Bambi, le symptôme (sur Michael Jackson). Avec Dany-Robert Dufour à l'Université fédérale de Rio de Janeiro.


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01.01.2009

Un milliard : c'est le nombre de personnes qui ont suivi, à la télévision, la cérémonie d'hommage à Michael Jackson une semaine après sa mort, le 25 juin 2009. Du jamais vu. De l'Allemagne au Japon, en passant par le Chili : partout, sur tous les continents, les foules se sont réunies pour pleurer leur idole, leur roi, leur Bambi, leur Peter Pan, puisque c'étaient les surnoms de la star.
Bambi, c’est le gai "bambin", celui qui, quoique marqué par le malheur dans ses premières années, jouit, dans la forêt, loin du monde des hommes, d'une parfaite liberté avec tous ses petits amis.
Michael Jackson était le cas le plus flagrant produit par notre post-modernité. Refusant la maturité, l'éternel enfant ne connaît pas la castration, donc toutes les contraintes, les responsabilités, les choix nécessaires pour devenir adulte. Resté au stade de la surpuissance infantile, il peut tout, il est tout.
Si Michael Jackson n'a jamais pu aller au bout de sa logique, il a mis à mal toutes les lois de la nature et des hommes en étant à la fois jeune et vieux, enfant et adulte, homme et femme, noir et blanc, et même ange ou démon. C'est ce que développe ici le philosophe Dany-Robert Dufour.
Et si Michael Jackson ne connaissant aucune limite, comment pourrait-il connaître la plus grande d'entre elles, la mort ? Voilà aussi pourquoi Michael Jackson est encore si vivant parmi nous : parce que, plus qu’un fou, il était un visionnaire, il nous a donné à voir ce que nous sommes en train de devenir. Des individus qui, pris dans une époque où les limites générationnelles et sexuelles sont devenues flottantes et où le "non du père" fait de moins en moins loi, veulent tout, toujours plus. Et sans fin.

D'un nouveau monde industriel. Avec Bernard Stiegler pour le Club 44 à La Chaux-de-Fond.


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21.02.2008

Les modèles d'organisation industrielle dont nous avons hérité du XIXe siècle (fondés sur les gains de productivité et les économies d'échelle) et du XXe siècle (fondés sur la formation de marchés mondiaux par la truchement du marketing et de l'analyse des comportements de consommateurs) sont épuisés. Ils sont devenus contre-productifs au sens où le système industriel mondial semble malgré lui rencontrer ses limites.
À suivre le philosophe de la technique Bernard Stiegler, un nouveau modèle industriel est possible. Celui-ci ne reposerait plus sur une économie fondée sur l'opposition des producteurs et des consommateurs, mais sur un modèle de contribution - dont le monde numérique est le nouveau milieu technique et industriel. Cette évolution est rendue indispensable par l'apparition des technologies dites transformationnelles - biotechnologies, micro-technologies, nanotechnologie.

Comprendre les neurosciences. Avec Alain Ehrenberg sur Radio Notre-Dame.


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19.06.2018

Qu'est-ce que les neurosciences ? Que nous apprennent-elles ? Pour parler des neurosciences cognitives, il faut d'abord les définir. Il s'agit de l'association des sciences du cerveau et de la psychologie avec comme but de faire le lien entre le cerveau et le comportement. Elles sont aujourd'hui très à la mode, plus que d'autres sciences qui touchent aux mêmes questions, comme la psychanalyse.
On peut même dire que les neurosciences bénéficient de l'engouement dont bénéficiait la psychanalyse il y a 30 ans. Ce déplacement de l'intérêt peut venir d'un changement dans la manière de vivre dans la société. Mais après un affrontement entre les tenants des deux sciences, on voit aujourd'hui des alliances se nouer.
Le sociologue Alain Ehrenberg, dans son dernier ouvrage La mécanique des passions : cerveau, comportement, société, essaie de dépasser le clivage entre sciences dures de la médecine sur le cerveau et travaux sociologiques, souvent taxés de non-scientifiques. Il veut montrer qu'il y a des connexions inaperçues entre des conceptions spécialisées et des représentations collectives, des idéaux sociaux. Car pour que la nature fonctionne, il faut des conventions, c’est-à-dire de la vie sociale...

Émission "Décryptage", animée par Thibault Lecoq.

La société autophage. Avec Anselm Jappe à la Librairie Quilombo.


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04.10.2017

Dans La société autophage, le philosophe allemand Anselm Jappe livre une proposition théorique originale et très radicale du capitalisme ainsi qu’une analyse des formes de violence extrêmes. En s’intéressant au sujet narcissique-fétichiste, qu’il identifie comme la subjectivité propre au capitalisme de crise, la "critique de la valeur" élargit ici son discours à la sphère des structures psychiques, à la recherche du sujet même de la fétichisation de la marchandise. Ce travail s’adresse à tous ceux qui se préoccupent de la "pulsion de mort" de la société actuelle et qui pensent qu’elle est le résultat d’une véritable crise de civilisation.   
Le mythe grec d’Érysichthon nous parle d’un roi qui s’autodévora parce que rien ne pouvait assouvir sa faim – punition divine pour un outrage fait à la nature. Cette anticipation d’une société vouée à une dynamique autodestructrice constitue le point de départ de La Société autophage. Anselm Jappe y poursuit l’enquête commencée dans ses livres précédents, où il montrait – en relisant les théories de Karl Marx au prisme de la "critique de la valeur" – que la société moderne est entièrement fondée sur le travail abstrait, l’argent, la marchandise et la valeur.
Mais comment les individus vivent-ils la société marchande ? Quel type de subjectivité le capitalisme produit-il ? Pour le comprendre, il faut rouvrir le dialogue avec la tradition psychanalytique, de Freud à Erich Fromm ou Christopher Lasch. Et renoncer à l’idée, forgée par la Raison moderne, que le "sujet" est un individu libre et autonome. En réalité, ce dernier est le fruit de l’intériorisation des contraintes créées par le capitalisme, et aujourd’hui le réceptacle d’une combinaison létale entre narcissisme et fétichisme de la marchandise.
Le sujet fétichiste-narcissique ne tolère plus aucune frustration et conçoit le monde comme un moyen sans fin voué à l’illimitation et la démesure. Cette perte de sens et cette négation des limites débouchent sur ce qu’Anselm Jappe appelle la "pulsion de mort du capitalisme" : un déchaînement de violences extrêmes, de tueries de masse et de meurtres "gratuits" qui précipite le monde des hommes vers sa chute.
Dans ce contexte, les tenants de l’émancipation sociale doivent urgemment dépasser la simple indignation contre les tares du présent – qui est souvent le masque d’une nostalgie pour des stades antérieurs du capitalisme – et prendre acte d’une véritable "mutation anthropologique" ayant tous les atours d’une dynamique régressive.

Phénoménologie des objets temporels audiovisuels. Avec Bernard Stiegler à l'Université de technologie de Compiègne.


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2015

Le système mondial repose désormais intégralement sur les technologies numériques. Une conséquence majeure de cet état de fait est l’intégration fonctionnelle des mnémotechnologies au système de production des biens matériels, ce qui constitue une immense rupture historique : ce sont les dispositifs de production des symboles qui sont désormais totalement absorbés par l’organisation mondiale du commerce et de l’industrie. Les industries culturelles se sont emparées des dispositifs rétentionnels et configurent le temps dans sa forme la plus pure : comme flux de conscience.
C'est en suivant, actualisant la phénoménologie husserlienne et en l'appliquant à l'étude du cinéma que Bernard Stiegler nous montre l’importance de la compréhension du processus d’extériorisation technique de l’imagination qui permet le devenir industriel de l’activité de l’esprit et, partant, sa soumission exclusive aux critères marchands de sélection.

Cours méthodiques et populaires de physique. Avec Etienne Klein à la Bibliothèque nationale de France.


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2018

Parce que la science se comprend comme le fruit d'un débat public et d'expériences controlées, et parce qu'elle se veut également méthodique - elle tient tout entière dans la démarche qu'elle met en œuvre pour forger son questionnement -, elle est aussi en constant renouvellement.
Etienne Klein, physicien, professeur à l'Ecole centrale à Paris et directeur du laboratoire de recherche sur les sciences de la matière au Commissariat d'Energie Atomique, docteur en philosophie des sciences, est tout indiqué pour nous exposer les conquêtes récentes et les problématiques de la physique contemporaine.
C'est une démarche de vulgarisation qui fait entrer en résonance physique et philosophie à vocation populaire parce que l'exercice de la raison qui nous est demandé s'adresse à tous.
Ces "cours méthodiques et populaires" doivent donc permettre à un large public de se familiariser avec la physique, ses grands noms et ses thématiques incontournables.

Présidentielles 2017 : par quels moyens le pouvoir se maintient-il ? Avec Lucien Cerise pour E&R à Grenoble.


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28.09.2017

Au lendemain de la présidentielle, nous avons été nombreux à sentir que cette élection nous avait été confisquée. Comment le système, qui exerce un véritable travail d’influence, étudie-t-il notre comportement et façonne-t-il notre vote ?
Lucien Cerise revient sur ces méthodes et nous donne les clés afin de nous inspirer des techniques appliquées pour faire gagner divers candidats et devenir nous-mêmes des "influenceurs", des façonneurs de comportement de vote autour de nous.
Le pouvoir dépense des millions pour gagner des élections, ce qui prouve que ce n’est pas un enjeu anecdotique. Si nous n’avons pas les millions, nous devons devenir des millions !

Le burn-out : un épuisement subjectif sans sujet. Avec Jean-Pierre Lebrun à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes en Psychopathologies.


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05.06.2017

L'apparition de cette "nouvelle" pathologie dans le monde du travail prend aujourd'hui une tournure endémique. Elle migre également vers d'autres domaines : on parle de burn-out maternel, de burn-out parental !
Il importe donc de tenter d’y voir un peu plus clair et d’étudier, au-delà de la dénonciation de ce qui ne serait qu’un effet de mode facile, les conditions anthropologiques, elles-mêmes effets d’un discours, de l’éclosion du burnout et de sa dimension psychique.