

(0)
Depuis quelques années, les organisations de droite qui manifestent dans la rue semblent souffrir d'une amnésie mémorielle les empêchant de mobiliser le souvenir d'épisodes antérieurs. Ceux-ci, pourtant, ont rythmé l'histoire des droites françaises et été d'une ampleur parfois exceptionnelle.
Olivier Dard et Danielle Tartakowsky s'attachent à montrer que les droites françaises sont plus souvent descendues dans la rue qu'on ne le croit d'ordinaire. Elles ont contribué à l'émergence de la manifestation de rue, en ont fait un usage précoce et durable, et se sont plusieurs fois essayées à peser sur la nature du régime républicain. Elles ont ainsi créé leur propre répertoire d'action, distinct de celui des gauches, et puissamment contribué à redéfinir la place de la manifestation dans le système politique actuel.
Émission "La Fabrique de l'Histoire", animée par Emmanuel Laurentin.


(0)
Qui se souvient de la critique sans appel d'Hermann Broch qui définissait l'attitude kitsch comme celle de : "celui qui veut plaire à tout prix et au plus grand nombre" ? Après avoir été ostracisé et remisé au rang de non-art, tout au long de la modernité artistique, le kitsch, à la fin du XXe siècle, se voit attribuer pour sa subversion des anciens critères une reconnaissance inédite par l'industrie culturelle et le marché de l'art contemporain.
Un tel renversement des critères serait-il une question à circonscrire aux seuls domaines de l'art et de l’esthétique ? Que le kitsch suscite émotion et plaisir esthétique n'est pas chose nouvelle. Mais que le monde de l'art encense ce qu'il qualifiait de non-art autrefois témoigne d'une volonté d'éradiquer tout critère de hiérarchie des valeurs.
Si la bonne réception du kitsch peut s'examiner à l'aune d'un contexte de profonde mutation culturelle et anthropologique, Valérie Arrault l'envisage également comme un symptôme d'une vision du monde indifférente aux règles épousant en cela la logique culturelle du postmodernisme et celle du système économique néolibéral triomphant.


(0)

(0)
La "sécurité", des "politiques sécuritaires" répressives (renforcement des moyens policiers, État d’urgence, vidéo-surveillance) aux discours politiciens contre "l'insécurité", est partout, au point qu'une critique légitime des institutions et des technologies sécuritaires s'est largement développée des libéraux de gauche jusqu'aux anarchistes.
On ne peut toutefois en rester à cette critique et à une dénonciation des "mauvaises sécurités" (répressives) au nom des "bonnes sécurités" (sociale, de l'emploi, des personnes, etc.) : la sécurité est une catégorie fondamentale du capitalisme, elle est l'ensemble des rapports sociaux et des dispositifs visant à une reproduction optimale de l'ordre capitaliste au travers de l'élimination des "risques", qu'il s'agisse d'éliminer celui d'une révolution aux moyens de la "sécurité sociale" en 1945 ou de celui d'une perturbation de l'économie et ses agents aux moyens de la "sécurité intérieure" et de la "sécurité civile".
Il faut donc se défaire du fétichisme de la sécurité, c'est-à-dire de sa naturalisation positive comme de son opposition à la "liberté" (également capitaliste), puisque la sécurité est en réalité celle du capitalisme et de son monde.
Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.


(0)
Nous vivons dans un monde dont la caractéristique principale est son absence de sens. Nous avons reçu un héritage, mais sans testament, et nous retrouvons dans la position des héritiers sans mandat, incapables dès lors de recevoir, de conserver et de transmettre.
Mais comment en sommes-nous arrivés là ? Et qui en est responsable ? Ce sont les questions auxquelles répond le philosophie Pierre Magnard, en revenant sur le travail de sape que les déconstructeurs ont opéré dans le champ de la pensée réflexive.
Émission "Le monde de la philosophie", animée par Philippe Nemo.


(0)
Les choses ont beaucoup changé depuis la guerre du Kosovo du printemps 1999, alors que Boris Eltsine dirigeait une Russie très affaiblie qui se fit imposer une guerre qu'elle n'avait pas voulue. Ce pays c'est depuis relevé avec Vladimir Poutine à sa tête, pour s'affirmer comme une puissance incontournable sur la scène internationale. Quelle rôle la Russie fait-elle désormais jouer à sa diplomatie, et selon quelles méthodes ?
C'est à ces questions que répond Renaud Girard, chroniqueur de politique internationale et grand reporter de guerre depuis plus de trente ans. Il plaide pour une approche réaliste des relations internationales, position qui nous oblige à traiter avec tous les acteurs d'une scène internationale multipolarisée, et en nous obligeant donc à reconnaître leur légitimité et à les comprendre.


(0)
Alors que le Parlement français vient d'approuver la prolongation de l'état d'urgence à la suite des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, il est important de ce demander d'où il procède.
Sur le plan légal, la la loi votée le 3 avril 1955, préparée sous le gouvernement de Pierre Mendès France et votée sous le gouvernement suivant dirigé par Edgar Faure, a été mise en vigueur trois fois durant la guerre d'Algérie : 1955, 1958 au moment de la crise de la IVe République et en 1961 durant le putsch des généraux.
Dès le départ, il y a une ambiguïté dans les termes de cette loi : l'état d'urgence est choisi plutôt que l'état de siège, afin de taire l'existence de la guerre d'Algérie mais aussi de nier le statut de combattants aux nationalistes algériens.
Cette ambiguïté demeure aujourd'hui et doit être réinterprétée avec les enjeux du moment.
Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.


(0)
Si la guerre est le thème lancinant de la philosophie politique, la paix est celui de la philosophie du droit. La question est de savoir : comment passe-t-on de la guerre à la paix et en quoi la justice peut-elle nous aider à sortir de cette terreur ? Est-ce que le droit, la justice, le procès, avec ses instruments ordinaires de la peine, de l'accusation, de la défense peuvent être étendus à des crimes immenses, des atrocités de masse, comme des crimes contre l'humanité, des génocides ?
Émission "Le Bien commun", animée par Antoine Garapon.


(0)
Proust fit la connaissance des Daudet en 1894 : Alphonse et ses fils, Léon et Lucien. Ce dernier, mondain, cultivé, snob, et fils à maman, deviendra vite un ami, puis une passion de Marcel, auprès de qui il succèdera à Reynaldo Hahn, avant d’être remplacé par Douglas Ainslie. Le duel de Proust avec Jean Lorrain, en 1897, sera provoqué par une insinuation sur leurs relations.
Une longue amitié prendra le relais, faite de services mutuels, et Lucien Daudet fut l'un des premiers lecteurs des épreuves de Du côté de chez Swann dans l'été de 1913. À partir de 1916, ses visites boulevard Huassman devinrent de plus en plus régulières.
Une conférence prononcée dans le cadre du colloque "Proust et ses amis".


(0)
Jean-Marie Brohm, sociologue et théoricien critique du sport capitaliste, nous propose une analyse critique des Jeux Olympiques comme institution capitaliste et comme mystification idéologique.
Dans un deuxième temps, il revient sur l'histoire des Jeux Olympiques modernes (notamment des Jeux Olympiques de Berlin de 1936) et sur la personnalité de Pierre de Coubertin.
Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.



(1)
Le grand historien israélien Shlomo Sand revisite une histoire qui, de l'affaire Dreyfus à l'après-Charlie, lui apparaît comme celle d'une longue déchéance. Depuis ses années d'étude à Paris jusqu'à aujourd'hui, il a côtoyé le petit monde de la vie intellectuelle parisienne tout en sachant garder ses distances. Fort de cette expérience, il bouscule certains mythes attachés à cette figure de l'intellectuel, que la France s'enorgueillit d'avoir inventée.
Alors qu'il fut dans sa jeunesse un admirateur de Zola, Sartre et Camus, Shlomo Sand est aujourd'hui sidéré de voir ce que l'intellectuel parisien est devenu quand il s'incarne sous les traits de Michel Houellebecq, Éric Zemmour ou Alain Finkielkraut...
Au terme d'une analyse sans concession, où il s'interroge en particulier sur la judéophobie et l'islamophobie de nos "élites", il jette sur la scène intellectuelle française un regard à la fois désabusé et sarcastique.


(0)
L'écrivain Marien Defalvard nous présente son premier roman, publié alors qu'il n'a que 19 ans et écrite quelques années plus tôt. Celui-ci narre les rêveries solitaires d'un homme qui se retourne sur sa vie, rythmée par des dates et des lieux de France qui ont marqué son esprit et qui la contemple d'un œil distant, fantasque.
Une première oeuvre étonnante qui aura suscité un accueil très contrasté.