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Le béton est utilisé depuis l'antiquité dans sa forme simple, puis il s'arme — de fer ou d'acier, et envahit peu à peu les constructions, les logements sociaux et les chantiers dans l'urbanisme contemporain tellement il est facile et pas si cher à produire.
Anselm Jappe a écrit un ouvrage sur les questions soulevées par ce matériau comme "arme de construction massive du capitalisme". Participant de la réduction des surfaces dans les logements, de l'uniformisation des bâtis, du contrôle social dans les logements de masse, il engendre également un retournement des habitants contre leur propres habitats : mépris voire haine de ces lieux qui viennent comme remplacer une haine de classe, tellement ils sont honnis.
Il est question également de la nocivité pour la santé des vivants, tant durant l'extraction des sables et graviers nécessaire à son élaboration, que lors de sa production (émission de CO2), que, in fine, dans la stérilisation des sols une fois bétonnés. Il n'y a pas non plus de lien au milieu où l'on est, où l'on construit ou adopte son habitat, qui est indépendant de tout contexte, partout pareil… avec des inconforts thermique, acoustique, et pas de durée.
En outre il n'y a de pas de "belles ruines" après le béton : il y a des tas informes, des débris dans les déchetteries, et un décyclage (tel que l'utilisation des résidus coulés pour des autoroutes ou autres). Outre les ressources, le béton a aussi détruit moult savoirs et métiers de constructions locales et pérennes.
Facteur d'épuisement des ressources et des personnes, l'hostilité du béton n'est-elle pas en effet à la mesure de celle des sociétés capitalistes ?
Émission "Un Coin Quelque Part", animée par Isabelle Carrère.
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