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Les tréfonds d'internet regorgent de trésors et d'étrangetés. Ils ont leurs propres codes, leurs propres cultures et même leurs propres mythes. Vidéos virales, détournements incontrôlables et horreur digitale : Pacôme Thiellement et Benjamin Patinaud -alias Bolchegeek- nous proposent de plonger dans les abysses du web depuis leur canapé pour en explorer les nouveaux usages et les nouvelles mythologies qui en émergent.

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Dans son cours de 1978 sur Le Neutre, Barthes analyse avec son habituelle exactitude et une grande finesse les figures du Neutre. Délicatesse, réveil, androgyne ou scandale, les figures et images du Neutre exposent "l'actif du Neutre". Et nous comprenons que l'opposé de tout n'est pas l'extrême d'un autre extrême, mais le Neutre. Avec le style de Barthes et cette culture cordiale qui se méfie de ceux qui comprennent trop vite et qui préfère la latence de ce que laisse advenir le Neutre d'un moment.
Une conférence animée par Joël Ganault.


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Hermès, dieu des commerçants et des voleurs, porté par ses sandales ailées ? Certes, mais Hermès est bien davantage que cela. Messager des dieux, il est aussi le porteur d'un savoir divin, que des générations d'interprètes ont tenté d'approcher. Mais cette connaissance n'est-elle pas... hermétique ? A date plus récente, la philosophie a fait grand usage de l'herméneutique, science de l'interprétation.
Rémi Soulié restitue ici la complexité de l'une des figures majeures du panthéon européen. Hermès, nous dit-il, apparaît aux moments cruciaux de l'Histoire, à l'heure où l'on a besoin de sens.
Émission "Parole et pensée", animée par Jean-René Ladmiral.


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Penseur iconoclaste aux intuitions terriblement visionnaires, Jean Baudrillard (1929-2007) avait fait l'hypothèse que le réel lui-même n'était plus qu'un artefact bien avant que le virtuel ne lui donne raison. Il analysait à vif les derniers soubresauts d'une civilisation qui court à sa perte à mesure qu'elle tend à sa parfaite homogénéisation. Il a eu tellement d'avance sur son temps que c'est le monde aujourd'hui qui se "baudrillardise", constatait-il lui-même en 2007, à la veille de mourir.
Pour comprendre notre monde, il est plus que jamais nécessaire de lire ou de relire l'œuvre de Jean Baudrillard. Et pourtant il n'est pas un auteur de science-fiction. C'est un philosophe, un sociologue, un écrivain doublé d'un photographe. Si sa pensée présente un caractère prédictif et anticipe le devenir, c'est qu'elle pousse la logique des processus jusqu'à leur point extrême. Et leur surprenante capacité d'anticipation fait de ses écrits, parfois mal compris à l'époque en raison de leur temps d'avance, des références aujourd'hui incontournables pour les jeunes et moins jeunes chercheurs, philosophes, spécialistes de l'image, théoriciens de la communication, penseurs du numérique, artistes ou encore cinéastes, en France comme à l'étranger.


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Figure singulière, unique de la biologie du XXe siècle, directeur de l'Institut de Zoologie de Bâle, Adolf Portmann (1897-1982) se penche sur le déploiement des formes animales. Taches, marbrures, zébrures du pelage des mammifères, variété des plumages, ocelles des papillons, détail d'un duvet qui forme dessin quand l'oiseau prend son vol, port de tête, partout beauté, minutie... Ce qui est écarté comme secondaire, décoratif par le discours dominant de la science est au contraire riche de sens !
Les animaux n'existent pas seulement objectivement, ils se montrent les uns aux autres, ils apparaissent et c'est une fonction fondamentale du vivant.
Merleau-Ponty saluant La Forme animale, ce grand livre, écrit : "La vie, ce n'est pas suivant la définition de Bichat, l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort, mais c'est une puissance d'inventer du visible."
Un entretien mené par Fabrice Hadjadj.


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Le langage n'est pas la langue, la langue n'est pas le discours, le discours est autre que la parole, la parole ne se réduit pas aux mots, les mots sont plus que des lettres, les lettres qui existent sans les sons, les sons qui ne forment pas toujours des phrases, les phrases qui ne constituent pas à elles-seules un langage.
Dans le langage, on tourne facilement en rond. Puisqu'en parler c'est déjà le solliciter. Comment alors lui tendre un miroir sans le déformer par notre subjectivité ?
Le langage est un pays dans lequel nous pouvons voyager, comme on arpente un terrain familier dont chaque recoin nous paraît, de plus près, étranger. Le langage, par définition, on n'y pense pas puisque c'est lui qui nous fait penser. Mais à le tenir pour acquis, hors de soi, immobile, il s'assèche, et fige la pensée dans des postures incapables de dire ce que nous voulons dire. C'est que le langage n'est pas à notre service. Il est un pouvoir, une tyrannie qui, même lorsqu'on en fait un jeu, s'impose à nous avec insolence, et parfois, humiliation. Essayez de le dompter, il montrera les crocs. Mieux vaut renoncer à toute domestication.
Comment alors se faire entendre dans ces mots qui ne sont pas les miens ? Et pourquoi Roland Barthes vit-il le langage comme une maladie ? Pourquoi la langue est-elle "fasciste", selon le mot du sémiologue ? En quoi consiste son pouvoir ?
Émission "Les Chemins de la philosophie", animée par Adèle Van Reeth.


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Jacques Derrida, Gilles Deleuze, Michel Foucault : tels sont certainement des noms qui résonnent à l'oreille de nos contemporains. Et il s'agit, en effet, des philosophes les plus connus d'un courant de pensée que l'on peut raisonnablement qualifier de "déconstruction".
Toutefois, loin de se limiter à l'étude de ces trois figures, le livre de Baptiste Rappin Abécédaire de la déconstruction aborde également les idées et les concepts développés par Maurice Blanchot, Roland Barthes, Jacques Rancière, Jean-Luc Nancy, Giorgio Agamben, Judith Butler et par bien d'autres encore.
C’est le succès rencontré par la déconstruction dans les milieux intellectuels, tant à l'Université que dans la sphère politico-médiatique, qu'il s'agit de comprendre afin de le combattre.


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1 - Qui êtes-vous ?
Né à Paris en 1955 dans un milieu sans histoire, Éric Marty fut un élève peu assidu. Trois ans de militantisme intense, de 1970 à 1973, lui ont évité de s'enfoncer dans la paresse. Il en sort ragaillardi et brillant étudiant. Musicien à ses heures, sa rencontre avec Roland Barthes en 1976 sera déterminante. Professeur à l'Institut français de Londres de 1981 à 1988, il consacre sa thèse au Journal d'André Gide. Littéraire aux goûts contrastés, il aime également à se frotter à la théorie.
2 - Genre
Et si le genre était "le dernier grand message idéologique de l'Occident adressé au reste du monde" ? C'est par cette question inaugurale que l'auteur du Sexe des modernes (2021) explore les arcanes de la pensée du genre, dans un va-et-vient incessant entre l'Europe et les États-Unis. Il décrypte les arrière-plans et les vicissitudes de cet échange entre les penseurs français des années 1970 et Judith Butler, l'auteure de Trouble dans le genre (1990).