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Alors qu'il vient de publier de pulbier La voix méconnue du réel et de donner à la BNF trois grandes conférences ayant pour thème "le sacrifice", René Girard propose ici le survol de quarante années d'une œuvre dans laquelle il interroge, aux frontières de l'anthropologie, de l'histoire, de la philosophie et de l'étude littéraire, les notions de sacrifice et de bouc émissaire. Il revient également sur la question de la violence entre les hommes, liée selon lui à une rivalité mimétique, à un désir mimétique dont il s'est fait le théoricien.
Il revient aussi sur son parcours en rappelant comment de sa ville natale d'Avignon il avait été conduit à faire toute sa carrière universitaire aux États-Unis et expose pourquoi et comment, du constat de l'éloignement du réel des sciences de l'homme depuis les années cinquante, son travail a consisté, partant des textes et de l'observation immédiate, à proposer un retour au réalisme et à la simplicité.
Ni structuraliste, ni déconstructeur, René Girard est l'un des intellectuels français de son temps les plus reconnus dans le monde. Écoutons-le dire ce qu'est, selon lui, la meilleure des réponses à opposer à la tentation de la violence que chacun porte en soi.
Émission "Surpris par la nuit", animée par Alain Veinstein.


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Michel Pastoureau est une star dans son domaine : ses livres sont des best-sellers traduits dans une trentaine de langues, il est invité partout à faire des conférences, il est même devenu une sorte de gourou de la mode, ami de grands stylistes et conseiller "tendances".
Michel Pastoureau est un "homme arc-en-ciel" pour plusieurs raisons : son nom est certes indissociable de l'histoire des couleurs auxquelles il a consacré une série de livres publiés sur vingt ans aux éditions du Seuil, mais la diversité de ses recherches et de ses approches est grande, puisqu'il aussi connu du grand public comme l'auteur de livres sur les animaux dont il a retracé les histoires, que ce soit l'ours, le loup, le cochon ou le corbeau.
L'historien est également un pionnier dans son domaine : outre l'histoire des couleurs et des animaux qui n'étaient pas à la mode académique et publique à ses débuts dans les années 1970-80, pendant une première période de recherche, il s'est passionné pour les blasons, les emblèmes, les armoiries, autrement dit l'héraldique, qu'il a aussi contribué à sortir du mépris et à en faire une science historique à part entière.
Comme universitaire, Michel Pastoureau a occupé la chaire d'histoire de la symbolique médiévale à l'Ecole pratique des hautes études de 1982 à 2016, et il a été directeur d'études associé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales de 1986 à 2006. Il fut aussi Conseiller historique sur les films d'Eric Rohmer et Jean-Jacques Annaud Perceval le Gallois (1978) et Le Nom de la rose (1986).
C'est un grand timide, mais un auteur prolifique de quelque 86 livres, et un chercheur qui se dit "heureux", ce qui n'est pas si fréquent !
Émission "À voix nue", produite par Caroline Broué.


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Grand folkloriste et mythologue français, Claude Gaignebet est spécialiste de François Rabelais et grand connaisseur aussi bien des traditions populaires que des sources scripturaires de l'Antiquité. Ilpropose de l'œuvre du plus grand écrivain du XVIe siècle une lecture "à plus hault sens", notamment grâce aux clefs folkloriques et calendaires qu'il a su y reconnaître : sous le masque de la facétie, Rabelais a caché dans ses livres tout un savoir ésotérique empruntant aussi bien à l'héritage pythagoricien qu'à la kabbale, et trouvant échos et prolongements dans la culture populaire, particulièrement dans les conceptions touchant à l'impureté, qu'il s’agisse de la lèpre, des menstrues ou des excréments.
Émission "Une vie, une œuvre", réalisée par Claude Mettra et Jean-Claude Loiseau.


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Philosophe et professeur au Collège de France, Maurice Merleau-Ponty explore tout au long de ces entretiens les tensions entre le réel et les mots, ainsi que le rôle de la philosophie dans la société. Il discute de la diversité des opinions et des croyances, soulignant comment le langage peut à la fois révéler et dissoudre la réalité.
Merleau-Ponty aborde également sa propre expérience personnelle et intellectuelle, évoquant son enfance heureuse, ses études sans grandes difficultés et sa relation avec ses amis, Sartre au premier chef, et ses maîtres, comme Alain. Il élabore sur l'évolution de la philosophie et les défis posés par les mouvements politiques et idéologiques de son époque, notamment le marxisme et le communisme.
Dans un deuxième temps, il aborde ses voyages en Afrique, où il a observé les dynamiques coloniales et les interactions culturelles. Il discute des différences et des similitudes entre les peuples, soulignant l'importance de l'unité humaine malgré les divergences apparentes.
Merleau-Ponty partage enfin ses réflexions sur la philosophie politique, la nécessité de la liberté et les limites du pouvoir, tout en critiquant les dogmes et les systèmes de pensée rigides.
Un aperçu profond de sa pensée et de son engagement envers une philosophie vivante et critique.
Un entretien mené par Georges Charbonnier.Un entretien mené par Georges Charbonnier.


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Figure de l'avant-garde des années 50, Eugène Ionesco devint en une décennie un auteur dramatique mondialement célèbre. Du théâtre de dérision de ses débuts jusqu'aux œuvres plus symboliques qui marquèrent la seconde partie de sa carrière, les nombreux témoignages ici rassemblés permettent de mieux comprendre l'évolution de la carrière d'une des figures centrales du paysage théâtral du XXIe siècle.
Émission "Une vie, une œuvre", produite par Ghislaine David et Christian Giudicelli.


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Grand penseur de la loi et des institutions comme médiations symboliques du lien social, Pierre Legendre nous entraîne au cœur de la fabrique des mythes, là où se tissent les fondements invisibles de nos sociétés. À partir de son expérience de la psychanalyse, il dévoile comment toute communauté humaine repose sur des fictions organisatrices nécessaires.
En revisitant Le Crime du Caporal Lortie, il éclaire la dévastation subjective qui survient lorsque ces mythes structurants vacillent. À travers ce fait tragique, Pierre Legendre montre comment la rupture du cadre symbolique peut conduire un individu à un acte extrême, révélant la fragilité des montages culturels qui nous soutiennent.
Un voyage dans les arcanes du symbolique, là où se joue le destin de l'humain.
Émission "Le Témoin du Temps qui change", animée par Pascale Werner.


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Pour l'auteur de BD Hugo Pratt, "plus le livre s'éloigne du réel, plus il devient vrai et prend son envol, sans voile ni vent". Dans sa quête de la fable, il a toujours nourri son œuvre de sa vie et fait de sa vie une œuvre, dessinée entre les mers du sud, les mythes celtes, Venise, Buenos Aires, Addis-Abeba, la Kabbale ou la franc-maçonnerie.
Une vie d'aventures au service de la BD et des aquarelles au point que le nom de ce personnage phare qu'il crée à 40 ans finit par éclipser son créateur : Corto Maltese, personnage romantique complexe, marin, pirate, gentilhomme de fortune.
Corto Maltese a vu le jour sur l'île de Malte, le 10 juillet 1887. Son père était un marin des Cornouailles. Sa mère, une prostituée gitane de Séville, née à Triana d'où Magellan partit pour le premier voyage autour du monde, en 1519.
Hugo Pratt, lui, est un Vénitien avec un nom anglais, fils d'une Italienne juive hérétique, et d'un père militaire fasciste qui l'entraîne en Éthiopie en 1937. Ce voyage initiatique marquera à jamais le jeune soldat fasciste qui décide alors d'opter pour le crayon, apprend l'amharique, et trahit l'Italie.
Témoin troublé de la guerre et d'une époque révolue, Pratt raconte alors des histoires, situées avant la Grande Guerre, en les peuplant de ses expériences, de ses souvenirs et des lectures de son enfance. Conrad, Stevenson, London, Staline ou Gauguin y croisent le fameux Corto Maltese.
Après toutes ses aventures et ses conquêtes, Pratt, ce "menteur du beau" pudique et extraverti, finit sa vie en Suisse, au milieu de ses 20 000 livres, et disparaît le 20 août 1995. Corto Maltese, lui, continue à vivre depuis 2014 par la plume, l'encre et les idées des Espagnols Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero.
Première figure du festival Angoulême, Hugo Pratt est devenu un auteur classique du neuvième art, François Mitterrand confiait qu'il était l'un des rares auteurs de BD qu'il lisait, Woody Allen le cite dans Hannah et ses sœurs, et Frank Miller lui rend hommage dans son fameux Sin City.
Émission "Toute une vie", réalisée par Elodie Maillot et Nathalie Salles.


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Si pour certains d’entre nous, la fin du monde sonne comme un horizon lointain, comme une idée vague d'une catastrophe fictive, pour d'autres elle est une possibilité concrète, matérielle, prédite par les données d'une science plus avancée que jamais. La progression fulgurante du réchauffement et du dérèglement climatique provoque ce qu'on appelle l'éco-anxiété, une anxiété liée à la destruction des possibilités d'existence pérenne de l'espèce humaine sur une terre vouée à devenir inhabitable. Si cette prophétie des temps modernes semble inédite, et l'est du fait de sa rationalité incontestable, nous ne sommes pas les premiers à vivre avec l'idée d'une fin du monde imminente.
Outre les élucubrations millénaristes divers et variés entourant le passage à l'an mil, à l'an 2000 ou encore au 21 décembre 2012, les premiers chrétiens vivaient eux aussi la fin du monde comme quelque chose d'imminent, qui serait annoncé par le retour du Christ et qu'ils verraient de leur propres yeux. Si l'église catholique à perdu aujourd'hui ce goût prononcé de l'eschatologie, il n'en demeure pas moins que les grands philosophes, loin de se moquer de cette idée archaïque, en font un objet de pensée central. Emmanuel Kant lui-même, explique dans La Fin de toutes choses qu'il est dans la nature de la raison humaine de vouloir penser la fin, dans la mesure où il est impossible pour la raison de se représenter l'éternité.
Émission "Les nouveaux chemins de la connaissance", animée par Adèle Van Reeth.