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Jusqu'où l'IA va-t-elle transformer le monde du travail et nos sociétés ? Comment maintenir la France et l'Europe dans la course à la souveraineté technologique ?
Ingénieur en intelligence artificielle, Aymeric Roucher explique en termes accessibles les décennies d'innovation qui ont mené des réseaux de neurones aux Large Language Model. À partir des enjeux en présence, les données, l'énergie ou la puissance de calcul, il analyse les ressources de l'IA pour dépasser notre conception de l'intelligence.
Demain, les agents IA – des programmes capables d'exécuter des tâches en autonomie – atteindront une performance qui disqualifiera en partie le travail humain. Et il n'y aura pas un transfert d'emplois pour tous...
Devant les immenses promesses de l'IA, il est temps de mesurer aussi ses risques écologiques ou sociaux, afin de préparer une transition sereine.
- 0'00'00 : Pourquoi avoir écrit ce livre ?
- 0'03'11 : Comment fonctionne l'IA ?
- 0'09'42 : L'IA est-elle capable de créer ?
- 0'16'29 : L'IA sait tout faire ?
- 0'24'17 : Les bienfaits de l'IA
- 0'35'22 : Les dangers de l'IA
- 0'45'06 : L'IA comme "parasite"
- 0'58'51 : Comment reconnaître l'IA
- 1'02'43 : Les conséquences inattendues de l'IA
- 1'09'52 : Le risque de la concentration des pouvoirs
- 1'13'23 : L' "Opération Prométhée"
- 1'24'59 : L'ingénieur jardinier
- 1'32'09 : L?IA, un humain de compagnie ?
Un entretien mené par Pierre Valentin.


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Le 25 mai, le pape Léon XIV a présenté Magnifica Humanitas, première encyclique consacrée à l'intelligence artificielle et premier grand texte doctrinal de son pontificat. Signée le 15 mai, à l'occasion du 135e anniversaire de Rerum Novarum, l'encyclique inscrit explicitement la révolution de l'IA dans l'héritage de la doctrine sociale de l'Église inaugurée par Léon XIII face à la révolution industrielle. Ce texte entend proposer une doctrine catholique de l'IA, articulant critique du capitalisme technologique, réflexion géopolitique sur la guerre et interrogation anthropologique sur la place de l'homme dans un monde automatisé.
Que dit-donc l'Église des enjeux liés à l'IA et que signifie l'entrée du Vatican dans le débat mondial sur la gouvernance des technologies émergentes ?


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C'est l'obsession de l'époque. Entreprises, politiques, chercheurs... ne jurent que par elle, car elle laisse entrevoir des perspectives économiques illimitées ainsi que l'émergence d'un monde partout sécurisé, optimisé et fluidifié. L'objet de cet enivrement, c'est l'intelligence artificielle.
Elle génère pléthore de discours qui occultent sa principale fonction : énoncer la vérité. Elle se dresse comme une puissance habilitée à expertiser le réel de façon plus fiable que nous-mêmes. L'intelligence artificielle est appelée à imposer sa loi, orientant la conduite des affaires humaines.
Désormais, une technologie revêt un "pouvoir injonctif" entraînant l'éradication progressive des principes juridicopolitiques qui nous fondent, soit le libre exercice de notre faculté de jugement et d'action.
Chaque énonciation de la vérité vise à générer quantité d'actions tout au long de notre quotidien, faisant émerger une "main invisible automatisée", une "data driven society", où le moindre phénomène du réel se trouve analysé en vue d'être monétisé ou orienté à des fins utilitaristes.
Il s'avère impératif de s'opposer à cette offensive antihumaniste et de faire valoir, contre une rationalité normative promettant la perfection supposée en toute chose, des formes de rationalité fondées sur la pluralité des êtres et l'incertitude inhérente à la vie.
Tel est l'enjeu politique majeur de notre temps.


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Notre époque vit un tournant majeur : le basculement d'une civilisation du signe et du texte dans une civilisation du signal numérique et de l'algorithme. Ce basculement ne relève pas seulement de l'innovation technique, il reconfigure radicalement l'image que nous nous faisons de ce que c'est que "penser", nos manières de produire ce que nous tenons pour "la réalité", les modes d'exercice du pouvoir, et les manières de devenir des sujets politiques et juridiques.
Du déploiement de systèmes de scoring de risque dans les domaines de l'évaluation de crédit, de la police et de la justice et de l'aide sociale aux dispositifs d'optimisation urbaine et de gestion en temps réel des flux de la "smart city", jusqu'aux modèles de langage génératifs capables de produire du texte ou du code, ces innovations redéfinissent nos manières de percevoir, d'anticiper et d'agir.
Ce qu'on appelle le réalisme algorithmique désigne à la fois un régime onto-épistémologique et un discours politico-idéologique : la détection et la corrélation computationnelles se substituent à la représentation symbolique, traitant les corrélations comme si elles étaient la réalité elle-même, tandis que sur un plan discursif le développement de l'IA et la conversion de la plupart des secteurs d'activité et de gouvernement à l'IA sont présentées comme à la fois inévitables et éthiquement mandatées.
Trois logiques temporelles structurent ce régime de réalisme algorithmique — prédiction, préemption et préformation — la dernière étant la plus décisive car elle suppose que l'avenir est déjà latent dans les données, qu'il suffit de le "déplier". Ce préformationnisme algorithmique métabolise l'indétermination en travail d'optimisation et organise la gouvernance autour de l'urgence, éclipsant le "commun" : l'espace-temps d'indétermination nécessaire à l'imagination collective et à la délibération politique.
Antoinette Rouvroy analyse comment "l'optimisation éthique" traduit les conflits de justification en choix de paramètres et gestion des risques, court-circuitant l'exigence juridique de donner des raisons. Face à cette éclipse du commun, elle proposerai une praxis jurisgénérative qui réactive l'exigence de raisons et soutient l'imagination collective.

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Le monde moderne, depuis quatre siècles, est dominé par la machinerie. Il naît avec la production capitaliste. Elle va rapidement entrer en symbiose avec le développement capitaliste qui trouve dans la mécanique, son moteur. Calcul, prédictibilité, pouvoir d'abstraction, les catégories de la science moderne sont adéquates à ce nouveau mode de production qui va envahir la planète.
Or, toutes les tendances qui conduisent à l'élimination de la vie au profit du mécanique conduisent à une réification générale de la vie humaine et une perte de notre être-au-monde. Faire de la nature une simple matière première, remplacer les processus vitaux par des procédures mécaniques, tout cela conduit à traiter les humains comme des choses, pour en faire des êtres prédictibles. S'impose donc la nécessité de penser une résistance à ce mouvement.
L'involution du grand mouvement des Lumières vers la formation d'une cage d'acier technoscientifique pose la tâche de retrouver le sens de la nature et de la vie, de repenser l’enracinement au-delà de ce qu'avait esquissé Simone Weil, de refaire de la nature une sphère de résonance.
Émission du "Libre journal d'Hugues Sérapion".


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Quelques semaines après le sommet consacré par le gouvernement à l'Intelligence Artificielle, une émission sur l'IA parait inévitable. L'ampleur du phénomène et la vitesse de son déploiement, prodige de la technoscience qui empiète allégrement sur le propre de l'être humain, est sans précédent dans l'histoire des révolutions technologiques.
Formidable outil, faisant preuve d'une monstrueuse efficacité dans les tâches opérationnelles qui lui sont confiées, promesse d'une facilitation de tous les aspects de la vie quotidienne, l'Intelligence Artificielle suscite pourtant de vives inquiétudes.
Ainsi, que dire aux plus jeunes qui remettraient en cause la nécessité d'une éducation académique formelle ? Quid de toutes les professions créatives menacées, dans des domaines aussi variés que la traduction, l'éducation, le doublage ou la médecine généraliste ? L'Intelligence Artificielle doit-elle être régulée ? interdite ?
Émission "Répliques", animée par Alain Finkielkraut.
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L'économiste et philosophe Frédéric Lordon propose une critique radicale et méthodique des structures du capitalisme financier. Il s'attaque aux dogmes du système financier contemporain avec une ligne claire : "taper fort" et ramener l'analyse économique à une simplicité absolue pour détruire les arguments de la complexité.
Frédéric Lordon décompose les mécanismes du capitalisme en plusieurs étapes successives pour en montrer la toxicité intrinsèque puis, afin de rompre avec cet ordre établi (crédit privé, pouvoir actionnarial et liquidité permanente), formule des mesures d'une clarté redoutable (taux de rendement normatif strict et fermeture de la Bourse). Quitte à provoquer quelques réactions indignées chez les partisans du marché...


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Thibaut Giraud, docteur en philosophie et animateur de la chaîne YouTube Monsieur Phi, revient en détail, en compagnie de Fabien Mikol, agrégé de philosophie reconverti dans la biologie de la conservation, sur neufs mensonges couramment colportés dans les médias à propos de l'intelligence artificielle.
Une occasion unique d'analyser et déconstruire les discours trompeurs autour de l'intelligence artificielle et de mieux comprendre les enjeux philosophiques soulevés par cette rupture technologique majeure.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'56 : Idée reçue 1 : l'IA ce n'est que des maths
- 0'07'46 : Idée reçue 2 : Les IA ne sont pas intelligentes
- 0'23'18 : Idée reçue 3 : Les IA sont de simples perroquets
- 0'29'19 : Idée reçue 4 : Les IA ne comprennent rien
- 0'40'57 : Idée reçue 5 : Les IA ne seront jamais conscientes
- 0'45'23 : Idée reçue 6 : L'IA superintelligente n'est qu'un fantasme
- 0'54'20 : Idée reçue 7 : L'IA n'est qu'un simple outil
- 0'58'50 : Idée reçue 8 : L'IA ne sera jamais malveillante
- 1'06'27 : Idée reçue 9 : l'IA n'est pas un risque existentiel
- 1'13'35 : Comment expliquer la nullité du débat sur l'IA ?