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L'historien Rashid Khalidi bouleverse les interprétations communément admises de la question palestinienne qui tendent, au mieux, à décrire le conflit israélo-palestinien comme un affrontement tragique entre deux peuples revendiquant la même terre. Il s'emploie plutôt à retracer un siècle de guerre coloniale menée contre une population autochtone, d'abord par le mouvement sioniste, puis par Israël, soutenu par la Grande-Bretagne et les États-Unis.
Il met en lumière les épisodes clés de cette campagne coloniale, de la déclaration Balfour de 1917 à la destruction de la Palestine en 1948, de l'invasion du Liban par Israël en 1982 aux échecs des processus de paix contemporains. Loin de tout récit victimaire, ses travaux n'occultent ni les erreurs des responsables palestiniens, ni le rôle des dirigeants arabes, ni celui de l'émergence de mouvements nationaux.
Rashid Khalidi nous permet de comprendre comment des événements de toutes sortes à l'échelle locale, régionale et surtout internationale se sont conjugués pour déposséder progressivement les Palestiniens de leur pays. Il offre un regard original et passionnant sur le conflit le plus inextricable du Moyen-Orient.
Un échange mené par Gabrielle Cathala.


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Le roman national ment. L'identité française ne résulte pas de l'alliance de la bravoure gauloise et de l'administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n'a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n'a pas seulement été chrétienne. Le roman national ment. Par omission. Par oubli.
Pacôme Thiellement fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même l'exposé est aussi rigoureux que possible possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas cette Histoire de France, écrivez la vôtre.



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La guerre de l'information par le contenu est peu étudiée dans le monde académique ainsi que -malheureusement- dans l'appareil d'Etat.
C'est la raison pour laquelle Christian Harbulot, expert international en intelligence économique et directeur de l'Ecole de Guerre Economique, nous propose cette série d'émissions, démarche pédagogique visant à faire naître une réelle culture civile du combat par l'information.
Une série d'émission animée par Nicolas Moinet.


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L'essor contemporain des pays émergents, Chine en tête, oblige à réinterroger l'histoire du capitalisme. Et si la prééminence occidentale n'avait été qu'une parenthèse ? C'est la thèse qu'Alain Bihr développe dans ses travaux : si l'Europe a été le berceau du capitalisme, c'est d'abord à son emprise sur le reste du monde qu'elle le doit.
Il analyse en premier lieu l'expansion commerciale et coloniale amorcée au XVe siècle vers les Amériques, l'Afrique et l'Asie. Par le commerce forcé, l'échange inégal et l'esclavage, des continents entiers sont subordonés à la dynamique capitaliste européenne — non sans résistances. Alain Bihr s'intéresse ensuite la transition du féodalisme au capitalisme, dans ses dimensions économiques, sociales et culturelles : émergence des marchés, proto-prolétariat, manufactures, mercantilisme, mais aussi Réforme, Renaissance, Lumières et naissance d'un individu autonome.
Enfin, il referme la boucle en cartographiant ce premier monde capitaliste, de son centre britannique vers ses marges. Les rivalités européennes, les semi-périphéries baltiques ou méditerranéennes, et les grandes puissances asiatiques y sont analysées avec précision — expliquant pourquoi le capitalisme n'a pu naître en Chine des Ming, tandis que le repli féodal du Japon préparait son fulgurant rattrapage Meiji.
Nourrie des acquis historiographiques les plus récents, son Premier âge du capitalisme en trois tomes allie rigueur analytique et souffle narratif.


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S'appuyant sur les travaux pionniers de Robert Brenner et Ellen Meiksins Wood concernant les origines du capitalisme, Xavier Lefrance et Armel Campagne expliquent comme le capitalisme a d'abord émergé dans les campagnes anglaises (le capitalisme agraire) avant d'évoquer en détail la transition vers le capitalisme de la France.
Une analyse détaillée qui permet de comprendre l'origine et la diffusion mondiale du système économico-social si particulier qu'est le capitalisme.


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La colonisation, c'est un sujet qui revient régulièrement dans l'actualité. Mais en général, on ne sait pas vraiment comment elle s'est passée : quels étaient les États présents avant l'arrivée des Européens, comment l'invasion s'est déroulée, et ce qui a été mis en place après. Camille Lefebvre, spécialiste de l'histoire de la colonisation et de la décolonisation de l'Afrique de l’Ouest, en particulier de la région du Sahel, ainsi que de la question des frontières, nous en dit plus !
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'02 : Comment en vient-on à travailler sur ce sujet ?
- 0'05'01 : Qu'est ce que le Sahel ?
- 0'07'14 : Le Jihad au début du XIXe siècle
- 0'13'00 : Les grandes routes de commerce trans-sahariennes
- 0'16'42 : L'activité culturelle trans-saharienne au début du XIXe siècle
- 0'20'04 : Le cas du Niger et les régions alentours avant la colonisation
- 0'24'10 : L'arrivée des Européens
- 0'27'28 : La conférence de Berlin
- 0'34'37 : Un racisme qui domine tous les discours
- 0'40'24 : Pourquoi coloniser ce territoire en particulier ?
- 0'42'51 : Qui sont les militaires envoyés en mission sur ces territoires ?
- 0'46'44 : Le processus de conquête et la mission Voulet-Chanoine
- 0'55'29 : Le tracé des nouvelles frontières
- 1'00'06 : Les alliances avec les élites locales
- 1'03'38 : Des stratégies de conquête différentes en fonction des territoires
- 1'09'20 : La gestion de l'administration coloniale
- 1'12'45 : L'évolution du nombre de colons au Niger
- 1'14'58 : La confrontation des colonisés, nombreux, avec un colonisateur en sous-nombre
- 1'23'23 : Les stratégies des locaux face aux colons
- 1'29'08 : La décolonisation
- 1'33'05 : Et la colonisation dans les autres pays de la région ?
- 1'40'10 : Le sort des femmes pendant la colonisation
- 1'41'44 : Les conséquence de ces colonisations sur les pays africains
- 1'44'33 : Les conséquences pour les pays européens
- 1'46'46 : Conclusion et recommandations bibliographiques
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La théorie décoloniale constitue l'un des discours phares de notre temps. Loin des imprécisions dont elle fait souvent l'objet, Philippe Colin offre une généalogie et une cartographie d'un continent de pensée méconnu en Europe et rappelle les apports d'un des courants les plus féconds de la théorie critique contemporaine.
La conquête de l'Amérique, scène inaugurale de la modernité capitaliste, fut aussi l'acte de naissance de nouveaux rapports coloniaux de domination qui ont modelé une hiérarchie planétaire des peuples selon des critères raciaux, sexuels, épistémiques, spirituels, linguistiques et esthétiques. Or cette colonialité du pouvoir n'a pas été enterrée par les décolonisations.
Si l'on veut en sortir, il faut (re)connaître les expériences vécues par celles et ceux qui ont résisté à l'imposition de ces régimes, les savoirs produits par les sujets marqués par la blessure coloniale, et tenter de discerner, dans ces fragiles "nouveaux mondes", l'horizon d'un dépassement de la colonialité.
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Comment analyser les réalités sociales, économiques et politiques israélo-palestiniennes à l'heure du massacre à Gaza (9 mars 2024) ? Avec quelles théories et quels concepts ?
Partant d'une insatisfaction face aux approches dominantes des réalités israélo-palestiniennes, Emilio Minassian, bon connaisseur des camps de réfugiés en Cisjordanie, tente de combiner des approches en termes de capitalisme et de rapports de classe et des approches en termes de colonisation de peuplement pour comprendre la réalité et la dynamique du conflit israélo-palestinien.
Une émission animée par Armel Campagne.