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L'essor contemporain des pays émergents, Chine en tête, oblige à réinterroger l'histoire du capitalisme. Et si la prééminence occidentale n'avait été qu'une parenthèse ? C'est la thèse qu'Alain Bihr développe dans ses travaux : si l'Europe a été le berceau du capitalisme, c'est d'abord à son emprise sur le reste du monde qu'elle le doit.
Il analyse en premier lieu l'expansion commerciale et coloniale amorcée au XVe siècle vers les Amériques, l'Afrique et l'Asie. Par le commerce forcé, l'échange inégal et l'esclavage, des continents entiers sont subordonés à la dynamique capitaliste européenne — non sans résistances. Alain Bihr s'intéresse ensuite la transition du féodalisme au capitalisme, dans ses dimensions économiques, sociales et culturelles : émergence des marchés, proto-prolétariat, manufactures, mercantilisme, mais aussi Réforme, Renaissance, Lumières et naissance d'un individu autonome.
Enfin, il referme la boucle en cartographiant ce premier monde capitaliste, de son centre britannique vers ses marges. Les rivalités européennes, les semi-périphéries baltiques ou méditerranéennes, et les grandes puissances asiatiques y sont analysées avec précision — expliquant pourquoi le capitalisme n'a pu naître en Chine des Ming, tandis que le repli féodal du Japon préparait son fulgurant rattrapage Meiji.
Nourrie des acquis historiographiques les plus récents, son Premier âge du capitalisme en trois tomes allie rigueur analytique et souffle narratif.


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S'appuyant sur les travaux pionniers de Robert Brenner et Ellen Meiksins Wood concernant les origines du capitalisme, Xavier Lefrance et Armel Campagne expliquent comme le capitalisme a d'abord émergé dans les campagnes anglaises (le capitalisme agraire) avant d'évoquer en détail la transition vers le capitalisme de la France.
Une analyse détaillée qui permet de comprendre l'origine et la diffusion mondiale du système économico-social si particulier qu'est le capitalisme.


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La colonisation, c'est un sujet qui revient régulièrement dans l'actualité. Mais en général, on ne sait pas vraiment comment elle s'est passée : quels étaient les États présents avant l'arrivée des Européens, comment l'invasion s'est déroulée, et ce qui a été mis en place après. Camille Lefebvre, spécialiste de l'histoire de la colonisation et de la décolonisation de l'Afrique de l’Ouest, en particulier de la région du Sahel, ainsi que de la question des frontières, nous en dit plus !
- 0'00'00 : Introduction
- 0'02'02 : Comment en vient-on à travailler sur ce sujet ?
- 0'05'01 : Qu'est ce que le Sahel ?
- 0'07'14 : Le Jihad au début du XIXe siècle
- 0'13'00 : Les grandes routes de commerce trans-sahariennes
- 0'16'42 : L'activité culturelle trans-saharienne au début du XIXe siècle
- 0'20'04 : Le cas du Niger et les régions alentours avant la colonisation
- 0'24'10 : L'arrivée des Européens
- 0'27'28 : La conférence de Berlin
- 0'34'37 : Un racisme qui domine tous les discours
- 0'40'24 : Pourquoi coloniser ce territoire en particulier ?
- 0'42'51 : Qui sont les militaires envoyés en mission sur ces territoires ?
- 0'46'44 : Le processus de conquête et la mission Voulet-Chanoine
- 0'55'29 : Le tracé des nouvelles frontières
- 1'00'06 : Les alliances avec les élites locales
- 1'03'38 : Des stratégies de conquête différentes en fonction des territoires
- 1'09'20 : La gestion de l'administration coloniale
- 1'12'45 : L'évolution du nombre de colons au Niger
- 1'14'58 : La confrontation des colonisés, nombreux, avec un colonisateur en sous-nombre
- 1'23'23 : Les stratégies des locaux face aux colons
- 1'29'08 : La décolonisation
- 1'33'05 : Et la colonisation dans les autres pays de la région ?
- 1'40'10 : Le sort des femmes pendant la colonisation
- 1'41'44 : Les conséquence de ces colonisations sur les pays africains
- 1'44'33 : Les conséquences pour les pays européens
- 1'46'46 : Conclusion et recommandations bibliographiques



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La guerre de l'information par le contenu est peu étudiée dans le monde académique ainsi que -malheureusement- dans l'appareil d'Etat.
C'est la raison pour laquelle Christian Harbulot, expert international en intelligence économique et directeur de l'Ecole de Guerre Economique, nous propose cette série d'émissions, démarche pédagogique visant à faire naître une réelle culture civile du combat par l'information.
Une série d'émission animée par Nicolas Moinet.
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La théorie décoloniale constitue l'un des discours phares de notre temps. Loin des imprécisions dont elle fait souvent l'objet, Philippe Colin offre une généalogie et une cartographie d'un continent de pensée méconnu en Europe et rappelle les apports d'un des courants les plus féconds de la théorie critique contemporaine.
La conquête de l'Amérique, scène inaugurale de la modernité capitaliste, fut aussi l'acte de naissance de nouveaux rapports coloniaux de domination qui ont modelé une hiérarchie planétaire des peuples selon des critères raciaux, sexuels, épistémiques, spirituels, linguistiques et esthétiques. Or cette colonialité du pouvoir n'a pas été enterrée par les décolonisations.
Si l'on veut en sortir, il faut (re)connaître les expériences vécues par celles et ceux qui ont résisté à l'imposition de ces régimes, les savoirs produits par les sujets marqués par la blessure coloniale, et tenter de discerner, dans ces fragiles "nouveaux mondes", l'horizon d'un dépassement de la colonialité.
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Comment analyser les réalités sociales, économiques et politiques israélo-palestiniennes à l'heure du massacre à Gaza (9 mars 2024) ? Avec quelles théories et quels concepts ?
Partant d'une insatisfaction face aux approches dominantes des réalités israélo-palestiniennes, Emilio Minassian, bon connaisseur des camps de réfugiés en Cisjordanie, tente de combiner des approches en termes de capitalisme et de rapports de classe et des approches en termes de colonisation de peuplement pour comprendre la réalité et la dynamique du conflit israélo-palestinien.
Une émission animée par Armel Campagne.


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En commémoration de l'expulsion forcée d'environ 750'000 Palestiniens en 1947-1948 (la Nakba), il est important de revenir aux racines du "conflit israélo-palestinien", de la création de l'Etat d’Israël jusqu'au massacre à Gaza, en mettant en lumière le phénomène le plus important permettant d'expliquer cet état de fait : la colonisation de peuplement.


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Le capitalisme et la modernité seraient intrinsèquement liés à un racisme d'essence coloniale et à la domination de l'Occident sur le Sud global : tel est le postulat des décoloniaux. Face à une rationalité considérée comme eurocentrique, face à un système de pouvoir qui chercherait à maintenir les "non-Blancs" dans une position subalterne, ils prônent un retour aux formes de savoir et aux visions du monde des peuples indigènes.
À l'heure où les théories décoloniales, nées en Amérique latine, gagnent du terrain dans les milieux universitaires et militants, Pierre Gaussens fait entendre une autre voix. Il démontre comment ces théories propagent une lecture simpliste de l'histoire et des rapports de pouvoir, et comment leur focalisation sur les questions d'identité ethno-raciale relègue au second plan l'opposition pourtant fondamentale entre riches et pauvres.
À l'horizon, une conviction : seul un anticolonialisme fondé sur une critique radicale du capitalisme permettra de sortir de cette impasse, en dépassant toute soif de revanche pour retrouver le contenu universel des luttes d'émancipation.