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En 1992 naissait aux Etats-Unis un mot et une discipline, l'agnotologie. Ce néologisme désigne une mission scientifique originale, l'étude du non-savoir ou autrement dit des mécanismes par lesquels l'ignorance est produite par la science, volontairement ou non.
Comment l'industrie du tabac a-t-elle par exemple fabriqué de l'ignorance en usant des codes scientifiques ? Pourquoi un modèle de progrès scientifique peut-il conduire à oublier des savoirs ? Et en quoi l'agnotologie peut-elle être perçue comme une vigie dans une époque d'atteintes faites à la méthode scientifique ?
Émission "Sciences chrono", animée par Antoine Beauchamp.


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À l'heure où l'on s'inquiète de l'avenir de la biodiversité, de nouvelles formes de vie éclosent chaque jour dans les laboratoires du monde globalisé. À mi-chemin entre le biologique et l'artificiel, les bio-objets (gamètes, embryons, cellules souches) sont les descendants directs des technologies in vitro qui ont permis de cultiver des cellules et des tissus vivants.
Or ces entités biologiques sont, malgré leur omniprésence, des objets insaisissables dont la vitalité brouille de manière concrète le découpage culturel entre sujet et objet, entre nature et artifice, entre humain et non-humain. Dotés d'une très grande plasticité, ils peuvent être congelés, modifiés, transplantés, transportés et échangés.
En quoi leur production croissante transforme notre rapport au vivant et à l'identité corporelle ? Quelles implications matérielles, économiques, sociales et culturelles sous-tendent leur prolifération ?
À partir d'exemples tirés de la médecine reproductive, du génie génétique et d'une enquête menée auprès de chercheurs en bio-impression, la sociologue Céline Lafontaine insiste sur le fait que les produits de la culture in vitro ne sont justement pas des objets comme les autres, du seul fait de leur vitalité biologique. Plus globalement, elle souligne les défis et les questionnements épistémologiques que les bio-objets posent à la sociologie.


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L'histoire des "marchands de doute" de l'industrie du tabac (santé publique) et du pétrole (changements climatiques) est connue et documentée. Mais les mécanismes de l'ignorance sont un processus complexe à l'intersection de trois dynamiques :
1. quels acteurs produisent l'ignorance et comment (volontairement ou pas, par mensonge, par omission, par négligence, etc.) ;
2. comment l'ignorance est-elle reçue par les individus et les groupes sociaux (par ex. consciemment ou à leur insu, avec crédulité, etc. ?) ; et
3. avec quelles conséquences sociales, politiques et économiques ?
En compagnie du philosophe Mathias Girel, il s'agit de présenter les concepts fondamentaux mobilisés depuis une vingtaine d'années dans le champ des études sur l'ignorance (Ignorance Studies) en ce qu'il présente des textures tout à fait différentes si on la rapporte à des questions ouvertes (thème de l'ignorance scientifique) ou si l'on considère la distribution sociale de la connaissance, comme l'ont montré les études de la censure et du secret notamment.
Elle n'est pas seulement un état mais peut aussi, dans certains contextes, être considérée comme un effet, ce qui ne rend que plus impérieuse l'étude des mécanismes qui conduisent à la produire.
Mathias Girel explorer deux grandes approches : celle qui met l'accent sur les institutions et l'inertie des comportements, et celle qui identifie une dimension "stratégique" dans cette production d'ignorance. Dans les deux cas, il précise la manière dont le public peut se rapporter à cette ignorance produite.


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Thibaut Giraud, docteur en philosophie et animateur de la chaîne YouTube Monsieur Phi, revient en détail, en compagnie de Fabien Mikol, agrégé de philosophie reconverti dans la biologie de la conservation, sur neufs mensonges couramment colportés dans les médias à propos de l'intelligence artificielle.
Une occasion unique d'analyser et déconstruire les discours trompeurs autour de l'intelligence artificielle et de mieux comprendre les enjeux philosophiques soulevés par cette rupture technologique majeure.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'01'56 : Idée reçue 1 : l'IA ce n'est que des maths
- 0'07'46 : Idée reçue 2 : Les IA ne sont pas intelligentes
- 0'23'18 : Idée reçue 3 : Les IA sont de simples perroquets
- 0'29'19 : Idée reçue 4 : Les IA ne comprennent rien
- 0'40'57 : Idée reçue 5 : Les IA ne seront jamais conscientes
- 0'45'23 : Idée reçue 6 : L'IA superintelligente n'est qu'un fantasme
- 0'54'20 : Idée reçue 7 : L'IA n'est qu'un simple outil
- 0'58'50 : Idée reçue 8 : L'IA ne sera jamais malveillante
- 1'06'27 : Idée reçue 9 : l'IA n'est pas un risque existentiel
- 1'13'35 : Comment expliquer la nullité du débat sur l'IA ?


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Darwin n'a jamais prôné la loi du plus fort, ni justifié la domination sociale par la nature. Son œuvre développe au contraire une réflexion sur la naissance de la civilisation et sur la façon dont la sélection naturelle a engendré des comportements coopératifs, moraux et altruistes.
Directeur de l'Institut Charles Darwin International, philosophe, linguiste, historien des sciences, Patrick Tort nous invite à revisiter la véritable portée du darwinisme, loin des contresens qui l'ont transformé en idéologie sociale. Il analyse notamment comment le "darwinisme social" a dévoyé la pensée du naturaliste anglais, et montre que comprendre ce contresens est essentiel pour repenser notre rapport à la science, à l'éthique et à la société.


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L'enquête hors norme de Loïc Hecht démarre par trois lignes lues dans le New Yorker en 2016 qui lui apprend que deux milliardaires de la Silicon Valley ont secrètement embauché une équipe de scientifiques pour prouver que nous vivons dans une simulation informatique. Ils espèrent trouver la preuve irréfutable que nous sommes piégés dans un immense jeu vidéo, sans avoir conscience de notre état.
Loïc Hecht se rend à San Francisco, à la rencontre de ces chercheurs qui défient l'entendement. Physiciens de la NASA, du MIT, de Berkeley, ils croient dur comme fer à la théorie de la simulation, persuadés que notre conscience ne serait qu'un algorithme mathématique, une suite de 1 et de 0.
Son enquête le mène, de surprise en surprise, jusqu'aux monastères tibétains de Dharamsala, en passant par les programmes secrets de la CIA. Son enquête est le récit d'un basculement intime et une traversée des mystères de notre époque : ceux de la physique quantique, des neurosciences, de l'IA... et de la conscience.
- 0'00'00 : Sommes-nous dans une simulation ?
- 0'02'19 : L'enquête sur la simulation
- 0'06'52 : La conscience, une illusion ?
- 0'19'22 : L'elfe de World of Warcraft
- 0'26'10 : Les glitches
- 0'38'33 : Le paranormal
- 0'50'00 : Scepticisme et ouverture
- 0'59'26 : L'influence des récits
- 1'17'19 : Déconstruire la simulation
- 1'25'52 : Musk, super joueur ?
- 1'39'39 : L'IA, une nouvelle conscience ?
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Héritier hétérodoxe de Bourdieu, Bernard Lahire a développé une théorie de l'action dispositionnaliste et contextualiste. Cette approche accorde une égale attention à la pluralité des dispositions — leur genèse et leurs actualisations — et aux contextes de socialisation. Contrairement à la notion bourdieusienne d'habitus, les dispositions sont ici conditionnelles : modulées diachroniquement par le parcours biographique et synchroniquement par les contextes. La pratique répond ainsi à une pluralité de logiques d'action résultant d'ajustements entre situations, contextes et schèmes incorporés.
Cette perspective implique des conséquences méthodologiques : elle requiert une sociologie expérimentale attentive à la construction des objets, à l'inventivité méthodologique et à la variation des échelles d'observation.
Bernard Lahire aborde également la conciliation entre exigences épistémologiques et perspectives critiques, notamment à travers un programme empirique de sociologie dispositionnelle portant sur la domination et les activités critiques de résistance. Il s'agit d'étudier la genèse des dispositions critiques, leur diversité et leur rôle dans les processus d'émancipation — chez les artistes, militants et chercheurs critiques —, en saisissant empiriquement ce que les organisateurs nomment une "sociologie de l'intranquillité".
Une intervention dans le cadre du séminaire "Penser les marges, aspects méthodologiques", organisé par le Centre d'Études sur les Médias, les Technologies et l'Internationalisation.


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Jeune médecin Lyonnais, Arthur Guerber est imprégné de culture libertaire et passionné d’épistémologie, de philosophie et de sociologie des techniques. C'est tout naturellement qu'il s'est plongé pendant deux ans dans une large littérature afin d'affiner toutes ses interrogations intimes et les réflexions collectives sur les déterminants de la " fabrication " des savoirs.
Au fil du temps, questionnant le concept de progrès, ses recherches se sont concrétisées dans un livre, constituant ainsi une mine pour poursuivre la discussion.
Émission "Trous Noirs".