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Le 11 novembre 2008, les policiers français ont procédé à la spectaculaire interpellation d’un groupe de "terroristes présumés" dans un petit village de Corrèze. Deux mois plus tard, il apparaît qu’il s’agit en réalité de jeunes gens réfractaires à la société de consommation et de surveillance, et que l’instruction ne dispose d’aucune preuve à charge.
Le sociologue Jean-Claude Paye, qui étudie depuis plusieurs années la dérive autoritaire des sociétés occidentales, analyse cet étrange usage des lois anti-terroristes...


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La crise financière qui a éclaté en 2008 et la crise grecque de 2015 ont révélé, aux yeux de nombreux observateurs, le véritable visage du capitalisme contemporain : l'économie, la politique, et finalement la société tout entière, seraient dominées par la haute finance.
Face à cette situation, faut-il s'engager afin qu'une véritable politique reprenne ses droits et qu'un gouvernement de gauche pose des limites sévères à la finance ? Faut-il pour cela sortir de l'euro voire de l'Europe pour retrouver enfin notre souveraineté, comme certains, de tous bords, le proposent ?
Mais, si les turbulences actuelles n'étaient en fait que le symptôme d'une crise bien plus profonde, d'une crise de toute la société capitaliste, alors sortir de l'Europe et revenir à la Nation tiendrait plutôt du mirage que d'une véritable solution.
Ce sont là les questions que soulèvera le philosophe Anselm Jappe, théoricien de la "critique de la valeur" (Wertkritik) et spécialiste de la pensée de Guy Debord.
Une conférence organisée par le Collectif Citoyen Vézelien et s'inscrivant dans les débats du "Temps de cerveau disponible".


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Le populisme de gauche est-il un barrage contre la montée des droites extrêmes ? Peut-il être une alternative au social-libéralisme dominant à gauche ?
C'est dans le cadre des remue-méninges du Parti de gauche que Chantal Mouffe, philosophe, débat de sa vision de la "démocratie agonistique" avec l'historien Roger Martelli.


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Pourquoi assiste-t-on, de nos jours, à l’effacement de l’institution militaire en France ? Pour en parler, Régis Debray reçoit Henri Bentégeat, général d'armée et ancien chef d’état-major des armées françaises.
Car l'armée, en plus des récentes dérives technocratique et économissiste, vit une époque marquée par l'occultation des valeurs traditionnelles liées à la guerre.
Dans ces conditions, que peut-on attendre de cette institution traditionnelle et républicaine par excellence qu'est l'armée française ?
Emission "Les Discussions du soir", animée par Régis Debray.


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Si les humains sont devenus une force naturelle capable de déstabiliser le "système Terre", ne doit-on pas mettre en question le "grand partage" entre nature et culture qui structure la pensée des Modernes ? L’anthropologue Philippe Descola révèle qu’il existe des sociétés où les hommes savent composer autrement des mondes avec ce qui n’est pas "eux" : les animaux, les plantes, les choses, les montagnes et les vallées, le ciel et la terre... Et nous invite à nous aventurer "par-delà nature et culture".
Tout a commencé pour Philippe Descola à la fin des années 1970 en Haute-Amazonie. Durant trois ans, pour les besoins de sa thèse d’ethnologie sous la direction de Claude Lévi-Strauss, il a partagé la vie des Jivaros Achuar, le "peuple du palmier d’eau". Peu à peu, il est entré dans une autre composition du monde, où le jaguar solitaire a une place semblable à celle du chamane, où le chasseur chante pour demander au singe laineux de se laisser tuer, où les plantes du jardin sont des enfants, le toucan un beau-frère, où la nature fait partie de la maison commune, ce que l’anthropologue appellera "la nature domestique". De cette expérience, Philippe Descola rapportera sa thèse et un splendide récit, Les Lances du Crépuscule. Il ne cessera par la suite de méditer et creuser ce terrain jusqu’à remettre la nature au cœur des sciences de l’homme. Il est aujourd’hui Professeur au Collège de France, titulaire d’une chaire d’Anthropologie de la nature, non pour s’interroger sur une hypothétique "nature humaine" mais pour élargir aux dimensions du monde la manière dont humains et non-humains négocient leur coexistence. Ce qu’il appelle "composer des mondes".
Philippe Descola a développé en système sa thèse dans Par-delà nature et culture, paru en 2005 et salué comme un des ouvrages majeurs dans l’héritage et la discussion de Claude Lévi-Strauss. Dans ce livre, il dégage quatre grandes cosmologies (naturalisme, animisme, totémisme, analogisme) qui fondent les sociétés selon la manière dont y sont inclus les non-humains (animaux, plantes, choses, astres, pierres et fleuves…), identifiés en continuité ou en discontinuité avec l’homme, semblables ou différents dans leur vie physique et spirituelle. Il s’agit en somme de différentes configurations de tout ce qui existe. C’est pourquoi Philippe Descola parle d’ontologies. Chacune d’elle a été formée par des peuples et civilisations spécifiques, parfois depuis des millénaires, même si, c’est l’hypothèse de Descola, elles peuvent en puissance coexister chez chacun des humains.
En tout cas notre "naturalisme", que nous croyons universel, est en réalité une exception, un modèle parmi d’autres. C’est ce que l’anthropologue révèle en mettant en question "le grand partage" entre une nature universelle et des cultures humaines diverses, qu’a opéré la pensée occidentale de l’Homme à partir de la fin du XIXe siècle. La nature alors, est vue comme un stock de ressources, elle devient muette, inanimée, on peut l’utiliser comme bon nous semble, au détriment des autres espèces que la nôtre et, à terme, des humains eux-mêmes. Nous en sommes précisément là lorsque ce dualisme a fabriqué le réchauffement global de la planète. Peut-être alors est-il temps de sortir de notre "ethnocentrisme" et de découvrir en nous-mêmes notre part d’animisme pour construire, enfin, une maison commune.


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L'ambition de cette conférence est de fournir à la philosophie de Péguy l' "appareil" capable de manifester le plus fidèlement possible le "profond ordre intérieur" qui tient ensemble la multitude de textes qui a jailli génialement de sa plume.
Loin de pointer les contradiction d'un homme, il s'agit alors de suivre la continuité et la cohérence d'un chemin, par-delà toutes les ruptures apparentes, qui se déroule selon un drame chrétien : l'état d'innocence, d'abord, la pureté de son combat socialiste et une jeunesse saisie par l'événement de l'Affaire Dreyfus et tenue par la venue imminente de la cité harmonieuse ; la chute, ensuite, avec l'histoire de la décomposition du dreyfusisme et l'enfer du monde moderne ; le salut, enfin, avec le retour de la foi catholique et les nouvelles ressources que lui prodigue la vertu d'espérance.


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Alors que monte la prise de conscience du péril environnemental, les obstacles à une véritable mutation écologique des sociétés contemporaines restent massifs et les modèles alternatifs peinent à s’imposer. Les traditions intellectuelles de la gauche semblent souvent impuissantes à apporter des réponses. Pire, n’ont-elles pas contribué, par leur culte des "forces productives", à l’impasse actuelle ?
La généalogie intellectuelle proposée par Serge Audier revient sur des évidences trompeuses, notamment celle qui voudrait que les mouvements émancipateurs n’aient abordé que très tardivement les enjeux écologiques. On redécouvre certes peu à peu des voix minoritaires qui, de Henry D. Thoreau à William Morris, avaient manifesté très tôt un souci inédit de la nature. Mais en les érigeant en héros solitaires, on contribue à occulter une nébuleuse beaucoup plus large et méconnue qui, entre socialisme et anarchisme, a esquissé les traits d’une "société écologique". L’objectif de Serge Audier est d’exhumer et de reconstituer une pensée sociale de la nature et de l’émancipation, construite aux marges du "grand récit" socialiste et républicain.
De fait, cette tendance dissidente a été ignorée, marginalisée, voire combattue par les courants hégémoniques, qui ont souvent vu dans l’écologie un conservatisme traditionaliste ou un romantisme réactionnaire... Si les "ennemis" de la "société écologique" se trouvent bien entendu du côté des forces du capitalisme, il serait faux et dangereux d’oublier qu’ils font aussi partie de l’histoire même de la gauche et du socialisme dans ses orientations majoritaires, encore prégnantes.


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Le destin de Henry Kissinger, jeune juif allemand réfugié à New York, est transformé par la Deuxième Guerre mondiale : il s'épanouit sous l'uniforme, découvre une autre Amérique, le "Sud profond", si éloigné des quartiers d'immigrés du nord de Manhattan, puis redécouvre, comme occupant, sa terre natale allemande. Vingt ans plus tard, il forme un couple inattendu avec le président Richard Nixon. Kissinger est-il le Talleyrand des Etats-Unis ?
Il s'est affirmé comme un virtuose de la diplomatie, par sa compréhension de l'autre, l'empathie qu'il manifeste, son talent à mener des négociations au long cours, à exploiter les possibilités ouvertes par une crise. Il a tenté de greffer sa conception de l'ordre mondial - équilibre des puissances, réalisme politique, primauté de l'intérêt national - sur la tradition idéaliste américaine, héritée des Pères fondateurs et fondée sur le rejet des politiques de puissance et de la raison d'Etat.
Un réalisme politique qui aurait pu mettre fin aux excès de la "république impériale" américaine et à son messianisme botté... si l'administration Nixon n'avait eu à assumer le fardeau vietnamien dont elle avait hérité. Kissinger aura finalement réalisé, en étroite association avec Richard Nixon, une vraie révolution dans l'histoire des relations internationales, en introduisant, avec un immense succès, la Chine sur la scène mondiale. Le système bipolaire figé né en 1945 laisse place au "triangle Washington-Moscou-Pékin".
Ainsi le conservateur Kissinger aura-t-il dérobé aux révolutionnaires la foudre du changement.


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L’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers. L’intérêt du moment n’est pas celui de l’avenir.
Comment déterminer, aujourd’hui, dans le contexte actuel mais pour les générations à venir, ce qui est bien, juste, bon, durable, efficace, légitime ? Et comment s’assurer que la société mettra en œuvre les moyens nécessaires pour atteindre le but fixé ? Comment surtout ne pas tendre vers l’utopie mais s’inscrire dans la réalité, forcément mobile, de la nature, des êtres, des gens, des communautés, des peuples, des nations ?
Une table ronde modérée par Stéphane Blanchonnet.


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Dans son livre Les Armées secrètes de l’OTAN Daniele Ganser démontre que des attentats, comme des "guerres contre le terrorisme", peuvent être manipulés.
Il convient alors de ne pas céder aux instrumentalisations visant à susciter la peur, car la stratégie de la tension est bien une réalité.
Pour preuve, durant 50 ans et dans le cadre de leur guerre contre le communisme, les États-Unis se sont appuyés sur l’OTAN pour organiser en Europe des attentats meurtriers qu’ils ont faussement attribués à divers groupuscules d'extrême-gauche.
Cette stratégie, et bien d'autres, visant à susciter la peur pour ensuite justifier de nouvelles guerres, sont toujours à l’oeuvre

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La crise économique fait rage et l’on parle de plus en plus du retour de la lutte des classes. Celle-ci n’est pas seulement le conflit entre les classes propriétaires et le travail dépendant. C’est également "l’exploitation d’une nation par une autre", comme le dénonçait Marx. C’est aussi l’oppression "du sexe féminin par le masculin" comme l’écrivait Engels. Nous sommes donc en présence de trois formes différentes de lutte des classes, appellées à modifier radicalement la division du travail et les rapports d’exploitation et d’oppression.
La lutte des classes s’avère aujourd’hui plus vitale que jamais, à condition qu’elle ne devienne pas un populisme facile qui réduit tout entre humbles et puissants, ignorant tout de la multiplicité des formes du conflit social.
À l'occasion de la parution en français de son ouvrage sur la lutte des classes, Domenico Losurdo répond aux questions d'un autre hegelien, Bernard Bourgeois, qui a accepté de jouer le rôle du candide et de questionner Domenico Losurdo sur ce non-dit du sens de l'histoire.


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Dans cette période troublée où les peuples européens sont agressés de toutes parts, il est clair que les problèmes des français ne peuvent être résolus sans prendre un peu de hauteur. Qui de mieux placé qu’un député européen, patriote et très au fait du droit international comme Bruno Gollnisch, peut nous éclairer sur les problèmes réels et les solutions possibles ?
Cette conférence nous expose donc la position de la France dans le chaos mondialisé. Et en plus du constat que chacun peut faire pour son cas personnel, la structuration des difficultés que doit affronter notre pays est présentée avant de terminer avec quelques solutions réalistes pour nous donner espoir et organiser la lutte.