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La néoréaction, les Lumières obscures (Dark Enlightenment), parfois appelée NRx par ses adeptes est un ensemble de discours dont les deux représentants les plus connus sont Mencius Moldbug (Curtis Yarvin) - ingénieur informaticien et entrepreneur - et Nick Land - philosophe britannique, ex-particiant du CCRU de Warwick.
Blaise Marchandeau essaie de poser les quelques éléments constitutifs de la néoréaction en passant, d'abord, par une analyse de la relation implicite entre vitalisme pseudo-nietzschéen, fascisme type mussolini et idéologie capitaliste de la valeur mise à nue. Par-delà sa pseudo-morale justificatrice, le capital est essentiellement un "brutalisme" - soit la forme contemporaine et adéquate à notre époque de ce qu'hier certains appelaient "fascisme".
À partir de là, il convient de comprendre de manière plus détaillée les modalités de ce brutalisme lorsqu'il rencontre les fantasmes utopiques d'un monde de Cité-État consumméristes, néo-monarchiques, type décomposition féodale, augmenté par la technologie et la mentalité d'ingénieur (un problème = une solution). Les néoréactionnaires sont en cela un cas d’école.
Si la faiblesse de leurs arguments et la naïveté irréaliste de leur vision du monde n'est plus à souligner, leur production idéologique et rhétorique, elle, nécessite une exploration. Avec cela d'assez amusant qu'ils se targuent d'être à la pointe la plus avancée du progrès technologique, mais ce progrès doit nécessairement, dans leur esprit, au nom d’une pseudo-"efficacité", s'articuler à la nostalgie bizarre pour les périodes de fragmentations compétitives violentes pré-impériales ou pré-modernes.




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Auteur d'un Traité Néoréactionnaire, NIMH nous introduit à la philosophie NRx ainsi qu'au cadre de pensée accelerationniste. Il y développe, à partir des sciences et de la philosophie, une nouvelle épistémologie et en déduit les implications politiques qui en découlent.
Une vision du monde extrêmement percutante.
- 0'00'00 : Introduction
- 0'04'06 : L'accélérationisme et actualité USA
- 0'08'12 : Présentation du livre
- 0'11'42 : Être et vérité
- 0'24'00 : L'entropie et le progrès
- 0'37'17 : Sens/direction de la Vie
- 0'39'40 : Peux ton hiérarchiser les cultures ?
- 0'46'15 : Le rôle de l'Art et du Beau
- 0'54'18 : Le Bien/bon et le Mal
- 1'03'34 : La valeur du christianisme
- 1'12'39 : Le Technotragique
- 1'23'41 : Dieu / Vérité / Absolu
- 1'31'47 : Transformation politique
- 1'41'11 : Les vertus des idées libérales
- 1'54'27 : A propos des libertariens/Anarcap
- 2'01'04 : Comment échapper à la Cathédrale ?
- 2'10'06 : Jerusalem
- 2'12'03 : Les questions du public
- 2'20'13 : Conclusion

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C'est un entreprise proprement pédagogique qu'Antoine Dresse entreprend en proposant une cartographie méthodique des notions, des figures et des controverses qui structurent la pensée politique de droite. Chaque entrée fonctionne comme une fiche claire et synthétique, où l'on croise Joseph de Maistre, Alexis de Tocqueville ou encore Carl Schmitt.
Objectif : définir, contextualiser, puis relier les concepts à des querelles contemporaines. Mais aussi montrer les continuités et les ruptures au sein de cette vaste galaxie intellectuelle, et mettre en scène les tension internes, entre conservatisme, libéralisme, souverainisme et identitarisme.
En rendant visibles les arguments, leurs limites et, plus que tout, leurs implications pratiques, Antoine Dresse encourage à la réflexion... avant de retourner à l'action.


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Ce portrait explore le parcours hors norme d'un homme qui, des échecs à la finance en passant par la création de PayPal et Palantir, a l'ambition de façonner l'ère numérique avec une vision à la fois libertarienne et élitiste. Son histoire – de son enfant en Afrique du Sud à s fascination pour les "niveaux de lecture" inspirés de Leo Strauss en passant une pratique des échecs à haut niveau – révèle un esprit aussi brillant que controversé, oscillant entre décentralisation du web et maîtrise technocratique.Au cœur des paradoxes : Thiel défie les catégories, alliant soutien à la crypto et collaboration avec les agences gouvernementales, tout en critiquant la "Cathédrale" médiatique. Son approche, entre patchwork politique et précrime algorithmique, interroge : et si la liberté naissait d'une élite éclairée ?
Une plongée dans les rouages d'un monde où la tech, entre utopie et dystopie, redéfinit le pouvoir.




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Curtis Yarvin, un drôle d'oiseau néoréactionnaire ! Critique de la démocratie libérale mais avec un positionnement élitiste et non populiste, il s'est récemment illustré en proposant de résoudre la crise à Gaza en transformant la ville en entreprise cotée en bourse et en en faisant la première entreprise souveraine à rejoindre l'ONU.
Sa pensée, capitaliste, elitiste et techno-utopiste, est l'une des inspirations de la nouvelle administration Trump.


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Étudier in vivo notre habitat traditionnel impose d'interroger le silence des mots qui véhiculent l'essence de notre structure : la politique, le droit. Ces mots abritent des concepts-clés. Ils sont les témoins du vécu normatif de nos sociétés arrimées au déploiement du christianisme associé à l'imperium romain, mais aussi l'arme efficace d'une expansion industrielle planétaire parvenue sous nos yeux à ses fins, du moins en apparence.
Le phénomène de la parole est le fonds commun de l'humanité, l'universel des civilisations. Sous cet éclairage, nos constructions prennent statut de Texte singulier dans un espace mondial différencié. Cet écrit fait revenir vers l'Occident le regard ethnographique, ce savoir-questionner qui a rendu possible la vivisection des sociétés sauvages.
Juste retournement, la logique dogmatique nous oriente dans l'exploration des montages langagiers forgés par la tradition ouest-européenne et nous enjoint à mettre sur la table la question du noyau langagier des sociétés humaines : la foi dans les mots.


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Historien spécialiste de l'époque moderne, Sanjay Subrahmanyam développe une approche qui interroge les logiques impériales à travers les circulations transrégionales et déconstruit les grands récits civilisationnels et leurs usages politiques.
Dans une perspective d'histoire longue et connectée, il explicite la construction des récits civilisationnels et impériaux, soulignant les contradictions inhérentes à leurs mobilisations contemporaines alors que ces récits ont souvent pour effet de produire des logiques de repli identitaire qui, parfois, redéfinissent les rapports de force internationaux.




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Le néolibéralisme est souvent perçu comme une idéologie monolithique, mais son histoire révèle une réalité bien plus complexe. À travers les figures de Hayek, Friedman, Röpke ou encore Walter Lippmann, Thibaut Gress explore les origines du néolibéralisme et son lien ambigu avec le mondialisme.
En analysant des événements clés comme le colloque Lippmann (1938), la création de la société du Mont Pèlerin (1947) et les accords de Bretton Woods, on découvre que le néolibéralisme n'est pas une doctrine unifiée, mais une nébuleuse d'idées souvent contradictoires.
Une plongée dans l'histoire économique et intellectuelle du XXe siècle pour comprendre les malentendus contemporains.
- 0'00'00 : Néolibéralisme et mondialisme, deux notions à clarifier
- 0'07'42 : Les auteurs clés du néolibéralisme (Hayek, Friedman, Röpke et les autres)
- 0'18'55 : Le colloque Lippmann (1938), un tournant dans la pensée libérale
- 0'38'10 : Les désaccords fondateurs (laisser-faire, monopoles et rôle de l'État)
- 0'53'20 : La société du Mont Pèlerin (1947), une tentative de clarification doctrinale
- 1'03'15 : Bretton Woods, GATT, OCDE : qui a vraiment construit le mondialisme ?
- 1'15'00 : Le néolibéralisme est-il compatible avec le mondialisme actuel ?