Dédale de la théorie critique, de quoi la crise est-elle le nom ? Avec Anselm Jappe sur AlterNantes FM.


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10.03.2022

Théoricien du courant dit de la critique de la valeur (Wertkritik), Anselm Jappe a grandi à Cologne et dans le Périgord. Après des études à Rome et à Paris, il développe une pensée qui fait le lien entre l'École de Francfort, la théorie Situationniste et les productions d'auteurs comme Robert Kurz, dans l'orbite des revues Krisis et Exit. 
Introducteur en France de la critique de la valeur, il se propose d'approfondir la pensée de Marx pour comprendre notre monde contemporain : c'est le fétichisme de la valeur et le narcissisme de l'individualisme qui provoque une crise non pas financière mais une crise de la valeur.
L'occasion d'évoquer avec lui cette analyse de la crise contemporaine et de revenir sur son parcours.

Un entretien mené par Michel Sourget.

Crédit à mort. Avec Anselm Jappe pour La vie manifeste.


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06.2012

C'est à partir de la critique du fétichisme de la marchandise et de la valeur qu'Anselm Jappe cerne le moment qui est le nôtre. Son ouvrage Crédit à mort est la mise à l'épreuve des théories critiques élaborées à partir des années 80 dans les revues Allemandes Krisis et Exit et par Moise Postone aux Etats Unis, afin de mesurer si elles permettent mieux que d'autres de comprendre ce qui nous arrive.S'il s'agit bien d'une critique marxiste, celle-ci abandonne la centralité du concept de luttes de classes considérant qu'il ne peut plus suffire de changer les modes de distribution des richesses. Cela, parce que la critique de la valeur révèle une contradiction dynamique et interne au capitalisme, dont la crise ouverte en 2008 en serait l'accomplissement. Une contradiction qui conduit nécessairement le capitalisme à la destruction de la valeur et par conséquent de la richesse. De richesse il n'y en à donc plus suffisamment pour relancer le capitalisme social des années 60 : un capitalisme de plein emploi, de salaires élevés et de l'école ascenseur. Pour comprendre cette situation, il convient de saisir la manière dont la valeur se constitue à travers le concept de travail abstrait, du rôle de la technologie dans la diminution de la valeur et le rôle du crédit, de la finance dans la prolongation de l'agonie du capitalisme.Le travail d'Anselm Jappe constitue également une critique de la culture, de la modernité et du sujet, s'appuyant sur le fétichisme de la marchandise comme structure déterminante des formes même de l'agir et de la pensée. Ce que le capitalisme emportera avec lui dans son écroulement, c'est la socialisation telle qu'elle s’est constituée depuis la révolution du capitalisme anglais de Manchester. Un écroulement susceptible de mettre à nu le sujet automate du capitalisme incapable de se socialiser autrement que par l'échange d'unité de valeur.

Un entretien mené par Emmanuel Moreira.

Guy Debord, Politique du Spectacle et Spectacle de la Politique. Avec Anselm Jappe sur Au Poste.


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21.06.2023

"Une louche allure de complot permanent contre le monde entier" : telle était la définition que Guy Debord avait donnée des éditions Champ libre qui le publiaient. Elle pourrait bien s'appliquer à toute la trajectoire publique de Debord lui-même. Devenu apparemment "acceptable" depuis sa mort en 1994, transformé même, selon certains, en icône et gloire nationale, le fondateur de l'Internationale situationniste n'est cependant pas devenu, malgré toutes les allégations en ce sens, un auteur comme les autres.
Anselm Jappe se propose donc de sauver la puissance de dérangement que constitue son œuvre : sont examinés entre autres la fin de l'art et la fin de la politique, sa lecture de Marx, sa contribution à la réflexion historique et les parallélismes possibles (ou pas) avec les écrits d'autre penseurs critiques. Sa curieuse récupération par le monde de l'art est également évoquée, ainsi que la question de son "actualité".
Et si les gens les plus différents se revendiquent de Debord et des situationnistes : il convient de leur rappeler que l'auteur de La Société du spectacle a toujours voulu s'opposer au monde entier, ou presque...

Une émission menée par David Dufresne.

Béton et avenir des architectes. Avec Anselm Jappe et Véronique Biau pour La Fabrique Urbaine.


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04.2021

Le béton incarne la logique capitaliste. Il est le côté concret de l'abstraction marchande. Comme elle, il annule toutes les différences et est à peu près toujours le même.
Produit de manière industrielle et en quantité astronomique, avec des conséquences écologiques et sanitaires désastreuses, il a étendu son emprise au monde entier en assassinant les architectures traditionnelles et en homogénéisant par sa présence tous les lieux.
Monotonie du matériau, monotonie des constructions que l’on bâtit en série selon quelques modèles de base, à la durée de vie fortement limitée, conformément au règne de l’obsolescence programmée. En transformant définitivement le bâtiment en marchandise, ce matériau contribue à créer un monde où nous ne nous retrouvons plus nous-mêmes.

Sous le soleil noir du capital. Avec Anselm Jappe à la Librairie Terra Nova de Toulouse.


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15.02.2022

Le capitalisme, ce n'est pas uniquement "les capitalistes" : c'est avant tout une totalité sociale, l'ensemble des relations, déterminées par le capital et sa logique propre, qui structurent la vie moderne. Aussi doit-il être analysé et combattu dans sa totalité. La critique de la valeur, depuis plus de trente ans, s'emploie ainsi à montrer que le projet de l'émancipation sociale n'a rien à voir avec une gauche alter-capitaliste et alter-étatiste qui n'a finalement cherché qu'à aménager le désastre.
Le livre que présente Anselm Jappe étaye cette critique radicale par l'examen d'un certain nombre de questions d’actualité : la littérature, la simplicité volontaire, le culte du Marquis de Sade, les musées, l'art contemporain, l'architecture, l'anticapitalisme tronqué, le romantisme révolutionnaire, l'importance de William Morris, le mythe du bandit de Lacenaire à Jacques Mesrine. Autant de thèmes qui lui permettent de rappeler les fondements de la critique de la valeur, et de redéfinir des concepts essentiels tels que l'aliénation, la réification et le fétichisme en confrontant leur sens chez Marx, Lukács et Adorno.

Béton, arme de construction massive du capitalisme. Avec Anselm Jappe pour Espaces Marx.


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02.12.2020

Le béton incarne la logique capitaliste. Il est le côté concret de l'abstraction marchande. Comme elle, il annule toutes les différences et est à peu près toujours le même. Produit de manière industrielle et en quantité astronomique, avec des conséquences écologiques et sanitaires désastreuses, il a étendu son emprise au monde entier en assassinant les architectures traditionnelles et en homogénéisant par sa présence tous les lieux. Monotonie du matériau, monotonie des constru­ctions que l'on bâtit en série selon quelques modèles de base, à la durée de vie fortement limitée, conformément au règne de l'obsolescence programmée. En transformant définitivement le bâtiment en marchandise, ce matériau contribue à créer un monde où nous ne nous retrouvons plus nous-mêmes.
Raison pour laquelle il fallait en retracer l’histoire ; rappeler les desseins de ses nombreux zélateurs – de toutes tendances idéologiques – et les réserves de ses quelques détracteurs ; dénoncer les catastrophes qu'il engendre sur bien des plans ; révéler le rôle qu'il a joué dans la perte des savoir-faire et dans le déclin de l'artisanat ; enfin démontrer comment ce matériau s'inscrit dans la logique de la valeur et du travail abstrait.
Cette critique implacable du béton, illustrée par de nombreux exemples, est aussi – et peut-être avant tout – celle de l'architecture moderne et de l'urbanisme contemporain.

Guy Debord, l'art de la subversion. Avec Boris Donné, Christophe Bourseiller, Anselm Jappe, Michèle Bernstein et Gérard Berréby sur France Culture.


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20.04.2013

Astre noir de la littérature, cultivant le paradoxe et la provocation, Guy Debord demeure aujourd'hui plus célèbre et fascinant encore que de son vivant.
Son œuvre, dont le titre le plus connu est La Société du spectacle, ouvrage prophétique, a trouvé des millions de lecteurs dans le monde.

Émission "Une vie, une oeuvre", produite par Matthieu Garrigou-Lagrange.

De la valeur comme sujet automate à la domination sans sujet. Avec Anselm Jappe au séminaire Sophiapol.


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21.11.2012

Le penseur marxien Anselm Jappe nous propose une étude des catégories de la domination à la lumière de la critique du fétichisme de la marchandise.
Il revient notamment sur quelques-unes des nombreuses confusions que font les lecteurs pressés de la critique de la valeur, en montrant que le concept de "domination sans sujet" offre un réflexion différente, au-delà du concept sociologiste/subjectiviste de "domination" que l'on retrouve dans l'ensemble de la critique superficielle du capitalisme (où la domination est comprise comme directe, de classe ou fondée dans la propriété privée); et également au-delà des thèses structuralistes ou althussériennes.

La conférence est prononcée dans le cadre du séminaire Sophiapol "Les conceptions contemporaines de la domination".