Yukio Mishima (1925-1970), l'épée et le cerisier. Avec Annie Cecchi, Diane de Margerie, Claude-Michel Cluny, Nicolas Bataille, Tadao Takemoto, Marie-Claude de Brunhoff, Jean-Marc Pottiez, Donald Keene et Dominique Aury sur France Culture.


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15.11.1990

Séquestré par sa grand-mère, Yukio Mishima grandit solitaire. Dévoué à cette vieille femme malade qui lui transmet son culte pour le Japon traditionnel, il est très tôt fasciné par les acteurs et les théâtres kabuki et nô qui façonnent l'esthétique de son regard.
L'écrivain qui porte en lui "une force très japonaise et en même temps un vernis européen" connait bien la culture occidentale dont il adopte les codes vestimentaires et dévorait la littérature.
Réformé, le jeune homme échappe à la guerre mais créé des années plus tard une "société du bouclier", milice privée, dévouée à l'Empereur et fidèle au culte du bushido, code des principes moraux des samouraïs. Le jeune homme malingre s'est métamorphosé. En soumettant son corps à une discipline de fer il cherche à atteindre l'idéal athlétique des guerriers qu'il admire. 
Homosexualité et mort, tragédie et érotisme, hantent l'œuvre et la vie de celui qui n'hésite pas à se photographier en Saint Sébastien martyre : "tout ce qu'il voit prend des allures de théâtre et de tragédie". C'est d'ailleurs dans un dernier geste théâtral, spectaculaire et patriotique que Yukio Mishima, en 1970, se donne la mort en se suicidant par seppuku (éventration).

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Bénédicte Niogre.

Jim Harrison à voix nue, sur France Culture.


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07.2006

Scénariste, critique gastronomique et littéraire, journaliste sportif et automobile, Jim Harrison, né dans le Michigan en 1937, décide de devenir écrivain à l'âge de douze ans. D'abord enseignant à l'Université de New York, il retourne dans sa région natale et connaît ses premiers succès avec sa poésie, puis bifurque vers le roman tout en travaillant également pour le cinéma.
Depuis, il a publié des recueils de poésie et de nouvelles – dont Légendes d'automne, En route vers l'Ouest -, sept romans – dont Dalva, Un bon jour pour mourir, La route du retour - et une autobiographie, En marge.
Jim Harrison partage aujourd'hui son temps entre le Michigan et le Montana.

Une émission conduite par Clémence Boulouque.

Agrippa d'Aubigné et "Les Tragiques". Avec Franck Lestringant sur Radio Courtoisie.


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31.05.2019

Oeuvre longtemps réputée inaccessible, à l'exception de quelques vers d'anthologie, Les Tragiques commencent seulement à être relus, comme l'atteste la fécondité des études critiques depuis quelques années, tant en France que dans les pays anglo-saxons, peut-être plus enclins, par tradition culturelle, à goûter les sombres splendeurs du chef-d'œuvre de la poésie protestante.
Franck Lestringant nous inviste à pénétrer au cœur de la Divine Comédie huguenote qui somme le lecteur, en proie à l'empire de la tragédie, de réagir et de prendre parti.

Émission "Promenade et flâneries au domaine de poésie", animée par Pascal Payen-Appenzeller.

Jack Kerouac (1922-1969). Avec Yves Le Pellec, Gérard-Georges Lemaire, Robert Kramer et Robert Frank sur France Culture.


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03.07.1997

Jack Kerouac est né en 1922 à Lowell, Massachusetts, dans une famille d'origine canadienne-française. Après son premier livre, The Town and the City, qui paraît en 1950, il met au point une technique nouvelle, très spontanée, à laquelle on a donné le nom de "littérature de l'instant" et qui aboutira à la publication d'une première version corrigée et réécrite par son éditeur de Sur la route en 1957.
Il est alors considéré comme le chef de file de la beat generation et publiera, entre autres, Les Souterrains, Les clochards célestes, Le vagabond solitaire, Anges de la désolation et Big Sur. Son écriture est à la littérature ce que le jazz est à la musique : on y reconnaît le rythme, la fougue et la tension de ce qui se voulait être une transcription sans fard et à chaud de la réalité.
Il meurt en 1969, à l'âge de quarante-sept ans.


Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Jean Daive et Isabelle Yhuel.

Saint-John Perse, le poète en exil. Avec Edouard Glissant, Antoine Raybaud, Lucien Clergue, Olivier Germain-Thomas, Joëlle Gardes-Tamine et Mireille Sacotte sur France Culture.


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23.02.1995

L'exil perpétuel qui jalonne la vie de Saint-John Perse aura été le fondement même de sa poésie. L'éloge est le mode sur lequel il exprime ce qu'il appelle "la terre arable du songe".
L'exil aura commencé tôt : né en Guadeloupe en 1887, il revient en métropole avec sa famille qui s'installe à Pau, alors qu'il n'est pas encore adolescent. Devenu diplomate, il part en Chine pendant cinq ans, et ce sera pour lui l'occasion d'élargir les paysages humains les plus divers et d'étoffer l'épopée du monde, ce qui fera la force de ses écrits.
Une carrière politique - il s'appelait Alexis Léger - le mènera des plus hauts postes de l'Etat (il sera secrétaire général du Quai d'Orsay après avoir travaillé avec Aristide Briand), jusqu'à la déchéance nationale due à l'instauration du régime de Vichy. Alors, un nouvel exil aux Etats-Unis - forcé - marquera la fin de ce personnage public et l'éclosion définitive du poète Saint-John Perse, auréolé par la remise du Prix Nobel en 1960.
Exil, Pluies, Neiges, Amers, Chronique, seront les différentes étapes de cet univers qu'il a reconstitué dans une fête du langage : le lien entre l'homme et le monde passe par une présence immanente du sacré.
Le dernier exil, son départ de ce monde, se fera dans la discrétion en 1975.

Émission "Une vie, une oeuvre", réalisée par Jean-Claude Loiseau.

Paul Valéry, sans faux-col (1871-1945). Avec Bernard de Fallois, Michel Jarrety, Jean-Michel Maulpoix, Benoît Peeters et Jean-Michel Rey sur France Culture.


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12.12.2010

Paul Valéry est né à Sète, ville qu'il immortalisera avec son célèbre poème Le Cimetière marin, dans lequel il comparait la mer à un "toit tranquille, où marchent les colombes / Entre les pins palpite, entre les tombes…"
C’est dans ce "cimetière marin" de Sète qu'il repose aujourd'hui, après avoir été l'un des derniers poètes français à connaître des funérailles nationales - c'était à la demande de Charles de Gaulle - quelques semaines après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Parce qu'il multipliait les discours, préfaces et oraisons funèbres, l'auteur de Monsieur Teste était raillé, de son vivant, comme le Bossuet de la IIIe République. Aujourd'hui encore il demeure prisonnier d'une image d'homme de lettres en faux-col, froid, intellectualiste et mondain.
Et c'est pourtant un Valéry sensuel et paradoxalement moderne que nous découvrons ici...

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Christine Lecerf.

Antonin Artaud (1896-1948), né de son oeuvre. Avec Françoise Buisson, Henri Meschonnic, Jean-Michel Rey, Christian Bobin, Serge Pey et Michel Boccara sur France Culture.


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23.03.1995

Prophète, poète, auteur de théâtre d'avant-garde, mystique, comédien, drogué, interné, Antonin Artaud est d'abord un grand écrivain, "né de ses œuvres", et un penseur. Son œuvre, si souvent occultée par le personnage Artaud dont les comportements bizarres, la folie et la dégradation physique spectaculaire à la fin de sa vie fascinent, est comme rejeté de sa vie, ce qui rappelle cette étrange soirée donnée par ses amis à son bénéfice, à laquelle il fut interdit d'entrée. Ce soir là, il rôda seul autour d'un théâtre rempli en son honneur...
Ici, l'on ne parle pas de sa folie, ni de son besoin de drogue, ni de sa théorie sur le théâtre. Si la légende enténèbre l'œuvre, la rendant parfois incompréhensible, Artaud est-il illisible pour autant ?
Par-delà la littérature, par la voix, le cri, le chantonnement, la présence physique, le dessin, son écriture est une traversée du corps qui l'a conduit à aller au delà du verbe. Car Antonin Artaud tente en permanence de dépasser sa souffrance.
À deux reprises, il partit voyager, au Mexique et en Irlande, dans une quête mystique complexe. Il fut interné à son retour d'Irlande en 1937 jusqu'en 1946, deux ans avant sa mort.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Marion Thiba et Jean Couturier.

François Villon (1431-1463). Avec Jean-Paul Bourre sur Radio Ici et Maintenant.


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03.10.2013

S'il est un mystère dans l'histoire de la littérature, c'est celui du poète appelé pour la postérité François Villon. Ruffian, ribaud, espiègle, qui était donc cet "écolier" de génie, né l'année où Jeanne d'Arc, "la bonne Lorraine", a péri sur le bûcher, et qui reste à jamais comme le premier écrivain français à avoir introduit "la conscience de soi" dans nos lettres ?
C'est à ce paradoxe unique - un poète dont on ignore jusqu'à la date de mort, mais qui a parlé de lui comme nul autre - que s'attelle Jean-Paul Bourre. L'occasion de visiter avec lui le cimetière des Innocents, de s'interroger sur les Dames du temps jadis comme sur Montfaucon, la Sorbonne ou la taverne de la Pomme de Pin. L'occasion surtout de comprendre la destinée d'un homme qui n'a cessé d'inspirer les fantasmes les plus divers à mesure que le Moyen Age est revenu hanter les rêves et les désirs.