La Crise des années 1930. Avec Olivier Dard pour Canal-U.


(0)
179 Vues
0 commentaire
17.01.2017

Décennie charnière de l'histoire de la France contemporaine, prélude à l'effondrement de 1940, les années trente sont communément associées à l'image d'une crise généralisée, rattachées à une forme d'ankylose et d'impuissance de la part des pouvoirs publics comme de la société française et assimilées à une période de décadence.
Olivier Dard entreprend de revisiter ces années d'entre-deux guerres avec un double objectif. D'abord, fournir un résumé de l'état des connaissances et des débats historiographiques concernant la période. Ensuite, en privilégiant notamment trois domaines que sont la vie politique et la crise des institutions, la crise économique, sa réception et les remèdes mis en oeuvre pour la juguler, et les enjeux diplomatiques et militaires, proposer une remise en perspective, articulée chronologiquement, des différents aspects de la crise française.
Il s'agit de montrer que la somme des contradictions paralysant la France des années trente explique le choix impossible de politiques claires et cohérentes de la part des gouvernants.

Japon : la tentation militariste. Avec Pierre-François Souyri sur France Culture.


(0)
121 Vues
0 commentaire
27.10.2018

Des vents mauvais soufflent-ils depuis le Japon ? Quelque chose comme la tentation d'un retour à un militarisme qui, au XXe siècle, a si profondément marqué l'histoire de l'Extrême Orient, et bien au-delà ?
La capitulation d'août 1945, quatre ans après l'agression de Pearl Harbour contre l'Amérique et aussitôt après les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, avait mis fin à une longue période de guerre, menée au premier chef contre la Chine, la Grande Bretagne et les États-Unis, une guerre qui avait porté une litanie de violences infinies.
Le Japon, après sa défaite, avait accepté, au fil de textes durablement confirmés, de rompre avec ces temps antérieurs et de renoncer à tout usage de la force en-dehors de ses frontières. C'était désormais le seul pays au monde qui, dans sa Constitution élaborée sous l'occupation américaine, avait affirmé qu'il "renonçait à jamais à la guerre en tant que droit souverain de la nation, ainsi qu'à l'usage de la force comme moyen de règlement des conflits internationaux". Il était proclamé "qu'il ne serait plus jamais maintenu au Japon de forces terrestres, navales et aériennes". Avec cette affirmation péremptoire : "Le droit de belligérance de l'État n'est plus reconnu".
Or, voici que, depuis peu, le gouvernement nationaliste de Shinzo Abe, sous l'effet des crises contemporaines, et peut-être du temps qui a passé, fonde son autorité et ses ambitions sur une remise en cause éclatante de ce principe. "Japan is back", s'écrie-t-il. Est-ce donc un coup de tonnerre ?

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

L'industrialisation est d'abord une révolution mentale. Avec Pierre Musso sur France Culture.


(0)
83 Vues
0 commentaire
01.06.2018

Qu'est ce qui constitue la matière première de l'innovation et de la création technologique ? A cette question, Pierre Musso répond sans hésiter : l'imaginaire. Celui de l'homme occidental est bâtie sur le mythe prométhéen de domination de la nature. Mais il a fallu pour l'épanouir rompre avec la vision contemplative de la nature développée par l'Antiquité.
L'imaginaire de l'industrialisation sur lequel nous vivons encore aujourd'hui s'est alors peu à peu imposé comme une nouvelle religion. Et comme toute religion, l'industrie a ses cérémonies, ses expositions, ses rassemblements. Mais à la différence des religions monothéistes centrées sur la figure du père, l'industrie est centrée sur une figure maternelle. Ou plutôt une double figure : d'un côté une mère généreuse qui prodigue ses largesses aux humains, de l'autre une marâtre cruelle qui malmène ses enfants.

Émission "Matières à penser", animée par Serge Tisseron.

La forme de la Terre, un aperçu de la science médiévale. Avec Jean-Marc Mandosio pour l'Association Chronos.


(0)
202 Vues
0 commentaire
09.10.2014

Contrairement à une idée reçue qui a la vie dure, les savants médiévaux savaient parfaitement que la Terre est ronde. Comment l'expliquaient-ils, et comment cette connaissance s'inscrivait-elle dans leur représentation du monde ?
Jean-Marc Mandosio, historien des sciences et de la philosophie, nous présente cet exposé.

La place de la femme dans la société française. Avec Mona Ozouf sur Radio Courtoisie.


(0)
177 Vues
0 commentaire
01.1996

La France a longtemps passé pour le pays des femmes. Elle a pourtant la réputation d'être aussi celui d'un féminisme timoré qui a tardé plus qu'ailleurs à asseoir ses conquêtes. D'où vient cette timidité ? Et pourquoi le discours du féminisme extrémiste trouve-t-il en France si peu d'écho ?
C'est ce paradoxe qu'explore Mona Ozouf, en cherchant à écouter et à faire entendre "les mots des femmes", ceux qu'elles ont choisis elles-mêmes pour décrire la féminité. Ainsi se succèdent les figures et les voix de Madame du Deffand, Madame de Charrière, Madame Roland, Madame de Staël, Madame de Rémusat, George Sand, Hubertine Auclert, Colette, Simone Weil et Simone de Beauvoir.
La traversée de cette galerie fait découvrir la diversité inventive des cheminements féminins et met en valeur une singularité française dont Mona Ozouf restitue magistralement l'histoire et les contours, à savoir que les Français (et ce neutre englobe bien entendu les Françaises !) demeurent capables de négocier un rapport heureux entre la différence et l'égalité.

Émission des "Mardis de la mémoire", animée par Pierre Chaunu.

Vassili Grossman, les manuscrits ne brûlent pas. Avec Luba Jurgenson, Alexis Berelowitch, François Bonnet, Pierre Daix et Tzvetan Todorov sur France Culture.


(0)
720 Vues
0 commentaire
16.09.2001

"Pour qu'existe le socialisme dans un seul pays, il fallait priver les paysans du droit de semer et de vendre librement, et Staline n'hésita pas : il liquida des millions de paysans. Notre Hitler s'aperçut que des ennemis entravaient la marche de notre mouvement national et socialiste, et il décida de liquider des millions de Juifs."
Ce passage du roman Vie et destin de Vassili Grossman stupéfie les censeurs soviétiques de 1960. Rapporter les propos d'un dignitaire nazi qui démontre à un responsable bolchévique la gémellité de leurs régimes respectifs, cela dépasse l'entendement... Ce roman, s'il doit être édité un jour, ne le sera que dans 300 ans - tel est le verdict des plus hautes autorités qui ordonnent la confiscation du manuscrit. Une affaire insensée dont s'est rendu coupable un auteur considéré, jusque-là, comme un écrivain responsable !
Quel rapport y a-t-il en effet entre le Vassili Grossman auteur de Vie et destin et le Vassili Grossamn né en 1905, ancien ingénieur dans une mine puis dans une usine de crayons, bon écrivain soviétique, béni par Gorki, capable depuis 1934 de réussites dans des genres aussi différents que les récits sur la guerre civile, les romans "industriels", l'épopée ouvriériste, le théâtre, les reportages de guerre et même la fresque historique sur la bataille de Stalingrad intitulée Pour une juste cause ?
Vassili Grossman est un "cas". Vingt ans après, Vie et destin, le roman maudit conçu comme la deuxième partie de Pour une juste cause, passe clandestinement en occident pour être publié en russe, en 1980, à Lausanne, à l'Age d'Homme. Très peu de temps après, il paraît en français, devient un best-seller international avant d'être édité en 1988, en URSS, en plein Pérestroïka. Belle revanche pour un auteur mort désespéré en 1964. Une fois de plus c'est Mikhaïl Boulgakov qui a raison : "les manuscrits ne brûlent pas". En Russie du moins.
La vie et l'oeuvre de cet "écrivain russe du destin juif", selon la belle expression de Simon Markish, permettront encore longtemps de comprendre le XXe siècle et ses horreurs. Mais sa "leçon des ténèbres" n'est pas qu'un chant funèbre comme en témoignent les carnets d'Ikonnikov de Vie et destin, le roman posthume Tout passe ou la nouvelle La Madonne sixtine... Autant que la beauté qui, selon Dostoïevski, devait sauver le monde, la bonté, nous dit Grossman, peut elle aussi accomplir ce miracle...

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Michel Parfenov.

Le conservatisme, une critique de la démocratie. Avec Olivier Dard sur France Culture.


(0)
174 Vues
0 commentaire
26.12.2018

Jusqu'à ces dernières années, rares étaient ceux à se réclamer ouvertement du conservatisme en France, en l'absence d'un parti conservateur identique à celui de nos voisins britanniques. Et les termes conservateurs et conservatisme restent plus fréquemment employés sur le mode péjoratif et offensif pour dénoncer des adversaires.
Alors, vieux jeu, réactionnaires ou ennemis du progrès : qui sont les conservateurs ? Comment cette doctrine a-t-elle évolué au cours de l'Histoire ? Que reste-t-il du conservatisme aujourd'hui ?
Olivier Dard fait le point sur l'histoire de ce courant politique souvent trop méconnu et caricaturé en France, et en essayant de comprendre les raisons de sa récente renaissance politique, mais peut-être surtout culturelle.

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Anastasia Colosimo.

Histoire des femmes et de leurs luttes au cours des années 1968. Avec Michelle Zancarini sur Radio Libertaire.


(0)
127 Vues
0 commentaire
2018

Les récits des violences comme les modes de prise de parole étudiante révèlent la place du féminin dans les événements de Mai 68. Au cours des longues grèves, l'occupation des usines délimite les territoires respectifs des hommes et des femmes et la définition des rôles reproduit la différence inégalitaire des sexes.
Mais parfois, les grèves d'ouvrières prennent un tour spécifique, tant par leurs revendications que par les réactions qu'elles suscitent au sein des syndicats et de la population masculine. Une nouvelle conscience de genre naît dans le combat pour l'émancipation sexuelle et pour la libéralisation de l'avortement.
Moteur de la contestation, le combat féministe pèse enfin sur le débat interne aux centrales syndicales. Au total, ce sont les relations entre genre et politique qui connaissent une mutation décisive au cours des années 1968 en France...

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.