Victor Klemperer, curriculum vitae. Avec Christian Noyer, Ghislain Riccardi, Andrea Petruschke, Walter Nowojksi, Peter Jacobs, Christian Loser, Rita Schöber et Sonia Combe sur France Culture.


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22.11.2005

Auteur de la LTI, la langue du troisième Reich, Victor Klemperer est l'un des rares juifs de Dresde à avoir échappé à la déportation. Dans son journal Mes soldats de papier (de 1933 à 1945, paru en 2000 aux Editions du seuil), il témoigne au jour le jour de la montée du nazisme, des humiliations et des restrictions subies par les juifs, de la crainte permanente de la Gestapo jusqu'aux bombardements de Dresde durant lesquels il s'enfuira en compagnie de sa femme Eva, afin d'échapper aux dernières vagues de déportation.
À la fin de la guerre, il choisit de rester en RDA et d'entrer au parti communiste, seul parti à pratiquer une véritable politique de dénazification.
Son journal, qu'il tiendra jusqu'à sa mort en 1961, est un témoignage de première main sur la vie quotidienne d'un juif à l'époque nazie mais c'est aussi une réflexion inédite sur le passage d'un régime dictatorial à un autre et sur la réalité du totalitarisme.

Un documentaire réalisé par Anne Fleury.

L'art doit-il être beau ? Avec Carole Talon-Hugon sur France Culture.


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01.04.2019

La notion de "beaux-arts", apparue entre le XVIᵉ siècle et la fin du XVIIIᵉ siècle, marque une rupture dans l'histoire de l'art : le beau devient une finalité. Cette notion nouvelle pose les bases d'une réflexion esthétique : qu'est-ce qui est beau ou laid dans l'art ? Et comment en juger ?
S'ensuit une autre rupture esthétique dans l'histoire de l'art, l'apparition du mouvement romantique au XIXᵉ siècle qui opère une "désesthétisation" de l'art : le beau comme valeur artistique suprême est alors contesté.
Au XXᵉ siècle, les frontières de l'art deviennent floues, s'élargissent, on utilise de nouveaux matériaux de nouvelles techniques ou des formes nouvelles comme la performance. Si le beau ne disparaît pas du champ artistique, quelle place a-t-il désormais ?

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Crise des opioïdes : une épidemie sans remède ? Avec Bruno Megarbane et Marie Jauffret-Roustide sur France Culture.


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29.01.2024

La crise des opioïdes aux États-Unis est considérée comme une urgence de santé publique depuis 2017, alors que le pays fait face à une quatrième vague d'épidémie d'overdoses. L'addiction à ces produits se propage comme une épidémie depuis les années 90 et était responsable de 130'000 morts en 2022.
Parmi ces substances, le fentanyl - le plus puissant des antalgiques - ravage le pays depuis 2013. À cela s'ajoute un autre phénomène, celui de mortalité et d'addiction chez les très jeunes - un enfant dépendant aux opioïdes naissant toutes les 19 minutes.
Comment entrevoir une sortie de crise ?

Émission "La Science, CQFD", animée par Natacha Triou.

Avoir raison avec Karl Polanyi. Avec Jérome Maucourant, Bernard Chavance, Nicolas Postel, Alain Caillé, Alain Guéry, Ophélie Siméon, Augustin Sersiron, Marguerite Mendell et Catherine Aubertin sur France Culture.


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01.08.2023

Et si l'économie telle que nous la connaissons était fondée sur des mythes ? Et si la société de marché n'était pas universelle ni naturelle ? Pourrait-elle même conduire à des dérives totalitaristes ? En osant poser ces questions, l'anthropologue et historien Karl Polanyi s'est hissé au rang de penseur incontournable du capitalisme contemporain. Critique radical de la société de marché sans pour autant se réclamer du marxisme, il incarne une troisième voie au cœur d'un XXe siècle tourmenté.
De l'étude des sociétés archaïques à celle de l'avènement du fascisme, dont il est le témoin, sa pensée iconoclaste continue d'alimenter les réflexions de ceux qui refusent d'accepter la toute-puissance du marché comme l'horizon indépassable de notre temps.

Émission "Avoir raison avec...", animée par Aliette Hovine.

Avoir raison avec Günther Anders. Avec Karin Parienti-Maire, Edouard Jolly, Rares Badescu, Bruno Villalba, Ninon Grangé, Valéry Pratt et Perrine Wilhelm sur France Culture.


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08.2023

"Anders" comme "autrement". Le philosophe allemand Günther Stern -de son vrai nom- cherche par ce faux patronyme à annoncer une pensée critique qui s'inquiète des enjeux techniques, écologiques et politiques de son temps. Élève d'Heidegger, premier époux d'Hannah Arendt et cousin de Walter Benjamin, Günther Anders (1902-1992) est un philosophe méconnu au cœur du XXe siècle. Il nous laisse une œuvre importante, traversant les grands enjeux de son temps, qui se trouvent être aussi les nôtres.
Quelle morale face à la catastrophe écologique à venir et que devons-nous aux générations futures ? Que faire du nucléaire ? Comment ne pas nous laisser dominer par l'accélération du progrès technique ? Tant de sujets qu'il est aujourd'hui urgent d'affronter et pour lesquels la pensée de Günther Anders nous fournit une aide unique et précieuse.

Une autre façon d'habiter le monde. Avec Philippe Descola sur France Culture.


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04.2023

Philippe Descola est sans doute l'anthropologue français le plus connu et commenté dans le monde depuis Claude Lévi-Strauss. Titulaire de la chaire d'Anthropologie de la nature au Collège de France de 2000 à 2019 tout en ayant dirigé son Laboratoire d'anthropologie sociale de 2001 à 2013, il a reçu la Médaille d'or du CNRS en 2012 pour l'ensemble de son œuvre.
Philippe Descola développe une anthropologie comparative des rapports entre humains et non-humains qui a révolutionné à la fois le paysage des sciences humaines, la réflexion sur les enjeux écologiques de notre temps et notre façon de concevoir la place de l'humain dans le monde, d'abord avec le récit de son expérience chez les Achuar d'Amazonie à la fin des années 1970, Les Lances du crépuscule, puis avec un livre publié en 2005, Par-delà nature et culture, devenu un classique.
Il y affirme que l'opposition entre Nature et Culture, sur laquelle notre monde occidental moderne est fondé, n'est pas pertinente, en tout cas pas universelle. En reniant ce dualisme fondamental pour nos sociétés, il est aussi une voix qui brise la hiérarchie entre les mondes, et qui ouvre de nouvelles perspectives politiques.

Émission "À voix nue", animée par Caroline Broué.

La fabrique des derniers hommes. Avec Aurélien Berlan sur France Culture.


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29.03.2014

Curieuse époque que la nôtre, où le "progrès" – la transformation des conditions de vie liée aux applications sociales de la science – n'a jamais été aussi rapide, mais où seuls quelques idéologues croient encore que nos enfants auront une vie meilleure. Car les crises économiques, sociales et écologiques s'accumulent sans fin. Ce paradoxe s'éclaire si l'on revient à l'aube de notre temps, à l'époque où le capitalisme industriel, l'État bureaucratique et la science organisée se sont brutalement mis en place, et aux diagnostics historiques de ceux qui ont cherché à en saisir les implications pour la vie humaine.
Max Weber, Georg Simmel et Ferdinand Tönnies ont identifié avec une lucidité implacable les pathologies constitutives de notre époque : la marchandisation générale, l'érosion du lien social, la perte de sens et de liberté liés à l'emprise des organisations bureaucratiques. Tout l'intérêt de leur sociologie est d'analyser ces évolutions en se demandant, concrètement, quel monde elles créent et quels types d'être humain elles engendrent. Ce faisant, ils mettent en évidence des aspects de la modernité capitaliste en général négligés, car trop intimement liés à ce qu'elle a fait de nous.
Grâce à ce détour, on pourra se défaire des illusions véhiculées par ceux qui continuent de prôner, malgré tout, les vertus de la croissance et du développement industriel, ou qui annoncent que nous serions enfin sur le point d'accéder à la "société postindustrielle". Telle est la condition pour être à la hauteur des tâches qui incombent aujourd'hui à celles et à ceux qui n'ont pas renoncé à l'idée d'émancipation.

G. K. Chesterton. Avec François Guérif, Robert Louit, Alberto Manguel et Alexis Tadié sur France Culture.


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04.05.2003

Écrivain anglais et maître du paradoxe, Gilbert Keith Chesterton a renouvellé la forme du roman policier : il a inventé le "détective de l'âme". C'est avec le Père Brown qu'il nous montre que dans la résolution des énigmes policière les indices matériels n'ont quasiment aucune valeur, à l'encontre de la méthode d'un Sherlock Holmes et du roman à énigmes d'Agatha Christie. Ce qui intéresse le Père Brown, c'est davantage de s'imprégner de l'atmosphère, de se mettre dans l'état d'esprit du criminel : c'est comprendre.
L'occasion de revenir sur son oeuvre et sa vie au travers de la lecture de larges extraits de ses romans et essais.

Émission "Une vie, une œuvre", produite par Francesca Isidori.