

(0)Description :
Au cours de ces quinze dernières années, W.G. Sebald est devenu l'un des auteurs majeurs de la fin du XXe siècle, mondialement traduit. Son entreprise littéraire est une tentative de saisir l'évanescence des traces pour les transformer en un phrasé résistant à l’oubli. Et comme nous le rappelle Emmanuelle Loyer, Claude Lévi-Strauss est l'une des références explicitement citées par Sebald.
Quand bien même elle n'existerait pas, la déambulation rêveuse dans un monde saccagé d'un narrateur sebaldien, en proie aux doutes, à la dépression et parfois à la torpeur, la précision de l'onomastique naturaliste, le souci de l'Histoire et l'attention géographique au paysage rappellent le protocole littéraire de Tristes Tropiques en particulier.
À travers ce rapprochement, Emmanuelle Loyer attire l'attention, entre autres, sur un des horizons du travail littéraire de Sebald, également à l'œuvre sur le plan de la poétique savante chez Lévi-Strauss : une commune nostalgie à l'égard des "Belles Lettres", un régime de vérité où littérature et sciences sont indistinctes avant que le XIXe siècle ne produise un découpage des savoirs qui fut aussi un découplage.
En annexe :
Commentaires :