Une histoire profonde de l'anthropocène. Avec James C. Scott sur France Culture.


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01.06.2019

Anthropocène, concept pour happy few il y a encore quelques années, le mot peuple désormais quotidiennement les colonnes des journaux et résonne souvent dans les médias. Anthropocène donc pour dire cette nouvelle ère géologique au cours de laquelle l'activité humaine a affecté de façon décisive l'écologie et l'atmosphère de la planète Terre.
Le constat s'impose mais les débats ont cours à propos du point de départ. Quand certains estiment que ce sont les premiers essais nucléaires qui marquent l'entrée dans ce moment nouveau, d'autres le font remonter beaucoup plus tôt au XIXe siècle et à la Révolution industrielle.
Politiste professionnel, anthropologue amateur, environnementaliste convaincu et anarchiste par principe, James Scott est beaucoup plus radical : c'est dès l'utilisation du feu par l'homme qu'il estime nécessaire de remonter pour comprendre l'anthropocène. Le feu, puis la sédentarité, l'agriculture, l'élevage, et l'invention de l'Etat. C'est ce qu'il défend dans un essai brillant Homo domesticus.

Émission "La Suite dans les idées", animée par Sylvain Bourmeau.

La condition anarchique. Avec Frédéric Lordon pour Citéphilo à Lille.


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17.11.2019

"Anarchie" du grec anarkhia, "sans commandement", ne se répand qu'à la fin du XIXe siècle avec le sens général de "désordre politique faute d'autorité". La Révolution française entérine cette acception péjorative tout en admettant l'existence d'une doctrine politique qu'elle combat et qui appelle à la suppression du pouvoir d'État. Si État - entendu comme stase (stato) - il y a, c'est aussi qu'il y a flux, entendu comme changement continu que l'État se donne notamment pour vocation de réguler.
La condition anarchique résulte-t-elle de ce changement continu observable dans toute société depuis Athènes ? Ou tient-elle à l'absence de fondement propre à toute société démocratique ? Est-il possible de parler de "condition anarchique" sans aborder la question de l'anarchisme au sens qu'il a pris au XIXe et au XXe siècles ?

Une conférence modérée par Léon Wisznia.

La Troisième République et la violence anarchiste : libertés ou sécurité ? Avec Jean Garrigues sur France Culture.


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13.02.2016

La France, confrontée à la menace du terrorisme qui s'est incarnée de façon si dramatique en 2015, se retrouve devant une interrogation touchant à l'essence même de la démocratie : où convient-il de fixer le curseur entre d'un côté les exigences accrues de la sécurité collective et d'autre part la préservation des libertés publiques qui sont au cœur du contrat social depuis 1789 ?
Chacun ressent qu'à trop empiéter sur ces libertés, dans le péril que nous affrontons, notre République risquerait de perdre quelque chose de sa fierté, de ses équilibres et, en somme, de sa raison d'être. En quête de précédents, on pourrait évoquer le temps de la Convention, 1793-1794, tout autant que celui de la guerre d'Algérie.
Il pourrait être intéressant de braquer l'attention sur le moment des attentats anarchistes sous la Troisième République, dans les années 1890, pour montrer, qu'aussi différentes qu'aient pu être, par rapport à notre actualité, les menaces ambiantes, les débats qui ont agité le monde politique et celui des intellectuels, on y rencontre bien des traits qui annoncent ceux d’aujourd'hui, dans l'ordre du réalisme, de la morale et du civisme.
Jean Garrigues, professeur spécialiste d'histoire parlementaire et politique, est un familier de la période qu'il s’agit de restituer et il a manifesté de longue main son goût de distinguer, dans le cours de notre histoire politique, le spécifique et les résurgences.

Émission "Concordance des temps", animée par Jean-Noël Jeanneney.

Emma Goldman, vivre la Révolution (1869-1940). Avec Cathy Bernheim, Hélène Hazéra, Hélène Hernandez, Gaetano Manfredonia, Jacqueline Reuss, Nancy Huston et Leopold Tobisch sur France Culture.


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29.09.2018

Emma Goldman nait dans l'empire russe, à Kaunas, en 1869. Émigrée aux Etats-Unis à seize ans, elle y devient anarchiste après l'exécution des "martyrs de Chicago" en 1887. Très tôt, elle est considérée comme la femme la plus dangereuse d'Amérique.
Ses positions sur la violence anarchiste, sa défense de la contraception et de l'amour libre, sa condamnation de la guerre et du patriotisme en font l'ennemie des autorités, mais suscitent également de houleux débats chez ses compagnons de lutte.
Emma Goldman ne se rend jamais : arrêtée, emprisonnée, empêchée de parler, elle continue à donner des conférences, à écrire, à lutter. Privée de sa citoyenneté américaine, elle est déportée en Union Soviétique en 1919. L'espoir qu'elle mettait dans la révolution est bien vite déçu, et elle dénonce l'autoritarisme du régime bolchévique.
Pendant les vingt dernières années de sa vie, elle erre, "femme sans pays", sans jamais renoncer à son engagement ; sa dernière grande cause fut celle des anarchistes engagés dans la guerre civile espagnole.
Après une vie passée à se battra pour défendre sa liberté et celle des autres, elle meurt en 1940 à Toronto ; sa dépouille repose à Chicago, à côté de celles des martyrs de Haymarket.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Alice Béja.

Pour un anarchisme (pro)féministe. Avec Francis Dupuis-Déri sur Radio Libertaire.


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2018

Proche des milieux libertaires, le professeur de sciences politiques Francis Dupuis-Déri est l'auteur de plusieurs articles et ouvrages sur l'anarchisme et l'anti-féminisme. Il nous invite donc ici à une analyse critique des pratiques et des théories sexistes qui continuent d'exister au sein des milieux anarchistes, et ce dans l'optique de développer un anarchisme (pro)féministe.
Car l'anarcho-sexisme contemporain est bien une contradiction avec l'idéal anti-autoritaire qui anime l'anarchise. Celui-ci ce retrouvait pourtant déjà chez Proudhon, promoteur d'un socialisme misogyne et clairement anti-féministe.
Saurons-nous procéder à la déconstruction individuelle et collective des hommes en tant que dominants au sein des rapports de genre ?

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

L'affaire Sacco-Vanzetti, une histoire de l'anarchisme italien aux Etats-Unis. Avec Ronald Creagh sur Radio Libertaire.


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2017

1921 : aux États-Unis, deux militants anarchistes italiens sont accusés de meurtre et condamnés. Pendant sept ans, ils ne cesseront de clamer leur innocence. Ils ne réussiront jamais à obtenir la révision de leur procès, malgré l'insuffisance et la manipulation des preuves retenues contre eux et l'immense mouvement de solidarité internationale. En 1927, la peine de mort est confirmée et ils sont exécutés. Le monde entier en est bouleversé.
L'historien Ronald Creagh nous aide à reconstituer l'univers dans lequel vivaient Sacco et Vanzetti à l'ère des "terroristes au coeœur pur". Il retrace leur itinéraire personnel et les rapports entre leur mouvement et les formations politiques européennes qui, à leur tour, allaient être profondément atteintes par l' "affaire . Ce qui n'était qu'un simple procès est ainsi devenu un enjeu qui détermina des alliances, des clivages, mais aussi un véritable mythe qui a influencé durablement les comportements de part et d'autre de l'Atlantique.
Ce combat héroïque de deux personnes contre une institution, en quête d'argent et de pouvoir, qui allait devenir le FBI, donne à cette histoire une pertinence qui vaut pour notre époque où le destin de la planète est décidé dans l'ombre par des organisations et des réseaux impitoyables.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.

Le savoir comme fin en soi. Avec Normand Baillargeon pour les Affaires universitaires du Canada.


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02.2012

Normand Baillargeon ne compte plus ses livres. Il peut maintenant ajouter à sa bibliographie un manifeste bien ficelé en faveur d'une culture générale émancipatrice et contre-doctrinaire. Mieux vaut penser un programme d'enseignement dans un sens plutôt que dans l'autre ; parce que l'éducation est une arme qui libère autant qu'elle asservit.
L'anarchiste derrière le livre le dit : la culture est un objet problématique à circonscrire, c'est un "peu de tout, mais pas n'importe quoi". Évitons surtout les erreurs qui ont été commises dans le passé ; l'école s'éloigne de son dessein lorsqu'elle fait du dogme le contenu de son instruction.
Voilà pourquoi son livre, Liliane est au lycée, sied si bien dans la collection Antidote des éditions Flammarion.

Une histoire du mouvement révolutionnaire de 1881 à 1914. Avec Guillaume Davranche sur Radio Libertaire.


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2016

Un siècle après l’immense boucherie de 1914-1918 dont est coresponsable l'État capitaliste français, 110 ans après une première tentative de grève générale en Mai 1906 et une Charte d'Amiens du syndicalisme révolutionnaire appelant à une abolition du salariat au moyen d'une grève générale, l'historien Guillaume Davranche nous propose une émission d'histoire du mouvement révolutionnaire, libertaire et anti-guerre de 1881 jusqu'à 1914.
Après une introduction critiquant du rôle de l'État français dans l'engrenage menant vers l'affrontement de 1914-1918, l'on suit l'évolution du mouvement révolutionnaire (plus particulièrement de ses franges libertaires/anarchistes) de 1881 jusqu'en 1909 (phase insurrectionnaliste 1880-1889, phase grève-généraliste 1889-1901, phase "héroïque" du syndicalisme révolutionnaire 1901-1909).
La seconde partie de l'émission est consacrée aux mutations du courant anarchiste-communiste ainsi qu'aux revirements politiques qui ont ponctué la guerre sociale d'avant-guerre.

Émission "Sortir du capitalisme", animée par Armel Campagne.