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Comment se pose aujourd’hui la question politique des rapports entre la nature et la culture ? Pendant longtemps, les préjugés ethnocentristes des Modernes ont empêché de voir que la cosmologie qui s’est mise en place au cours du XIXe siècle (séparation entre une nature universelle et des cultures humaines contingentes) n’est pas la seule façon de rendre compte des structures du monde. On ne peut la prendre comme étalon afin d’appréhender la manière dont d’autres civilisations conçoivent les rapports entre humains et non-humains.
C’est ce que montrent les anthropologues : ils décrivent d’autres systèmes ontologiques, d’autres philosophies politiques, qui permettent de mieux comprendre la situation présente dans laquelle, avec le réchauffement global, les humains sont eux-mêmes devenus une force naturelle. Et c'est ce dont le professeur Philippe Descola nous entretient ici.


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Le conservateur, en France, est à l'image de l'enfer : c'est l'autre et plus encore l'autre impossible qui suscite l'incrédulité, provoque la dérision et soulève le coeur. Autant son contraire, le progressiste, est auréolé de toutes les vertus, autant lui-même est suspecté de tous les vices.
Pourquoi cette réduction obligée du conservatisme à un méli-mélo de réaction politique, d'ordre moral, de libéralisme économique ? Pourquoi cette ignorance délibérée du fait que le conservatisme a structuré la vie politique et intellectuelle pendant au moins deux siècles de l'univers anglophone, outre-Manche et outre-Atlantique ? Pourquoi la tradition conservatrice est-elle inexistante chez nous ? Quelle vision du monde recouvre-t-elle ? Cette vision n'aurait-elle pas désormais un avenir dans notre pays ?
Autant de questions auxquelles tennte de répondre Laetitia Strauch-Bonart. Réviser notre façon d'unir raison et émotion, renforcer notre méfiance envers les systèmes politiques et notre confiance envers les liens humains, réapprendre la différence entre le temps qu'il faut à construire et l'instant qui suffit à détruire : cette analyse chamboule notre manière de penser.
Émission "Midi Magazine", animée par Philippe Arondel.

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Michel Clouscard aura pu écrire ailleurs : "On n’a jamais pensé faire la philosophie de la relation du produire et du consommer pour la bonne raison qu’elle a toujours été faite, mais à l’envers. La théologie, l’éthique, l’économie politique ont surdéterminé les deux processus qui n’ont servi que de moyens d’expression. Nous inversons la relation : produire et consommer se mettent en relation pour constituer la théologie, l’éthique, l’économie politique."
C’est bien la problématique de son livre récemment réédité aux éditions Delga L'Être et le Code et présenté ici par Dominique Pagani et Aymeric Monville, qui reprend le projet hégélien : dire le réel selon sa logique, sans résidu transcendantal.


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Alors que la "gauche" semble avoir officiellement rompu avec le socialisme pour redevenir un avatar du libéralisme et qu’elle s’est, une bonne fois pour toutes, entièrement dissociée des classes populaires, l’hégémonie du bloc populiste-néolibéral semble inexpugnable.
Seule la relance d’un programme socialiste à gauche de cette "gauche" libérale permettrait de la défaire, nous explique Franck Fischbach. Mais au préalable, il faut revenir aux hypothèses fondatrices du socialisme.
Par un retour aux propositions philosophiques à la base de la pensée socialiste, notamment celles formulées par Hegel, Marx, Durkheim et Dewey, Franck Fischbach esquisse dans cette conférence un socialisme conscient de la rationalité du social, un socialisme de coopération entre égaux dont la tradition n’a été épuisée ni par l’État social ni par le socialisme "réel", loin de là.
Les partis socialistes sont morts, vive le socialisme !


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"Le grand artiste [Léon Bloy] vient nous montrer ce qui se cache depuis la perte du Paradis terrestre dans les abîmes du cœur des hommes ; ces trésors séculiers résident aussi bien chez tous que chez lui, mais il a, pour les faire remonter à la surface, une mirifique poulie et les autres n'en disposent pas. Un Shakespeare, un Baudelaire, un Dostoïevski, un Wagner ou un Bloy, qui découvrent des étoiles imprévues dans le ciel renversé des âmes, n'ont pas plus de constellations en eux, sans doute, que ce vulgaire piéton qui traverse la rue. Mais ils ont, pour les décrocher, des baguettes infinies."
Une série de cinq émissions, coordonnées par Stanislas Fumet, pour commémorer les cinquante ans de la disparition du "mendiant ingrat".


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Contre toutes les falsifications du spectacle marchand, Francis Cousin nous propose ici, en deux temps, de comprendre l'actualité radicale de la grève sauvage historique de 1968 et de saisir les enjeux contemporains du terrorisme étatique de la crise de l'économie politique.
Un jalon de conscience vraie surnageant dans l'océan des fausses représentations du fétichisme de la marchandise...


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Les réseaux envahissent notre monde, notre vie, jusqu'à notre langage. Ne parle-t-on pas désormais de "faire jouer ses réseaux", là où l'on parlait de "faire jouer ses amis" ou "ses relations" ? Le vocable ne traduit-il pas une profonde mutation anthropologique, sociale et stratégique des existences individuelles et collectives ?
Telle est l'ambition de cette conférence : saisir et montrer à travers sa genèse philosophique et sociale pourquoi le réseau, de nécessité subalterne est devenu la norme dominante de l'Occident ultra-moderne.
Méthode de la puissance matérielle et de la sûreté générale, le réseau est fondamentalement stratégique. Il impose ses paramètres d'efficacité aux luttes informationnelles, économiques et militaires. Processus de domination instrumentale, il recouvre l'ancienne Terre et ses lieux, pendant qu'il produit à l'infini ses connexions de puissance, configurant ainsi de nouvelles conditions pratiques, sociales et culturelles de l'agir stratégique. Tactiques et opérations militaires en sont, par exemple, profondément modifiées.
Une réflexion sur l'humanité planétaire qui se profile, livrée au jeu terminal de la Matière déchaînée.


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Pour ce grand entretien, Pierre-Yves Rougeyron revient sur l'actualité politique et géopolitique des mois de juin et de juillet 2018.
Une analyse où les actualités nationale et internationale sont passées au crible de l'intérêt français souverain.
PARTIE 1 :
- Actualité du Cercle Aristote
- Questions nationales
PARTIE 2 :
- Questions internationales
- Questions économiques


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"Le but de la novlangue était non seulement de fournir un mode d'expression aux idées générales et aux habitudes mentales [...] mais de rendre impossible tout autre mode de pensée. [...] [Cette langue] était destiné[e], non à étendre, mais à diminuer le domaine de la pensée, et la réduction au minimum du choix des mots aidait indirectement à atteindre ce but." George Orwell, 1984.
En revenant particulièrement sur l'expérience soviétique, Gérard Conio nous montre comment l'entreprise totalitaire implique nécessairement un travestissement de la langue.


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Au cours du processus de réaction conservatrice qui caractérise l’évolution de la Seconde République, le vote de la loi restreignant le suffrage universel masculin le 31 mai 1850 constitue un moment charnière. Devant la répression accrue, la résistance à cette loi prit essentiellement la forme d’un vaste mouvement de pétitionnement qui, en quelques semaines, parvint à réunir plus de 500 000 signatures.
À travers l’étude de ce pétitionnement exceptionnel (stratégies de la collecte, géographie de la France pétitionnaire et usages parlementaires de ces pétitions), François Jarrige envisage certains aspects de la mobilisation démocratique et des réactions anti-républicaines en France au milieu du XIXe siècle.
Une conférence qui s'inscrit dans le colloque "Les formes brèves, de l'imprimé au numérique (XIXe-XXIe siècles)".


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