

(0)
Le biologiste et statisticien Claude Timmerman a entrepris depuis une dizaine d'années des recherches sur les origines historiques du peuple juif, recherches où il se propose de remettre certaines réalités historiques en perspective, grâce notamment aux découvertes archéologiques les plus récentes.
Retournant aux temps de l'écriture des textes bibliques, il nous dévoile ici plusieurs millénaires d'affabulations et d'anachronismes au service du mythe politique de la terre d'Israël occupée continûment depuis ses origines par le peuple d'Abraham à qui Yahvé l'aurait dévolue.


(0)
Au commencement est un livre, couverture jaune, perdu à 7, 15, 20 exemplaires de par le monde, Les chants de Maldoror, par le Comte de Lautréamont. Sous ce masque inamovible se cache un jeune poète, le montévidéen Isidore Ducasse.
L'histoire devrait s'arrêter là. Mais nul autre texte n'aura été autant prétexte à fantasmes et projections. Parmi les "inventeurs" de Lautréamont, des Léon Bloy, Philippe Soupault, Julien Gracq, Blanchot, Bachelard...
Dès lors, que dire, qu'oser dire encore d'Isidore Ducasse ? Qu'il tue encore et toujours ses lecteurs après les avoir assommés ? Comment traquer Isidore Lautréamont aujourd'hui ?
Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Anita Castiel.


(0)
Éditeur, historien et essayiste, François-Marin Fleutot vient de publier un livre consacré aux Rois de France excommuniés.
On se souvient d'ordinaire de l’excommunication d'un ou deux rois de France alors que, de Hugues Capet à Louis XIV, seize Capétiens ont subi les foudres vaticanes parce qu'ils refusaient d'obéir à Rome, récusaient l'infaillibilité pontificale ou refusaient d'appeler à la croisade.
Au fil de ces conflits se dessine une politique constante fondée sur le principe d'indépendance du royaume à l'égard du pouvoir temporel des papes. Dans la politique de souveraineté qui s'affirme, nous pouvons lire la préhistoire de notre laïcité.


(0)
Riche de la promesse d'une convergence économique et politique au sein de l'Union européenne, la création de l'euro et son utilisation depuis vingt ans ont entrainé au contraire une divergence et des tensions, notamment entre le nord et le sud du continent. Comment en sommes-nous arrivés là ?
L'économiste Gaël Giraud nous aide à comprendre le sens de la crise profonde des institutions européenne, notamment financières, et nous propose quelques idées d'action pour y faire face.
Une conférence prononcée dans le colloque "Revisiter les solidarités en Europe" organisé par Alain Supiot.


(0)
De l'Amérique latine à la Chine en passant par la Grèce, la Tunisie et l'Égypte, la dette a été utilisée comme une arme de domination et de spoliation.
Le recours à l'endettement extérieur et l'adoption du libre-échange constituent à partir du XIXe siècle un facteur fondamental de la mise sous tutelle d'économies entières par les puissances capitalistes.
La Grèce des années 2010 est un exemple supplémentaire d'un pays et d'un peuple privés de liberté sous le prétexte de rembourser une dette illégitime.
Cette dictature de la dette n'est pas inéluctable. En deux siècles, plusieurs États ont annulé leurs dettes avec succès. Eric Toussaint analyse les répudiations réalisées par le Mexique, les États-Unis, Cuba, le Costa Rica et la Russie des soviets. Il met en lumière et actualise la doctrine de la dette odieuse.
Ce travail donne les clés indispensables pour comprendre la mécanique implacable de la dette et l’évolution du monde capitaliste au cours des deux derniers siècles.


(0)
C'est en compagnie de Jean-Marc Jancovici, président du think-tank The Shift Project, qu'est abordée la question -fondamentale pour notre avenir- des entraves à la sortie d'une économie européenne basée sur les énergies fossiles.
Sommaire :
- 0'02'12 : quel bilan pour sa campagne de lobbying Decarbonize Europe pendant l’élection présidentielle de 2017 ?
- 0'13'53 : les victoires au niveau des décideurs économiques
- 0'17'21 : quel feedback des décideurs politiques sur le charbon ou la rénovation des bâtiments ?
- 0'21'13 : les verrous à la rénovation des bâtiments
- 0'28'18 : rénover les bâtiments (sans réduire leur superficie), remplacer le charbon (sans réduire la quantité d'électricité) ne crée-t-il pas des effets rebond ?
- 0'36'22 : les différents types d'économie d'énergie
- 0'42'30 : l'efficacité énergétique est-elle une bonne politique pour résoudre les problèmes du climat ?
- 0'53'39 : pourquoi c'est compliqué de décarboner en faisant croître le PIB
- 1'02'43 : accepter la décroissance du PIB est-elle alors un pré-requis pour décarboner notre économie ?
- 1'08'49 : comment articuler la question du carbone avec les problèmes concrets des gens
Une émission animée par Damien Detcherry.


(0)
A écouter les informations et à lire les enquêtes sociologiques, on pourrait croire qu'il n'y a en France que des métropoles trépidantes et des cités sensibles. L'actualité nous balotte entre grandes villes et ghettos urbains et le reste passe à la trappe ou surgit sporadiquement dans la rubrique des faits divers.
Avec leurs ouvrages respectifs Gens de Campagnol et La Fin du Village, Christian Combaz et Jean Pierre le Goff réparent cette injustice. Ils réintègrent dans la mémoire collective et dans l'histoire contemporaine les oubliés de la nouvelle France.


(0)
L'angoisse d'être libre… Il est tellement plus rassurant de ne pas l'être, et de ne pas avoir à faire de choix. Voilà un thème considérablement travaillé par la philosophes, mais qui intéresse aussi les historiens.
L'avènement de l'individu libre ou, du moins, délié des enracinements et conditionnements traditionnels, est un phénomène récent dans l'histoire de l'humanité. En Europe, il a marqué l'Allemagne de la fin du XIXe siècle : industrialisation rapide, urbanisation galopante, exode rural massif… Des millions d'hommes se retrouvent "libres" et la "communauté" traditionnelle cède le pas à une "société", étudiée par une discipline naissante, la "sociologie". Conscient du caractère traumatisant du phénomène, Bismarck crée une législation "sociale" pour donner corps et consistance à cette société naissante.
Mais l’avènement d'une "société ouverte" (Karl Popper) n'a pas que des amis : face au bouleversement de la modernité, la communauté fermée, celle de la race et du sol, apparaît comme une solution possible, voire désirable.
L’étude du cas allemand à la fin du XIXe siècle, avec ses mutations vertigineuses, ses innovations et ses replis, est d'une actualité sidérante pour aujourd'hui.


(0)
Le professeur au Collège de France Henry Laurens, titulaire de la Chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, nous expose les différentes acceptions du terme 'barbarie' dans l'histoire.
C'est toute la culture occidentale qui est hantée par ce terme : les "invasions barbares" étant à l'origine de la fondation de l'Europe, une ambivalence fondatrice existe là, entre valorisation des barbares et apologie de l'Antiquité.
Une conférence importante car, comme le disait l'intellectuel Tzvetan Todorov, "on ne peut avancer dans la voie de la civilisation sans avoir reconnu au préalable la pluralité des cultures".


(0)
Critique littéraire et docteur en lettres, Rémi Soulié vient nous présenter son dernier ouvrage Racination, publié aux éditions Pierre-Guillaume de Roux. Il revient sur la catastrophe du déracinement contemporain et sur le nécessaire réenracinement des corps et des esprits.
Mais à l'heure où le concept d'identité est sur toutes les lèvres, Rémi Soulié nous invite davantage à nous intéresser, pour faire face aux enjeux de notre temps, au concept plus dynamique de racine. C'est une relecture poétique, philosophique et politique du "prendre-racine" qui nous est proposée.


(0)
Gilles Deleuze est, avec Michel Foucault, la grande figure intellectuelle des années 70. Né en 1925 dans une famille bourgeoise, il commence sa carrière de façon académique par une agrégation de philosophie, puis un poste de professeur de lycée dans deux villes de province, Amiens et Orléans.
Mais très vite, il explose les règles. D'abord, plusieurs de ses anciens élèves témoigneront de son humour et de la façon dont il faisait entrer dans ses cours la littérature, la psychanalyse et les arts plastiques, ce qui, dans les années 50, est exceptionnel. Parallèlement, il commence son œuvre avec des monographies de philosophes que l'époque laissait à la marge ; parmi eux, Bergson et Spinoza. Deleuze est immédiatement un créateur, il bouscule la lecture traditionnelle des auteurs sur lesquels il se penche. Chez Bergson, c’est le vitalisme qui l'intéresse. Et le vitalisme sera la marque de fabrique de Deleuze.
Arrive Mai 68, qui est fait pour lui. L'heure est au bouillonnement, au désir et aux rencontres tous azimuts. Vivre pour Gilles Deleuze signifie être aux aguets, essayer, rencontrer, éprouver sa puissance vitale.
En 1969, Félix Guattari entre dans la vie de Gilles Deleuze ; en 1972, ils donnent aux sciences humaines le livre qui incarne les années 70, L'Anti-Œdipe, et Deleuze est une star : il est professeur de philosophie à Vincennes, il parle à ses élèves de rhizome, de fractales, de machines désirantes. Avec ses concepts, un vent nouveau souffle sur la pensée.
Gilles Deleuze est mort en 1995, après ses amis François Châtelet, Michel Foucault, Félix Guattari. Ses livres ou ceux qu'il a cosignés avec Guattari, Qu'est-ce que la philosophie ?, Mille Plateaux, ou encore L'Abécédaire, présentent des concepts avec lesquels aujourd'hui on pense la littérature, le cinéma, et l'architecture.
Émission "Une vie, une oeuvre", animée par Virginie Bloch-Lainé et Clothilde Pivin.


(0)
L'utilisation du terme "génocide" pour qualifier les exactions commises par les bleus sur les vendéens entre 1793 et 1794 fait débat depuis presque 30 ans.
L'historien Jean-Clément Martin, spécialiste de la Révolution française et de son historiographie, nous explique en quoi il est opposé à l'usage de ce terme pour décrire et définir les massacres qui se sont déroulés à cette époque en Vendée - 200'000 morts, soit 20 à 30% du total des morts de la Révolution française.
Réfractaire à tout catéchisme idéologique, il veut cherche surtout à (faire) comprendre le "phénomène vendéen" dans toute sa complexité, en affranchissant la période des interprétations consacrées qui l'inscrivent toujours dans une lutte entre le bien et le mal.