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Être andimoderne s'assimile-t-il à être conservateur ou réactionnaire ? Si tel n'est pas le cas, qu'est-ce qui caractérise cette tradition ?
Il est d'abord essentiel de comprendre que les antimodernes sont des modernes, mais des modernes "déniaisés du moderne", des modernes "contrariés". Car, en réalité, il n'y a d'antimodernes que dans le monde moderne, époque dont la datation précise varie selon les écrivains. Certains disent que le monde moderne commence avec la révolution scientifique de Galilée (Michel Henry), d'autres avec la Réforme protestante (Joseph de Maistre), d'autres encore avec la Révolution industrielle (Günther Anders).
Retour sur le sens de l'antimodernité en compagnie des grandes figures de cette tradition hétérodoxe : Joseph de Maistre, Charles Péguy, Georges Bernanos, Simone Weil, et bien d'autres encore.
Émission "Contretemps", animée par Paul Ducay.


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Le 20e anniversaire du retrait israélien du sud-Liban nous donne l'occasion de revenir sur l'histoire de ce conflit, à savoir la longue opposition larvée et parfois ouverte entre Israël et le Hezbollah.
Dans un premier temps, le Colonel Michel Goya replace les raisons de la présence israélienne au Liban depuis 1982 et les mouvements de réaction que cette présence provoque - notamment la création du Hezbollah, son organisation et son ancrage dans la population locale. C'est notamment la montée en puissance du mouvement qui est mise en lumière, après le retrait israélien en 2000 suivi de l'entrée en guerre de 2006.
Dans un second temps, le Colonel Oliver Passot dresse le bilan opérationnel de la guerre de 2006 en s'appuyant sur les conclusions de la commission Winograd avant de détailler la nouvelle stratégie israélienne -notamment le système "Iron Dome"- face au Hezbollah en soulignant la centralité du renseignement dans le dispositif.
Émission "Le Collimateur", animée par Alexandre Jubelin.


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La gouaille de Michel Audiard a renouvelé l'art du dialogue et durablement marqué le cinéma de son empreinte. Une écriture nourrie par la biographie du Titi parisien, pris dans les soubresauts de la guerre, puis les temps difficiles de la reconstruction, jusqu'à l'entrée fracassante de sa parole au cinéma, portée par les plus grands acteurs.
Une musique du Paris oublié, riche d'une langue qui témoigne de l'histoire des classes populaires et devenue emblématique du cinéma français d'après-guerre pour une trajectoire qui se confond avec celle du cinéma populaire et de ses vedettes.
Émission "Toute une vie", produite par Anaïs Kien.


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Née à Marseille en 1955, Nathalie Heinich est sociologue et directeur de recherche au CNRS. Titulaire d'un doctorat de l'EHESS consacré à l'histoire sociale de la notion d'artiste (1981), elle s'est spécialisée dans la sociologie des professions artistiques et des pratiques culturelles tout en développant une réflexion sur les crises d'identité, l'épistémologie des sciences sociales et la sociologie des valeurs qu'elle a fait connâitre au travers de la publication d'une trentaine d'ouvrages et de nombreux articles dans des revues scientifiques ou culturelles.
Cette vie de recherche se trouve résumée dans son récent ouvrage Des valeurs. Aux fondements de nos jugements et de nos opinions dont elle nous entretient ici.
Une conférence animée par Sylviane Dupuis.


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Kant est souvent présenté comme le penseur d'une modernité héroïque où l'on ne craignait pas de croire en la liberté de l'homme. Il lui manquerait une conscience du tragique et de la fragilité des choses humaines.
Pour lui, le devoir d'autonomie vaut inconditionnellement et pour tous. Mais qu'entend-il par là ? Et quelle peut être la valeur de cette instance critique ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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Docteur en sciences politiques, professeur de civilisation russe contemporaine, Jean-Robert Raviot étudie et explique la logique du pouvoir en Russie, ainsi que ses divers courants d'opposition, depuis l'effondrement de l'URSS.
Et alors qu'une "opération spéciale" a été lancée en Ukraine, il s'attache ici à restituer la logique de cette guerre ainsi que que ses conséquences présentes et futures sur le système politique russe.


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De nombreux adolescents ont découvert au collège dans les années 80 ce témoignage à la première personne d'une jeune fille allemande se prostituant pour payer sa dose quotidienne d'héroïne dans le Berlin-ouest des années 1970. Le récit de cette dérive dans les bas-fonds est devenue une lecture de référence pour les adolescents et continue de se vendre aujourd'hui.
Le livre paru en 1978 a choqué, fait frémir, fasciné. Un morceau de vie qui a bouleversé bien au-delà de l'Allemagne divisée par le Mur. Traduit en dix-huit langues, il s'est vendu à cinq millions d'exemplaires dans le monde. En Allemagne, le livre a même été imposé comme lecture obligatoire dans les écoles, comme un contre-exemple. C'était une des premières fois qu'un livre, puis son adaptation en film, parlait aussi directement, si ouvertement de la drogue et ses conséquences. Il est devenu le livre d'une génération, appelée génération No future qui écoutait du punk et ne craignait pas de flirter avec la mort, dans une société où la répression montait afin de museler la subversion. Fini le Flower Power, la jeunesse allait rentrer dans l'ordre ou dans le trou.
Que se passait-il dans ce livre pour que Christiane F. devienne une icône dans les cours de bahuts et les chambres d'ados esseulés ? Comment ce mythe parle-t-il de l'adolescence et de sa fragilité ?
Départ pour Berlin sur les traces de l'icône destroy des années 80 et de ses lecteurs fascinés par cette histoire sulfureuse.
Émission "LSD", produite par Perrine Kervran.
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Parce qu'il a vécu dans l'Allemagne de la première moitié du XIXe siècle, pays pauvre et en retard, Friedrich List (1789-1846) a magistralement compris le dilemme des pays émergents. Soit ces pays imitent l'économie du pays dominant, acceptent le jeu du libre-échange et ils tombent dans une dépendance sans cesse accrue à l'égard du monde extérieur. Soit ils s'efforcent de se frayer une voie originale vers le développement en préservant leur souveraineté. Pour y parvenir, il est nécessaire que ces pays rompent avec la vulgate libre-échangiste et mondialiste en s'appuyant sur le rôle de l'Etat développeur et du protectionnisme éducateur.
Depuis un siècle et demi, tous les pays émergents comme l'Allemagne, les Etats-Unis, la Russie et le Japon à la fin du XIXe et durant le XXe siècle, ont emprunté ce chemin, suivis ensuite par les pays du Sud-Est asiatique et, enfin, par la Chine aujourd'hui.
C'est en compagnie de Robert Steuckers que nous revenons sur la théorie du développement économique des nations de List pour traiter ensuite de l'influence ultérieure de sa pensée.
Enfin, et alors que nous vivons une période où le libre-échangisme reste l'un des dogmes de l'économie orthodoxe, il est légitime de s'interroger sur l'actualité de la pensée de List : nous dirigeons-nous vers une nouvelle ère de la démondialisation et du retour des nations ?
Émission "Quartier Libre", animée par Henry de Lesquen.


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C'est en compagnie du professeur de philosophie Mark Hunyadi que nous tentons d'identifier qui est l'homme numérique en décodant les mécanismes de fonctionnement de la société dans laquelle il évolue.
Comprendre les enjeux posés par développement des outils numériques ouvre la voie à la pensée critique et à l'appropriation citoyenne de la question : "Quelle société numérique voulons-nous ?"
Une émission animée par Julien Raone.


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"On lie les bœufs par les cornes et les hommes par les paroles". Ce vieil adage juridique s'applique à la Cité qui, à la différence de la Ville, ne désigne pas un regroupement de population sur un territoire donné, mais l'association de citoyens sous l'égide d'une loi commune.
Cette citoyenneté peut s'exercer à des échelles variées — depuis la commune jusqu'au monde entier, mais repose toujours sur divers types d' "assemblées de paroles", qui servent à accorder les citoyens sur une juste représentation de ce qui est et de ce qui doit être. Encore faut-il pour que ces paroles cimentent la Cité, qu'on puisse leur accorder crédit.
Or de multiples symptômes témoignent de nos jours d'une perte de crédit de la parole, qu'elle soit politique, commerciale ou scientifique. Pour saisir les causes profondes d'un tel discrédit, et des violences qui en résultent, Alain Supiot part des conditions institutionnelles qui permettent d'échanger des paroles plutôt que des coups. Sur cette base il devient possible d'esquisser les voies d'une restauration du crédit de la parole dans la Cité du XXIe siècle.


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Contre la violence de certains à l'égard des travaux des historiens, Henry Laurens interroge les enjeux de notre rapport au passé, source régulière de polémiques.
Il part d'un rappel des grands traits du savoir historique, essentiel pour aborder de façon critique un certain nombre de discours actuels, notamment autour des questions mémorielles. Suit une brève histoire de l'occidentalisme et de l'orientalisme qui montre comment les deux mouvements se sont développés parallèlement, sans nécessairement s'opposer. En ouvrant, pour finir, une réflexion sur les violences des XXe et XXIe siècles et les temporalités dans lesquelles elles s'inscrivent, substitution du héros à la victime et du présent au futur, il affronte les débats d'aujourd’hui autour du mouvement postcolonial, promoteur d'un passé imposé.
Une réflexion stimulante, qui redonne sa valeur à l'indispensable travail de l'historien.
Une rencontre modérée par Jean-Paul Chagnollaud.


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Et si l'Europe était la grande perdante des sanctions contre la Russie ? Et la Chine la grande gagnante ?
Pour y répondre, et revenir sur l'impact concret de ces sanctions sur l'économie en Europe, l'économiste et spécialiste de la Russie Jacques Sapir nous brosse un tableau géopolitique des conséquences probables de ce conflit aux dimensions ouvertes et larvées.
Émission "Carnets de guerre", animée par Erik Tegner.