Cybernétique et techniques de gouvernement. Avec Ivan Bouchardeau pour Lundi matin.


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Enregistré le 03.2026
Posté le 21.04.2026
Durée : 1 heures 17 minutes 11 secondes


Description :
En 1966, à la question "Qu'est-ce qui prend la place de la philosophie aujourd'hui ?", Heidegger répondit : "La cybernétique." Ivan Bouchardeau aborde ici frontalement la question à laquelle Heidegger répond à la volée. Il se confronte au difficile problème de la définition de la "cybernétique", cette science du contrôle et de la communication, cette "utopie de l'information", ou encore, étymologiquement, cette science du gouvernement (kubernétès, en grec : gouvernail).
Il ne prend pas la cybernétique à la lettre, mais au sérieux, à la fois comme discours mythique dans les modalités de la science moderne opposant le chaos de l'entropie à l'ordre de l'information, et comme aboutissement de traditions pluriséculaires : pour les uns (Heidegger), la cybernétique venait se substituer à la philosophie en réalisant le Logos grec ; pour d'autres (Musso), elle était l'ultime incarnation de l'esprit depuis que l'idéologie chrétienne d'un dieu fait chair se serait répandu en occident. Pour d'autres encore, la cybernétique était le développement logique, nécessaire, et annoncé par Marx de la division sociale du travail en division cognitive du travail, et de la réification du capital en tant que technologie de la productivité mentale.
On y (re)découvre que la cybernétique ne fut pas qu'une tentative de science ou de mythification et de relance de la modernité après deux guerres mondiales, mais aussi un paradigme de gouvernement, une manière de faire tenir ensemble spontanéité contrôlée et planification douce, voire insensible. Ce paradigme fut mis en oeuvre tant par des socialistes, comme Allende au Chili avec le projet Cybersyn, que par les néo-libéraux qui y virent une méthode pour réaliser la main invisible du marché.
Un travail très riche, dont l'un des aspects les plus original est peut-être la mise en évidence du renversement de Heidegger par des apôtres de l'IA qui envisagèrent, il n'y a pas si longtemps, des "IA heideggérienne" dotées de leur être-au-monde.

 - 0'00'00 : Introduction
 - 0'01'18 : Ramener l'Esprit à la matière
 - 0'06'51 : Qu'est-ce que la cybernétique ?
 - 0'13'20 : L'origine balistique de la cybernétique
 - 0'18'12 : Position prévue et position effective
 - 0'21'14 : Boucle de rétroaction et information
 - 0'25'44 : Un mythe cosmologique
 - 0'28'24 : L'irréversibilité des processus
 - 0'30'37 : L'extension du modèle à un mythe plus large
 - 0'37'12 : La cybernétique : aboutissement et clé de voûte de l'occident ?
 - 0'38'52 : Heidegger et l'oubli de l'être par le calcul
 - 0'42'32 : Pierre Musso, la religion industrielle et l'incarnation.
 - 0'47'55 : James R. Beniger, la révolution du contrôle
 - 0'53'36 : Les implications politiques de la cybernétique en contexte socialiste
 - 1'01'08 : Les implications politiques de la cybernétique dans la théorie néolibérale
 - 1'03'54 : La critique Heideggerienne de l'IA d'Hubert Dreyfus
 - 1'11'37 : Les IA Heideggeriennes

Un entretien mené par Blaise Marchandeau.



Cybernétique Sciences Norbert Wiener Entropie Théorie de l'information Intelligence artificielle Heidegger Pierre Musso
Ivan Bouchardeau Lundi matin

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