Des nazis si discrets : une autre histoire de la conquête spatiale. Avec Arnaud Saint-Martin et Irénée Régnauld pour l'IRSEM.


(0)
348 Vues
0 commentaire
02.2024

L'homme avec un grand "H" est de retour dans l'espace. À la faveur d'une passion renouvelée pour l'occupation des astres et sur fond de conflits entre grandes puissances, la course à la Lune est relancée. Chine et États-Unis visent le court terme, avec des programmes colossaux (Chang'e, Artemis), alors que des puissances spatiales plus mineures suivent dans un même esprit (l'Inde, et dans une certaine mesure l'Europe). Consensuel, le traitement médiatique de cette grande vision fait la part belle aux découvertes scientifiques pléthoriques qui en découleront et autres promesses d'une "économie de l'espace" à la croissance infinie. Quant aux astronautes, hérauts historiques de la conquête, ils assurent le service après-vente : faire rêver.
Sur le versant critique, c’est le calme plat. Quelques voix émergent pour faire entendre des doutes à l'idée d'habiter Mars mais sont vite noyées dans le flot des déclarations de milliardaires du capitalisme spatial : Elon Musk, Jeff Bezos et les autres. L'idée de conquérir l'espace n'est pas nouvelle. Avant même Apollo, elle émerge dans les faits à l'ère nazie, avec des objectifs militaires. Puis s'étale sur une centaine d'années, constituant un véritable paradigme dont nous ne sommes pas sortis, lequel se décline dans les domaines culturel, militaire et économique, avec une remarquable constance. Tout du long, les projets les plus fous sont amorcés, puisant dans un même répertoire de justifications (la science, le désir d'exploration) qui masque leurs dimensions fondamentalement guerrières et spéculatives.
Arnaud Saint-Martin et Irénée Régnauld opèrent une plongée dans l'histoire de l'espace qui éclaire les directions prises par l'industrie astronautique à l'ère contemporaine. Ils montrent que les velléités d'expansion cosmique d'hier ont pavé la route à un "astrocapitalisme" qui se caractérise aujourd'hui par une fuite en avant destructrice.
Alors que des budgets pharaoniques sont fléchés vers des astres morts, s'amoncellent dans le ciel des centaines de milliers de débris qui mettent en péril l'usage de l'espace à des fins scientifiques et notamment, de surveillance du climat. Si l'enchantement perdure, c'est bien qu'une vaste fabrique du consentement est à l'œuvre. Invariablement, elle débouche sur un grand flou qui empêche tout recul critique sur l'espace, et occulte d'autres représentations d'un milieu qui demeure le patrimoine de l'humanité.

 - 0'02'30 : Les balbutiements et la matrice nazie
 - 0'17'15 : L’exfiltration et la récupération des nazis
 - 0'36'30 : Le développement des ICBM et la fausse dualité civilo-militaire
 - 1'05'00 : SpaceX et une « privatisation de l ‘espace »

Émission "Le Collimateur", animée par Alexandre Jubelin.

Comment la CIA dirige secrètement la Silicon Valley. Avec Laurent Ozon pour Géopolitique profonde.


(0)
484 Vues
0 commentaire
10.02.2025

La CIA n'est pas une simple agence de renseignement, mais une machine de guerre orchestrant coups d'État, assassinats et manipulations à l'échelle mondiale. Depuis plus de 70 ans, elle a renversé des dirigeants élus et installé des régimes favorables aux intérêts américains, alimentant chaos et instabilité.
Face aux critiques, elle infiltre désormais la technologie via son fonds In-Q-Tel, collaborant avec Google, Facebook, Amazon et Palantir pour transformer la surveillance en un outil quotidien. Derrière l'innovation, un vaste réseau d'espionnage s'étend, exploitant chaque individu comme source d'information.
Son implication dans le trafic de drogue finance des opérations clandestines, tandis que ses bases secrètes pratiquent détentions illégales et torture. Espionnage, manipulations politiques, contrôle des réseaux sociaux : la CIA façonne l'ordre mondial dans l'ombre, en toute impunité.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'03'32 : Rôle de la CIA dans la tech
 - 0'07'48 : Changement de régimes et assassinats
 - 0'14'11 : L'évolution des méthodes de la CIA
 - 0'19'48 : USAID, un outil de manipulation
 - 0'27'05 : Espionnage massif et réseaux sociaux
 - 0'38'08 : Trafic de drogue et financements occultes
 - 0'50'01 : La CIA et le complexe militaro-industriel
 - 1'02'04 : L'IA, un nouvel enjeu stratégique
 - 1'14'03 : Trump contre l'État profond
 - 1'26'26 : Conclusion

"La Grande Emission", animée par Mike Borowski.

Ingénierie, architecture productive moderne et perspectives communistes de reconfiguration. Avec Armel Campagne et Tom pour Sortir du capitalisme.


(0)
255 Vues
0 commentaire
09.2024

Quel est le rôle de l'ingénierie dans le système productif capitaliste ? Et quelles serait des perspectives communistes envisageables permettant une reconfiguration de cet appareil productif dans une optique post-capitaliste ?
C'est à partir des travaux de Nick Chavez qu'est analysée la domination du capital sur les ingénieurs, leur rôle dans la polarisation des savoirs, et la façon dont les impératifs économiques influencent la conception des marchandises, en distinguant deux grands modèles de production, "low mix, high volume" et "high mix, low volume".
Dans un second temps sont critiquées les approches utopiques ignorantes des contraintes productives. Et explorée la possibilité d'une reconfiguration révolutionnaire de l'ingénierie, en se demand quelle forme pourrait prendre la dissolution de la division du travail et la remise en cause du statut social des ingénieurs.

La ronde des bêtes. Avec Francois Jarrige à la maison du peuple de Besançon.


(0)
270 Vues
0 commentaire
26.09.2024

Dans son livre La ronde des bêtes, l'historien François Jarrige explore une facette méconnue de l'histoire industrielle : l'importance du moteur animal, un pilier énergétique souvent ignoré mais crucial (et décarboné !) de la révolution industrielle.
Lorsque l'on pense à cette révolution, l'image de la machine à vapeur, propulsant trains, bateaux et usines, émerge naturellement. Pourtant, cette vision est incomplète. Certes, le XIXe siècle est marqué par l'essor des énergies fossiles, mais il a également été le théâtre d'une autre forme d'énergie : celle fournie par les animaux. Une force motrice qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, a profondément façonné la modernité industrielle.
D'où l'importance de revenir en détails sur l'histoire fascinante de ces "animaux prolétaires", utilisés comme moteurs économiques. Bien avant l'ère des combustibles fossiles, ces bêtes ont occupé une place centrale dans l'économie occidentale, un rôle qui s'étend de l’Antiquité jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, moment où leur usage a progressivement décliné.

Forme animale et forme humaine : autour de la pensée d'Adolf Portmann. Avec Jacques Dewitte, Dominique Lambert, Fabrice Hadjadj, Emmanuel Mejia et Henri Torrione à l'Institut Philanthropos.


(0)
430 Vues
0 commentaire
2018

La pensée d'Adolf Portmann, biologiste et philosophe du vivant, interroge la nature même de l'apparence et de la forme dans le monde animal et humain. En mettant en lumière l'importance de l'auto-présentation des êtres vivants, son œuvre ouvre des perspectives nouvelles sur la finalité du vivant, la place de l'homme dans la nature et les limites du darwinisme classique.
Ce colloque propose d'explorer ces thématiques à travers plusieurs approches : la possibilité d'une autre science du vivant, la finalité de l'apparence entre auto-conservation et expression, ou encore les évolutions récentes du darwinisme. Il s'agit aussi de réfléchir à la spécificité humaine à travers le prisme de la philosophie aristotélicienne, du rapport à l'animalité dans la chasse et des tensions entre anthropomorphisme et exception humaine.
À travers ces échanges, il importe d'approfondir notre compréhension des formes du vivant et de questionner la manière dont nous, humains, nous situons dans le monde naturel.

Pulsion. Avec Frédéric Lordon et Sandra Lucbert au Centre National de la Danse à Pantin.


(0)
438 Vues
0 commentaire
17.01.2025

On fait – mais on ne sait pas ce qu'on fait. On parle – on ne sait pas ce qu'on dit. Pas davantage à qui. On défère, on ignore à quoi. On accumule des biens, mais sans idée de ce qu'on cherche.
Double-fond des actions individuelles. Et double-fond des rapports sociaux. Qui, à leur logique propre, ajoutent celle, le plus souvent inaperçue, de l'investissement pulsionnel.
C'est la psychanalyse qui a ouvert cette perspective, et c'est elle qui l'a refermée. Ouverture : les concepts du double-fond – pulsion, inconscient, jouissance, fantasme, refoulement. Fermeture : LePhallus, LaCastration, LaLoi – soit la transfiguration à majuscules d'un ordre social-historique contingent en éternité du Symbolique. La psychanalyse s'est voulue science générale, elle a seulement fait la théorie psychique d'un lieu et d'un temps. Son "général" transpirait l'Occident patriarcal.
Alors, reprendre tout l'appareil conceptuel – pour le brancher sur la variabilité des mondes collectifs.
Avec l'oubli – le discrédit – de la psychanalyse, la pulsion s'était absentée du discours. En réalité, elle n'a jamais cessé d'irriguer les formations sociales et leurs rapports. Entre capitalisme devenu forcené et fascisme de retour, la voilà même qui sature à nouveau le paysage politique – pas pour le meilleur. Déterminante d'autant plus qu'invisible. Il était temps de s'en occuper à nouveau.

Géopolitique de l'Europe. Avec Robert Steuckers sur Méridien Zéro.


(0)
396 Vues
0 commentaire
02.2025

Essayiste spécialiste des questions géopolitiques, Robert Steuckers explore ici en profondeur la géopolitique de l'Europe à travers le prisme de sa quête de désenclavement sur la longue durée. S'appuyant sur une analyse historique rigoureuse, il met en lumière les dynamiques qui ont façonné les ambitions européennes d'accès aux grands espaces stratégiques, qu'il s'agisse des routes maritimes, des corridors énergétiques ou des axes terrestres reliant l'Est et l'Ouest.
À travers une lecture géohistorique des conflits, des alliances et des grands projets d'infrastructure, il nous offre une perspective essentielle pour comprendre les enjeux actuels et les stratégies déployées par les puissances européennes face aux défis contemporains.

Émission "L'écho des canuts", animée par Roberto Fiorini.

Léon Gambetta au tribunal de l'histoire. Avec Adrien Abauzit et Henry de Lesquen sur Radio Athéna.


(0)
418 Vues
0 commentaire
19.12.2024

Si de Gaulle et Clemenceau – les deux plus grandes gloires de la République – ont été des calamités pour la France, il y avait lieu de suspecter qu'il en aille de même pour la médaille de bronze, Léon Gambetta.
Après avoir usurpé ses fonctions, Gambetta – trop occupé, du haut son inespérée dictature, à faire triompher ses passions politiques et à épurer les institutions – plonge la France dans la défaite qu'il avait promis de conjurer suite à la débâcle de Sedan.
Si Carnot fut qualifié – à tort ou à raison – d' "organisateur de la victoire", Freycinet, le délégué de Gambetta au ministère de la Guerre, est incontestablement l' "organisateur de la défaite" lors de la guerre de 1870. Par ses décrets inapplicables, son hostilité absurde aux généraux, ses aveuglements coupables et ses décisions "stratégiques" aberrantes, car inexécutables ou contre-productives, il a porté des coups fatals à l'armée française.
Adrien Abauzit, en s'appuyant sur les travaux de Henri Dutrait-Crozon, démontre qu'avant l'armée prussienne, en 1870, les grands tombeurs de la France sont Léon Gambetta et Charles de Freycinet. Nous sont révélés, par là, la face cachée du désastre de la guerre franco-prusienne.

Dominico Losurdo et le marxisme occidental. Avec Jean Bricmont pour Espaces Marx.


(0)
399 Vues
0 commentaire
05.12.2024

Physicien et professeur émérite de l'université de Louvain, Jean Bricmont nous présente le livre du regretté Dominico Losurdo Western Marxism: how it was born, how it died, how it can be reborn (Monthly Review, 2024, non encore traduit en Français), qui analyse de façon critique différents penseurs occidentaux, marxistes ou anti-marxistes : Bloch, Althusser, Adorno, Horkheimer, Marcuse, Arendt, Foucault, Agamben, Negri, Hardt, Zizek, Harvey et Badiou, entre autres.

Le tournant expérimental en économie. Avec André Orléan à l'Université de Rouen.


(0)
294 Vues
0 commentaire
07.12.2018

Fondateur de l'école hétérodoxe de l'économie des conventions, André Orléan nous expose ici les enjeux d'un "tournant expérimental" des sciences économiques.
L'essor de l'économie comportementale, des RCT (Randomized Controlled Trials) et de l'analyse économétrique à partir d'expériences naturelles (histoire économique, développement) montre un désir d'objectivité et de scientificité qui cache des choix théoriques et épistémologiques qui ne sont pourtant pas neutres.
Selon lui, cette tentative de baser le débat scientifique sur des faits et des causalités rigoureusement établies cache un grand décalage de ces méthodes avec celles des sciences expérimentales et peut mener à des dérives.

Le réalisme politique. Avec Antoine Dresse sur Radio Courtoisie.


(0)
376 Vues
0 commentaire
13.03.2024

Depuis toujours, l'homme souhaite subordonner ce qui est à ce qui devrait être, et c'est pourquoi les moralistes, les clergés, les idéalistes, les technocrates connaissent la tentation de soumettre cet "art des possibles" qu'est la politique à leurs lois. Pourtant, la politique est un éternel champ de déception pour eux, car elle ne correspond jamais à leurs attentes. Ne respectant que ses propres lois, la politique est rétive à se laisser enfermer dans les filets de l'idéal. Or, c'est de la constatation qu'il existe une hétérogénéité des fins entre morale et politique que naît le réalisme politique. Ce dernier ne constitue en rien une doctrine unifiée ni une école de pensée à proprement parler mais plutôt une sorte d'habitus, c'est-à-dire une disposition d'esprit qui vise à éclairer les règles que suit la politique.
Partant des intuitions majeures de Machiavel, de Thomas Hobbes et de Carl Schmitt, le but d'Antoine Dresse n'est donc pas d'imposer dogmatiquement une doctrine politique quelconque mais d'éclairer les présupposés sans lesquels il est impossible de penser le politique et de présenter une approche permettant de discerner les enjeux qui lui sont propres.

Émission du "Libre Journal des Débats", animée par Charles de Meyer.

Les manuscrits retrouvés de Louis-Ferdinand Céline, sur France Inter.


(0)
339 Vues
0 commentaire
01.2023

À la Libération, Céline laissait dans sa fuite des milliers de pages. Les derniers qui les cherchaient avaient perdu espoir. Mais en 2020, 76 ans après, le trésor disparu du plus controversé des écrivains français a ressurgi du passé.

Une série documentaire de Romain Weber, réalisée par Yvon Croizier.