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Jacques Ellul (1912-1994) est une personnalité difficilement classable : penseur de la technique, chrétien anarchiste, mais aussi précurseur de l'écologie politique, son œuvre colossale s'inscrit à la croisée de plusieurs disciplines et semble, à bien des égards, visionnaire.
Dès le XXe siècle, il alerte sur les dérives de l'omniprésence de la technologie, lance des appels à la décroissance et anticipe la résurgence du sacré.
Comment son œuvre, sa pensée et ses engagements peuvent-ils nous aider à nous orienter dans notre XXe siècle marqué par des crises multifactorielles ?
Une série d'émission produite par Juliette Devaux.
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Voyageur infatigable et figure du mouvement anarchiste, Élisée Reclus a porté une approche sensible dans la pratique de la géographie. Il a développé une pensée avant-gardiste de l'écologie et un idéal de coexistence entre l'homme et la nature.
Militant anarchiste et communard, le géographe Élisée Reclus (1830-1905) profite de ses périodes d'exils politiques pour voyager et étudier la terre. Grâce à la popularité de ses ouvrages de vulgarisation géographique, mêlant rigueur scientifique et sensibilité littéraire, il obtient de son vivant une renommée mondiale.
Humaniste convaincu et pionnier de la pensée écologiste, Élisée Reclus mène toute sa vie un combat en faveur de l'émancipation individuelle et d'une meilleure harmonie entre les hommes et la nature.
Une série d'émission produite par Marie-Lys de Saint Salvy.


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De la Révolution russe, les libertaires ne retiennent souvent que deux épisodes épiques et signifiants : la Makhnovchtchina ; Cronstadt 1921. La séquence initiale de 1917-1918 est plus mal connue. C'est pourtant là que l'essentiel de la partie s'est joué pour le mouvement anarchiste.
En février 1917, l'anarchisme était la composante la plus minoritaire du socialisme russe. Quelle était alors sa consistance, quel fut son rôle, quels choix opéra-t-il ? Certes, la politisation fulgurante du prolétariat et des conscrits entraîna une croissance pléthorique des partis et des syndicats, jusque-là clandestins. Mais comment transformer ce flot de convertis volatils en une force collective, capable de peser sur le cours des événements ? Comment créer la surprise ?
Guillalume Davranche raconte comment le mouvement libertaire joua sa partition et tenta de rattraper son retard, avant d'être brutalement étranglé par le nouveau pouvoir.


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À quoi pourrait ressembler une révolution anarchiste à l'échelle d'un pays ? C'est la question à laquelle tente de répondre Pierre Kropotkine (1842-1921), géographe, explorateur, militant et théoricien du communisme anarchiste, dans une série d'articles et de conférences publiées entre 1886 et 1907 dans le journal anglais Freedom.
Il y expose les grandes lignes du programme antiautoritaire et les bases du fonctionnement d'une société libertaire appliquées à l'Angleterre où il réside alors.
En dépit des changements économiques, politiques et sociaux, les propositions de Kropotkine, à plus d’un siècle de distance, restent des pistes d'une grande actualité. Agir par, et pour, soi-même, sans intermédiaire et dans la solidarité, constitue sans aucun doute, encore et toujours, la voie à suivre pour parvenir à l'émancipation.
Émission "Trous Noirs".




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Au fil des siècles, de nombreux courants de pensée ont façonné notre conception du monde et notre manière d'appréhender l'existence : Qu'est-ce que la vérité ? Comment peut-on vivre heureux ? Dieu existe-t-il ? Quel est le sens de notre vie ?
Bien loin du jargon des spécialistes, le professeur de philosophie Charles Robin nous rend accessible les œuvres des plus grands philosophes afin d'en faciliter la compréhension et, pourquoi pas, de nous faire changer le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur le monde.
Une initiation sérieuse à une discipline souvent difficile d'accès, dans un langage clair et une atmosphère détendue.


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François Bégaudeau est aujourd'hui l'une des figures intellectuelles de gauche les plus en vue. Romancier et essayiste, Bégaudeau s'inscrit dans le courant anarchiste, tout en reprenant à son compte une bonne partie de la grille d'analyse marxiste. Voyant dans l'ensemble de l'ordre social des structures de domination insupportables, sa pensée conduit, au nom d'un pseudo-vitalisme, à la subversion radicale de toute institution et, partant, des fondements mêmes de la société.
À partir du "cas Bégaudeau", je voudrais donc montrer les impasses auxquelles conduisent les principes de la gauche. Contrairement à ce qu'estime Bégaudeau, l'ordre n'est pas un carcan qui amoindrit la "joie" et la puissance de vivre, mais le biotope qui augmente la puissance réelle.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'03'44 : L'importance des affects
- 0'16'06 : L'ordre est-il légitime ?
- 0'31'57 : Plus de puissance vitale ?
- 0'53'33 : Politique et conflit
- 1'13'45 : Une radicalité esthétique
- 1'30'35 : Un vitalisme de la casse
- 1'38'04 : Conseils de lecture


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Après LʼOrdre contre lʼHarmonie – Anthropologie de lʼAnarchie, Charles Macdonald publie un nouvel ouvrage : L'autorité sans le pouvoir - Anthropologie critique, perspectives libertaires.Afin de mieux comprendre le présent il développe une hypothèse sur la source et l'origine de l'organisation humaine : "la modernité peut devenir plus intelligible dans la perspective d'une théorisation de l'anarchie, qui s'avère l'une des idées les plus productives que j'aie jamais rencontrées dans ma carrière d'anthropologue professionnel".
Il rappelle que "les êtres humains peuvent vivre et ont vécu très longtemps non pas dans une structure sociale rigide et mécanique, mais dans le respect de valeurs propices à un mode de vie libre, ouvert, égalitaire, solidaire. C'est ce qui survit dans le cœur de beaucoup et apparaît chaque fois que l'État faiblit".
Il présente les principes de la vie collective anarchique : partage, égalité, fraternité, autonomie, liberté, solidarité, pacifisme, par lesquels le "primitif", le "sauvage" construisait et maintenait l'harmonie collective.
À l'opposé, dans la continuité de la société marchande du Moyen-Âge, du capitalisme industriel de XIXe siècle et du capital financier d'aujourd'hui, les principes socio-hiérarchiques ont transféré les liens de dépendance personnelle à une entité abstraire transcendante dotée d'une valeur suprême : Dieu, Nation, État, Patrie, Devoir, Obéissance, Honneur... Nous lui devons une loyauté indéfectible, intériorisée par beaucoup et imposé par la contrainte aux autres.
Pour Charles Macdonald "le sauvage moderne civilisé est le bureaucrate, le fanatique religieux, le patriote", mais il n'existe aucune prédestination dans la "nature" de l'Homo Sapiens pour une telle forme de vie hiérarchisée, individualisée, marchandisée car "l'anarchie, une société sans gouvernement, existe depuis des temps immémoriaux" et "le sauvage moderne non civilisé est l'anarchique, celui qui vit en la plupart d'entre nous".


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David Graeber, décédé en septembre 2020, était "anarchiste de cœur et anthropologue de profession". A été saluée "son œuvre qui promeut des points de vue anarchistes du changement social, qui sont vécus au sein des mouvements sociaux tous les jours".
Auteur en 2004 de l'ouvrage Pour une anthropologie anarchiste, il explique que "l'anthropologie pourrait être regardée comme la science de l'anarchisme" car "son potentiel radical a toujours été de nous obliger à voir dans les humains beaucoup plus que ce que nous avions été encouragés à imaginer".
Il affirme que l'anarchie est un système possible de vie collective, souhaitable et de portée universelle, "l'anarchisme n'est ni une attitude, ni une vision du monde, ni même un ensemble de pratiques, mais un processus permanent de va-et-vient entre les trois".
Un de ses premiers ouvrages a récemment a été traduit en français : La fausse monnaie de nos rêves - Vers une théorie anthropologique de la valeur. Il y rappelle les diverses approches sociologique, économique et structuraliste de la valeur et leurs limites. Plus que dans les objets, un sens de la valeur émerge de l'échange, des relations directes entre les personnes ne se réduisant pas aux relations marchandes. Ainsi la valeur est un moteur de vie, un déclencheur de luttes, aidant à développer la puissance d'agir, la capacité collective à imaginer des alternatives au monde actuel. Il fustige le "post-modernisme" qui conduit à la mise en avant de l'individualisme, au fatalisme, à l'abandon de tout projet de changer le monde.
Fondamentalement Graeber, pose la question du changement social.
Émission "Trous Noirs".