Un parti pris de la diversité des formes : Aristote, Heidegger et Arendt. Avec Jacques Dewitte au Cercle Aristote.


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01.12.2024

Depuis une époque immémoriale, nous sommes entourés d'êtres et de choses - des animaux et des plantes, des objets quotidiens, des bâtiments - qui ont une forme reconnaissable, un certain "visage", et c'est une donnée première de notre expérience. Cela contribue à tisser une "texture des choses" que diverses théories contemporaines, de concert avec certaines forces sociales, s'emploient à défaire ou tendent à nier. Ainsi s'effectue peu à peu, de diverses manières, une disparition des formes et un retour à une réalité supposée être originairement un flux indifférencié.
Pour s'opposer à cette tendance à la fois intellectuelle et sociale, Jacques Dewitte met en évidence, à travers des lectures serrées d'Aristote, Heidegger et Arendt, un terrain commun pouvant accueillir à la fois une pensée des apparences vivantes et du tact qu'exige toute classification, une exigence de faire des distinctions conceptuelles dans la théorie sociale et politique.
Une réflexion fondamentale, donc, au sens où il pose les fondements rationnels de l'émerveillement devant un "monde beau et très divers".

Les anarchistes individualistes et l'éducation : conceptions pédagogiques et dispositifs autodidactes. Avec Anne Steiner à la Bibliothèque des Amis de l'Instruction.


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10.04.2014

Persuadés qu'aucune révolution victorieuse ne pourrait enfanter un monde meilleur sans évolution préalable des mentalités, les anarchistes individualistes des premières années du XXe siècle ont accordé une importance extrême à l’éducation, pour eux principal levier du changement social.
Nous présenterons dans cette intervention la presse anarchiste individualiste, les brochures et les causeries qu'ils ont su développer au service de l'auto-éducation des adultes ainsi que leurs réflexions sur ce qu'aurait pu être une école véritablement émancipatrice, loin des modèles congréganistes et laïcs, qu'ils renvoyaient dos à dos.

Renouer avec la critique de la propriété. Avec Pierre Crétois pour l'Université Populaire de Bordeaux.


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02.02.2023

De la critique marxienne de la propriété, fidèles en cela au Manifeste du Parti Communiste, les luttes ont surtout retenu la mise en cause de la grande propriété, de la propriété capitaliste et des moyens de production avec toutes les inégalités et les dominations qu'elles véhiculent. Mais on peut avoir tendance à tenir éloigné de tout reproche la petite propriété individuelle, fruit du labeur. Le partage des richesses signifiant alors non pas remise en cause de la propriété privée, mais meilleur partage de celle-ci.
Pourtant, ne pourrait-on pas renouer avec ce qui, dans la critique marxienne, s'attaquait au concept même de propriété (dans les Manuscrits de 1844 en particulier) ? Ne serait-ce pas la propriété privée que les périodes moderne et contemporaine ont vu naître qui représente un concept intrinsèquement problématique ?
Pour faire face aux défis écologiques, à la nécessité du partage de ressources de plus en plus rares et de l'inclusion de l'ensemble des droits et contraintes qui doivent être pris en compte dans l'usage d'un monde plus que jamais commun, ne conviendrait-il pas de reprendre, à nouveaux frais, la critique de la propriété privée ?

La fabrique des derniers hommes. Avec Aurélien Berlan sur France Culture.


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29.03.2014

Curieuse époque que la nôtre, où le "progrès" – la transformation des conditions de vie liée aux applications sociales de la science – n'a jamais été aussi rapide, mais où seuls quelques idéologues croient encore que nos enfants auront une vie meilleure. Car les crises économiques, sociales et écologiques s'accumulent sans fin. Ce paradoxe s'éclaire si l'on revient à l'aube de notre temps, à l'époque où le capitalisme industriel, l'État bureaucratique et la science organisée se sont brutalement mis en place, et aux diagnostics historiques de ceux qui ont cherché à en saisir les implications pour la vie humaine.
Max Weber, Georg Simmel et Ferdinand Tönnies ont identifié avec une lucidité implacable les pathologies constitutives de notre époque : la marchandisation générale, l'érosion du lien social, la perte de sens et de liberté liés à l'emprise des organisations bureaucratiques. Tout l'intérêt de leur sociologie est d'analyser ces évolutions en se demandant, concrètement, quel monde elles créent et quels types d'être humain elles engendrent. Ce faisant, ils mettent en évidence des aspects de la modernité capitaliste en général négligés, car trop intimement liés à ce qu'elle a fait de nous.
Grâce à ce détour, on pourra se défaire des illusions véhiculées par ceux qui continuent de prôner, malgré tout, les vertus de la croissance et du développement industriel, ou qui annoncent que nous serions enfin sur le point d'accéder à la "société postindustrielle". Telle est la condition pour être à la hauteur des tâches qui incombent aujourd'hui à celles et à ceux qui n'ont pas renoncé à l'idée d'émancipation.

L'Etat dans une perspective révolutionnaire. Avec Armel Campagne et Leuh Ki sur Fréquence Paris Plurielle.


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11.2023

L'État est-il neutre, de classe, ou intrinsèquement oppressif ? Quel lien entretient-il au capitalisme ? Dans une perspective révolutionnaire, l'objectif doit-il être de conquérir l'État, de l'abolir, ou de le faire progressivement dépérir ? La politique doit-elle être affaire de parti, de conquête du pouvoir d'état et de dictature révolutionnaire ou encore d'intervention politique d'une "avant-garde" ?
La question de l'État, de sa nature, de sa relation au capitalisme, de sa conquête et de son sort post-révolutionnaire sont des questions indissolublement théoriques et politiques qui, à l'ère du capitalisme néolibéral et globalisé, sont urgentes de poser.

Émission "Sortir du capitalisme".

Bookmakers. Avec Pierre Michon sur Arte Radio.


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06.2024

Né en 1945 dans un hameau de la Creuse, Pierre Michon se voit parfois comme "le dernier écrivain du XIXe siècle". En 1984, il publie ses fameuses Vies minuscules aujourd'hui considéré comme un classique, départ d'une œuvre exigeante constituée d'une douzaine de livres brefs portés par son goût des histoires en costumes, où sont peints les malheurs de Van Gogh (Vie de Joseph Roulin) ou les "infimes effets" du génie de Rimbaud (Rimbaud le fils).
Pierre Michon a longtemps cru aux muses qui, depuis l'Antiquité, soufflent aux artistes le vent de l'inspiration. Mais ces divinités lui furent capricieuses. Écrire l'a longtemps "épuisé". À chaque fois, il a eu le sentiment de "jouer sa peau", terrorisé que son "don" puisse disparaître. "Le roi vient quand il veut", dit-il : c'est l'image-titre de son brillant recueil d'entretiens sur la littérature (Albin Michel, 2007), le roi personnifiant ici le talent ou plutôt "la Grâce". Pour lui, l'écrivain qui bataille tous les jours avec ses personnages, qui s'arrache les cheveux à faire tenir un dialogue, "désacralise la relation à l'écriture", réduite à devenir "aussi ordinaire et triviale que dormir, se nourrir ou pisser".
Du haut de ses 79 ans, le maître, qu'une maladie respiratoire a grandement éprouvé, vit étonemment plus serein, au cœur du Limousin. Dans le ciel et sur la terre, les muses s’amusent.

Un entretien mené par Richard Gaitet.

Le droit : science du vivant. Avec Pierre Legendre à l'Université Laval.


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03.03.1987

L'anthropologie dogmatique est au coeur de la pensée du juriste Pierre Legendre. Cette grille de lecture lui permet d'explorer la profonde interconnexion entre le droit et la vie humaine, sans cantonner le droit à un ensemble de règles abstraites, mais comme étant intrinsèquement lié aux structures fondamentales de la société et à la condition humaine. En effet, "le droit romain est le support de notre modernité" et sa compréhension est essentielle pour saisir les grandes inventions institutionnelles telles que l'État ou le contrat.
D'où l'importance des célébrations culturelles, telles que la musique et le théâtre, dans la formation des institutions, auxquelles Pierre Legendre nous invite à porter une attention toute particulière. Car nous n'avons jamais vu vu gouverner une société sans célébration, sans musique, ni théâtre ! Ainsi, la fonction mythologique, aujourd'hui portée par les artistes, joue un rôle crucial dans la compréhension et la transmission des normes qui régissent nos sociétés.
En revisitant ces concepts, Pierre Legendre invite à une réflexion sur la manière dont le droit, en tant que science du vivant, façonne les dynamiques culturelles et sociales.

La Destruction des Européens d'Europe. Avec Renaud Camus et Antoine Dresse pour la Nouvelle Librairie.


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29.11.2024

Les remplacements les plus cruels sont ceux qui ne changent pas les noms. Que reste-t-il d'européen chez les Européens ? Et surtout, l'Européen peut-il encore se revendiquer comme tel ?
Privé de sa substance comme de sa mémoire et de son esprit, le Vieux Continent s'achemine à grand pas vers le règne de la MHI : la matière humaine indifférenciée. Elle est le crime contre l'humanité du XXIe siècle, le moteur de la destruction des Européens d'Europe. À charge pour eux de l'enrayer en reconquérant leur héritage millénaire.
Renaud Camus, interrogé par Antoine Dresse, met à nu le moment où l'histoire bascule, avec force pistes, faisceaux de lumière et intuitions.

Connaissez-vous la pensée contre-révolutionnaire ? Avec Antoine Dresse et Arnaud Naudin sur Méridien Zéro.


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03.2024

De Joseph de Maistre à Edmund Burke, de Louis de Bonald à Antoine Blanc de Saint Bonnet, de l'Abbé Barruel à Juan Donoso Cortès, de l'école anti-libérale à l'école légitimiste ou nationaliste du XXie siècle, la pensée contre révolutionnaire n'a cessée d'influencer intellectuellement, philosophiquement la pensée politique française et européenne depuis 1789.
Antoine Dresse et Arnaud Naudin reviennent ici sur les origines, les spécificités et l'histoire de la pensée contre-révolutionnaire.

Émission "La Méridienne", animée par Wilsdorf, Jean-Louis Roumégace et Aglaonice.

Femmes de combat : Madeleine Pelletier et Caroline Rémy, dite Séverine. Avec Anne Steiner et Jacques Baujard à la Librairie Terra Nova.


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24.11.2022

Historienne spécialiste du mouvement ouvrier à la Belle Époque, Anne Steiner est ici réunie avec Jacques Baujard, éditeur de L'échappée, pour nous parler du parcours de Caroline Rémy, dite Séverine, qui aura été l'une des pionnières du journalisme et l'une des grandes figures de l'histoire des mouvements révolutionnaires.
Sa vie et son œuvre sont mises en regard du parcours de Madeleine Pelletier qui, dès le début du XXe siècle, a développé une pensée féministe aussi intéressante que méconnue.

Aux origines du racisme moderne (1789-1791). Avec Florence Gauthier au Café marxiste.


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16.11.2024

Y a-t-il eu une politique anti-colonialiste et anti-esclavagiste à l'époque de la Révolution française ? La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen a-t-elle joué un rôle dans la grande révolte des esclaves de Saint-Domingue qui mena à l'indépendance d'Haïti de 1791 à 1804 ?
Historienne spécialiste de la Révolution française et de la Révolution haïtienne, Florence Gauthier vient de faire paraître Aux origines du racisme moderne 1789-1791 dans lequel elle nous offre de nouvelles perspectives, à la lumière d'archives inédites, concernant les grands débats qui virent s'affronter adversaires et partisans du préjugé de couleur.
A l'heure où, en France, le racisme est "décomplexé", il est bon de se pencher sur cette période chaude de notre histoire afin de mieux comprendre les origines du clivage entre "différencialistes" et "universalistes".

Décryptage de l'équation géopolitique Kurde. Avec Mehmet Yildiz sur Ondes De Chocs TV.


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12.2024

Activiste et ancien président du Centre Kurde des Droits de l'Homme à Genève, Mehmet Yildiz décortique la question Kurde en revenant en détails sur les particularités régionales, les mouvances politiques et idéologiques et les contradictions internes d'un peuple sans Etat, qui se trouve être au coeur de la géopolitique du Proche et du Moyen-Orient.

 - 0'00'00 : Présentation de l'invité et introduction
 - 0'01'40 : Y a-t-il des différences fondamentales entre les différents groupes de Kurdes?
 - 0'04'38 : Y a-t-il un dénominateur commun entre eux? la langue? la religion?
 - 0'09'15 : Y a-t-il déja eu un Etat Kurde dans l'histoire?
 - 0'12'48 : La centralité Kurde dans l'histoire du Moyen-Orient
 - 0'18'18 : Kurdes Alévis et activisme politique
 - 0'20'30 : Y a-t-il un lobby Kurde à l'international?
 - 0'21'45 : Les luttes des militants Kurdes sont très diverses (identité, autonomie, indépendance,...)
 - 0'31'05 : Les Kurdes d'Irak sont-ils tous pro-américains et pro-israéliens? (les Barzani et les Talabani)
 - 0'41'13 : Les Kurdes et la lutte d'influence entre les Etats-Unis et la Russie
 - 0'48'08 : Abdullah Oçalan, entre confédéralisme anarchiste et projet d'extension de la Turquie
 - 0'59'59 : L'Irak a-t-il définitivement acté la perte de son Kurdistan?
 - 1'03'36 : Les Kurdes d'Iran, une bombe à retardement?
 - 1'11'50 : Un Etat kurde unifié est-il viable?

Un entretien mené par Rachid Achachi.