de révolte contre l'ordre établi.
Quelle était vraiment la place de la révolution au sein du surréalisme ?
Émission "Avec philosophie", animée par Géraldine Muhlmann.
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Qui était Robert Oppenheimer, né le 22 avril 1904 à New York et mort le 18 février 1967 à Princeton ? Comment l'homme pour lequel la physique avait une beauté qu'aucune science ne pouvait égaler s'est retrouvé à la tête du groupe de scientifiques et d'ingénieurs qui a mis au point la bombe atomique ?
Pour évoquer la figure de l'un des physiciens les plus connus du XXe siècle, et pour faire suite à la sortie du film de Christopher Nolan qui adapte la biographie de Kai Bird & Martin J. Sherwin, le physicien Etienne Klein et l'ingénieur et philosophe Jean-Pierre Dupuy viennent nous aider à comprendre sa trajectoire au milieu des enjeux politiques par lesquels elle a été marquée.
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Depuis la mort de Kafka, chaque mouvement de pensée de ce siècle a, jusqu'à aujourd'hui, tenté tour à tour de s'approprier et d'exclure son œuvre. En France, le surréalisme, l'existentialisme, le Nouveau Roman et le structuralisme ont marqué de leur empreinte la lecture que nous faisons du Procès ou du Château : les intellectuels communistes, et non des moindres, se demandaient, dans notre pays, s'il fallait "brûler Kafka" ; en Tchécoslovaquie, d'autres communistes, au fameux congrès de Liblice de 1963, tentaient la réhabilitation d'un auteur jusque là interdit, et donnaient le feu vert à ce qui devait s'appeler trop prématurément "le printemps de Prague".
Aujourd'hui, de nouvelles traductions de ses œuvres ont été faites. La critique essaie de se refaire, dans le mesure de ses possibilités, une "virginité" du regard, où l'ironie, l'humour noir du texte l'emporteraient sur toutes les exégèses métaphysiques du passé.
A travers ce sinueux parcours, il s'agit donc de laisser parler le texte de Kafka (son journal, sa correspondance, aussi bien que la fiction) qui n'appartient à personne et demeure ainsi le bien de tous : il s'agit alors de cheminer le long de cet itinéraire qui demeure à plus d'un titre essentiel et unique pour tous ceux que l'enjeu de l'écriture interroge et met en jeu.
Émission "Une vie, une oeuvre", réalisée par Marie-Christine Navarro et Claude Giovannetti.