Lord Byron (1788-1824). Avec Joseph Barry, Michel Cazenave, Robert Escarpit, Olivier Caplain, Gabriel Matzneff et Thérèse Tessier sur France Culture.


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17.11.1988

Du ténébreux Childe Harold à Don Juan le voltairien, le portrait vécu et fantasmé d'un héros majeur du romantisme : Lord Byron, à travers ses passions, ses folies et ses défis à la société de son temps.
Au-delà des fractures d'une vie et les apparentes contradictions, il se dégage de Byron une unité qui se manifeste dans son attitude de perpétuelle révolte, cette révolte d'origine métaphysique qui est le cœur même du mouvement romantique.
Le plus étonnant, chez ce dandy sulfureux qui fit scandale dans la très bourgeoise Angleterre de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIX, c'est sa conscience politique : son esprit révolutionnaire l'amènera à s'engager pour la cause de l'Indépendance des peuples.
Un homme qui, dans ses actes et ses écrits, n'aura jamais reconnu que la liberté pour seul maître, tout au long de sa vie.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Françoise Estèbe et Isabelle Yhuel.

Japon : la tentation militariste. Avec Pierre-François Souyri sur France Culture.


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27.10.2018

Des vents mauvais soufflent-ils depuis le Japon ? Quelque chose comme la tentation d'un retour à un militarisme qui, au XXe siècle, a si profondément marqué l'histoire de l'Extrême Orient, et bien au-delà ?
La capitulation d'août 1945, quatre ans après l'agression de Pearl Harbour contre l'Amérique et aussitôt après les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, avait mis fin à une longue période de guerre, menée au premier chef contre la Chine, la Grande Bretagne et les États-Unis, une guerre qui avait porté une litanie de violences infinies.
Le Japon, après sa défaite, avait accepté, au fil de textes durablement confirmés, de rompre avec ces temps antérieurs et de renoncer à tout usage de la force en-dehors de ses frontières. C'était désormais le seul pays au monde qui, dans sa Constitution élaborée sous l'occupation américaine, avait affirmé qu'il "renonçait à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ainsi qu'à l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux". Il était proclamé "qu'il ne serait plus jamais maintenu au Japon de forces terrestres, navales et aériennes". Avec cette affirmation péremptoire : "Le droit de belligérance de l'État n'est plus reconnu".
Or, voici que, depuis peu, le gouvernement nationaliste de Shinzo Abe, sous l'effet des crises contemporaines, et peut-être du temps qui a passé, fonde son autorité et ses ambitions sur une remise en cause éclatante de ce principe. "Japan is back", s'écrie-t-il. Est-ce donc un coup de tonnerre ?

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Après l'Histoire. Avec Philippe Muray sur France Culture.


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18.05.1999

Choses vues dans les dernières années du XXe siècle, les chroniques de Philippe Muray rassemblées dans Après l'Histoire dressent un portrait aussi précis que possible de notre temps ; et, simultanément, elles ébauchent une théorie générale de ce moment de l'ère hyperfestive, car l'accumulation illimitée de fêtes en est devenue l'occupation la plus fervente et la consolation la plus quotidienne. L'individu inédit que cette civilisation est en train de façonner a donc lui aussi un nom qui n'était encore jamais apparu nulle part : Homo festivus.
Après l'Histoire est le récit, à la fois inquiétant et comique, des aventures de ce personnage qui ne ressemble plus à rien de connu jusque-là. On y trouvera des aperçus étonnants sur son idéologie, son langage, ses habitudes, son comportement intime, sa morale publique, ses nouvelles méthodes pour faire régner l'ordre et même, de plus en plus souvent, et de manière impunie, la terreur.
Pour espérer comprendre quelque chose à notre époque, il est indispensable de faire le pari que la métamorphose des hommes a déjà eu lieu et que leur mutation n'est envisageable qu'à partir de l'hypothèse d'une sortie définitive de la période historique, pour autant qu'Histoire et humanité étaient synonymes. Après l'Histoire veut donc dire aussi : après l'humain.

Émission "Agora", animée par François Angelier.

L'industrialisation est d'abord une révolution mentale. Avec Pierre Musso sur France Culture.


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01.06.2018

Qu'est ce qui constitue la matière première de l'innovation et de la création technologique ? A cette question, Pierre Musso répond sans hésiter : l'imaginaire. Celui de l'homme occidental est bâtie sur le mythe prométhéen de domination de la nature. Mais il a fallu pour l'épanouir rompre avec la vision contemplative de la nature développée par l'Antiquité.
L'imaginaire de l'industrialisation sur lequel nous vivons encore aujourd'hui s'est alors peu à peu imposé comme une nouvelle religion. Et comme toute religion, l'industrie a ses cérémonies, ses expositions, ses rassemblements. Mais à la différence des religions monothéistes centrées sur la figure du père, l'industrie est centrée sur une figure maternelle. Ou plutôt une double figure : d'un côté une mère généreuse qui prodigue ses largesses aux humains, de l'autre une marâtre cruelle qui malmène ses enfants.

Émission "Matières à penser", animée par Serge Tisseron.

Trans-, Posthumanisme... et l'humain dans tout ça ? Avec Olivier Rey et Mark Hunyadi sur France Culture.


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08.10.2018

Après Une question de taille (Stock, 2014), où est interrogé, dans le sillage d'Ivan Illich, l'ignorance de la juste mesure dans les sociétés contemporaines, et Quand le monde s'est fait nombre en 2016, une critique de la raison statistique, le philosophe et mathématicien Olivier Rey revient aujourd'hui agacé par les promesses exorbitantes dont est investi le progrès dans Leurre et malheur du transhumanisme (Desclée de Brouwer, 2018).
A ses côtés Mark Hunyadi, professeur de philosophie morale et politique et auteur du Temps du posthumanisme (Les Belles Lettres, 2018), s'interroge aussi sur les fascination et illusions que charrient l'idéologie et la pratique du transhumanisme.

Émission "La Grande table idées", animée par Olivia Gesbert.

John Fante, une soif de revanche (1909-1983). Avec Brice Matthieussent, Philippe Garnier, Yvan Attal, Stanislas Merhar et Theo Hakola sur France Culture.


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23.02.2019

Avec autodérision, John Fante n'a jamais raconté qu'une seule histoire : la sienne. Fils de maçon, né dans le Colorado, il voulait devenir le plus grand auteur américain de sa génération. Sous sa plume, l'ordinaire devient extraordinaire. Pourtant, il ne connaîtra jamais la renommée de son vivant.
Si l'écriture a commencé très jeune pour John Fante, à l'âge de vingt ans, il n'a produit au cours de sa vie qu'une douzaine de romans accompagnés de nouvelles. Sa soif de réussite l'a mené progressivement à abandonner l'écriture au profit d'une activité plus rentable : l'écriture de scénarios. A l'approche de sa mort, Charles Bukowski s'est battu pour la découverte et la légitimation de cet auteur. Il a réussit à convaincre la maison d'édition relativement légitime Black Sparrow de publier ses œuvres. L'éditeur français Christian Bourgeois, qui œuvrait pour les "cinglés de la littérature" comme il le proférait lui-même, se lance alors, au cours des années 1980, dans les traductions et la publication des romans de John Fante.
Bandini, le double flamboyant de John Fante, renvoie à son enfance passée au sein d'une famille italo-américaine, la honte de ses origines italiennes, la place étouffante que prend la religion dans sa famille, et l'absence du père parti vivre avec sa maîtresse. Lui, le fils de maçon des Abruzzes qui veut devenir le plus grand auteur américain de sa génération, a souffert durant son enfance du rejet d'une partie de la communauté américaine anglo-saxonne du début du XXème. Dans La Route de Los Angeles, on retrouve Arturo Bandini à ses dix-huit ans, à l'époque où il vit encore chez sa mère et sa sœur zélée pour la religion, deux femmes qu'il méprise à grand renfort de citations de Nietzsche. Hautain, passionné, rêveur, il entretient des relations sexuelles avec des filles sur papiers glacés et règne sur les crabes timides qu'il massacre à loisir...
Une fois qu'il intègre la société bourgeoise et "people" d'Hollywood, John Fante ne cessera de chercher à se rapprocher de "son" Italie. Fante, le fils d'immigré italien nourri aux spaghettis "olio e aglio" vit à l'ouest de Rome entre une Italie fantasmée par les souvenirs familiaux et une Amérique qui le refuse. Décédé en 1983, John Fante n'est pas parvenu à obtenir une reconnaissance littéraire de son vivant.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Lenora Krief.

Les sciences sociales sont-elles des sciences ? Avec Pablo Jensen sur France Culture.


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11.05.2018

C’est le propre de toute société que d'essayer de légitimer son propre ordre social afin d'assurer sa pérennité. En Occident, ce sont longtemps les dieux qui ont servi à légitimer les pouvoirs en place, jusqu'aux guerres de religion où il est apparu que la référence à Dieu n'était plus capable de fonder l'autorité politique. C'est alors la science qui a pris la relève.
Mais si les sciences naturelles sont clairement définies, il est loin d'en être pareil pour les sciences sociales. Depuis Galilée, la science moderne est censée prouver sa propre légitimité en construisant des expériences qui répondent à trois critères : être à la fois enregistrables, reproductibles, et résulter d’une seule cause. Ils sont apparemment bien difficiles à atteindre dans le domaine des sciences sociales...

Émission "Matières à penser", animée par Serge Tisseron.

Les enjeux de l'anthropologie. Avec Philippe Descola sur France Culture.


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01.01.2018

Comment, aujourd'hui, faire de l'anthropologie ? Comment repenser la notion de nature en pleine crise écologique ? Quelles pistes envisager pour repenser le rapport humains/non humains ?
En cette nouvelle année 2018 qui débute sur fond de crise écologique, de chute de la biodiversité et de saccage continu et répété de ce que nous qualifions notre patrimoine naturel, ne faudrait-il pas tout simplement repenser cette notion de patrimoine et notre rapport à la nature ?
C'est précisément ce que fait Philippe Descola depuis ses premiers voyages chez les Jivajos Achuar en Amazonie jusqu'à ses appels récents à dynamiter l'anthropocentrisme et l'eurocentrisme des sciences sociales.
Parce que s'il est une certitude et une seule en cette nouvelle année, c'est que oui, les concepts changent le monde...

Émission "La Méthode scientifique", animée par Nicolas Martin.