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François Bégaudeau est aujourd'hui l'une des figures intellectuelles de gauche les plus en vue. Romancier et essayiste, Bégaudeau s'inscrit dans le courant anarchiste, tout en reprenant à son compte une bonne partie de la grille d'analyse marxiste. Voyant dans l'ensemble de l'ordre social des structures de domination insupportables, sa pensée conduit, au nom d'un pseudo-vitalisme, à la subversion radicale de toute institution et, partant, des fondements mêmes de la société.
À partir du "cas Bégaudeau", je voudrais donc montrer les impasses auxquelles conduisent les principes de la gauche. Contrairement à ce qu'estime Bégaudeau, l'ordre n'est pas un carcan qui amoindrit la "joie" et la puissance de vivre, mais le biotope qui augmente la puissance réelle.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'03'44 : L'importance des affects
- 0'16'06 : L'ordre est-il légitime ?
- 0'31'57 : Plus de puissance vitale ?
- 0'53'33 : Politique et conflit
- 1'13'45 : Une radicalité esthétique
- 1'30'35 : Un vitalisme de la casse
- 1'38'04 : Conseils de lecture




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Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.


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Après LʼOrdre contre lʼHarmonie – Anthropologie de lʼAnarchie, Charles Macdonald publie un nouvel ouvrage : L'autorité sans le pouvoir - Anthropologie critique, perspectives libertaires.Afin de mieux comprendre le présent il développe une hypothèse sur la source et l'origine de l'organisation humaine : "la modernité peut devenir plus intelligible dans la perspective d'une théorisation de l'anarchie, qui s'avère l'une des idées les plus productives que j'aie jamais rencontrées dans ma carrière d'anthropologue professionnel".
Il rappelle que "les êtres humains peuvent vivre et ont vécu très longtemps non pas dans une structure sociale rigide et mécanique, mais dans le respect de valeurs propices à un mode de vie libre, ouvert, égalitaire, solidaire. C'est ce qui survit dans le cœur de beaucoup et apparaît chaque fois que l'État faiblit".
Il présente les principes de la vie collective anarchique : partage, égalité, fraternité, autonomie, liberté, solidarité, pacifisme, par lesquels le "primitif", le "sauvage" construisait et maintenait l'harmonie collective.
À l'opposé, dans la continuité de la société marchande du Moyen-Âge, du capitalisme industriel de XIXe siècle et du capital financier d'aujourd'hui, les principes socio-hiérarchiques ont transféré les liens de dépendance personnelle à une entité abstraire transcendante dotée d'une valeur suprême : Dieu, Nation, État, Patrie, Devoir, Obéissance, Honneur... Nous lui devons une loyauté indéfectible, intériorisée par beaucoup et imposé par la contrainte aux autres.
Pour Charles Macdonald "le sauvage moderne civilisé est le bureaucrate, le fanatique religieux, le patriote", mais il n'existe aucune prédestination dans la "nature" de l'Homo Sapiens pour une telle forme de vie hiérarchisée, individualisée, marchandisée car "l'anarchie, une société sans gouvernement, existe depuis des temps immémoriaux" et "le sauvage moderne non civilisé est l'anarchique, celui qui vit en la plupart d'entre nous".


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David Graeber, décédé en septembre 2020, était "anarchiste de cœur et anthropologue de profession". A été saluée "son œuvre qui promeut des points de vue anarchistes du changement social, qui sont vécus au sein des mouvements sociaux tous les jours".
Auteur en 2004 de l'ouvrage Pour une anthropologie anarchiste, il explique que "l'anthropologie pourrait être regardée comme la science de l'anarchisme" car "son potentiel radical a toujours été de nous obliger à voir dans les humains beaucoup plus que ce que nous avions été encouragés à imaginer".
Il affirme que l'anarchie est un système possible de vie collective, souhaitable et de portée universelle, "l'anarchisme n'est ni une attitude, ni une vision du monde, ni même un ensemble de pratiques, mais un processus permanent de va-et-vient entre les trois".
Un de ses premiers ouvrages a récemment a été traduit en français : La fausse monnaie de nos rêves - Vers une théorie anthropologique de la valeur. Il y rappelle les diverses approches sociologique, économique et structuraliste de la valeur et leurs limites. Plus que dans les objets, un sens de la valeur émerge de l'échange, des relations directes entre les personnes ne se réduisant pas aux relations marchandes. Ainsi la valeur est un moteur de vie, un déclencheur de luttes, aidant à développer la puissance d'agir, la capacité collective à imaginer des alternatives au monde actuel. Il fustige le "post-modernisme" qui conduit à la mise en avant de l'individualisme, au fatalisme, à l'abandon de tout projet de changer le monde.
Fondamentalement Graeber, pose la question du changement social.
Émission "Trous Noirs".


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Professeur de science politique et d'anthropologie à l'université Yale aux États-Unis, James C. Scott a vu plusieurs de ses ouvrages traduits en français, comme Zomia ou l'art de ne pas être gouverné et Petit éloge de l'anarchisme. Ses travaux se situent dans la continuité de Pierre Clastres et de David Graeber en ce qu'il contribue à mettre à mal les récits civilisationnels faisant de l'émergence de l'État, l'outil que les humains auraient construit pour sortir de la "barbarie".
Dans son dernier livre, Homo Domesticus – Une histoire profonde des premiers États, s'appuyant sur de récentes découvertes en archéologie, il montre que "l'État est à l'origine un racket de protection mis en œuvre par une bande de voleurs qui l'a emporté sur les autres". Il met à mal le "Grand Récit" dominant attribuant à l'État le "bien-être" apporté par l'irrigation, la domestication et l'ordre social. En réalité, la sédentarité a déjà existé plusieurs milliers d'années avant l'agriculture sédentaire et il a fallu attendre ensuite plus de 4'000 ans pour voir apparaître les premières cités-États, dans lesquelles l'État incarne le contrôle des populations, la servitude et la guerre - monarque, prêtres et collecteurs d'impôts formant l'élite qui vit du travail forcé de ses habitants.
Comprendre l'origine de l'État, c’est découvrir qu'une autre voie est possible et qu'elle l’est encore aujourd'hui.
Émission "Trous Noirs".


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Et si christianisme et anarchisme étaient deux manières d'être au monde présentant de nombreuses affinités ?
Militant anarchiste communiste depuis 1975, Bernard Appy se convertir au christianisme (dans son acception protestante) pendant le cours des années 80. Il explicite ici la logique de son parcours politique et spirituel, dans lequel il voit une évidente continuité, en s'appuyant notamment sur les écrits de Jacques Ellul.


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Persuadés qu'aucune révolution victorieuse ne pourrait enfanter un monde meilleur sans évolution préalable des mentalités, les anarchistes individualistes des premières années du XXe siècle ont accordé une importance extrême à l’éducation, pour eux principal levier du changement social.
Nous présenterons dans cette intervention la presse anarchiste individualiste, les brochures et les causeries qu'ils ont su développer au service de l'auto-éducation des adultes ainsi que leurs réflexions sur ce qu'aurait pu être une école véritablement émancipatrice, loin des modèles congréganistes et laïcs, qu'ils renvoyaient dos à dos.


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Les premières organisations politiques humaines sont, certes sous des formes diverses et limitées, démocratiques. Et même si les définitions de la démocratie sont très nombreuses, que les spécialistes de science politique ne s'accordent pas sur ce qu'elle est et que les critiques ne manquent point, la démocratie relèvent d'une exigence morale et d'une certaine conception de la dignité de l'homme.
L'idée républicaine, quant à elle, reste une idée neuve : nous sommes loin d'en avoir épuisé ou même deviné tout le potentiel. Des citoyens libres dans une république émancipée : voilà ce qui permet de redéfinir un idéal libérateur pour notre époque.
C'est dans l'articulation de ces deux idéaux - démocratie et républicannisme -, que s'entrevoit une perspective émancipatrice.