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En France plus qu'ailleurs - peut-être en raison de son rôle supposé dans la Révolution - ce que l'on appelle l'héritage des philosophes des Lumières joue un rôle majeur dans le débat public. Qu'il s'agisse des débats sur la laïcité, sur l'identité nationale ou sur la construction européenne, cet héritage est aujourd'hui invoqué par tout le monde. Pour s'en réclamer ou pour l'attaquer.
Devenues une sorte de mot de passe pour désigner les sources idéologiques de la modernité occidentale, Les Lumières sont donc et plus que jamais au cœur du débat.
Émission "Signes des temps", animée par Marc Weitzmann.


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La transmission est en crise. Pour les Européens de notre temps, la tentation est grande de se laisser bercer par les écrans, les slogans publicitaires et le conformisme ambiant. De suspendre tout jugement critique. De cesser de penser.
Guillaume Travers vient de diriger en compagnie d'Alain de Benoist la Bibliothèque du jeune Européen, dans lequel sont présentés 200 essais du patrimoine intellectuel de notre continent pour "apprendre à penser".
Voilà une occasion rêvée pour déambuler dans l'histoire des idées et poser des jalons essentiels pour qui veut penser le monde, aiguiser sa pensée ou encore explorer des voies transversales et nouvelles.
Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.


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Voici plus d'un an déjà que le monde vit au rythme que lui impose le coronavirus. L'état d'urgence sanitaire se prolonge, les confinements se succèdent et malgré l'ouverture de vaccinodromes, une troisième vague se profile.
En France, mais aussi dans des pays aussi peu chamailleurs que l'Allemagne ou la Hollande, les gens n'en peuvent plus. Cette lassitude est multiforme, on se plaint pêle-mêle de l'inefficacité des gouvernants et des mesures autoritaires qu'ils prennent pour enrayer les contaminations. On incrimine simultanément cette foutue maladie et les restrictions des libertés.
Mais qu'est-ce qui est catastrophique ? Est-ce la pandémie elle-même ? Est-ce la politique brouillonne menée contre cet ennemi retors et invisible ? Est-ce l'ordre sanitaire instauré en réponse à un virus certes très contagieux, mais dont la létalité est inférieure à 0,5 % ?
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.


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Les travaux de Paulin Ismard visent tout d'abord à éclairer le lien étroit qui unit l'invention de la démocratie et l'esclavage en Grèce ancienne. En étudiant la façon dont est défini à Athènes l'homme-marchandise qu'est l'esclave, les formes d'organisation de son travail, ou encore le statut de sa parole dans l'espace judiciaire, est proposé une analyse inédite du droit athénien de l'esclavage.
Mais il s'agit surtout de placer l'esclavage au coeur de nos réflexions sur l'expérience grecque, en éclairant la façon dont la cité des hommes libres est elle-même modelée par l'institution esclavagiste.


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Incarner infailliblement l'Etat, le pouvoir et l'autorité dans un corps mortel : le paradoxe de la royauté ne manque pas de sauter aux yeux de nos contemporains. Dans ce contexte, la moindre spécificité biologique ou physique a son influence : la voix de Louis XV, cassée et enrouée, l'amène à déléguer ses discours et donc à apparaître plus distant de la cour et des affaires du royaume. Le célèbre portrait en-pied de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud, peint en 1701, est le reflet de ce paradoxe : le visage du roi vieillissant et atteint de goutte n'est pas idéalisé outre mesure, pour permettre son identification, éviter l'invraisemblance et le ridicule ; les jambes en revanche sont celles d'un jeune homme, pour ne pas diminuer la "royale virilité" du sujet. A la fois éphémère et extraordinaire, le corps du roi est au cœur d'un nombre important de procédés tentant de pallier sa nature mortelle, de la cérémonie du sacre à celle des funérailles, en passant par les rituels thaumaturgiques.
Face à lui, la noblesse est un corps politique en entourant un autre, qui le protège et le regarde tout à la fois. Comment la noblesse négocie-t-elle jusque dans son corps ses privilèges, comment tente-t-elle de les justifier en incarnant physiquement des qualités supérieures, comment sa "bonne" tenue incarne-t-elle un rempart pour l'ordre monarchique ?
Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.


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Le combat pour la beauté, contre la laideur, nous emmène à démasquer le mal comme principe... et ses serviteurs !
Un pouvoir dont la devise est "en même temps" instaure forcément une métaphysique de la confusion. Le critique littéraire Juan Asensio, féru de démonologie, nous aide à discerner les abstractions qui président aux transformations actuelles.
Émission "Éloquence du Vulgaire", animée par Lounès Darbois.


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Depuis l'ouverture des archives après la fin de l'Union soviétique, l'histoire soviétique ne peut plus décemment se faire sur le mode de la propagande de guerre à laquelle nous avait habituée la guerre froide.
Aymeric Monville, éditeur de nombreux livres d'histoire en ce domaine et auteur d'un ouvrage de synthèse sur la question, aborde différents historiens qu'il a publiés : Viktor Zemskov, premier historien à être allé dans les archives et vis-à-vis duquel toute la recherche en soviétologie a toujours été tributaire ; Marc Tauger qui a considérablement enrichi notre vision de l'agriculture soviétique ; ou encore Grover Furr et d'autres auteurs qui nous donnent une vision renouvelée du rapport Khrouchtchev ou encore des procès de Moscou.
À l'heure actuelle où notre état-major prétend préparer la France à une "guerre de haute intensité" contre la Russie – car sinon contre qui d'autre ? –, puisse ces travaux renforcer la compréhension mutuelle entre Russes et Français, aujourd'hui comme hier mise à mal par les tambours de guerre et les marchands de canons.


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Le christianisme naissant, aux moyens des paroles et des actions de Jésus et des interprétations qui en suivront, repense les relations humaines en insufflant l'importance du souci de l'autre et du bien commun. Cette considération pour autrui, qui érige le primat du "nous" sur le "je", et qui est aussi une exigence salvifique pour l'entrée dans le royaume céleste, passe par l'absolutisation de l'amour qui trouve sa source dans celui de Dieu pour l'homme. Et cet amour, qui annonce le triomphe de l'Être, apparaît dans les premiers temps du christianisme comme antinomique avec l'Avoir.
Émission "Pourquoi tant de haine ?", animée par Monsieur K.


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Historien des "osts" des rois de France, de la guerre de Cent ans, de Jeanne d'Arc, de l'espace politique français et de l'imaginaire royal, Philippe Contamine a été amené de longue date à réfléchir et à s'exprimer sur ce que pouvaient être la "France" et les "Français" spécialement durant les trois derniers siècles du Moyen Âge.
"Je serais passé à autre chose si je n'avais constaté l'émergence, dans divers médias, de l'idée qu'employer ces termes pour cette période était faire preuve d'une naïveté non seulement déplorable mais encore coupable. Je ne citerai ici que cette phrase extraite d'une tribune libre publiée en mai 2014 dans un grand quotidien du soir, alors que la querelle des programmes scolaires d’histoire enflammait les esprits : "Enseigner l'histoire de France au Moyen Âge comme si notre pays avait été déjà là n'a absolument aucun sens". Un mois plus tard, dans le même journal, un démographe de grand renom, reprenant à son compte la thèse de l'historien américain Eugen Weber (Peasants into Frenchmen), plaidait pour l'apparition très tardive de la nation française, au tournant des XIXe et XXe siècles, juste à la veille de la guerre 14-18. Je me propose d'examiner pro et contra quelques pièces du dossier et de conclure à la validité, juxta modum, de l'usage des deux termes en question, même avant 1500, voire sensiblement plus tôt" (P. Contamine).


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Patrice Jean, dans La poursuite de l'idéal et Sébastien Lapaque dans Ce monde est tellement beau renouent pour saisir la vérité de notre époque avec le roman d'apprentissage tel que le XIXe siècle Des illusions perdues à L'Éducation sentimentale en a fixé le modèle.
Cyril, le jeune héros de Patrice Jean et Lazare, le héros de Sébastien Lapaque découvrent à tâtons l'existence et le monde. Un dimanche de février, Lazare a une soudaine révélation : ce monde lui apparaît dans sa vérité et cette vérité, c'est ce qu'il appelle aussitôt : l'immonde. Pourquoi ce changement de nom ? Qu'est ce que l'immonde ? Les tentatives de reconquête de la vie intérieure peuvent-elles mener à un ré-enchantement du monde ?
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut,


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Entre la science et la guerre, l'alliance est ancienne. Certes, les sciences font souvent l'objet d'applications pratiques, pour le meilleur ou pour le pire, mais selon une opinion répandue, elles constitueraient des connaissances déconnectées de toute intervention. On peut se demander si cette perception n'est pas infiniment trompeuse.
Pour qui regardent les choses telles qu'elles furent historiquement, les sciences apparaissent plutôt comme des systèmes de savoirs et de pratiques visant à maîtriser le monde naturel et humain, visant certes à comprendre la nature, mais aussi, et indissociablement à agir sur elle, à la modifier - et à faire la guerre.


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Jules Vallès fut un personnage dont la démarche, les passions, les actions restent vivantes. Un journaliste, un écrivain qui déploya ses combats depuis la fin de la Monarchie de Juillet et la Révolution de 1848 jusqu'aux premières années de la Troisième République, en passant par la Commune de Paris, qui fut pour lui essentielle.
Il a les honneurs de la bibliothèque de la Pléiade pour la trilogie d’une autobiographie romancée : L'Enfant, le Bachelier, l'Insurgé. Il avait choisi d'intituler son premier livre, un recueil d’articles paru en 1865, Les Réfractaires. L'adjectif lui va bien. Il le préférait aux termes de "rebelle" ou de "révolté" qu'on lui a souvent accolés. "Insoumis" ne serait pas mal venu non plus.
La société où il a grandi, celle de la seconde révolution industrielle, qui fut si dure aux prolétaires, et qui porta l'émergence d'une nouvelle classe moyenne, cette société où la circulation de l'information, des indignations, de la propagande se fondait exclusivement sur l'écrit et était si étroitement surveillée, cette société était d'une nature bien différente de la nôtre. Et pourtant nos angoisses contemporaines peuvent susciter des cris qui ne sont pas sans faire écho aux siens.
Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.