Le bon plaisir. Avec Paul Benichou sur France Culture.


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14.09.1996

Né à Tlemcen (Algérie) le 19 septembre 1908 dans une famille juive, Paul Bénichou deviendra l'un des très grands historien de la littérature en France au XXIe siècle.
Auteur d'une œuvre considérable et variée, en marge des différents courants critiques de son temps, il ne cessera d'étudier les rapports entre l'écrivain et la société dans laquelle il se trouve.
Retour sur une trajectoire unique en compagnie de ses proches et des meilleurs connaisseurs du domaine.

Une émission produite par Jacques Munier.

Hindenburg, l'homme qui a conduit Hitler au pouvoir. Avec Jean-Paul Bled sur Radio Courtoisie.


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10.11.2020

Hindenburg (1847-1934), président de la République de Weimar pendant dix ans, porte la responsabilité d'avoir appelé Hitler au pouvoir. Mais loin d'être une erreur de vieillesse, cette décision est dans le droit-fil de toutes ses positions antérieures. Elevé dans le culte de la grandeur et de la toute-puissance de l'Allemagne, il n'a jamais répugné à tomber dans l'excès voire l'extrémisme.
Couvert de gloire (largement usurpée) au début de la Grande Guerre alors même qu'il était déjà à la retraite, Hindenburg a ensuite constamment abusé de son image pour exercer le commandement suprême et surtout s'immiscer dans les affaires politiques, quitte à desservir les institutions et les personnes qu'il révérait pourtant le plus, rompant avec ses amis les plus proches et plaçant l'empereur Guillaume II lui-même dans des impasses. Pur produit de la caste des Junkers, il intrigue pour pousser les chefs militaires et politiques à la démission. Il impose la guerre sous-marine à outrance et refuse toute paix de compromis. Hindenburg a pris une large part aux malheurs de l'Allemagne et a été, après la guerre, le grand champion de la fiction du "coup de poignard dans le dos", l'argument massue des nazis pour fanatiser les foules allemandes.
Le grand spécialiste des mondes germaniques qu'est Jean-Paul Bled revient en détails sur la trajectoire de cet homme largement néfaste.

Émission des "mardis de la mémoire", animée par Anne Collin et Dominique Paoli.

Ariès ou l'historien du dimanche. Avec Guillaume Gros sur StoriaVoce.


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07.2020

Spécialiste de l'histoire des mentalités, originaire d'un milieu maurrassien, Philippe Ariès -qui se qualifiait lui-même d'historien du dimanche- s'impose désormais dans le milieu universitaire comme une référence pour ses travaux sur la mort et l'enfance.
Guillaume Gros, spécialiste de son oeuvre, a récemment sélectionné une série de ses principaux articles parue aux Editions du Cerf. Cette édition inédite se divise en deux parties. La première, "Rajeunir l'histoire", rassemble des textes de Philippe Ariès à propos des civilisations, où il évoque les religions depuis l'Antiquité jusqu'à la Révolution, la Méditerranée, Byzance, l'Afrique du Nord, l'histoire des Parisiens au XIXe siècle ou encore le syndicalisme français. L'occasion pour l'historien de dessiner des portraits savoureux de Charlemagne, Charles Quint, Machiavel, Louis XIII et même Marc Bloch. La seconde partie, "Cheminements", permet de comprendre les origines de ses théories en redécouvrant trois thèmes essentiels de ses travaux : l'égo-histoire, où il revient sur sa vocation, la place de l'enfant dans la famille, et enfin le rapport de nos sociétés à la mort.
L'occasion de revenir, en la compagnie de Guillaume Gros, sur la vie et l'oeuvre de cet historien original qui aura marqué son époque.

Émission "Pourquoi tant d'Histoire" animée par Christophe Dickès.

Jarry, le Père d'Ubu. Avec Pascal Ory sur France Culture.


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24.10.2020

"Ubuesque" : voilà bien un adjectif qui s'est imposé tranquillement - où plutôt de façon tonitruante - dans notre parler quotidien. Le précieux dictionnaire du CRTNL, le Centre national de ressources textuelles et lexicales, donne cette définition : "ubuesque : qui évoque le grotesque du père Ubu par un despotisme, une cruauté, un cynisme, une forfanterie d'un caractère outrancier ou par des petitesses dérisoires".
On trouve peu de personnages de la littérature qui aient mérité sa postérité de la sorte en imposant un vocable qualificatif. Plus d'un siècle après la première représentation, retentissante d'Ubu Roi, la pièce majeure d’Alfred Jarry, le 9 décembre de l'an de grâce 1896, au théâtre de l'Œuvre, à Paris, son personnage impose encore, de la sorte, une présence dont une multitude de pièces à succès de l'époque sont absolument dépourvues : celles-ci ont été englouties dans le gouffre impitoyable de l'oubli d'où personne ne songe à les repêcher.
Donc, on est intrigué. Donc on est porté à s'interroger sur les ressorts de cette permanence enviable et en somme de cette durable actualité du roi Ubu. Ces ressorts, faut-il les chercher du côté d'une extravagance qui surmonte toutes les fantaisies de son temps ? D'une profondeur humaine qui fait fi des conventions superficielles du provisoire ? D'une philosophie désinvolte de l'absurde qui frôle une éternité ?

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Kolakowski : éducateur. Avec Jacques Dewitte et Alain Cantillon sur France Culture.


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28.05.2011

Le philosophe polonais Leszek Kolakowski (1927-2009), grand intellectuel européen du XXe siècle, est l'auteur d'une oeuvre abondante et variée, relevant à la fois de l'histoire des idées, de l'histoire religieuse et de l'essai philosophique. Il fut aussi un écrivain drôle et spirituel, cultivant le goût du paradoxe, la mise en question sceptique de toutes les évidences établies, sans déboucher jamais sur un scepticisme absolu.
Séduit dans sa jeunesse par le communisme, il ne tarda pas à s'en détacher et à analyser le marxisme de l'intérieur. Le stalinisme n'est pas un accident, il est inscrit en germe dans la folle et splendide ambition de Marx : faire retourner l'homme à son unité perdue. Ainsi redécouvre-t-on la signification d'un christianisme marqué par les thèmes de la perte de l'innocence et du clivage anthropologique, qui peut apprendre aux hommes à vivre dans l'imperfection irrémédiable de leur être, sans pour autant sombrer dans le désespoir.
Il en ressort une conception politique reconnaissant l'importance des médiations et des institutions, ainsi qu'une vision de la spécificité de l'Europe comme la civilisation qui a su mettre en question la supériorité absolue de ses propres valeurs et rendre possible l'universalité humaine.

Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.

Jean Genet (1910-1986). Avec Eric Marty, Jacques Nerson, Lydie Dattas, Alexandre Romanes, Albert Dichy, Antoine Bourseiller et Gilles Leroy sur France Culture.


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28.11.2010

Le centenaire de la naissance de Jean Genet, en 2010, a été pour beaucoup l'occasion de célébrer un homme très engagé politiquement, que ce soit aux côtés des Palestiniens dans leur combat pour la terre ou dans les rangs des Black Panthers luttant pour leurs droits civiques. Toujours, donc, apparaît l'image d'un saint, vivant au milieu des opprimés, des humiliés, en empathie quasi mystique avec eux.
Cette vision de Genet, loin d'être fausse, ne constitue qu'une facette parmi d'autres d'un homme qui ne nous a pas laissé le mode d'emploi pour le comprendre.
Genet dissimulait beaucoup. Il refusait d'être récupéré. Ses engagements semblent parfois plus esthétiques que politiques. La beauté d'un mouvement, d'un visage, d'une action dérisoire ou d'un combat perdu d'avance comptent  peut-être autant pour lui que la signification politique et sociale de ce mouvement, de cette action, de ce combat.
Pour ce désespéré, abandonné par sa mère, jeté en prison pour de quasi-broutilles, seules peuvent encore exister les quelques parcelles de beauté qu'il décèle dans le monde et adore pieusement, émerveillements furtifs et souvent douloureux qui lui permettent de survivre.
C'est donc de la force du beau chez Genet qu'est évoqué ici en priorité, y compris quand cette passion pour l'esthétique embrasse son frère démoniaque : la fascination pour l'abject et, parfois, l'indéfendable.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Frantz Fanon, l'indocile. Une grande traversée sur France Culture.


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08.2020

Engagé politique et soignant, Frantz Fanon est né aux Antilles françaises dans l'entre-deux guerres. Il est devenu l'emblème de la lutte anticoloniale à travers son engagement dans la guerre d'Algérie aux côtés du FLN et grâce à son travail psychiatrique sur l'aliénation coloniale dans ses principaux ouvrages : Peau noire, masques blancs et Les Damnés de la terre. Mort en 1961 à 36 ans, quelques mois à peine avant l'indépendance algérienne, il a marqué de son empreinte la fin des empires coloniaux et sa pensée révolutionnaire inspire de nombreux combats, des Black Panthers aux Palestiniens, en passant par les militants anti-apartheid d’Afrique du Sud.

Une série documentaire réalisée par Anaïs Kien.

Simone Weil, Cristina Campo et Maria Zambrano : figures féminines de l'absolu. Avec Elisabeth Bart sur Radio Courtoisie.


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16.12.2019

Elles ont brillé, dans les ténèbres du XXe siècle - cette longue nuit de guerres, de totalitarismes, de barbarie où nous errons encore -, de leur désir de vérité et de cette volonté qui consiste à aimer inconditionnellement. Trois femmes, trois voix qui s'entrelacent sans le savoir en une seule flamme dans la nuit où le Verbe se fait silence, dans trois langues vivantes et soeurs, le français, l'italien, l'espagnol. Si différentes dans leur absolue singularité, elles se ressemblent, toutes trois de la lignée d'Antigone, éminente figure du sacrifice, de l'offrande sans concession, de l'amour sans conditions, du "moi" consumé pour accéder à l'être, sans lesquels il n'est pas de révolte authentique.
Dans le temps de vie qui leur fut imparti, brève et fulgurante trajectoire de Simone Weil (1909-1943), morte à trente-quatre ans, longue vie de Maria Zambrano (1904-1991) du début à la fin du siècle, parcours orienté dès la naissance par la maladie pour Cristina Campo (1923-1977) qui ne connut pas la vieillesse, elles ont eu cette capacité si rare de transformer leur vie en destin. Chacune de ces femmes laisse entendre une voix singulière, libérée de la pesanteur, d'une extraordinaire pureté, voix monacale, dépouillée comme le chant grégorien de Simone Weil, voix transparente aux mythes et aux rites de Cristina Campo, voix où bruissent les fleuves de l'exil, charriant les douleurs et les pleurs secrets de Maria Zambrano.

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.