La Séduction pornographique. Avec Romain Roszak pour le podcast Floraisons.


(0)
871 Vues
0 commentaire
11.2021

Si représenter la sexualité a longtemps été un défi à l’ordre établi, ce n'est plus le cas depuis les années 1970, époque où le capitalisme entre dans sa phase consumériste et sensualiste. La transformation des images pornographiques, mais aussi du dispositif dans lequel elles s'insèrent – pratiques, normes, lois, modalités d'accès –, répond à l'émergence des industries du loisir et du plaisir. Ces marchés du désir, chargés de redynamiser un mode de production à la peine, ne peuvent rencontrer leur clientèle qu'à cette condition : la vie heureuse doit être redéfinie comme la poursuite illimitée de la jouissance sexuelle.
 1. Dans la première partie sont explorées les zones de friction, c’est-à-dire les trois grands conflits dans les discours sur la pornographie, ainsi que la façon dont les intellectuels libéraux tranchent généralement la question. Qu'est-ce que la pornographie ? Peut-on la définir ? Quels sont ses effets sur la société ? Que signifie-t-elle pour les femmes et les minorités sexuelles ?
 2. Dans un second temps, c'est de la consommation pornographique elle-même dont il est question, de son histoire en France, de sa diffusion, ainsi que de certains angles morts des thèses féministes radicales. Quels rapport entre numérique et pornographie ? Qui prescrit et qui diffuse la pornographie ? Comment ? Quid du choix et du consentement ?
 3. Enfin, dans le troisième et dernier épisode, nous allons voir en quoi Michel Clouscard nous aide à analyser la pornographie aujourd'hui, ses effets, l'idéologie, le mode d'emploi qu'elle diffuse. Comment définir la pornographie contemporaine au sein du mode de production capitaliste ? De quoi avons-nous été dépossédés ? Que dire de la diversité du catalogue marchand ? La pornographie dispose-t-elle au sadisme ? Qui veut en finir avec la pornographie ?

Carl Schmitt : l'opposition terre/mer. Avec Rachid Achachi à l'Université Euro Méditerranéenne de Fès.


(0)
887 Vues
0 commentaire
21.09.2022

L'homme est un Terrien. C'est la raison pour laquelle il a appelé Terre, et non pas Mer, la planète sur laquelle il vit. La Terre est faite de territoires distincts les uns des autres, séparés par des frontières. L'autorité proprement politique est celle qui s'exerce sur un territoire. La Mer, au contraire, ignore les limites et les frontières naturelles, elle ne connaît que des flux et des reflux. Elle est le modèle de l'activité commerciale, alors que l'existence politique a un caractère purement tellurique.
L'histoire, selon Carl Schmitt, est avant tout l'histoire d'une lutte séculaire entre les puissances maritimes et les puissances terrestres et continentales. L'Angleterre, au XVIe siècle, a été la première à s'engager sur la voie de l'existence maritime. L'opposition Terre-Mer a dès lors revêtu un caractère géopolitique, qui a exercé une influence essentielle sur l'évolution du droit et des relations internationales.

Les trahisons de Mélenchon. Avec Georges Kuzmanovic pour Livre Noir.


(0)
861 Vues
0 commentaire
29.06.2022

Président du mouvement politique République souveraine, Georges Kuzmanovic n'a pas réussi à se présenter à la dernière élection présidentielle. En 2018, cet ancien porte-parole de Jean-Luc Mélenchon quittait la France Insoumise, regrettant son flou sur l'Union européenne et sa stratégie wokiste. Spécialiste de géopolitique, il analyse aussi très finement les conséquences dramatiques de la guerre en Ukraine.

 - 0'00'31 : Présentation
 - 0'01'24 : Citation de François Ruffin sur Jean-Luc Mélenchon
 - 0'04'34 : Changement de stratégie de LFI ?
 - 0'13'28 : Immigration, islamisme, sécurité, thèmes tabous à gauche
 - 0'19'36 : Passage de la lutte des classes à la lutte des races ?
 - 0'20'17 : Votre gauche est-elle minoitaire ?
 - 0'22'56 : Qui défend aujourd'hui la France périphérique ?
 - 0'23'44 : Marine Le Pen se présentait comme la présidente du pouvoir d'achat
 - 0'25'51 : François Ruffin sur l'insécurité du quotidien
 - 0'32'33 : Découragé de la défaite aux présidentielles ?
 - 0'36'28 : Où vous situez-vous ?
 - 0'42'15 : C'est quoi être souverainiste aujourd'hui ? C'est être pour le Frexit ?
 - 0'46'11 : Georges Kuzmanovic, un espion de Poutine ? Pro-russe ?
 - 0'52'59 : Evolution de la guerre en Ukraine
 - 1'07'54 : Faut-il continuer à envoyer des armes à l'Ukraine, quitte à prolonger le conflit ?
 - 1'18'05 : Comment analysez-vous le rôle de la diplomatie française ? Quel devrait-être le positionnement de la France ?
 - 1'20'51 : La centaine d'heures de discussions d'Emmanuel Macron avec Vladimir Poutine
 - 1'23'18 : Faudrait-il proposer une conférence de la paix ?

La Révolution française de 1789. Avec Jean-Clément Martin sur Nota Bene.


(0)
922 Vues
0 commentaire
09.02.2021

La Révolution n'a pas été la réalisation d'un seul projet, incarné par un seul groupe, mais la rencontre de projets réformateurs et utopiques concurrents, dans un pays fragmenté par de fortes identités régionales, religieuses et politiques. Les travaux de Jean-Clément Martin invitent à une nouvelle lecture des années 1770 à 1802 autour de quatre moments qui ont donné à la France cette histoire à la fois chaotique et exceptionnelle.
La révolution par le haut, initiée par Louis XV et maladroitement reprise par Louis XVI, échoue sur le coup de force magistral de 1789. S'ouvre alors cette "révolution-régénération" attendue par la quasi-totalité des Français, dernière des révolutions du monde atlantique. La véritable révolution commence en 1792, conduite par des hommes qui inventent de nouvelles règles de vie. La violence, qui échappe au contrôle de l'Etat, permet la victoire nationale mais ruine l'unité du pays. Après l'élimination de Robespierre, la stabilisation recherchée par des groupes rivaux réussit à souder la nation mais bute sur des révolutions de palais jusqu'à confier l'Etat à un général charismatique.
C'est en rendant compte de cette complexité que Jean-Clément Martin montre comment la France et au-delà le monde entrent dans la modernité.

Qu'est-ce que la déconstruction ? Avec Pierre-André Taguieff pour la Fondation Res Publica.


(0)
747 Vues
0 commentaire
08.03.2022

La "déconstruction" recouvre une littérature politico-philosophique aussi foisonnante qu'inconsistante qui, à travers les Gender studies et la "théorie queer", les études postcoloniales et la pensée décoloniale, l'antiracisme identitaire ou racialiste, la "théorie critique de la race" et l'intersectionnalité, a donné lieu à un mouvement intellectuel international dont l'objectif, parfois déclaré, est de criminaliser la civilisation occidentale en la réduisant à une expression du racisme, de l'esclavagisme, de l' "hétéropatriarcat" et de l'impérialisme colonial.
Tous ces courants idéologiques se proposent de "déconstruire" le discours hégémonique de l'Occident en dénonçant son universalisme supposé trompeur et sa "violence épistémique" dont les victimes seraient les peuples dits dominés, racisés et opprimés, ainsi que leurs cultures respectives, et les "minorités" essentialisées en tant que victimes "systémiques". Tel est le fait inquiétant qui appelle à une réflexion sur ses causes : la civilisation occidentale est convoquée devant un nouveau grand Tribunal de l'Histoire pour répondre de ses crimes, imaginaires ou réels, et, surtout, elle est la seule civilisation à être mise au banc des accusés.
La culture "woke" en dérive, cette culture néo-puritaine et punitive de l'annulation ("cancel culture") qui permet à des activistes de faire taire les contradicteurs en les diabolisant et de supprimer les auteurs ou les oeuvres qui ne leur plaisent pas, au regard de leurs dogmes idéologiques. Leur programme commun est de supprimer, dans le langage comme dans les pratiques sociales, les institutions et la culture, toute trace de stigmatisation, d'exclusion et de discrimination, ou plus simplement tout élément susceptible d'être "offensant" ou "blessant". Ces guerriers de la "justice sociale", qui se posent en défenseurs des victimes, veulent donc créer une société parfaite, dotée d'une culture éthiquement "pure", selon leurs valeurs et leurs normes. Ils prétendent lutter contre toutes les discriminations, qu'ils supposent "systémiques" au sein des sociétés occidentales "blanches".
Cette vision racialiste et "discriminationniste" de l'ordre social fonde leur combat idéologique, qui puise dans un imaginaire victimaire.

Une intervention dans le cadre du colloque "La République face à la déconstruction".

Métaphysique, science, écologie et politique. Avec Bruno Latour sur France Culture.


(0)
787 Vues
0 commentaire
03.2022

Une série d'émissions en quatre temps pour comprendre la pensée de l'un des philosophes français les plus connus au monde :
1. Né en 1947, Bruno Latour nous expose le point de départ métaphysique de sa philosophie : le pluralisme des modes d’existence. De ses enquêtes de terrain en sciences sociales naît une question : de quoi la société est-elle faite ? Et de cette question naît l'élaboration de sa théorie des différents modes d'existence. Mais qu'est-ce qu'un mode d'existence ? Le réel est-il pluriel ? C'est dans le cadre d'une philosophie empirique que notre penseur inter-disciplinaire tente de décrypter le monde dans lequel nous vivons.
 2. Si la science a organisé toute l'histoire de l'Occident, il faut pourtant remettre en question son autorité autoproclamée, tout en reconnaissant sa vérité objective, dans son mode. Comment résister à l'hégémonie scientifique ?
 3. La modernité, pour Bruno Latour, est un mot d'ordre rempli de violence. Il faut en faire un objet d'étude anthropologique pour comprendre comment "l'Homme blanc" prétend faire et être ce qu'il n'est pas.
 4. Comment l'écologie pourrait-elle entrer dans le mode d'existence politique ? Pourquoi est-elle la seule alternative crédible à notre modèle d'injonction à la modernité ? Mais pourquoi échoue-t-elle alors politiquement ?

Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.

Y a-t-il un colonialisme vert ? Avec Guillaume Blanc sur RFI.


(0)
722 Vues
0 commentaire
22.09.2020

Depuis la fin du XIXe siècle et la création des premiers parcs naturels africains pour "sauver’" une nature forcement vierge et sauvage de ces habitants, c'est toujours la même logique qui perdure. Un siècle et des milliers d’expulsions plus tard, peut-on parler d'un colonialime vert ou des nouveaux habits verts du colonialisme ?
Il est temps de secouer le cocotier de notre bonne conscience écologique en mettant en question les politiques de protection de l'environnement à l'œuvre sur ce continent.

Émission "Autour de la question", animée par Caroline Lachowsky.

Surprises et saturations. Avec Jean-Luc Marion à l'Ecole Normale Supérieure.


(0)
868 Vues
0 commentaire
20.12.2013

Le phénomène, en tant qu'il se donne – donc en tant que donné – est-il une surprise par la saturation ?
C'est la question à laquelle répond le philosophe Jean-Luc Marion qui, dans Réduction et donation et dans Étant donné, s'est attelé, en phénoménologue, à cironscrire et définir la surprise.

Avant l'homme... Et après ? Avec Francis Wolff à l'Ecole Normale Supérieure.


(0)
728 Vues
0 commentaire
28.05.2018

Pour l'humanisme, l'humanité n'est pas seulement une espèce d'êtres vivants, homo sapiens, mais elle est une communauté morale et une valeur. Plus précisément, l'humanisme, au sens où l'entend Francis Wolff, implique trois thèses : l'humanité a une valeur intrinsèque ; l'existence des êtres humains a une valeur absolue ; l'humanité est source unique de valeurs. Ces idées ne vont pas de soi. "Avant l’homme" il y eut (et il y a encore, d'une certaine manière), le Dieu de la révélation ; et "après l'homme", pointe aujourd'hui la Nature. Selon ses deux rivales, l'humanité a certes une valeur, mais extrinsèque et relative, parce qu'il y a une source de valeurs supérieure dont dépend celle de l’humanité.
Concernant la première rivalité, Francis Wolff évoque ce qu'on a appelé la "sécularisation des Temps modernes", c'est-à-dire le processus par lequel la religion cesse, en Occident, d'être le repère central de la vie sociale (théocentrisme) pour gagner progressivement la sphère privée. Concernant la seconde rivalité, il s'agit de revenir sur les débats actuels autour de la valeur intrinsèque de "la nature" sous ses différentes formes (biocentrisme, écocentrisme, zoocentrisme) et l'actuelle position médiane du christianisme ("la vie humaine").
L'humanisme n'en reste alors pas moins le pire système... à l'exclusion de tous les autres !

George Steiner à voix nue, sur France Culture.


(0)
956 Vues
0 commentaire
02.2009

L'âge venant, la liberté de George Steiner grandit et il dit sans hésiter parfois avec sarcasme ce qu'il pense de l'évolution de notre société. C'est à une vision pessimiste qu'il nous convie en analysant la perte de l'écrit, l'absence de désir de se réalimenter aux sources de la haute culture et l'avènement du règne de l'immatériel. Toutefois Steiner tempère ce pessimisme par une croyance au développement des sciences exactes et au progrès médical mondial !
Steiner revient sur ses deux passions essentielles qui lui permettent d'envisager le lendemain : la musique qu'il écoute chaque jour - il en fait et c'est une vocation manquée à cause d'une disgrâce de naissance - et les mathématiques.
Il évoque sa passion d'enseignant et comment sa vie chaotique de juif européen l'a conduit depuis des décennies à enseigner dans toutes les universités du monde pour se fixer enfin à Cambridge.
Enfin, lui qui est profondément antisioniste constate l'impossibilité de l'existence d'un état palestinien et dit son inquiétude d'une montée de l'antisémitisme...
George Steiner : un penseur libre.

Une série d'émission animée par Laure Adler.


La démocratisation scolaire. Avec Alexandre Laplace pour le Cercle Aristote.


(0)
758 Vues
0 commentaire
19.02.2022

Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle s'est opéré en France, suite au célèbre plan Langevin-Wallon et parallèlement à de nombreuses sociétés occidentales, un vaste mouvement d'allongement de la scolarité et d'ouverture des études à toutes les catégories sociales.
C'est en compagnie d'Alexandre Laplace que l'on tente de dresser un bilan de la démocratisation scolaire que l'on peut plutôt analyser comme un processus de massification tant les inégalités de réussite et de parcours scolaires liées à l'origine sociale restent persistantes.

Le conservatisme a-t-il encore un avenir ? Avec Bérénice Levet, Paul-Marie Couteaux et Frédéric Rouvillois sur TV Libertés.


(0)
707 Vues
0 commentaire
06.2022

Dans le domaine de la philosophie politique, la notion de conservatisme est sans doute l'une des plus difficiles à saisir. Le conservatisme relève-t-il d'une doctrine bien définie ou se manifeste-t-il surtout d'une manière réactive, face à des agressions ou à des menaces réelles ou supposées ? Est-ce plutôt un style, une allure, voire une morale ? Est-il synonyme d'immobilisme ? Est-il compatible avec le libéralisme économique ?
Pour en débattre de ces questions sont rassemblés, Paul-Marie Coûteaux, haut fonctionnaire, essayiste, directeur de la rédaction de la revue Le Nouveau Conservateur, Bérénice Levet, philosophe, auteur notamment du Crépuscule des idoles progressistes et Frédéric Rouvillois, professeur de droit public et co-directeur du Dictionnaire du conservatisme.

Émission "Les idées à l'endroit", animée par Rémi Soulié.