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Inclassable Rousseau… Fut-il un penseur des Lumières ? L'un de leurs critiques ? Voire leur premier opposant systématique ? L'auteur du Contrat social n'a cessé d'être convoqué au tribunal de l'Histoire, par la droite contre-révolutionnaire, qui lui reproche d'avoir "engendré la Révolution", ou par les libéraux, qui font de lui l'ancêtre du totalitarisme.
Qu'il ait été un précurseur est incontestable. Il est l'un des premiers à théoriser la question sociale et la sociologie critique, à démystifier les prétendues "lois naturelles" de l'économie politique. Mais la République de la vertu qu'il prône repose sur des principes contraires à ceux des philosophes de l'époque. Opposant culture et civilisation, se méfiant de la raison, il récuse l'optimisme de la pensée du progrès, qu'il ne croit pas inévitable ni même souhaitable…
Alors, Rousseau révolutionnaire conservateur ? Il est temps de rouvrir le dossier.
Émission "RCmag", animée par Jean-Étienne Pauzat.




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Le 20 septembre 1979, Pierre Goldman est tué dans le 13e arrondissement de Paris par un véritable commando. En 1970, cette figure de l'extême gauche était arrêtée pour le meurtre de deux pharmaciennes lors d'un hold-up. Son passage devant les Assises d'Amiens en 1976, devant lesquelles il a été acquitté du double-meurtre qui l'avait condamné à perpétuité en première instance, avait défrayé la chronique.
Personnalité trouble et complexe, fin écrivain pour une partie de l’intelligentsia française, révolutionnaire raté et bandit provocateur pour d'autres, le demi-frère de Jean-Jacques Goldman n'en finit pas de fasciner pour sa part d'ombre autant que pour son destin d'anti-héros.
Émission "Histoires à la loupe", animée par Pierre-Alexandre Bouclay.


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On constate un durcissement de la répression contre la libre expression de propos contraires à l'idéologie qui sous-tend les sociétés occidentales, baptisés "discours de haine". Cette évolution a commencé à la fin de la deuxième guerre mondiale, et s'est développée dans les années 1970 en accumulant les sanctions contre les contrevenants.
Création de l'esprit occidental avec toutes les influences qu'il reçu au cours de son histoire, un corpus d'idées s'est constitué dont les développements ont eu et auront de lourdes conséquences sur les comportements des peuples européens et américains du nord.
Il convient donc d'en faire une critique objective, de ses éléments constitutifs jusqu'à ses conséquences. Et Pierre de Meuse de faire un inventaire critique de cette norme qui exploite le flou de la sémantique et l'absence de définition claire : il s'agit bien d'un renversement total des valeurs de la pensée européenne qui s'est imposé à nous.
Émission du "Libre journal des historiens", animée par Philippe Conrad.

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Le conflit qui ravage l'Ukraine depuis février 2022 est symptomatique du clivage qui traverse la dissidence française, entre une vision souverainiste étroitement nationale et l'idéal de défense d'une identité civilisationnelle européenne.
Pour évoquer l'histoire et l'actualité de ce conflit, qui de mieux que Pascal Lassalle, défenseur infatigable de l'Ukraine et de son peuple, pour expliquer à la fois l'histoire et la genèse de cette guerre, lui qui a développé une bonne connaissance autant de terrain que théorique du sujet ?
Émission du "Libre journal des controverses", animée par Mike Borowski.


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Polytechnicien engagé dans l'industrie, taylorien fervent, Jean Coutrot est un des patrons ingénieurs les plus originaux de l'entre-deux-guerres, soucieux, à travers ses activités d'ingénieur-conseil et ses écrits, de rénover le fonctionnement des entreprises et de transformer les relations sociales : son objectif est de substituer au capitalisme d'alors un humanisme économique. Jean Coutrot est aussi un agitateur d'idées et un publiciste en vue.
Fer de lance du groupe X-Crise, et du groupe du 9 juillet 1934, il fréquente des figures de proue de la mouvance non-conformiste, de Georges Valois à l'Ordre Nouveau. Maître d'oeuvre des entretiens de Pontigny, il lance, avec le patronage d'Aldous Huxley et d'Alexis Carrel, un Centre d'études des problèmes humains. Cette création illustre le passage de Jean Coutrot du statut d'ingénieur à celui du prophète soucieux de régénérer une humanité jugée sclérosée et de bâtir, sur un soubassement rationaliste, un homme nouveau.
Loin d'oeuvrer au service d'une prétendue synarchie, Jean Coutrot professe ses idées au grand jour et espère les voir mises en oeuvre en 1936-1937, lorsqu'il conseille Charles Spinasse, le ministre de l'économie nationale du front populaire.
L'échec de Coutrot ne saurait faire oublier l'importance du personnage, qui ne tient pas tant à son individualité qu'au carrefour que représentent les groupements qu'il anime et qui permet de revisiter, sur un mode inédit, les novations intellectuelles des années trente.




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Qu'est-ce que la toute-puissance ? Dieu peut-il vraiment tout ? Peut-il marcher, mentir, faire le mal ? Peut-il faire que ce qui a été n'ait pas été ? Ou, au contraire, ne peut-il faire que le meilleur et le plus rationnel ? Peut-il faire autre chose que ce qu'il fait ? Créer d'autres mondes ?
Autant de questions qui ébranlent les limites du possible et du pensable, qui organisent le partage entre la puissance et son ombre, cette obscure limite qui lui permet d'exister, entre la contingence et la nécessité, la liberté et la bonté, le pouvoir absolu et l'ordre du monde, construisant le cadre conceptuel des débats de l'âge classique.
Olivier Boulnois et Cyrille Michon nous présentent une spéculation continue sur la toute-puissance divine sur plus de trois siècles, qui forme une sorte d'introduction à la philosophie médiévale : Pierre Lombard, évêque de Paris vers 1150, auteur des Sentences, maître livre qui a donné lieu à plus de mille quatre cents commentaires théologiques, puis ceux qui l'ont repris et discuté, notamment Albert le Grand, Bonaventure, Thomas d'Aquin, Duns Scot, Ockham et Luther.
Émission des "Mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.


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Y a-t-il un "style de droite" ? Le "style" n'appartient-il qu'à la droite ? Le style est-il une invention réac ?Pour répondre à ces questions, Vincent Berthelier, maître de conférences en littérature française et auteur du livre Le style réactionnaire - De Maurras à Houellebecq (éditions Amsterdam), nous fait traverser plus d'un siècle de littérature très à droite pour interroger les rapports entre les choix esthétiques, la manière d'écrire d'auteurs comme Bernanos, Jouhandeau, Aymé, Morand, Cioran… et leurs idées politiques.
Émission du "Libre journal des littératures", animée par Hector Burnouf.



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Sur fond de lutte anti-communiste, la guerre froide et les guerres coloniales ont mis sur le devant de la scène les vocables de "subversion", "anti-subversion" et "contre-subversion".
Depuis lors, ces termes ont été employés de manière confuse, voire indifférenciée, quand ils n'ont pas été associés à une fantasmagorie conspirative.
La première ambition du travail d'Olivier Dard, située à l'interface du militaire et du politique, est de s'attacher à l'archéologie de ces mots, qui se sont progressivement érigés en théories et en concepts. En même temps que le contenu des discours, il évoque les lieux, groupes et figures où ils ont émergé et se sont développés, pour diffuser, sur la base d'une telle grille de lecture, une intelligence des conflits et plus largement du politique.
Loin d'être cantonnées aux discours, ces analyses ont débouché sur des pratiques qu'il s'agit de revisiter en s'interrogeant sur la diversité de leurs modalités de mise en œuvre, comme sur celles de leurs postérités et de leurs usages contemporains.
Émission du "Libre journal de Catherine Rouvier".