Un parcours philosophique, 1968-2018. Avec Paul-François Paoli sur Radio Courtoisie.


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24.09.2018

Des années 1970 à nos jours, Paul-François Paoli a traversé tous les bouleversements intellectuels et politiques. Il a cru au communisme avant de devenir conservateur. Mêlant grande et petite histoire, il relate les lendemains de Mai 68, où chacun voulait vivre selon son désir ; les années 1970, où la société libérale-libertaire a supplanté celle de l'après-guerre ; les années 1980, où la sexualité s'est confrontée aux lois du marché ; les années 1990, celles de toutes les désillusions – et les années 2000, où une nostalgie conservatrice a saisi la France.
Son récit est aussi l'occasion d'établir et de commenter la bibliothèque emblématique de ces décennies : de René Girard à Jean-Claude Michéa, en passant par Jean-Paul Sartre, Raymond Aron, Michel Foucault, Marcel Gauchet, Alexandre Soljenitsyne, Bernard-Henri Lévy, Michel Houellebecq ou encore Michel Onfray, Pierre Boutang et bien d'autres.
Entre chaos et fracas, passions et résignations, exaltations et désillusions, voici les confessions vraies d'un homme qui peut dire, avec Musset, que "l'espérance est restée en route, et le bonheur a manqué de parole".

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Rémi Soulié.

Autobiographie philosophique. Avec Pierre Magnard sur Radio Courtoisie.


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2014

Entré en khâgne pour y devenir traducteur de Virgile et d'Homère, Pierre Magnard reçut de Jean Beaufret l'interpellation de Heidegger, qui fit vaciller ses certitudes et une certaine manière d'être chrétien. Ce vacillement le conduisit vers Pascal, dont l'angoisse colore la foi d'une manière inoubliable, lequel Pascal le conduisit à Montaigne, ami de toute une vie. Deux figures en miroir entre lesquelles il lui parut urgent de ne jamais choisir, et auxquelles il consacra beaucoup de son industrie, comme à ces philosophes de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance que Char eût dit des Matinaux.
Un humanisme faisant l'épreuve du néant en l'homme et du silence de Dieu était possible, dont Maître Eckhart et Nicolas de Cues montrent le chemin ; un christianisme aussi, fondé non sur l'usage d'une raison dogmatique mais d'une raison joueuse, laquelle, tout en sachant que c'est le coeur qui lui donne ses principes, se déploiera en toute liberté.
Nous voici donc conté le chemin d'un philosophe, professeur émérite en Sorbonne, jusqu'à la couleur du matin profond...

Émission "Le monde de la philosophie", animée par Philippe Nemo.

Maurice Sachs (1906-1945), la mauvaise réputation. Avec Barbara Israël, Henri Raczymow, Thomas Clerc, Jacques de Castilla et Anne Perez-Franchini sur France Culture.


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11.03.2017

Né Maurice Ettinghausen à Paris, le jeune Sachs (du nom de sa mère) fréquente les pensionnats anglais puis, très vite, Le Bœuf sur le toit, ce lieu inventé par Cocteau où défile toute l'avant-garde de 1925. Maurice Sachs est un mondain, un futur écrivain, un séducteur, un amoureux des garçons, un voleur, un tricheur, un voyageur, un alcoolique, un homme tenté par le mysticisme (il se convertit au catholicisme avant de renoncer).
Maurice Sachs aura mille vies. Ami de Max Jacob, des Maritain, des Castaing, en affaires avec Chanel, brouillé avec Cocteau, sous la protection de Gide, Sachs traverse l’Atlantique, se fait conférencier aux Etats-Unis, se marie, abandonne sa femme, vivote sans le sou avec un jeune Californien à Paris, siège au comité de lecture de la NRF, et il écrit, il écrit, il écrit sans cesse, souvent, quand il peut... il rêve de devenir un écrivain. Ce ne sont que quelques péripéties.
Il rencontre Violette Leduc et l'incite à écrire. Il adopte un enfant juif qu'il abandonne. C'est la guerre, il n'a plus un sou, il revient à Paris, pendant l'Occupation et fait du trafic. Ce n'est pas très clair, mais il mène la grande vie à Paris, vit quai Conti, au 15 exactement : dans cet appartement où grandira, plus tard, le jeune Patrick Modiano. Et puis Maurice part en Allemagne, désargenté, il est traqué, il se fait grutier.
Un juif au cœur de la machine nazie. Il trahit, espionne pour les Allemands, protège ceux qui lui plaisent. Il est arrêté, mis à l'écart, les Alliés bombardent Hambourg. Sa prison est évacuée, il marche sur une route d'Allemagne. On lui tire une balle dans la tête. Il s'écroule. La légende, le mythe de Maurice Sachs viennent de commencer.
On le retrouvera plus tard, après la Libération, après la guerre. On dit qu'il aurait survécu, qu'il serait revenu, qu'il se serait enfui, sur un autre continent, qu'il aurait changé d'identité. Ses livres, magnifiques, paraissent alors : Le Sabbat, La Chasse à Courre (avant-guerre, il n'avait que peu publié).
C’est une voix unique, un témoignage des Années folles, des Années noires. Les années 20, 30, 40 – et tous les héros de ce temps. C’est un auteur "autofictif", un "autobiographe", juif, homosexuel, voleur, collabo, hystérique, génial, alcoolique, désespéré. Un personnage, une étrange figure qui hante La Place de l'Etoile, le premier livre de Patrick Modiano. Comme le fantôme de l'Occupation, d'une époque qui n'en finit pas de passer...

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Julien Thèves.

Marcel Proust et Lucien Daudet. Avec Antoine Compagnon à la Fondation Singer-Polignac.


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29.05.2018

Proust fit la connaissance des Daudet en 1894 : Alphonse et ses fils, Léon et Lucien. Ce dernier, mondain, cultivé, snob, et fils à maman, deviendra vite un ami, puis une passion de Marcel, auprès de qui il succèdera à Reynaldo Hahn, avant d’être remplacé par Douglas Ainslie. Le duel de Proust avec Jean Lorrain, en 1897, sera provoqué par une insinuation sur leurs relations.
Une longue amitié prendra le relais, faite de services mutuels, et Lucien Daudet fut l'un des premiers lecteurs des épreuves de Du côté de chez Swann dans l'été de 1913. À partir de 1916, ses visites boulevard Huassman devinrent de plus en plus régulières.

Une conférence prononcée dans le cadre du colloque "Proust et ses amis".

Marcel Aymé (1902-1967). Avec Jacques Laurent, Alphonse Boudard, Georges Wilson, Jean-Marie Turpin, Pascal Ory et Michel Lécureur sur France Culture.


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04.07.1991

Ecrivain politiquement de gauche puis de droite, Marcel Aymé fut décrié et traité de collabo par l'inteligentsia d'après-guerre.
Coupable ? Collabo ? Il n'en reste pas moins un auteur laissant une oeuvre importante à l'humour féroce.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Pascale Charpentier.

Hermann Hesse, entendre battre le coeur de la terre. Avec François Mathieu sur France Culture.


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04.10.2017

Hermann Hesse était-il, comme son personnage Harry Haller, un "loup des steppes" ? Toute sa vie, il a tenté de comprendre le sens de son existence et de celle des autres. Son œuvre est le reflet de cette quête de l'harmonie et de l'accord entre les hommes et le monde.
François Mathieu, traducteur de grands noms de la littérature allemande et critique littéraire, est l'auteur d'une biographie d'Hermann Hesse et vient nous parler de sa trajectoire et de son oeuvre.

Émission "La Compagnie des auteurs", animée par Matthieu Garrigou-Lagrange.

Drieu La Rochelle, une histoire de désamours. Avec Julien Hervier sur Radio Courtoisie.


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13.04.2018

Julien Hervier vient de sortir un livre qui, sous la forme d'un abécédaire, dresse un portrait vivant de Pierre Drieu la Rochelle. C'est particulièrement sous l'angle des "désamours" qu'il aborde cet écrivain constamment déçu des autres et de lui-même, jusqu'à son suicide en 1945.
D'Alcool à Saphisme, on retrouve les grands thèmes associés à Drieu : la guerre, la politique et la collaboration, l'amitié et la sexualité, et d'autres moins connus comme la peinture, les religions ou la drogue. Et bien sûr les figures déterminantes de sa vie, de Louis Aragon à Victoria Ocampo.

Émission du "Libre Journal des idées politiques", animée par Léon Morin.

Jean Giono, le déserteur du réel. Avec Michèle Gazier, Sylvie Durbet-Giono, Jacques Mény, Christian Morzewski, Pierre Michon, Pierre Magnard et André Reynaud sur France Culture.


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04.09.2008

Tel Ulysse, Giono est un rusé, un menteur colossal, un tragique à peine déguisé. Voyageur immobile ancré à Manosque, passé maître dans l'art de la fiction, il fera du roman son royaume.
En lisant et en écrivant, il s'est nourri du sang de la littérature, de toute la littérature, du polar à Faulkner. Très tôt reconnu par la critique et par le public, Giono a connu les vicissitudes de l'homme qui dit non... aux fascistes, aux communistes, aux petits bourgeois. Eloigné des coteries parisiennes et réfractaire à tout pittoresque régionaliste, Giono afficha un goût constant pour le cinéma, un goût très sûr qui le mènera derrière la caméra, suscitant l'admiration de Renoir, Truffaut et Godard.
Observateur implacable de la condition humaine, Giono s'impose comme le chantre de l'utopie et de la communion qui lie l'homme à la nature. Travailleur acharné épris de liberté, Giono exalte l'héroïsme de l'individu confronté à sa propre solitude.

Émission "Une vie, une oeuvre", animée par François Caunac.