
(1)
C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


(0)
Comment comprendre Rousseau dans une perspective d'histoire intellectuelle et sociale des idées ?
C'est d'abord le contexte historique et social qui fut le sien qui mérite d'être explicité, pour y replacer ses oeuvres maîtresses, comme le Discours sur les sciences et les arts, Du Contrat social et l'Emile ou de l'Education.
L'occasion également d'examiner les influences que Rousseau a pu exercer sur les événements qui ont suivi sa disparition en 1778, et parmi eux, forcément, la Révolution française.


(0)
L'Histoire a-t-elle perdu son sens ? Les grandes philosophies de l'histoire, qui cherchaient à y discerner une raison ou une finalité, semblent aujourd'hui contestées. Une approche originale propose d'aborder cette question à travers l'événement fondateur de la Révolution française, et plus particulièrement son aspect le plus déroutant : la Terreur. Plutôt que d'y voir un simple projet ou une étape téléologique, il s'agit de la considérer comme une oeuvre accomplie, dont l'énigme persiste.
Pour les penseurs du XIXe siècle – qu'ils soient contre-révolutionnaires (comme Bonald ou Maistre) ou défenseurs des idéaux révolutionnaires (comme Saint-Simon, Leroux, Michelet ou Quinet) –, la Révolution marque une rupture absolue. Inutile d'en chercher les causes lointaines dans des théories préparatoires : c'est dans ses effets, ses résonances et ses recompositions sociales qu'elle révèle sa portée philosophique. Elle redéfinit les liens entre religion, pouvoir, conscience individuelle et collective, tout en faisant émerger le Peuple comme nouveau sujet de l'Histoire.
Cette réflexion écarte toute dialectique spéculative ou matérialiste qui réduirait l'Histoire à un schéma préétabli. Elle met en lumière une scène politique et philosophique où se nouent, de manière inédite, les éléments d'un monde en mutation. La Révolution y conserve son caractère énigmatique, sans être instrumentalisée comme preuve d'une philosophie de l'Histoire préconçue.
(1)
Le roman national ment. L'identité française ne résulte pas de l'alliance de la bravoure gauloise et de l'administration romaine, le tout couronné par la bonté chrétienne. Pas seulement. Non seulement la France n'a pas seulement été gauloise et romaine, mais la France n'a pas seulement été chrétienne. Le roman national ment. Par omission. Par oubli.
Pacôme Thiellement fais l'exégèse de notre histoire sur ce territoire que nous nous sommes habitués à appeler la France. Celle-ci est subjective, et même très subjective, même l'exposé est aussi rigoureux que possible possible. Alors, comme dirait l'autre, si vous n'aimez pas cette Histoire de France, écrivez la vôtre.


(0)
Y a-t-il eu une politique anti-colonialiste et anti-esclavagiste à l'époque de la Révolution française ? La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen a-t-elle joué un rôle dans la grande révolte des esclaves de Saint-Domingue qui mena à l'indépendance d'Haïti de 1791 à 1804 ?
Historienne spécialiste de la Révolution française et de la Révolution haïtienne, Florence Gauthier vient de faire paraître Aux origines du racisme moderne 1789-1791 dans lequel elle nous offre de nouvelles perspectives, à la lumière d'archives inédites, concernant les grands débats qui virent s'affronter adversaires et partisans du préjugé de couleur.
A l'heure où, en France, le racisme est "décomplexé", il est bon de se pencher sur cette période chaude de notre histoire afin de mieux comprendre les origines du clivage entre "différencialistes" et "universalistes".


(0)
Les droits de l'homme sont-ils l'horizon indépassable de notre temps ? Comment penser le fascisme ? De Gaulle était-il un modéré ou un gentil centriste ? La démocratie est-elle devenue une religion séculière ? La gauche et la droite existent-elles encore ?
Sur ces questions et sur bien d'autres, Arnaud Imatz nous propose une vue historiquement documentée et dérangeante loin des idées reçues de la bienséance actuelle. Un petit manuel de désintoxication idéologique, présenté par Philippe Conrad, que se révèle être de salubrité publique !
Émission du "Libre journal des historiens".


(0)
Historien spécialiste de la Révolution française, Jean-Clément Martin vient de publier un livre sur des événements qui nous semblent familiers en raison de leur caractère symbolique : la formation de l'Assemblée nationale, la prise de la Bastille, la Grande Peur. Pourtant, La Grande Peur de juillet 1789 (Tallandier) renouvelle notre vision des événements et de leurs interprétations.
Il travaille sur l'historiographie et notamment sur les très nombreuses notes rassemblées et parfois négligées par Georges Lefebvre, le grand historien qui a longtemps fixé notre conception des révoltes rurales de l'été 1789. Celles-ci sont aussi complexes que les violences qui précèdent la prise de la Bastille. En juillet 1789, on passe des révoltes à la Révolution et les élites qui sont confrontées à la crise générale de l’autorité y réagissent de différentes manières, qui démentent les schémas simplistes.
- 0'00'00 : Intro
- 0'00'39 : Conférence
- 0'55'56 : Quid du rachat des droits abolis ?
- 1'00'55 : Les cartes projetées des révoltes de 1789 ne coïncident-elles pas avec les foyers de révoltes du XVIIIè siècle ?
- 1'15'00 : Ne peut-on pas lire cela sous le prisme d'un changement profond de médiation ?
- 1'23'55 : Vous associez les facteurs économiques aux facteurs sociaux ?
- 1'28'20 : La noblesse ne semble pas être la seule élite défaillante lors de cette période.
- 1'33'25 : Outro


(0)
Trois décennies après la fin de la Guerre froide, la popularité du concept de totalitarisme n’a pas faibli. Au cœur des programmes scolaires, et fréquemment employée dans le débat public, la notion est pourtant ignorée voire rejetée par une grande partie des historiens actuels. Ils reprochent au "totalitarisme" d'être une abstraction ne décrivant que superficiellement le nazisme, le stalinisme ou la Révolution française – dont une historiographie très diffusée en a fait la matrice du totalitarisme.
Comment alors comprendre l'omniprésence d'un concept faisant ombre à des clés de compréhension historique plus pertinentes ? L'histoire du terme de totalitarisme nous apprend qu'il est une catégorie plus polémique que scientifique. S'il s'agissait pendant la Guerre froide d'assimiler l'adversaire soviétique au nazisme, c'est-à-dire au dernier degré du mal, le "totalitarisme" sert désormais à disqualifier tout projet ambitieux d'émancipation collective. En expliquant avant tout les crimes des régimes totalitaires par la volonté de transformer le monde d'après un idéal, le concept de totalitarisme insuffle dans la société l'idée insidieuse qu' "il n'y a pas d'alternative" puisque toute alternative à notre monde au nom de l'égalité contiendrait la potentialité d'un crime de masse.
Pour discuter de ces enjeux, Le Vent Se Lève recevait à la Sorbonne le 26 avril dernier, deux spécialistes de la question : Johann Chapoutot, historien spécialiste du nazisme ayant mis en évidence certains traits contre-intuitifs du IIIe Reich : sa « normalité » dans l’Occident du début du XXe siècle, sa « rationalité », ainsi que son caractère anti-étatiste. Ce dernier trait infirme la vision d’un nazisme « totalitaire », compris comme voulant instaurer la suprématie d’un État tout-puissant sur tous les aspects de la vie.
Sophie Wahnich, historienne de la Révolution française. À rebours des analyses faisant de l’épisode de la Terreur la « matrice des totalitarismes », Sophie Wahnich s’intéresse à la violence politique révolutionnaire, non pour la vilipender mais pour l’analyser et la comprendre. Elle souligne la dimension rituelle – destinée à satisfaire un besoin de vengeance populaire par le spectacle – , sacrificielle et paradoxalement émancipatrice – la liberté se fondant sur le sang des aristocrates – de la violence révolutionnaire, elle aussi, irréductible à un quelconque « projet totalitaire ».