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Qu'est ce que la cybernétique ? Comment cette science du contrôle est-elle née et quelles en sont les conséquences concrètes ?
Nathanaël Leroy, spécialiste du domaine, nous montre comment les technoilogies de contrôle se mettent en place et indique des moyens concrets de résistance pour lutter contre les tendances liberticides du cybercapitalisme.


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Qu'est ce qu'une constitution ? À quoi sert-elle ? Et qui, tout au long de l'histoire, en à présidé à la rédaction ?
Alain Dontaine, en revenant sur l'histoire mouvementée de nos différentes Républiques, mais aussi sur d'autres expériences menées à l'étranger, nous montre l'importance du processus constituant comme matrice de gestion des instances de pouvoir au sein des gouvernements représentatifs.
Saurons-nous en tirer les conséquences politiques ?


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La bibliothèque de Cluny recèle au moins un Coran : il s'agit tout de même d'avoir un minimum de connaissances quand on pratique la lutte religieuse !
Mais en matière de textes philosophiques, l'hospitalité est de règle : la différence n'est pas faite entre les Grecs, les Arabes, les Latins, les Juifs : ce qui importe, c'est de savoir s'ils sont bons ou mauvais philosophes.
C'est qu'il y a une philosophie au Moyen Age, enrichie par la métabolisation des grands textes anciens : le mot n'est pas inapproprié puisque se constituent, par étapes, des "états de la raison". C'est le mot "Moyen Age" qui est discutable. Les médiévaux ne se vivent pas comme "médiévaux", ils se sentent "modernes". Jusqu'où sont-ils contemporains les uns des autres ? Les uns vivent à l'ère musulmane, les autres à l'ère chrétienne. Les uns à l'Orient, les autres à l'Occident... La translation des savoirs est longtemps lente, complexe.
Il nous va falloir tendre la toile d'un bout à l'autre de la Méditerranée pour le voyage que nous allons accomplir. Voyage au long cours qui va s'accélerer quand, soudain, au XIIe siècle, les chrétiens latins vont devoir en trente ans assimiler ce que les musulmans avaient mis trois siècles à mûrir.
Emission "La marche de l'histoire", animée par Jean Lebrun.


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Puisqu'il est tellement question dans toutes les gazettes et dans bien des conversations – à vrai dire non sans raison – de la montée actuelle des populismes en Europe et aux Etats-Unis, l’envie apparaît d’aller scruter pour comparaison le moment du boulangisme, en France, dans les années 1880.
On voit en effet surgir alors, dans notre pays, une vague puissante portant un rejet de la démocratie représentative telle que pouvait la pratiquer la toute jeune Troisième République. A telle enseigne que le régime sembla tout près d’en être emporté.
Longtemps on a surtout parlé du populisme pour cette époque à propos des Etats-Unis. Mais les diverses composantes du phénomène, tel qu’on l’entend aujourd’hui, se retrouvent dans le cas du boulangisme.
Réaction brutale à une crise économique, à un malaise social, à une frustration nationale, tout cela accompagné d’une mise en cause morale des élites dirigeantes, qu’elles soient parlementaires, intellectuelles, médiatiques ou économiques.
On peut en même temps ajouter que ce précédent protège contre tout fatalisme désabusé. Car la Troisième République ainsi violemment bousculée, a trouvé dans ce défi finalement surmonté la chance d’une consolidation paradoxale et l’occasion d’un nouveau départ.
Bertrand Joly nous parle de ce temps où le général Georges Boulanger, le beau militaire à la barbe blonde, a paru sur le point de faire renaître en France un nouveau régime autoritaire.
Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.


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Alors que les grandes chaleurs se sont installées, il est temps de se plonger dans la saga philosophique "pour les nuls" de l'été !
Dominique Pagani nous promène dans la Phénoménologie de l’Esprit (1807) de Hegel, et nous en propose une lecture et un commentaire passionnants.
Un cours d'éducation populaire comme on les aime...


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Que nous dit Charlie, alors que se dissipent les ultimes mirages du 11 janvier ? Que le blasphème n'est pas de retour car il ne nous a jamais quittés. Qu'il n'est pas un principe religieux, mais qu'il a toujours été un instrument politique. De Rushdie à Dieudonné, d'Islamabad à Copenhague et de la Cour européenne des droits de l'homme à la Cour suprême des États-Unis, en passant par la Bible et le Coran, les caricatures de Mahomet et l'inflation des lois mémorielles, Anastasia Colosimo nous promène à travers les temps et les lieux du blasphème qui en dévoilent sans concession toute l'actualité.
Car, par-delà l'émotion, la question essentielle est de savoir si, aujourd'hui, la France n'a pas déjà tourné le dos, secrètement, à la liberté d'expression.


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Vienne, haut lieu des ruptures de la modernité avec Wittgenstein, Freud... et Carl Menger (1840-1921), l'auteur des Principes d'économie politique.
Menger renouvela la théorie de la valeur en lui donnant un fondement psychologique et en promouvant la valeur-utilité subjective. Il définit ainsi une alternative, dite marginaliste, au libre-échangisme britannique et au socialisme académique allemand alors dominants. Menger influença Hayek, Schumpeter... et décida, finalement, des grandes orientations de l'économie contemporaine.
C'est la vie et la pensée de ce penseur capital encore trop méconnu en France, fondateur de l'École autrichienne et maître de Eugen von Böhm-Bawerk, Ludwig von Mises, Murray Rothbard, que nous présente Gilles Campagnolo dans cet entretien.


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Disciple de Huysmans et du père de Foucauld, ami de Claudel et de Maritain, égal des Corbin et des Sholem, Louis Massignon est une des plus fascinantes figures de la pensée contemporaine.
Tressées l'une à l'autre, il vécut plusieurs vies d'un même élan : carrière savante (initiateur de l'islamologie mystique et de la sociologie musulmane, il occupa de 1926 à sa mort une chaire au Collège de France), destin spirituel (converti, en 1908, à la faveur d'une expérience spirituelle foudroyante, la célèbre "visitation de l'Étranger", il mena une vie de mystique à l'état civil et fonda le dialogue islamo-chrétien), vocation sociale (il initia dès les années 20 l'aide aux travailleurs émigrés et fut longtemps visiteur de prison), mission politique (longtemps il fut l'homme qui "expliqua" l'Orient au monde politique français ; l'après-guerre le vit s'engager d'abord aux côtés des Palestiniens puis des Marocains et Algériens dans le cadre de la décolonisation).
Dialogue Orient/Occident, face à face chrétienté/Islam, devoir d'ingérence et aide aux plus démunis, personnes déplacées : des questions qui sont encore les nôtres aujourd'hui, et qui ont été posées par ce grand orientaliste français, souvent à contre-courant de son époque.


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Soixante-dix ans après Simone de Beauvoir, la révolution féministe menée contre la domination masculine ne serait-elle pas achevée ? La conquête des droits politiques et sociaux est actée, le contrôle de la procréation acquis, le système de la parité imposé. Mais, telles les antiques Furies, les idéologues contemporaines s acharnent à militer pour un avenir radieux dont elles nient qu'il soit déjà advenu. C'est pourquoi le combat pour les femmes tourne à l' "isme" orwellien, revanchard et totalitaire.
Abolir la prostitution, mais autoriser la GPA... Supprimer la différence de genre dans les écoles, mais instaurer l'égalité de fonction dans les ministères... Réclamer l'émancipation du corps mais accepter l'imposition du voile... Soutenir que l'on peut être uniquement pro-choix, mais refuser que l'on puisse souffrir d'avoir avorté... Se proclamer de gauche et se targuer de faire entrer au chausse-pied la condition féminine dans le salariat...
Eugénie Bastié, en répondant aux questions de David L’Epée, dévoile la tragédie et la misère du féminisme contemporain qui, par aveuglement idéologique, s'est transformé en machine à lutter contre les intérêts des femmes réelles.


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Jean-Marc Daniel se penche sur le cas David Ricardo, l'un des économistes le plus important de l'histoire de la pensée économique. On peut estimer qu'il est le père du libéralisme car il a effectivement influencé toute la construction théorique du XIXe siècle.
Aujourd'hui, et malgré la révolution marginaliste qui a remis en cause sa théorie de la valeur, il continue d'inspirer beaucoup de penseurs.


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Il y a une vieille rivalité entre la France et les États-Unis. Nous vilipendons leur mentalité de cow-boys, leur matérialisme outrancier, leur inculture crasse et leur puritanisme, tandis qu’eux ironisent sur notre arrogance nationale, nos airs d’aristocrates et notre jacobinisme centralisateur.
Les beaux esprits voudraient étouffer nos désaccords au nom d’une grande concorde occidentalo-mondialiste. Mais ce serait faire bien peu de cas de la géopolitique. Nul ne peut nier le rôle joué par l’Amérique dans les tensions mondiales actuelles. La notion d’anti-américanisme est surtout utilisée par les défenseurs du système en place, qui sont nombreux dans les médias.
Le capitalisme étant dominé depuis un siècle par les États-Unis, il n’est pas étonnant que les représentants les plus éminents du monde libéral se sentent solidaires de l’Amérique, d’une façon presque corporatiste, ou pour mieux dire classiste. Ils sont solidaires de la Nouvelle Classe des élites globalisées, qui n’est pas exclusivement américaine, tant s’en faut, et qui l’est même de moins en moins, mais dont les États-Unis constituent depuis longtemps la figure tutélaire.


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Le mot de laïcité est entouré d’un halo qui parfois ne permet plus de savoir ce qu’il recouvre exactement. "Ecran ou étendard" pour reprendre les mots de Régis Debray, la laïcité mérite non seulement qu’on en reprécise les pourtours, mais qu’on comprenne bien comment l’interpréter et la pratiquer au quotidien.
La laïcité n’est pas l’athéisme et encore moins la tolérance. En France, la laïcité est une construction juridique fondée sur une exigence de la raison : l’égalité en droit de tous les êtres humains.
En voyant comment les questions d’appartenance et des symboles y relatifs sont devenues brûlantes, il devient urgent de "veiller de plus près aux mises en œuvre effectives d’un principe général consubstantiel à la République, qui ne se réduit pas seulement au rapport de l’Etat et des Eglises" (Régis Debray).
Comment faire ? Qu’autoriser et qu’interdire dans les situations concrètes ?