Jean Coutrot, ingénieur et prophête de la technocratie et du transhumanisme. Avec Olivier Dard sur Radio Courtoisie.


(0)
274 Vues
0 commentaire
31.03.2024

Polytechnicien engagé dans l'industrie, taylorien fervent, Jean Coutrot est un des patrons ingénieurs les plus originaux de l'entre-deux-guerres, soucieux, à travers ses activités d'ingénieur-conseil et ses écrits, de rénover le fonctionnement des entreprises et de transformer les relations sociales : son objectif est de substituer au capitalisme d'alors un humanisme économique. Jean Coutrot est aussi un agitateur d'idées et un publiciste en vue.
Fer de lance du groupe X-Crise, et du groupe du 9 juillet 1934, il fréquente des figures de proue de la mouvance non-conformiste, de Georges Valois à l'Ordre Nouveau. Maître d'oeuvre des entretiens de Pontigny, il lance, avec le patronage d'Aldous Huxley et d'Alexis Carrel, un Centre d'études des problèmes humains. Cette création illustre le passage de Jean Coutrot du statut d'ingénieur à celui du prophète soucieux de régénérer une humanité jugée sclérosée et de bâtir, sur un soubassement rationaliste, un homme nouveau.
Loin d'oeuvrer au service d'une prétendue synarchie, Jean Coutrot professe ses idées au grand jour et espère les voir mises en oeuvre en 1936-1937, lorsqu'il conseille Charles Spinasse, le ministre de l'économie nationale du front populaire.
L'échec de Coutrot ne saurait faire oublier l'importance du personnage, qui ne tient pas tant à son individualité qu'au carrefour que représentent les groupements qu'il anime et qui permet de revisiter, sur un mode inédit, les novations intellectuelles des années trente.

Franz Kafka (1883-1924). Avec Marthe Robert, Eduard Goldstücker, Ivo Fleischmann et Joël Askénazi sur France Culture.


(0)
247 Vues
0 commentaire
19.03.1987

Depuis la mort de Kafka, chaque mouvement de pensée de ce siècle a, jusqu'à aujourd'hui, tenté tour à tour de s'approprier et d'exclure son œuvre. En France, le surréalisme, l'existentialisme, le Nouveau Roman et le structuralisme ont marqué de leur empreinte la lecture que nous faisons du Procès ou du Château : les intellectuels communistes, et non des moindres, se demandaient, dans notre pays, s'il fallait "brûler Kafka" ; en Tchécoslovaquie, d'autres communistes, au fameux congrès de Liblice de 1963, tentaient la réhabilitation d'un auteur jusque là interdit, et donnaient le feu vert à ce qui devait s'appeler trop prématurément "le printemps de Prague".
Aujourd'hui, de nouvelles traductions de ses œuvres ont été faites. La critique essaie de se refaire, dans le mesure de ses possibilités, une "virginité" du regard, où l'ironie, l'humour noir du texte l'emporteraient sur toutes les exégèses métaphysiques du passé.
A travers ce sinueux parcours, il s'agit donc de laisser parler le texte de Kafka (son journal, sa correspondance, aussi bien que la fiction) qui n'appartient à personne et demeure ainsi le bien de tous : il s'agit alors de cheminer le long de cet itinéraire qui demeure à plus d'un titre essentiel et unique pour tous ceux que l'enjeu de l'écriture interroge et met en jeu.

Émission "Une vie, une oeuvre", réalisée par Marie-Christine Navarro et Claude Giovannetti.

L'homme arc-en-ciel. Avec Michel Pastoureau sur France Culture.


(0)
387 Vues
0 commentaire
06.2023

Michel Pastoureau est une star dans son domaine : ses livres sont des best-sellers traduits dans une trentaine de langues, il est invité partout à faire des conférences, il est même devenu une sorte de gourou de la mode, ami de grands stylistes et conseiller "tendances".
Michel Pastoureau est un "homme arc-en-ciel" pour plusieurs raisons : son nom est certes indissociable de l'histoire des couleurs auxquelles il a consacré une série de livres publiés sur vingt ans aux éditions du Seuil, mais la diversité de ses recherches et de ses approches est grande, puisqu'il aussi connu du grand public comme l'auteur de livres sur les animaux dont il a retracé les histoires, que ce soit l'ours, le loup, le cochon ou le corbeau.
L'historien est également un pionnier dans son domaine : outre l'histoire des couleurs et des animaux qui n'étaient pas à la mode académique et publique à ses débuts dans les années 1970-80, pendant une première période de recherche, il s'est passionné pour les blasons, les emblèmes, les armoiries, autrement dit l'héraldique, qu'il a aussi contribué à sortir du mépris et à en faire une science historique à part entière.
Comme universitaire, Michel Pastoureau a occupé la chaire d'histoire de la symbolique médiévale à l'Ecole pratique des hautes études de 1982 à 2016, et il a été directeur d'études associé à l'Ecole des hautes études en sciences sociales de 1986 à 2006. Il fut aussi Conseiller historique sur les films d'Eric Rohmer et Jean-Jacques Annaud Perceval le Gallois (1978) et Le Nom de la rose (1986).
C'est un grand timide, mais un auteur prolifique de quelque 86 livres, et un chercheur qui se dit "heureux", ce qui n'est pas si fréquent !

Émission "À voix nue", produite par Caroline Broué.

À voix nue. Avec Maurice Merleau-Ponty sur France Culture.


(0)
374 Vues
0 commentaire
01.05.1959

Philosophe et professeur au Collège de France, Maurice Merleau-Ponty explore tout au long de ces entretiens les tensions entre le réel et les mots, ainsi que le rôle de la philosophie dans la société. Il discute de la diversité des opinions et des croyances, soulignant comment le langage peut à la fois révéler et dissoudre la réalité.
Merleau-Ponty aborde également sa propre expérience personnelle et intellectuelle, évoquant son enfance heureuse, ses études sans grandes difficultés et sa relation avec ses amis, Sartre au premier chef, et ses maîtres, comme Alain. Il élabore sur l'évolution de la philosophie et les défis posés par les mouvements politiques et idéologiques de son époque, notamment le marxisme et le communisme.
Dans un deuxième temps, il aborde ses voyages en Afrique, où il a observé les dynamiques coloniales et les interactions culturelles. Il discute des différences et des similitudes entre les peuples, soulignant l'importance de l'unité humaine malgré les divergences apparentes.
Merleau-Ponty partage enfin ses réflexions sur la philosophie politique, la nécessité de la liberté et les limites du pouvoir, tout en critiquant les dogmes et les systèmes de pensée rigides.
Un aperçu profond de sa pensée et de son engagement envers une philosophie vivante et critique.

Un entretien mené par Georges Charbonnier.Un entretien mené par Georges Charbonnier.

Hugo Pratt, ce "menteur du beau". Avec Milo Manara, Silvina Pratt, Dominique Petitfaux, José Munoz, Grégoire Prat, Alberto Ongaro et Michel Pierre sur France Culture.


(0)
298 Vues
0 commentaire
05.05.2020

Pour l'auteur de BD Hugo Pratt, "plus le livre s'éloigne du réel, plus il devient vrai et prend son envol, sans voile ni vent". Dans sa quête de la fable, il a toujours nourri son œuvre de sa vie et fait de sa vie une œuvre, dessinée entre les mers du sud, les mythes celtes, Venise, Buenos Aires, Addis-Abeba, la Kabbale ou la franc-maçonnerie.
Une vie d'aventures au service de la BD et des aquarelles au point que le nom de ce personnage phare qu'il crée à 40 ans finit par éclipser son créateur : Corto Maltese, personnage romantique complexe, marin, pirate, gentilhomme de fortune.
Corto Maltese a vu le jour sur l'île de Malte, le 10 juillet 1887. Son père était un marin des Cornouailles. Sa mère, une prostituée gitane de Séville, née à Triana d'où Magellan partit pour le premier voyage autour du monde, en 1519.
Hugo Pratt, lui, est un Vénitien avec un nom anglais, fils d'une Italienne juive hérétique, et d'un père militaire fasciste qui l'entraîne en Éthiopie en 1937. Ce voyage initiatique marquera à jamais le jeune soldat fasciste qui décide alors d'opter pour le crayon, apprend l'amharique, et trahit l'Italie.
Témoin troublé de la guerre et d'une époque révolue, Pratt raconte alors des histoires, situées avant la Grande Guerre, en les peuplant de ses expériences, de ses souvenirs et des lectures de son enfance. Conrad, Stevenson, London, Staline ou Gauguin y croisent le fameux Corto Maltese.
Après toutes ses aventures et ses conquêtes, Pratt, ce "menteur du beau" pudique et extraverti, finit sa vie en Suisse, au milieu de ses 20 000 livres, et disparaît le 20 août 1995. Corto Maltese, lui, continue à vivre depuis 2014 par la plume, l'encre et les idées des Espagnols Juan Diaz Canales et Rubén Pellejero.
Première figure du festival Angoulême, Hugo Pratt est devenu un auteur classique du neuvième art, François Mitterrand confiait qu'il était l'un des rares auteurs de BD qu'il lisait, Woody Allen le cite dans Hannah et ses sœurs, et Frank Miller lui rend hommage dans son fameux Sin City.

Émission "Toute une vie", réalisée par Elodie Maillot et Nathalie Salles.

La critique littéraire de Roger Nimier. Avec Marc Dambre à l'Université de Caen.


(0)
275 Vues
0 commentaire
13.11.2019

Surtout connu comme romancier (Les Epées, Le Hussard bleu, Les Enfants tristes, D'Artagnan amoureux...), l'écrivain Roger Nimier eut aussi dans les années 1950 une intense activité de critique littéraire.
Marc Dambre met en lumière les caractéristiques et les enjeux de cette critique (notamment recueillie dans les Journées de lecture), tout en interrogeant plus largement la démarche des écrivains-critiques et les valeurs qui sous-tendent la critique littéraire.

Lénine et le socialisme dans un seul pays. Avec Jean-Jacques Marie à l'Ecole Normale Supérieure.


(1)
367 Vues
0 commentaire
15.01.2023

En 1924, au moment de sa mort, Vladimir Ilitch Oulionov (1871-1924), dit Lénine, a perdu le contrôle du parti qu'il avait fondé en 1903. En 1943, l'Internationale qu'il avait créée en 1919 a été dissoute par son successeur. En 1991, l'État qu'il avait bâti en 1917 au milieu des ruines s'est effondré.
Pour comprendre cet homme, Jean-Jacques Marie va au-delà des légendes et des jugements moraux et, à la lumière des informations révélées par les archives soviétiques, nous restitue ce que fut la dernière période de sa vie, de 1917 à 1923.
Ni hagiographique ni inquisitorial, le travail de Jean-Jacques Marie permet également de mesurer l'héritage de cet "inventeur politique" hors-norme.

Une intervention qui se fait dans le cadre du séminaire "Lectures de Marx".

Rousseau contre le siècle des Lumières. Avec Alain de Benoist, Michel Maffesoli et Pierre Le Vigan sur TV Libertés.


(0)
417 Vues
0 commentaire
06.2025

Que savons-nous vraiment de Rousseau, hors quelques lieux communs ? Le "bon sauvage", l'homme naturellement bon mais corrompu par la société, la perfectibilité humaine, la volonté générale, le contrat social ?
Si Rousseau, à certains égards, est un moderne qui rejette les hiérarchies traditionnelles et croit en la souveraineté populaire, il ne se livre pas moins à une critique radicale de la société libérale, bourgeoise, progressiste et cosmopolite – à ses yeux, décadente – à laquelle il oppose la frugalité des Anciens et une démocratie autrement plus authentique et politique.

Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.